CONCLUSION
Quelle leçon se dégage des faits que nous venons d'étudier et que nous avons décrits ? Cette leçon ne peut être mieux mise en lumière que dans ces beaux vers du poëte Cliapman, dans le volume intitulé '^ Les Fleurs de Givre."
'* Comment ne pou nions -nous pas chérir ces hommes ?
"Patriotes, ils nous ont faits ce que nous sommes,
" Pour nous, ils ont souffert, pour nous ils ont lutté,
" Et si nous jouissons de cette liberté
" Qui fait de notre plage une terre bénie,
" Si nous avons jadis vaincu la tyrannie,
*• Si d'un siècle fécond nous voyons les éclairs
" Illuminer nos champs, nos forets et nos mers,
*' Si nous restons toujours ce qu'étaient nos ancêtres,
** Nous devons ces bienfaits augustes à nos prêtres. "
Oui, ils nous ont faits ce que nous sommes. Il est
50 lp:s bois-francs
dit que les évêques de France ont fait ce beau ro3^aume comme les abeilles forment leur ruche. Ici, au Canada, c'est le clergé : les évêques et les prêtres qui ont formé le peuple canadien-français. Cette vérité se dégage avec force du rapport de M. Tabbé T^s. Proulx, rapport cité plus haut, quand il dit à Tarchevêquc : " Alonseigneur, cette partie de votre troupeau est dans un état déplorable : l'état de leurs affaires en ruine, leurs dettes écrasantes, leurs défauts mêmes qu'ils reconnaissent les réduisent à un état d'abattement qui approche du désespoir: ''Un prêtre, un prêtre, s'écrient-ils, ou nous sommes perdus. Dites à Monseigneur qu'il ait pitié de nous et qu'il nous envoie un prêtre."
Ce besoin du prêtre pour fonder et développer nos paroisses, pour promouvoir les intérêts de la colonisation, a été le même partout.
Nous voyons aussi dans ces pages que le prêtre et les communautés religieuses ont été les éducateurs par excellence.
Il n'est point, dans la Province de Québec, de Séminaires, de Collèges classiques ou commerciaux, de Couvents qui ne doivent leur origine à un évêque ou à un prêtre.
Oui, nous devons ces bienfaits augustes à nos prêtres. Et comment ne poumons-nous pas chérir ces lîommes ?
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