SES DÉBUTS
Premiers Colons des Pointes dk Bulstrode
Dans une jeune colonie chaque fait est gros de conséquences pour l'avenir,
F.-X. Garnkau.
/ /^ E fut dans les Pointes Beaudet, primitivement ap- ^^-^ pelées ''Pointes de Bulstrode," que s'établirent les premiers colons de Sain te- Victoire d'Arthabaska.
Ces Pointes situées sur la branche nord-est de la rivière Nicolet, comprennent une partie des Cantons de Bulstrode, de Stanfold et d'Artliabaska. Uorigine de cette colonie, berceau de la paroisse de Ste-Victoire, remonte au moins à Tan 1833 (i) puisqu'à cette date,
(1) Registres de Bécancour, année 183o. — lîaptênie de Onésime Marchand.
52 LES liOIvS-FRANCS
François Marchaud et son épouse Marguerite Beaucliesne y étaient déjà établis. François Marchand, qui fut tout probablement le premiçr colon de Ste-Victoire, et à qui reviendrait conséquemment le titre de fondateur de cette paroisse, naquit à Bécancour, le 9 avril 1789. Il était le fils de Simon Marchand et de Louise St-Cyr. Le 2 février, 18 18, il épousa, à Bécancour, Marguerite Beaucliesne, née le 15 mars 1794, fille de Charles Beaucliesne et de Agathe Desha3^es.
François Marchand fut inhumé à Victoria vil le le 20 avril 1867, et son épouse, le 29 mars 1880. Marguerite Beauchesne rendit d'éminents services aux premiers colons des Bois-Francs. On l'appelait généralement la mère Simon, Dans le but de soulager l'humanité souffrante, dit Mgr Suzor, la mère Simon s'était dévouée au soin des malades.
"Une mère de famille réclamait-elle ses services, vite on courait à la mère Simon. Le jour comme la nuit, on ne la surprenait jamais ; au premier bruit qu'elle entendait, elle était sur pied et prête à partir. On avait beau lui représenter quelquefois qu'elle avait une longue route à faire, de mauvais pas à traverser, de grandes fatigues à endurer : *' n'importe, répondait-elle bravement, pourvu que je soulage ces pauvres malades, c'est tout ce que je demande. Dieu saura bien me donner les grâces nécessaires pour accomplir mon devoir ; et d'ailleurs n'a-t-iî pas promis de nous envoyer son ange, pour reculer du chemin la pierre qui s'oppose à notre passage : lorsque je suis si bien appuyée et en si bonne compagnie, je nç crains rien."
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C'était alors, disent les témoins de ses excursions charitables, un spectacle assez curieux de voir la bonne femme endosser un gros en pot d'étoffe, et suivre, à la lueur d'un fanal que l'on ne manquait jamais d'apporter en semblable occasion, ceuxquiétaient venus la requérir. D'autres fois vous l'eussiez vue monter à cheval avec l'agilité d'un cavalier de vingt ans, pour faire des deux, trois et quatre lieues de chemin, à travers les arbres, toujours gaie et remplie d'anecdotes dont elle savait assaisonner à propos la conversation. Que de larmes elle a essuyées, que d'inquiétudes elle a calmées, que d'heureuses elle a faites ! Dieu seul le sait.