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LH 30 JUIN 1901, PAR MGR ELPHRGH GRAVEL, EVEQUE DE NICOLET

Le 30 juin 1901 figurera toujours dans les annales historiques de la paroisse comme un jour bien glorieux et bien consolant pour les paroissiens. Il fut le digne couronnement des cinquante premières années de labeur et de dévouement des vaillants défricheurs de cette partie du canton de Chester.

En effet, le 30 juin 1901 était le jour de l'in auguration du beau temple commencé en 1895, sous M. le curé J.-Bte Hercule Bellemare, et terminé pendant que M. l'abbé C.-E. Mailhot était curé. Cette église présente le plus bel aspect à l'extérieur. Elle est bâtie en pierres. La façade, ornementée de trois magnifiques statues, est vraiment belle. L'intérieur, fini en bois, est peint en blanc, avec décoration en or. C'est M. Louis Caron, architecte, de Nicolet, qui a fait les plans et a exécuté les travaux, tant de l'extérieur que de l'intérieur.

En même temps avait lieu la bénédiction d'un orgue superbe, du prix de $2600.00, œuvre des MM. Casavant,de St-Hyacinthe, ainsi que la bénédiction de plusieurs statues : Sacré-Cœur-de-Jésus, la Ste Vierge, St. Joseph, Ste- Anne, St. Antoine de Padoue, St. François-Xavier et St- Charles-Borromée, de Notre-Dame du Suffrage et de Notre-Dame-de-Pitié.

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Mgr Elpliège Gravel, évêque de Nicokt, malgré l'état précaire de sa santé, voulut bien venir présider luimême la cérémonie, accompagné de M. le Grand-Vicaire Thibaudier, et de monsieur l'abbé Edouard Baril, représentant du séminaire de Nicolet.

La messe fut chantée par Monsieur l'abbé J. B. H. Bellemare, curé de St-Zéphirin, ancien curé de cette paroisse, assisté de Monsieur l'abbé A. Moreau, représentant officiel du Séminaire des Trois-Rivières, comme diacre, et de monsieur l'abbé. Noé Pépin, vicaire à St- Christoplie, comme sous-diacre, Messieurs Raoul Bourbeau et Rosario Richard, ecclésiastiques, de Ste-Victoire, faisant l'office de cérémoniaire et thuriféraire et Henri Lamy et Edouard Roberge étant acolythes. Assistaient au chœur : Monsieur Tétreault, ancien curé, de New-York, monsieur Ferdinand Cantin, prêtre, de Tingwick, monsieur Arseneault, professeur au Séminaire de Nicolet.

L'orgue était tenu par l'éminent organiste d'Arthabaskaville, monsieur Roméo Poisson, qui sut faire valoir par sa maîtrise toutes les brillantes qualités de l'instrument. Quelques amateurs d'Arthabaskaville étaient venus prêter leur concours aux chantres de St-Paul. Le *'Jesu Dei vivi" de Verdi fut très bien rendu par messieurs A. Poisson, R. Poisson et S. Casavant.

A l'offertoire, messieurs A. Poisson et R. Poisson exécutèrent un superbe '*Ecce Panis" de Mercier, et après l'élévation, le docteur Blondin interpréta le cantique si touchant de Gounod : '%e ciel a visité la terre."

Le sermon a été prononcé par M. l'abbé Grenier,curé

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de St-Grégoire. C'est une belle pièce d'éloquence sacrée dont nous allons citer quelques passages.

Le prédicateur avait pris pour texte : "Sanctum est templum tuum." Il commence par féliciter les paroissiens de St-Paul sur le beau temple qu'ils ont élevé au Seigneur. Comme, dit-il, au Moyen Age il y avait des logeurs du bon Dieu, société organisée, qui se chargeaient de bâtir gratuitement des églises, les paroissiens de St-Paul les ont même surpassés par la beauté du temple qu'ils ont élevé.

Le prédicateur parle ensuite du but de la fondation des églises : "Domus Dei, Domus Orationis." C'est l'endroit par excellence pour prier Dieu, l'implorer, le louanger : " Oculi mei aperti et Cor meum, Endroit prévilégié pour la prière, oii, dit-il, la prière est la plus écoutée, car le Cœur de Jésus est là."

L'orateur parle ensuite des profanateurs des temples et parle des malheurs arrivés à ceux-ci. Il nous montre Antiochus et sa punition : ^'Ultio Dei ultio templi." M. l'abbé Grenier a eu un magnifique mouvement oratoire quand il nous parla de l'église paroissiale et de son influence sur la nationalité canadienne. '^ C'est, dit-il, l'endroit oii tous nos ancêtres, sentant les efforts que les Anglais faisaient pour leur faire perdre leur nationalité, se réunissaient pour s'encourager mutuellement et fortifier leurs croyances nationales. Vous en avez la preuve, dit-il, dans ces 100,000 Acadiens qui n'ont jamais varié."

Parlant ensuite de la musique, il explique à son auditoire que c'est dans la musique sacrée que les musiciens

les plus célèbres out trouvé leurs plus belles inspirations et compositions.

Uorateur parle ensuite des saints et pourquoi on leur a élevé des statues. C'est pour conserver leur mémoire. Le crédit des saints, dit-il, fait pardonner par Dieu bien des choses aux hommes. Le prédicateur termine avec beaucoup d'éloquence en disant aux paroissiens de St- Paul que ce temple qu'ils ont élevé au Seigneur leur portera bcmheur.

Après la communion. Sa Grandeur, dans une touchante allocution, a terminé en donnant de paternels conseils à ses ouailles. Il leur a exprimé le plaisir qu'il avait eu de partir de chez lui pour venir les voir et les féliciter de leur générosité.

Heureux dans ses remarques, délicat dans ses allusions et ses éloges, il créa une profonde impression, surtout lorsqu'il parla de l'état précaire de sa santé, qui lui interdisait presque l'espoir de revoir ses chers paroissiens de St-Paul.

Il communiqua à tout l'auditoire la poignante émotion qui l'étreignait lui-même.

xA-près la messe, un grand dîner a eu lieu au presbytère, en l'honneur de Monseigneur. Tous les prêtres dont les noms ont été mentionnés plus haut y prirent part.

A quatre heures de l'après-midi, les Vêpres solennelles furent présidées par Sa Grandeur, qui laissait la paroisse vers sept heures du soir, emportant avec Elle les vœux de toute une population comblée de joie, animée des sentiments de la plus vive reconnaissance, formant

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des vœux les plus sincères pour le rétablissement de la santé de son Premier Pasteur. On ne voulait pas lui dire '^ Adieu '' ; mais on lui criait : '* Au Revoir."

Mais liélas ! ce fut la dernière visite de Mgr Gravel à St-Paul.

A Artliabaska, Monseigneur fut l'hôte de M. le Curé Côté.

V Monseigneur en profita pour aller saluer Sir Wilfrid Ivaurier, alors en repos dans sa villa au pied du Mont- . C/irzs/o.

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