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CHESTER

LES MISERES, LES TROUBLES OCCASIONNES PAR LE CHANGEMENT DU SITE DE L^ EGLISE

IL y a dans Thistoire des paroisses des circonstances que j'appellerai critiques, parce qu'elles troublent le bonheur de ceux qui les composent et en ralentissent notamment le progrès. Ce n'est pas que de leur nature elles Soient propres à produire ces résultats, mais elles ne deviennent telles que par la méchanceté de certains esprits artificieux qui ne cherchent qu'à neutraliser l'action de ceux qui ont reçu la mission de gouverner. Or, parmi ces circonstances, je compte celle du changement de place d'une chapelle devenue nécessaire dans une localité. vS'agit-il d'effectuer cette translation, vous voyez surgir un certain nombre de personnes qui ne veulent entendre aucune raison et s'obstinent à faire une opposition malheureusement trop féconde en fâcheux résultats. Je suis arrivé à cette époque critique de la paroisse de Saiut-Paul-de-Çhester. Nous allons entrer dans une

ère bien sombre et bien lamentable. La paix va être troublée ; le discorde va pénétrer au milieu de la population.

Et ces dissensions vont, liélas ! se prolonger bien trop longtemps. Même, de pauvres malheureux feront naufrage dans la foi.

C'est une question hérissée de beaucoup de difficultés et grave de conséquences qu'il me faut traiter. En mon âme et conscience, je veux être véridique et impartial pour tous et un chacun. Je ne veux blesser personne mais j'ai l'obligation de dire toute la vérité. D'ailleurs les pièces justificatives parlent par elles-mêmes.

Nous sommes en 1869. Une année s'est écoulée depuis la dernière visite épiscopale. Les ordonnances de Mgr Cooke en 1863, et renouvelées par Mgr Laflèche en 1868 ne sont pas encore mises à exécution.

Cependant, il faut agrandir ou bien bâtir ; le besoin est devenu impérieux. En effet, comment loger une population de 1930 âmes dans une si petite chapelle ? Mgr Cooke et Mgr Laflèche conseillaient aux paroissiens de St-Paul d'agrandir, pour le moment. Plus tard, quand leurs moyens seraient plus considérables, ils pourraient songer à bâtir. La majorité, en réalité, demandait de bâtir à neuf, mais en même temps on demandait le transfert de la chapelle au bout du chemin St-Philippe.

L'autorité religieuse, entrevoyant les misères que ce changement allait entraîner, conseillait l'agrandissement, nne réparation ; mais enfin, comme on ne faisait rien

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dans ce seus et que le bien des âmes demandait un local plus spacieux pour les offices religieux, il fallait de toute nécessité remédier à ce malheureux état de choses.

Le II juillet 1869, la majorité des francs-tenanciers de St-Paul-de-Chester présentèrent àl'évêque une requête ^demandant de bâtir à neuf, à l'endroit qu'il ferait désigner •à cet effet.

:\Ionsieur P.-H. Suzor, V. F., et curé d'Arthabaska, fut nommé délégué pour vérifier les allégués de cette requête, ce qu'il fit le 12 août 1869.

Le 27 septembre 1869, Mgr Laflèche, coadjuteur de Mgr des Trois-Rivières, ayant reçu le rapport de M. P.- H. Suzor, écrivit la lettre suivante aux paroissiens de St- Paul de Ch ester :

Lettre pastorale de Monseigneur Pêvêque d^ Anthèdon aux fidèles de la paroisse de St-Patil-de-Chester

LOUIvS FRANÇOIS LAFLECHE,

Par la miséricorde de Dieu et la grâce du Saint-Siège Apostolique, Evêque d'Anthédon et Administrateur du diocèse des Trois-Rivières, etc., etc.

Aux fidèles de la Paroisse de 3t-Paul-de-Chester, Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur Jésus-Christ.

Nos Très Chers Frères,

Lors de notre dernière visite pastorale dans votre paroisse, en juin 1868, Nous avons renouvelé l'ordonnance que Mgr Thomas Cooke avait donnée dans la visite précédente, prescrivant l'agrandissement de votre

église, afin de la faire durer encore quelques années, et de retarder d'autant la construction d'une nouvelle église.

Cependant, par une requête de la majorité des habitants francs-tenanciers de votre paroisse, (i) vous Nous avez exprimé le désir de bâtir plus tôt, afin de vous épargner les frais d'un agrandissement de votre chapelle, et en conséquence vous Nous avez demandé la permission de bâtir une nouvelle église à l'endroit que Nous ferions désigner à cet effet.

Nous avons chargé Notre Bien-Aimé Vicaire Forain, le Révérend Monsieur P. Suzor, Curé de St-Christophe, de se transporter sur les lieux aux fins de vérifier la dite requête et ses allégués et de marquer la place de la future église, s'il y avait lieu.

Par le rapport qu'il Nous a fait de son opération, (2) Nous voyons que votre chapelle peut encore durer quelques années, avec de légères réparations, et que cependant il a cru devoir choisir de suite le site où devra être faite la future église.

Or, l'endroit qu'il a désigné est précisément celui que le Vénérable Evêque de ce diocèse avait déjà jugé comme le plus convenable pour cette fin, et c'est aussi ce que Nous avions jugé nous-même, sans toutefois vous le dire clairement.

^ Des réclamations nous ont été faites de la part de plusieurs d'entre vous, contre la construction immédiate d'une église et de ses dépendances, et ces réclamations s'appuyaient surtout sur le peu de ressources de la pa-

(1) En date du 11 juillet 1869.

(2) En date du 12 août 1869.

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roisse dans le temps actuel. Ils avouaient cependaut que ^a majorité des habitants acceptaient avec plaisir la place désignée par Notre député et désiraient bâtir, et qu'euxmêmes se soumettraient volontiers à ce qui avait été décidé, mais qu'ils demandaient seulement de différer l'époque de la construction des édifices.

En conséquence, donc, N. T. C. F., désirant rendre justice à tout le monde, et conserver l'accord et l'union si nécessaires à la prospérité et au bonheur d'une paroisse, Nous acceptons l'opération faite par notre Député et le site qu'il a choisi pour la construction de la future église et de ses dépendances, mais pour ne pas frustrer de leurs travaux et sacrifices ceux qui ont construit la chapelle actuelle, Nous la laisserons subsister aussi longtemps qu'elle pourra rencontrer absolument les besoins de la paroisse, en lui faisant les légères réparations qu'elle pourrait exiger, et Nous retarderons d'autant l'émission de Notre décret permettant la construction de la future église et de ses dépendances ; ce qui pourra aller à quelques années, comme le prévoyait Mgr Cooke.

Sera Notre présente lettre pastorale lue au prône de la messe paroissiale de St-Paul-de-Chester, le premier dimanche après sa réception.

Donné aux Trois-Rivières, sous notre Seing, le sceau du diocèse et le contre-seing de Notre Secrétaire, ce vingtsept septembre, mil-huit-cent-soixante-et-neuf.

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