BEAUCHESNE
PEMOISELIvE Emélie Beaucliesne, la dernière survivante des premiers colons de St-Cliristoplie, et la plus ancienne personne, par la résidence, dans tous les Bois-Francs, est décédée à F Hôtel-Dieu d'Arthabaska, le 13 mars 1920, â^ée de 93 ans. Emélie Beauchesne, fille de Pierre Beauchesne et de Archange Montambault, naquit à Bécancour, le ler février 1827. Elle avait neuf ans quand son père vint se fixer sur les bords de la branche sud-ouest de la rivière Nicolet,à quelques arpents du Mont-Christo. Charles Beauchesne, le fondateur de St-Christophe, était déjà fixé sur le côté-sud de la rivière, depuis un an. Son frère Pierre planta sa tente sur le côté-nord.
Au mois de mars 1836, Pierre Beauchesne quittait Bécancour avec sa famille, composée de sept enfants. La caravane consistait en deux voitures : une pour la famille et l'autre pour le ménage, suivie de deux vaches et de quelques moutons. Parti aux premières lueurs du jour, on traversa, pendant la journée, la paroisse de Gentilly et la grande route du Domaine. Ce fut à la brunante qu'on arriva à la Rivière Bécancour,oii on devait passer la nuit.
Pierre Beaiicliesne alla frapper à la porte d'une modeste maison pour demander à couvert.
Le propriétaire était M. Pierre Ricliard. Celui-ci accueillit les nouveaux venus de bonne grâce ; mais il y avait un grand inconvénient à coucher là, car plusieurs membres de la familles étaient malades de la picote.
Mais que faire ? Il fallait bien se mettre à Tabri pour la nuit. On accepta l'invitation, et après avoir pris iq^uelque cliose pour apaiser la faim, on prépara, tant bien que mal, des espèces de lits, sur le plancher et, la fatigue aidant, on dormit bien profondément toute la nuit. Le Bon Dieu voulut bien protéger nos braves voyageurs, et personne ne fut atteint de la maladie. Le lendemain matin on se remit en route pour arriver à St-Christophe au soleil couchant. Après avoir passé quelques jours chez son frère Charles, Pierre Beauchesne entra avec sa famille, dans sa hutte.
IIci commencent les ennuis, les misères et les privations de tout genre.
On était à l'abri de la neige et de la pluie, mais quelle contrainte pour loger neuf personnes dans une aussi petite cabane !
On ne souffrira pas en réalité de la faim, mais à quelle nourriture ne faudra-t-il pas se conformer ? Le printemps, les chasseurs sauvages laisseront la viande du gibier aux colons, mais comme le sel est trop rare, on ne pourra pas en faire une provision pour l'été. Pour faire la soupe, il faudra employer des choux-gras, des racines de pourpier sauvage, des feuilles d'arbres, de l'ail sauvage. Le tout
sera bouilli dans de Peau. Heureux quand on pourra y ajouter un peu de lait.
On s'accoutuma, quelque peu, mais bien difficilement, à ce genre de nourriture, nous autres les enfants, disait Emélie Beaucliesne ; mais notre mère ne pouvait s'y faire, et combien de fois elle a versé des larmes en nous voyant manger de cette soupe ! Quand nous la voyions ainsi pleurer nous en ressentions un bien grand chagrin. Ce souvenir est encore bien vivace dans ma mémoire. Ça fait bien longtemps que ces choses se sont passées, mais il me semble encore les voir.
En 1840, Emélie Beauchesne a atteint sa treizième année. Au mois d'août, le missionnaire, M. Denis Marcoux, va venir passer une semaine dans les Pointes Bulstrode. Pendant cette mission il va préparer les enfants d'âge à faire la première communion.
Emélie Beauchesne, ses compagnons et compagnes, pendant 4 à 5 jours, auront à parcourir, matin et soir, une distance de plus de cinq milles, à travers le bois, pour assister aux instructions du missionnaire. Le grand désir de recevoir Notre-Seigneur pour la première fois donna du courage à ces braves enfants. Enfin, le grand jour est arrivé. Le temps du catéchisme a été bien court, mais on ne peut faire mieux.
Il ne peut être question de costumes de première communion. Emélie Beauchesne bénéficiera de la toilette de noces de Josette Jolin, mariée quelques jours auparavant à François Martin. La robe, naturellement, se trouvait trop longue pour la jeune communiante. La
mère d'Einélie y remédia facilement, en la raccoursissant avec des épines, en guise d'épingles.
Cette cérémonie de la première communion eut lieu dans les Pointes de Bulstrode, dans la maison de M.Valère Lavigne, située sur le côté nord de la brandie nord-est de la rivière Nicolet, sur le ler lot du I2èm2 rang de Bulstrode. La première chapelle dans le canton d'Arthabaska, dite " Chapelle des Bras'^, ne fut ouverte au culte qu'à la St-Michel 1843.
Emélie Beauchesne fut toujours l'amie du travail et de l'économie.
Ménagère pour elle-même, elle employait ses épargnes à l'instruction des jeunes garçons et des jeunes filles.
Dans ce but, elle se décida même à aller aux Etats- Unis, où elle passa plusieurs années, pour faire plus d'argent, afin d'accomplir son œuvre de dévouement.
Son bonheur aurait été de contribuer, par ce moyen, à donner un prêtre à l'Eglise. Si cette joie ne lui a pas été donnée ici-bas, elle en a maintenant la récompense au ciel.
Se voyant déjà avancée en âge, Emélie Beauchesne revint au pays natal. Le 7 mars 1904, elle entra à l'Hôtel- Dieu d'Arthabaska. Elle consacra le reste de ses jours aux soins des malades et à l'exercice de la prière. Son bonheur était d'être soit au chevet des mourants ou à l'avant-chœur de la chapelle, en adoration en présence de Jésus-Eucharistique qu'elle recevait tous les jours avec la plus grande piété. Que dire de sa vraie et tendre dévotion à la Sainte- Vierge, au bon St-Joseph et à l'exercice
du Chemin de la Croix ? Elle fut toujours un sujet de bons exemples et d'édification pour tous.
Elle était d'une dignité et d'une politesse vraiment remarquables. Toujours de bonne humeur et prête à rendre service, elle évitait scrupuleusement toutes critiques, toutes paroles préjudiciables à la réputation du prochain ou pouvant causer du chagrin aux autres. C'était une âme charitable dans la force du mot.
Demoiselle Emélie Beauchesnc, par son travail et comme garde-malade, a rendu à l'Hôtel-Dieu des services précieux ; et surtout, que de bénédictions n'a-t-elle pas attirées sur la maison, par ses longues et ferventes prières !
Que de mérites accumulés, pendant une si longue carrière, toute d'humilité, de travail, de résignation et de prière ! Aussi, voyait-elle venir la mort avec le calme, la confiance du juste. Parfaitement soumise aux desseins de Dieu, elle désirait cependant la fin de son long pèlerinage sur cette terre d'exil. Elle soupirait ardemment après le bonheur du ciel.
Elle désirait bien ne pas être à charge pendant sa dernière maladie. Dieu l'exauça. Elle ne fut malade que quelques jours. Enfin, l'heure dernière sonna. Elle était prête à entreprendre le grand voyage de l'éternité.
Le Dieu des récompenses célestes a déjà, sans doute, couronné celle qui l'avait tant de fois assisté dans ses membres souffrants ou mourants. Ceux-ci, à son arrivée, ont dû dire au Souverain Juge : ''Seigneur, recevez-la dans votre saint paradis : elle a été si bonne, si charitable pour nous tous. "
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Les funérailles d'Emélie Beaucliesne ont eu lieu en l'église de Saint-Cliristoplie le is mars 1920.
La levée du corps fut faite par M. L.-A. Côté, curé de la paroisse, et le service chanté par M. l'abbé C.-E. Mailliot, ancien curé de St-Paul-de-Chester.
Parents et amis, ayons une prière, un souvenir pour le repos de l'âme de celle qui nous précède dans la céleste Patrie.
Un mois après l'arrivée d'Emélie Beauchesne à St- Christoplie naissait dans les Pointes de Bulstrode, le 3 avril 1836, un enfant qui fut baptisé le 8 février 1838, par M. Olivier Larue, sous le nom de Joseph-Narcisse, fils de Pierre Cloutier et de Louise Bertrand. Parrain, Pierre Richard ; marraine, x^ngèle Leclerc (i). Narcisse Cloutier, âgé de 84 ans, est aujourd'hui le doyen des résidants et des enfants nés dans le canton d'Arthabaska. Il demeure à l'Hôtel-Dieu de cette ville.
(1) Voir registre de Gentilly, année 1838.
SaiQtc^Julie^dc^Son5epset(i)
I ^ E canton de Somerset comprend trois paroisses •
— ^ Saint-Calixte, Sainte-Julie et Notre-Dame-de- Lourdes.
C'est vers 1840 que le premier colon, M. Laurent Poliquin, vint se fixer au neuvième rang du canton Somerset, au milieu de la forêt. Il abattit lui-même le pre- .mier arbre sur sa terre pour se construire une cabane. Cette terre est aujourd'hui la propriété de M. Honoré Gingras. M. Poliquin mourut le 10 novembre 1864, à l'âge de 78 ans.
Ce courageux colon trouva des imitateurs. Plusieurs jeunes gens des paroisses des environs de Québec, sur la rive sud du Saint-Laurent, entendant parler de la grande fertilité des terres des Bois-Francs, vinrent successivement se fixer dans les diverses localités où l'on voit aujourd'hui de belles et florissantes paroisses. La Rivière- Noire — c'est ainsi qu'on désignait alors Sainte-Julie — eut son contingent. Bientôt M. Poliquin eut des compagnons. Tous s'encourageaient mutuellement, et non sans raison, car la grande difficulté n'était pas le dur et pénible travail
(1) Publiée avec la gracieuse permission de l'arteur : M. P. -G. Roy, de Lévis. Remercîments sincères.
du défricliement, mais bien le manque de chemins. Il A fallait transporter à dos toutes les charges, les mollieres ne permettant pas de se servir de bêtes de somme.
Les jeunes gens d'aujourd'hui ne savent pas suiEsamment admirer et surtout imiter ces beaux exemples de courage. Au lieu de se fixer au sol de leur pays natal, bon nombre préfèrent s'exiler pour gagner quelques piastres qu'ils gaspillent pour satisfaire les exigences d'un luxe effréné, sans souci de leur avenir, et au détriment de leur santé, de leur foi et de leur pays.
Les premiers colons de la Rivière-Noire s'adressaient au missionnaire de Saint-Calixte pour les besoins religieux.
C'est M. Edouard Dufour, missionnaire de Saint- Calixte, qui célébra la première messe à la Rivière-Noire, vers 1846, dans la maison de M. François Rousseau, sur la propriété occupée aujourd'hui par Onésime Côté. C'est là que le missionnaire continua de donner la mission jusqu'à ce que la chapelle — le presbytère actuel — fût bâtie et prête à recevoir les colons. C'est aussi M. Dufour qui fixa le site de l'église et fit l'acquisition de la terre de la fabrique. Dans l'automne de 1850, ce zélé missionnaire laissa Saiht-Calixte pour Saint-Lazare.
M. Dufour partagea les peines et les privations des premiers colons de la Rivière-Noire. Dévoué, compatissant, charitable, il se montra en toute circonstance rempli de zèle pour le bien spirituel et temporel de ses paroissiens. Ceux qui l'ont connu n'ont pas oublié la bonté de son cœur.
M. Dufour eut pour successeur M. Charles Trudelle.
C'est lui qui a construit Péglise actuelle, édifice en bois de iio pieds de longueur sur 45 de largeur. Elle fut mise sous le patronage de Sainte-Julie.
La première visite épiscopale à Sainte-Julie eut lieu en 1852. Le 26 juillet, Mgr Turgeon y administra le sacrement de confirmation à 206 personnes.
C'est pendant qu'il était missionnaire de Somerset et desservant à Sainte-Julie que M. Trudelle signa le fameux mémoire des douze missionnaires des Cantons de l'Est, le Canadien Emigraitt.
Sous les soins intelligents de M. Trudelle, Sainte- Julie grandit rapidement, et bientôt elle put recevoir son premier curé, M. Josepli-Octave Béland, qui arriva en octobre 1854. Pour un jeune prêtre qui n'avait connu que nos anciennes paroisses, Sainte-Julie, malgré ses progrès réels, n'avait encore rien de bien attrayant. Le presbytère servait de chapelle et ne pouvait donner logement au curé, qui fut accueilli de grand cœur par M. Ignace Roberge. L'église n'était pas prête pour le culte ; elle ne fut bénite que le 4 décembre 1854.
M. Béland était bien le curé qu'il fallait à Sainte- Julie. Courageux, d'une santé robuste, d'une charité et d'un zèle apostoliques, il ne se laissait jamais abattre par les difficultés. Son temps se partageait entre les travaux du ministère et les travaux des champs. Il était prêtre et défricheur. C'est lui qui a commencé le défrichement de la terre de la fabrique. Au besoin, il se mêlait aux ouvriers et travaillait comme eux. M. Béland a fait terminer l'intérieur de l'église. Il a été sept ans curé de Sainte-Julie.
M. Josepli-Stanislas Martel lui succéda en décembre 1861. Plein de talents, énergique et d'une activité dévorante, M. Martel continua ce qu'avait commencé son prédécesseur. Il acheva l'église. C'est sous sa direction que les nouveaux bancs ont été faits et le chœur terminé. La sacristie actuelle est son œuvre, et, de l'aveu de tout le inonde, c'est une belle sacristie. Il a pourvu l'église de vases sacrés, d'ornements et de lingerie. Il avait à cœur que tout fût à l'ordre. Aussi pendant son séjour à Sainte- Julie il a fait un bien incalculable.
Homme de goût, il a su entourer la demeure presbytérale de beaux jardins. Tous les arbres fruitiers et d'ornement qu'on y voit aujourd'hui ont été plantés de sa main. Il n'a pas non plus négligé la culture de la terre.
En octobre 1870, M. Martel eut pour successeur M. Louis-Théodore Bernard.
Rempli de zèle et de charité, M. Bernard s'est dévoué de cœur et d'âme au bien de ses ouailles. Doué de talents supérieurs et d'érudition, il était un bon guide, un conseiller éclairé. Il a fait réparer le presbytère et agrandir le jubé de l'église. Il résida près de trois ans à Sainte- Julie, mais, à cause de sa santé chancelante,, fut toujours assisté d'un vicaire.
Le curé actuel, M. Paschal-Prudent Dubé, lui a succédé le 10 mai 1873. Il ne faut pas faire l'éloge des vivants. Cependant, dire qu'il continue avec succès l'œuvre de son prédécesseur lui rend à peine justice.
Le premier cimetière de Sainte-Julie était de très petite dimension. En 1874, il en a fait ouvrir un autre de 300 par 150 pieds. En 1895, ^^ ^ entouré ce cimetière
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d'une belle et forte clôture eu broclie. Peu de temps après ou y a installé un beau calvaire ; le Christ, de grandeur naturelle, et les statues de la sainte Vierge et de saint Jean l'Evangéliste, toutes trois en bronze, ont été importés de Paris. M. Dubé a aussi érigé un chemin de croix dans son cimetière.
En 1877, AI. Dubé a fait construire, avec l'aide de la Propagation de la Foi, dans la mission de Notre-Dame de Lourdes de Mégantic, autrefois connue sous le nom d'Augmentation de Somerset, sur les bords de la belle rivière Bécancour, un chapelle en bois de 52 pieds sur 35. Cette mission est éloignée de Sainte-Julie de neuf milles, et est bornée au nord par la seigneurie Joly et la paroisse de Saint-Jean Deschaillons ; Notre-Dame de Lourdes doit être prochainement érigée en paroisse. On est actuellement à construire une nouvelle église dans cette paroisse qui a un curé résidant depuis 1893.
En 1876, les paroissiens de Sainte-Julie, eu témoignage d'estime et de reconnaissance, ont fait faire au trayon les portraits de leurs anciens desservants et curés. Ces portraits, qui ornent les murs de leur sacristie, apprendront aux jeunes générations à conserver le souvenir de ceux qui furent les premiers bienfaiteurs de la paroisse. C'est un bon exemple qui honorent ceux qui le donnent.
De 1880 à 1885, la fabrique fit lambriser l'église, po- .ser des tambours à l'intérieur, puis réparer et augmenter 'les dépendances du presbytère.
En 1887, de grandes réparations furent faites à l'intérieur de l'église. Les planchers du chœur et de la nef furent redoublés et les bancs peinturés. Trois magni-
fiques autels, faits par M. David Ouellet,de Québec, furent placés dans l'église! Un bel oratoire fut aussi installé dans la sacristie. Uautel de cet oratoire est un don des jeunes filles de la paroisse.
En 1891, trois riches lampes furent placées dans le sanctuaire.
Trois années plus tard, en 1894, la fabrique faisait Tacquisition d'un beau carillon de trois cloches du poids de 3746 livres de la fonderie Havard, de Villedieu, en France. La cérémonie de la bénédiction de ces cloches eut lieu dans l'après-midi du dimanche, 15 juillet 1894. Mgr Henri Têtu, procureur de l'archevêché de Québec, fit le sermon de circonstance et présida lui-même à la bénédiction au milieu d'un nombreux clergé et d'une foule considérable de fidèles.
En 1896, on a acheté de M. Rigali, de Québec, une belle et grande statue de Sainte-Anne et celle de Sainte- Julie, patronne de la paroisse. On avait acheté auparavant les statues du Rosaire, de Notre-Dame de Pitié, et une belle crèche d' Enfant-Jésus.
Peu de temps après, une dame pieuse de la paroisse, voulant témoigner sa reconnaissance à Saint-Antoine-de- Padoue pour une faveur reçue, fit don à l'église d'une belle statue de Saint-Antoine. Il y eut à cette occasion une grande fête.
En 1897, il fut décidé de couvrir le clocher et le toit de l'église, ainsi que celui de la sacristie, en tôle galvanisée, la vieille couverture faisant eau partout. L'ouvrage fut fait à l'entière satisfaction de tous les fabriciens par M. Alfied Langlais, de Saint-Sauveur de Québec.
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A l'arrivée de M. Diibé dans la paroisse, la fabrique avait une dette de $5000. Ce n'est qu'après l'extinction de cette dette qu'on a commencé les travaux énumérés plus haut. A l'heure présente, la fabrique n'a pas un sou de dettes.
Comme on le voit, pour une paroisse qui compte un demi-siècle d'existence, c'est un beau résultat. Comment en est-on arrivé là ? C'est par l'union et la concorde.
Après la publication de cette monographie paroissiale en 1901, M. l'abbé P.P. Dubé continua à administrer la paroisse, jusqu'au 20 février 1903, jour où il rendit pieusement son âme à Dieu. Il était âgé de 70 ans, et avait présidé aux destinées de la paroisse de Ste-Jnlie, pendant près de 30 ans. Il y a attaché son nom en y laissant la vénérable mémoire de ses vertus.
Aujourd'hui encore, a dit dernièrement un de ses successeurs : "Quand ou parle à l'étranger de la paroisse de Ste-Julie, on ne sait pas toujours très bien où elle se trouve située au point de vue géographique, mais on ne manque pas de dire : la paroisse de M. Dubé. C'est bien avec raison, parce que ses successeurs recueillent encore les fruits de l'instruction et de la bonne éducation spirituelle qu'il n'a cessé de donner à ses chers paroissiens".
M. Dubé avait d'abord été inhumé sous le bas-chœur de son église, mais, après la construction de la nouvelle église et avant la démolition de l'ancienne, le 26 juillet kçii, ses restes furent transférés et inhumés sous l'autel de la sacristie de la nouvelle église, après un service solennel où tous les paroissiens s'étaient fait un devoir de rendre ce dernier témoignagne d'affection à leur ancien
curé, dont ils conservent encore, à juste titre, un impérissable souvenir.
Au commencement de mars de Tannée 1Q03, le Rév. Alphonse Caron, professeur à TEcole Normale Laval, fut appelé à la cure deSte-Julie. M. Caron trouva la paroisse parfaitement organisée, aussi n'eut-il qu'à jouir en paix des travaux de ses prédécesseurs.
Joignant à la piété un bon esprit d'ordre et d'administration, il organisa la Confraternité du Tiers-Ordre, qui comprend une centaine de membres ; il économisa si bien les revenus de la fabrique, et augmenta tellement le montant laissé en caisse qu'après trois ans et trois mois que dura son règne, il laissa à son successeur un joli capital de six mille piastres.
Sa santé ne lui permettant pas de continuer seul les travaux du ministère dans une paroisse de près de 300 familles, il obtint de Monseigneur de retourner reprendre sa position de professeur et d'assistant Principal de l'Ecole Normale Laval de Québec, position qu'il occupe encore avec honneur aujourd'hui.
Au mois de juillet 1906, le Rév. L. A. Grenier curé de N.-D. de Buckland, fut appelé à la cure de Ste-Julie. A son arrivée, il constata que l'augmentation des familles du village de l'église requérait un édifice plus vaste pour les classes des enfants ; aussi, avec l'accord et la bonne entente des paroissiens, on eut vite fait une splendide maison à deux étages, comprenant quatre grands appartements pour classes et située plus au centre du village.
L'année dernière, les Sœurs de la Charité de St-Louis
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de France furent appelées à l'enseignement des deux classes supérieures, et quand les circonstances le permettront, c'est-à-dire quand la communauté pourra disposer de plus de sujets, c'est bien le désir des paroissiens de leur confier les deux classes des jeunes enfants.
Quoique la paroisse de Ste-Julie fût déjà mère de Kieux enfants, l'un du nom de Pierre-Baptiste qu'elle forma jeune, florissant, en 1883, et d'une fille du nom de N.-Dame de Lourdes, qui fut capable de voir à sa propre subsistance en 1893, elle s'aperçut tout de même que la maison paternelle était trop petite pour loger convenablement tous ses enfants.
En 1909, on commença la construction de l'église actuelle, qui fut terminée et livrée au culte à l'occasion de la visite pastorale de Mgr l'archevêque, au mois de juillet
Sa construction a de remarquable qu'elle fut bâtie en pierres de granité venant des champs des cultivateurs des environs, ce qiii lui donne un cachet de solidité et de richesse peu ordinaire.
De plus, tout l'ouvrage a été fait à la journée par les ouvriers de la paroisse et quelques-uns venus de l'étranger. Son style est du plus pur corinthien, avec sa colonnade au portique, ce qui lui donne un caractère de grandeur qui attire l'attention de tous les étrangers. L'intérieur est d'un effet magnifique ; aussi ce n'est pas trop dire que d'affirmer qu'elle a la réputation d'être, sinon la plus riche du moins l'une des plus belles du diocèse. Les paroissiens de Ste-Julie ont droit d'en être fiers.
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