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DANS LES EGLISES

;Sbus' le régime français au Canada et même pendant un bon nombre d'années après la Conquête, les églises n'étaient pas chauffées en hiver.

Une entrée du "Journal des Jésuites" de l'année 1646, à propos de la cérémonie des Cendres, dit:

I "On avait avertis qu'elles (les ■cendres) ne se mettraient ni sur les calottes ni sur les coëffes des femmes, mais qu'il fallait présenter les cheveux".

I Voilà qui nous apprend comment nos ancêtres se protégeaient contre Ile froid dans les églises non chauffées.

La calotte couvrait la tête des hommes, et les femmes portaient d'épaisses coiffes.

Mais le prêtre comment pouvaitil accomplir ses augustes fonctions à rautebsans se sentir gagner par le froid?

C'est encore le "Journal des Jésuites" qui nous apprend qu'on mettait sur l'autel un réchaud. En effet, à la date du 25 décembre 1646, on lit dans le "Journal des Jésuites": "'Le temps fut si doux qu'on n'eut pas besoin de réchaud sur l'autel pendant les messes".

Ce fut entre ISOO» et 1815 qu'on j commença là Installer des poêles ' dans les églises. Dans bon nombre 'd'églises même on attendit encoro jDlusieurs années avant de se servir des poêles. iLes églises d'Europe ; n'étaient pas chauffées et on voulait suivre dans toute sa rigueur la coutume de là-bas. Les poêles dont on se servit d'abord étaient .Fabriqués aux forges de iSaint-'Maurice. Ces poêles étaient grossière- [ment faits et prêtaient là de séieux inconvénients.

Les poêles des forges de Saint- Maurice furent remplacés vers 1850 par. les poêles ruses. Le "Canadien" de juin 18 40 contient l'avis suivant signé par J. Smollnski:

"Le soussigné a l'honneur d'informer le public de ce pays qu'il se propose d'envoyer sous peu des ordres pour faire venir d'Europe un assortiment de poêles russes, dont l'excellence sous le rapport de l'économie du combustile comme sous ceux de la propreté, de l'élégance et de la salubrité, est déjà établie par les essais déjà assez nombreux qui ont été faits en cette ville.

"Ces poêles se prêtent à toutes les formes voulues; ceux donc qui veulent s'en procurer d'une certaine forme sont priés de s'adres-

sa prochaine importation. On est prié de faire diligence, attendu que les premiers demandants seront les premiers servis le printemps prochain.

"Ces poêles peuvent être construits et disposés de manière à se passer des tuyaux ordinaires, dont l'usage souffre tant d'incionvénients, et cela au moyen de conduits en brique cachés.

"Ceux qui auraient besoin d'information au sujet des poêles en question peuvent s'adresser à M.

le curé de la paroisse de Notre- Dame de Québec ou à M. Burroutghs greffier de la cour du Ba-nc du Roi à Québec, et à nombre d'autres.

"N.B. — M. Smollnski ayant déjà reçu plusieurs ordres prierait MM.

les curés et fabriciens qui voudraient se procuTer des poêles d'envoyer leurs ordres d'ici au 1er janvier prochain, sans quoi il craindrait ne .pouvoir les exécuter. Les lettreis peuvent être adressées franches de port à M. le curé de Québec ou au bureau du Oana^en".

Au temps où les églises n'étaient pas chauffées des incidents assez curieux se produisaient. Nous en empruntons deux au "Bulletin des Recherches Historiques". Sont-ils authentiques? Nous l'ignoronis.

C'était à Vaudreuil, un dimanj che. Il faisait un froid à fendre les pierres, et l'officiaoït, M. Roux, après avoir entonné le credo, au lieu de se rendre à son siège comme la coutume l'exige, s'en fut à la sacristie. Les assistants crurent que cet aimable prêtre s'était senti indisposé pour en agir ainsi et, après la messe, quelques-uns de ses 1 amis furent de trouver pour s'in- 1 former de sa santé:

I — Avez-vou's été malade, M. Roux que vous êtes sorti pendant le credo?

— Pas du tout, mais j'étais tramsT de froid. J'ai taillé de la besogne aux chantires et je suis allé me chauffer à la sacristie. Voilà!

L'autre anecdote eut pour scène une paroisse d'en bas de Québec qu'on ne nomme pas. Le curé, très frileux, avait entouré l'autel principal de son église d'une cloison vitrée. Ce compartiment était chauffé. Le brave homme y avait -menacé une ouverture. A chaque Doinlnus vobiscum, il ouvrait gravemenl sa fenêtre, chantait magistralement les paroles liturgiques et couti nuait lie saint of" ce après fermeture hermétique de la fenêtre. Il étaii vu pleinement du pieux auditoir( sans pourtant souffrir de l'incoim modité de vingt degrés au-dessouj

de zéro.

jf

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