LA PREMIERE MESSE À ST-PAUL-DE-CHESTER ET LA PREMIÈRE CHAPELLE
Quel beau jour ! Quel bonheur suprême ! Enfants, élevez vos concerts :
La terre devient le ciel même, Voici le Dieu de l'univers !
I \E 1849 à 1851, les colons de Cliester-Ouest avaient ^J y recours, pour les services de la religion, au mis-
fsionnaire de Saint-Christophe, résidant à Saint-Norbert.
II leur fallait faire >] 2.Z milles, à pieds ou à cheval, à travers la forêt et les montagnes pour se rendre à la mission de Saint-Christophe.
A l'automne de 1851, ils furent placés sous la juridiction, du premier curé de Saint-Christophe, M. Tabbé P.-H. Suzor. Il en fut ainsi jusqu'au 5 octobre 1857, alors que le missionnaire de Warwick, M. l'abbé T. Lacoursière, en fut chargé par Mgr Thomas Cooke, évêque des Trois-Rivières.
C'est dans le cours du mois de juin 1855 que fut célébrée, dans Chester-Ouest, la première messe.
Ce fut pour ces pauvres exilés un bien et beau grand jour, un jour d'allégresse. Il leur laissait entrevoir
qu'avant longtemps ils auraient au milieu d'eux un prêtre^ pour les consoler, les encourager, les assister.
Cette première messe fut dite dans la maison de M. Moïse Dupuis, située sur le çième lot du loème rang de Chester. (i)
Le prêtre qui offrit le saint sacrifice, qui le premier immola l'auguste victime sur la terre de la future paroisse de St-Paul-de-Chester, fut le Révérend M. P.-H. Suzor, curé de St-Cliristophe d'Arthabaska.
Pendant le cours des années 1855 et 1856, M. Suzor 3e rendit plusieurs fois chez M. Moïse Dupuis, pour y dire la messe, confesser, prêcher et baptiser. Le 12 février 1857 ^^ première messe fut dite dans la chapelle.
(1) M. Moïse Dupuis était originaire de la Beauce. Il mourut à St- Paul le 14 ianvler 1893, âgé d'environ 84 ans.
M. yABBÉ J.-O. PRINCE
CURE DE SAINT-NORBERT, DELEGUE POUR FIXER LE SITE DE LA PREMIÈRE CHAPELLE DANS CHESTER-OUEST
LE 9 août 1855, les colons de Chester-Ouest, ayant présenté une requête à Mgr Cooke, évêque des
Trois-Rivières, demandant la permission de bâtir une chapelle, Tévêque délégua, le 27 août 1855, pour prendre connaissance delà susdite requête, M. l'abbé J.-O. Prince, curé de Saint-Norbert d'Arthabaska.
Conformément à cette ordonnance, M. Prince, accompagné de M. Suzor, se transporta, le 4 octobre 1855, sur la future paroisse de Saint-Paul-de-Cliester, pour y fixer l'endroit de la chapelle demandée, en y plantant une croix. Le trajet devait alors se faire à cheval. Monsieur Prince avait d'abord songé à fixer la place de la chapelle à l'entrée du chemin dit : " St-Philippe," sur le 5ème lot du rang Craig-Sud, oit se trouve l'église actuelle.
Il en conféra avec les colons de l'endroit, et la chose semblait tellement décidée en ce sens, que l'on se mit à l'œuvre pour confectionner une croix, que M. Prince devait planter à son retour de la visite qu'il croyait devoir faire d'un autre site proposé pour la future chapelle. (1)
(1) Cette croix fut faite par un Monsieur Boutin.
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C'était bien la place naturelle, et plus tard, on dût y revenir, non sans bien des peines, des souffrances, des sacrifices et même des troubles qui eurent à Pétranger malheureusement trop de retentissement, à cette époque.
Monsieur Prince se rendit donc au second endroit. C'était sur le lot lo du loème rang de Chester. Ce terrain appartenait à M. Joseph Pellerin, de Stanfold, qui l'offrait gratuitement. Il en fît don, le 7 octobre 1855.
Le terrain que Ton proposait sur le 5ième lot du \/ chemin Craig-sud appartenait à un protestant. Il s'agissait d'en avoir la propriété.
Premier obstacle.
De plus, un certain nombre de colons établis dans le ler rang de Ham désiraient avoir la chapelle aussi rapprochée d'eux que possible.
Pour toutes ces causes, M. Prince trouva bon d'accepter le terrain offert par M. Joseph Pellerin et y planta y une croix, fixant ainsi le site de la chapelle sur le lot 10 ^ du loème rang.
Mais il fallait repasser par le premier endroit. Quelle ne fut pas la surprise de ce groupe de colons, lorsqu'ils apprirent que la croix était plantée et que la chapelle serait bâtie à environ deux milles de la place où ils désiraient l'avoir ! De la surprise on passa au mécontentement, même à la colère. On se permit des propos déplacés à l'adresse de M. Prince. La chose menaçait de prendre une tournure assez désagréable, lorsque M. Prince et M. Suzor jugèrent bon de commander leurs chevaux et de mettre ainsi fin à cette scène disgracieuse.
T.KS RorS-FRANCvS
Le 15 novembre 1855, Mgr Cooke chargea M. Suzor de communiquer aux colons de Chester-Ouest une lettre pastorale leur permettant de bâtir une chapelle à l'endroit déterminé par M. J. O. Prince.
Lettre de Mgr Cooke^ Evêque des Trois-Rivûres^ permettant aux fidèles des Sème, çêtne^ loème et iième Ra7igs de Chester de bâtir une chapelle^ sous le titulaire de S t' Paul y apôtre.
Thomas Cooke,
Evêque des Trois-Rivières.
Aux fidèles des huitième, neuvième, dixième et onzième rangs du township de Chester. Salut.
Nous vous faisons savoir par les présentes, que, vu le procès-verbal en date du quatre Octobre de la présente année, de Messire Jean-Octave Prince, prêtre missionnaire de Durham, ci-devant curé de Saint-Norbert d'Arthabaska, par Nous député pour ce qui concerne la construction d'une chapelle dans la partie ci-dessus désignée du dit township de Chester, comté de Drummond, district de St-François, en conformité d'une requête, en date du neuf d'août de la présente année, que vous nous avez adressée à cet effet ; Nous approuvons les opérations de Notre dit député, et voulons que, au lieu marqué par lui, c'est-à-dire sur le dixième lot du dixième rang, à quarante-cinq pieds environ du chemin ro3i^al, il soit construit, sous le titulaire de St-Paul, apôtre, une chapelle ayant quarante pieds environ de longueur sur trente
pieds de largeur, et environ treize pieds de hauteur entre les deux planchers, le tout à mesure française. Nous aimerions que Ton ajoutât à la dite chapelle dix ou quinze pieds pour procurer un logement au prêtre desservant.
Nous vous exhortons à faire toute diligence afin d'offrir au plus tôt un lieu convenable pour la célébration de Toffice divin. Ne refusez pas de faire à cet effet les sacrifices nécessaires et soyez fidèles à remplir vos obligations envers Dieu et envers PEglise : ce sera le moyen assuré de mériter la faveur d^une desserte régulière et d^attirer sur vous la bénédiction du ciel.
Donné aux Trois-Rivières, sous Notre Seing et sceau et le contre-seing de Notre secrétaire le quinze de Novembre, mil-huit-cent-cinquante-cinq.
t Thomas, Ev. 3-R.
Par Monseigneur
Ph. O. Gélinas, Kccl., Sec.
Cette lettre était accompagnée de la note suivante de Monsieur le secrétaire de l'évêque :
A M. Ph. Suzor, Ptre,
Curé de St- Christophe.
Monsieur,
Vous recevrez avec la présente une lettre pastorale de Monseigneur, adressée aux habitants de Chester, relativement à la construction de leur chapelle ; vous êtes prié de la lire à votre prône aussitôt que possible.
Vu que cette chapelle devra, pendant plusieurs années, servir d^église, Monseigneur désirerait qu*on lui donnât environ soixante pieds de long, avec quarante
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pieds de largeur et une hauteur proportionnée. Au moyen de cette augmentation le prêtre desservant aurait à une des extrémités de l'édifice une sacristie et un logement.
Faites comprendre, s'il vous plaît, aux intéressés les avantages qui doivent résulter de l'arrangement proposé. Sans cela, ils seront bientôt obligés de construire à part, un presbytère, une sacristie ou une église, ce qu'il est bon de différer autant que possible. Enfin, Sa Grandeur ne doute pas que vous ne fassiez pour le mieux, etc., etc.
Ph. O. Gélinas, Ecc. Secrétaire.
Nous verrons plus taid comment on se conforma à ces ordonnances, pourtant bien claires, bien expresses.
Au printemps de 1856, Monsieur Suzor visita les colons de Chester-Ouest et de Ham.
Vers la fin de juin de la même année, il se rendit sur le loème lot du loème rang de Chester, pour surveiller les travaux de la chapelle que l'on commençait à bâtir.
Le 12 février 1857, la chapelle était logeable et, ce jour-là, Monsieur P.-H. Suzor, curé de St-Christophe, accompagné de M. Alexandre Bouchard, son vicaire, en fit la bénédiction. La messe fut chantée par M. Alexandre Bouchard, vicaire de St-Christophe.
Au lieu de bâtir, conformément aux ordres de l'évêque, une maison devant servir de chapelle et de presbytère, on construisit seulement une chapelle, remettant à plus tard la construction du presbytère.
Première désobéissance !
En 1862, le presbytère projeté était encore à peine logeable, puisque l'évêque menace de retirer le curé, si on n'y fait pas les améliorations nécessaires.
PREMIERS MISSIONNAIRES DE vST-PAUL-