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C.-F. Arch. de Québec

Dieu soit béni ! s'écria M. Bernier, après la lecture de cette lettre. Mes faibles prières sont enfin exaucées.

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Ce grain de vsénevé que je vais semer dans le domaine fertile de l'église germera comme celui de notre évangile, et, comme lui, se développera, grandira et deviendra un arbre vigoureux à l'abri duquel les pauvres du Seigneur trouveront en tout temps un refuge assuré contre les intempéries du vieil âge !

Le 7 mai suivant, M. le Curé jetait les fondations de son œuvre chérie sur un terrain acheté à cette fin, vers l'extrémité nord du village, sur les bords du lac, à quatre arpents environ de l'église paroissiale. Ses dimensions sont soixante-seize pieds de longueur sur quarante de largeur, à trois étages, à toit plat à la française.

L'ameublement ne laisse rien à désirer.

Le 12 septembre 1872, les Sœurs arrivent pour en prendre possession. Le conseil de la Maison-Mère de Québec avait désigné pour cette nouvelle mission : les Sœurs St-François-Xavier, comme Supérieure ; Ste-Marguerite, pour assistante ; St-Augustin, pour économe ; les Sœurs Ste-Clotilde, Ste- Alice et Ste-Christine leur furent adjointes comme coopératrices dans la grande œuvre qu'elles allaient entreprendre.

Il fallait voir la joie du bon curé à l'arrivée de ses religieuses ! Il avait pourvu à tout avec un cœur de père, ne ménageant ni son temps ni ses deniers.

Les Sœurs ouvrirent leurs classes le 16 septembre 1872. Dès le premier jour elles eurent cinq demi-pensionnaires : Mlles Eugénie et Adélia Pelletier, Marie et Célanire Cloutier et Caroline Schambier ; une quartpensionnaire, Mlle Léonie Pelletier et quinze élèves externes.

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Le 30 octobre, on rulmct M. et Mme Olivier Guy dans riiospice St-Julieii. Ce furent les deux premiers pauvres qui recueillirent les fruits de l'admirable charité du Rév. M. Bernier.

Le 4 novembre, dans la vue d'un plus grand bien, les Sœurs ouvrirent un pensionnat pour les enfants de la paroisse. Ce jour-là même, elles reçurent Mlles Clémence Bernier, Adélia Pelletier et Léonie Pelletier.

Le 25 décembre est un jour de bonheur pour le personnel de la maison, et particulièrement pour les religieuses : Le Dieu de T Eucharistie habitera désormais sous leur toit, après être descendu à la messe, la première célébrée dans leur maison. Le mêmejour,on fît à l'église, avec le plus de solennité possible, la bénédiction de la cloche destinée au couvent. Elle reçut les noms de Marie- Joseph-Julienne.

; Au mois de mars 1873, sur la demande de M. Bernier, le gouvernement promit de confier sous peu à l'hospice le soin de vingt-deux idiotes prises à l'asile de Beauport. Le 10 juin arrivèrent vingt idiotes depuis longtemps attendues.

L^œuvre de M. Bernier était fondée !

Franchissant presque un demi-siècle, il nous reste à voir combien s'est développé ce grain de semence semé par une main charitable et dévouée, et que la rosée du ciel a fécondé.

Le pensionnat compte maintenant trente-quatre élèves. Plus de cent enfants fréquentent les classes. Dix vieilles infirmes reçoivent l'hospitalité gratuitement ; cent cinquante idiotes habitent un nouvel asile aussi spacieux

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que propre et beau. Trente-cinq religieuses se dévouent auprès de ce nombreux personnel, heureuses de leur vocation sublime et gardant avec un soin jaloux le souvenir des bienfaits émanés du cœur de leur généreux fondateur, dont les travaux sont marqués au coin de Pim mortalité.

Après avoir réussi pour les jeunes filles, il voulut s'occuper de Véducation des jeunes garçons. En 1880, il appela les Frères du Sacré-Cœur et les plaça dans cette grande maison qu'il avait fait construire en prévision du chemin de fer. Je crois que les bons Frères manquaient de sujets religieux. Toujours est-il qu'ils ne restèrent à St-Ferdinand que huit mois.

M. Bernier avait beaucoup travaillé, il était le serviteur bon et fidèle. Il laissa la cure de St-Ferdinand le ler octobre 1886 et fut remplacé par le curé actuel, l'abbé L. E. A. Gagné. Nous ne donnerons que peu de détails sur cette époque, seulement les choses les plus importantes et qui peuvent éclairer certains points obscurs, car nous entrons dans les temps modernes, les temps contemporains.

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