FÉVRIER
Province ecclésiastique de Québec,
Diocèse catholique romain des Trois-Rivières, Juridiction ecclésiastique.
Monition aux Sieurs Israël Comtois et Richard Vachon, Alarguilliers de rCEuvre et Fabrique de la paroisse de St-Paul-de-Chester.
Par ordre en date du huit février courant, de la part du Très Révérend Charles-Olivier Caron, V. G., Administrateur/>r^ te77ipore de ce diocèse des Trois-Rivières, je viens vous déclarer <à. vous, Israël Comtois et Richard Vachon, que nul paroissien n'est appelé à la charge de mar- Iguillier pour devenir le contrôleur et maître du pasteur,
non plus que de l'église et des objets servant au culte de Dieu, mais seulement pour aider le prêtre dans l'administration du temporel de l'église.
Qu'en refusant à votre pasteur l'usage des ornements sacrés et autres objets du culte divin, vous vous êtes rendus, aux yeux de Dieu et de l'église, coupables d'abus et d'usurpation du pouvoir, d'attentat contre la dignité et l'autorité des pasteurs, de violation ouverte des droits inviolables de l'Eglise, que vous avez mis par là le pasteur de cette paroisse dans l'impossibilité de célébrer les saints mystères sans avoir recours à la charité des paroisses voisines, et ce, au grand étonnement, désavantage et scandale des fidèles.
En conséquence, pour faire cesser le scandale, ramener toutes choses dans l'ordre et selon les lois et les droits sacrés de l'Eglise de Jésus-Christ, Moi, prêtre et pasteur de cette paroisse, en ma double qualité de prêtre pasteur, et agissant au nom et lieu du Très Révérend Charles- Olivier Caron, Administrateur de ce Diocèse des Trois- Rivières, vous parlant en son nom et comme s'il vous parlait lui-même en personne, je vous signifie et ordonne, par la présente monition, équivalente à trois, de cesser de séquestrer les ornements sacrés et tous autres objets Servant directement au culte divin ou religieux, à l'administration des sacrements, à la célébration des saints mystères, et de remettre paisiblement en la possession utile du Révérend J.-Agénor Moreau, curé de cette paroisse, tous les dits objets, sans exception aucune et sous quelque nom qu'ils puissent être, et de les laisser au paisible et libre usage du pasteur et des fidèles de cette pa-
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roisse, sans entrave ni molestation qnelconque, sons qnclquc prétexte qne ce puisse être. Faute par vous d'obéir au présent ordre et nionition, d'iiui à huit jours révolus, vous serez frappés d'excommunication et de toutes les peines qui l'accompagnent ou qui la suivent.
En fait de la teneur et de la signification par moi faite à qui devait de la présente monition, j'ai signé la présente avec les témoins soussignés et en ai laissé copies aux dits marguilliers, le dix de février, mil-huit-centsoixante-treize.
J.-A. MoREAU, Ptre Curé.
Témoins i ^'-^' J^^^^^'
( Eyangeliste Leblanc.
Appel ayant été fait avant la fulmination de la sentence d'excommunication, à Monseigneur en personne, dès qu'il serait de retour de Rome, Monsieur l'Administrateur a sursis les procédés et consenti à l'appel.
Dans le cours du mois de mars, comme on avait cessé de garder la chapelle, deux paroissiens, M. Dieudonné Côté et M. Grégoire Lafontaine, à la faveur des ténèbres de la nuit, pénétrèrent dans l'ancienne chapelle et emportèrent à l'église nouvelle tous les ornements et vases sacrés.
Un tableau du Sacré-Cœur actuellement dans la sacristie de St-Paul, et la cloche furent transportés à la nouvelle église dans le cours de l'été, après la visite pastorale.
Cette cloche est maintenant sur l'école du village.