‹ Les Bois-FrancsChapitre 5 sur 117 · M. J. M. BERNIER (I · texte numérisé non relu

M. J. M. BERNIER (I

M. J. M. Bernier, qui fut ordonné prêtre le 27 octobre 1850, succéda à M. Dupuis en 1851, après avoir été son vicaire pendant un an. M. Bernier partit pour St-Ferdiijiiand le lendemain de son ordination. Par dévouement, il ^j'enonça au bonheur d'aller dire sa première messe dans ■sa paroisse natale, le Cap St-Ignace. En 1850 et 185 1, nous sommes encore à une époque reculée, que nous pouvons appeler les temps anciens. M. Bernier était jeune, plein de santé et de vigueur; il se dévoua tout entier à ce pays qu'il adoptait. Il devait y dépenser sa vie pendant trente-six ans, y accomplir bien des œuvres et y dormir son dernier sommeil, au milieu de cette génération qu'il avait baptisé et dont il regardait tous les membres comme . ses enfants.

La population de St-Ferdinand était considérable, puisqu'en 185 1, il y eut 132 baptêmes, 27 mariages, en 1853, 137 baptêmes, 17 mariages. M. Bernier desservait alors tout le territoire qui forme aujourd'hui les paroisses

(1) Note iiiOGRAniiQUE. — L'abbé Julieii-Melchior Bernier, né au Cap Saint-Ignace, comté de Montmagny, le 5 janvier 1825, de Louis Bernier et d'Elisabeth Méthot, fit ses études à Sainte-Anne-de-la-Pocatière, à Québec et à Nicolet ; fut ordonné à Québec, le 27 octobre 1850 ; vicaire à Saint-Ferdinand (1850-1851), avec desserte de Weedon (1850-1851), curé de Saint-Ferdinand (1851-1886), où il a fondé un couvent en 1872 , retiré à Lévis (18^6-1887), oCi il décMe le 8 novembre 1887.

Iv'ABBÉ JULIEN-MELCHIOR BERNIER 2me Curé de St-Ferdinand.

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de St-Ferdinand, de St-Fortuuat, de St-Julien, de Gartliby, de St-Désiré, de St- Alphonse, de St-Adrien, une partie de St-PieiTc-Baptiste, nn vrai diocèse qui se peuplait rapidement. Rt pour faire cette desserte, il n'y avait pas beaucoup de routes carrossables. M. Bernier parcourait ces espaces à cheval, dans de pauvres sentiers. Il lui fallait des chevaux au pied bien sûr, comme les petits ânes des pays montagneux. Il paraît qu'il aimait beaucoup ces courses apostoliques, à travers cette végétation luxuriante des Bois-Francs, ces grands bois d'érable.

Nous lui demandions, un jour : "Mais que faisiezvous pour diminuer la longueur et la monotonie de la route ?" ''Mon cheval, disait-il, était bon, avait le pied sûr, il connaissait le chemin ; je le laissais aller et je disais mon bréviaire et mon chapelet."

Il nous semble voir ici passer devant nos 3^eux cette jolie légende du mo3^en-âge : — Il est rapporté qu'un religieux traversait un jour une forêt, et lui aussi, pour abréger la route, récitait son chapelet. C'était le soir, le ciel était calme, le vent silencieux, rien ne pouvait troubler ni distraire le cours de l'oraison. Il fut troublé cependant. Des accords d'une suavité infinie, un mouvement d'ailes palpitantes, un mélange de voix et de cantiques, s'élevèrent du fond du bois. Etonné, efîra3^é peut-être,le pauvre moine interrompit sa prière et prêta l'oreille. Mais les chants avaient cessé ; à peine quelques feuilles tremblantes bruissaient-elles par intervalles au sommet des arbres. "C'était une illusion," pensa le Père : "Je n'ai rien entendu, si ce n'est ma folle imagination," se dit-il. "Oui sait les ruses du démon pour empêcher de prier ?''

Il reprit son dernier Ave et continua. Mais, pour la seconde fois, les cantiques joj^eux et les joyeux battements d'ailes, plus rapprochés, plus distincts, renvoyaient mille échos à sa litanie. Il s^arrêta de nouveau, il écouta .... Rien, pas même un oiseau, pas même une brise. Alors, marchant et priant, les voix de l'horizon semblèrent l'accompagner et s'avancèrent avec lui, toujours plus proches et plus suaves. Evidemment elles étaient comme liées aux grains de son rosaire.

Cette gracieuse légende est prise dans un livre publié il y a déjà longtemps. Certainement, le chant des anges, les harmonies célestes accompagnent nos pnères et les portent au pied du trône de Dieu.

Le premier souci de M. Bernier fut de s'occuper de la construction d'une église.

Pour agrandir la chapelle, on avait construit une galerie extérieure et, en été, quelques paroissiens pouvaient s'y placer pour entendre la messe. Cela était trop primitif et surtout devait favoriser trop les distractions.

Les paroissiens de la mission de St-Ferdinand ayant sollicité la permission de construire une nouvelle chapelle, une église cette fois, M. Chs. Trudelle, curé de Somerset, fut député ad hoc et, le 23 juin, il fit à Mgr Turgeon un rapport favorable pour cette construction. En conséquence, Mgr l'archevêque décréta, le 22 septembre 1S53, qu'une église en pierre serait construite à environ cent pieds de la chapelle actuelle et à 25 pieds du chemin public, l'édifice devant avoir 120 pieds de longueur, 50 pieds de largeur, mesure française, avec une sacristie de 36 pieds de longueur et 25 pieds de largeur.

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Le commencement de celte église, en 1853, fut vraiment providentiel, puisque la pauvre vieille chapelle brûlait le 24 février 1854. En apprenant la nouvelle de cet incendie, Mgr P. F. Turgeon écrivit une belle lettre de consolation aux paroissiens de St-Ferdinand. Il recommanda à M. Bernier de descendre au plus tôt à Québec pour se procurer les choses les plus pressantes pour les besoins du culte. Il conseilla de presser la construction de la nouvelle église.

Pour accéder à ce conseil, M. Bernier fit à Tarchevêque, le 6 mars 1854, la demande d'une autorisation d'emprunt de deux cents livres au nom de la corporation archiépiscopale, car la paroisse n'était pas encore érigée canoniquement et civilement. Cette naissance de la paroisse religieuse et civile ne devait avoir lieu que quatre ans plus tard, le 7 juin 1858.

11 est vrai que, le 9 novembre 1843, Mgr Signay avait ordonné une élection de marguilliers, mais ce n'était pas de véritables marguilliers suivant la loi des fabriques ; les biens de l'église ne leur appartenaient pas, et il fallut que tous les actes, contrats et emprunts fussent ratifiés plus tard. Le 7 mai 1856, M. Bernier eut encore une procuration pour emprunter cinquante livres pour la construction du clocher. Il n'y eut point de répartition pour cette construction ; tout fut payé à même les revenus de l'église. A St-Ferdinand, il n'y a jamais eu de répartition ; c'est ce qui explique pourquoi la fabrique n'a jamais pu thésauriser, ayant à faire face en tout temps à toutes les dépenses.

Aussi, nous voyons dans les comptes que les dépenses

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de la constructiou ont occasionné des déficits qu'il a fallu combler par des emprunts, lesquels n'ont pu être remis qu'après plusieurs années ; et aussi, en 1886, lors de l'arrivée du curé actuel, il était encore dû au conseil municipal de St-Ferdinand d'Halifax mille piastres d'emprunt, bien que ce conseil lui eût fait don d'un autre mille piastres.

L'ouvrage à l'église ayant été poussé activement, on put procéder, le 7 novembre de cette année 1854, à sa bénédiction solennelle. Elle fut faite par M. Chs. Trudelle, curé de Somerset. Il chanta la grand' messe avec M. Ricliardson comme diacre et M. Bernier comme sousdiacre. M. Ricliardson, qui était alors curé de St-Gilles, tlonna le sermon en anglais. M. Prince, curé de St- '!Norbert, qui devait le donner en français, ne put venir. ill y eut un magnifique pain bénit donné par les paroissiens du village.

Les temps avaient marché, lorsqu'en 1858, M. Bernier î'ésolut de faire ériger canoniquement et civilement la mission de St-Ferdinand.

Le 1er juin 1858, Mgr C. F. Baillargeon, administrateur de Québec, érigea, par décret, la paroisse de St- Ferdinand d'Halifax, confirmant les élections des marguilliers faites jusqu'à l'année 1858 inclusivement, et ordonnant qu'à l'avenir ils fussent élus suivant la loi des Fabriques. Le 11 juillet suivant, dans une assemblée de paroisse convoquée légalement, les paroissiens, désormais francs-tenanciers, ratifièrent à leur tour ces élections. St- Ferdinand était passé de l'état de mission à celui de paroisse.

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Uérectioîi civile eut lieu le 7 janvier 1858. Le 9 août suivant, la corporation archiépiscopale, qui jusqu'à ce jour avait été propriétaire des biens de la mission, les céda à la nouvelle paroisse par acte passé devant le notaire Clis. Cinq-Mars et enregistré au premier arrondissement d'enregistrement pour le comté de Mégantic, à Inverness, sous le No. 3772, le 26 mars 1859. M. W. H. Lambly,le régistrateur actuel, occupait déjà ce poste.

Il est remarquable comme M. Bernier aimait à faire tout régulièrement. Ce fut un excellent administrateur, et la paroisse de St-Ferdinand lui doit beaucoup.

Après avoir construit le corps de l'église, il allait s'occuper de la faire finir à l'intérieur. Aussi nous voyons qu'après autorisation de la Fabrique, il passe un contrat pour cet ouvrage avec M. Gédéon Leblanc, de la paroisse de St-Grégoire-le-Grand, pour la somme de 750^s ($3,000.00) payables en quinze versements, à raison de deux par année, savoir $200.00 chaque versement. îl fallut faire bien des emprunts pour solder ces paiements vu que les revenus de la Fabrique ne pouvaient payer les intérêts et la dette qu'avec le cours des années.

De plus nous voyons par les comptes que les revenus de la Fabrique ne rentraient pas régulièrement. Cette négligence des débiteurs à payer ce qu'ils devaient s'est continuée et a causé bien du mal à la fabrique.

Ainsi, nous voyons qu'en 187 1 Mgr Taschereau dit dans les notes qu'il inscrivit au bas des comptes : "Recommandons de faire tonte la diligence possible pour recouvrer les sommes dues à la fabrique et acquitter les dettes dont elle est grevée."

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En 1875, il revient à la charge et ajoute : "Vu le grand nombre de débiteurs et d'arrérages, nous recommandons à la fabrique de repasser la liste des débiteurs et d'en effacer tous les noms de ceux que Ton n'a plus l'espérance de faire payer. "

Aussi, le ler juin 1879, à la veille d'une visite épiscopale subséquente, on retrancha comme perdues $608.14. Cela n'avançait pas les affaires de la fabrique.

Au 4 juillet suivant, Mgr Taschereau dit encore : ''Nous regrettons néanmoins de voir que malgré nos recommandations faites dans l'ordonnance de notre dernière visite, les arrérages de casuel et de bancs se sont presque doublés depuis cette époque. Renouvelons la dite recommandation, afin que la fabrique soit plus vite en état d'acquitter la dette dont elle est grevée et qui absorbe par intérêt chaque année une partie notable de

ses revenus. "

Nous allons nous borner à ces citations, mais nous les devions à la vérité historique.

Cette négligence des débiteurs est devenue endémique ; avec l'absence de toute répartition, elle explique pourquoi la fabrique a toujours eu des dettes.

Les comptes ne commencèrent à être tenus avec un certain ordre qu'en 1852, à l'arrivée de M. Bernier. Il est le premier qui ait fait une reddition des comptes. Jusque-là il n'y a rien. L'archevêque ayant ordonné de faire des redditions pour les années précédentes depuis 1846 (avant cette date c'est le néant complet), M. Bernier et les Marguilliers firent ces redditions avec habilité, se servant d'une formule générale dont voici la teneur

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*X' argent perçu durant raiinée d'office de M.... ayant été déposé entre les mains des missionnaires (qui curent à payer les dépenses ordinaires, extraordinaires, de constructions, etc., etc., car il n'y a jamais eu de répartition dans St-Ferdinand), nos prédécesseurs, ces derniers par suite d'un embrouillement de comptes causé par la négligence des débiteurs, n'ayant pu tenir, non plus que le marguillier, un chapitre exact de recettes et de dépenses pendant son année de gestion des affaires, lesmarguilliers, réunis en assemblée spéciale, ont déchargé le dit sieur A.... pour l'année de son administration et se sont déclarés satisfaits."

On a rendu avec cette formule les comptes de 1846, 1847, 1848, 1849, 1850 et 1851. A partir de cette dernière date les comptes sont rendus régulièrement, chaque année.

Ce qui est intéressant à constater, c'est le développement de la population pendant ces années.

Lors de l'arrivée de M. Bernier, en 185 1, il y eut 121 baptêmes, 18 mariages ; en 1853, 137 baptêmes, 17 mariages ; en 1859, 181 baptêmes, 25 mariages ; en 1860 222 baptêmes, 30 mariages et en 1862, 242 baptêmes, 28 mariages. Comme St-Julien fut détaché en 1864, le nombre des naissances diminua, mais cependant, en 1866, il était encore de 135, et de 164 en 1873. En 1877, il était de 170, lorsque la mission de St-Adrien fut détachée pour former une paroisse séparée, avec la desserte de Thetford, de Coleraine et du Lac Noir qui toutes trois n'avaient encore que quelques colons.

]M. l'abbé Alphonse d'Auteuil, vicaire de St-Ferdi-

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iiand, fut le premier curé de St-Adrien.

M. l'abbé Olivier Anaclet Pélisson fut le premier curé de St-Julieu, eu 1864, avec desserte du territoire de St-Fortunat.

Nous voyous par les registres que Ton venait de Ste- Hélène-de-Cliester faire baptiser les enfants, et cela jusqu'en 1869. Je ne sais si M. Bernier est allé desservir cette mission, et y exercer le ministère.

La vie d'une paroisse est, comme la vie des individus, parsemée de jours heureux et de jours malheureux, de jours de deuil.

Au cours des années il y eut de tristes noyades dans les eaux de notre beau Lac qui, comme une sirène enchanteresse, attirait les baigneurs, les canotiers, les enfants, les jeunes gens. Ainsi, J. B. Grenier, Augustin Côté et Joseph Côté, trois jeunes hommes, se sont noyés le 14 mai 1852. En juin 1865, ce furent Bernard Johnson, John Brennon, James Brennon, Patrick McCafîrey ; le 17 avril 1869, Odélie Nolette, âgée de huit ans, et le surlendemain, Jean-Delphis Vallée, âgé de dix-huit ans ; le 5 décembre 1872, Achille Morin, le 14 septembre 1891, Thomas Ward, vingt-quatre ans ; le 27 août 1899, John Broo-an, 47 ans, et en décembre 1899, Raoul Schambier,

13 ans.

M. Bernier eut plusieurs vicaires : MM. les abbés C. G. Fournier, de 1859 à 1861 ; Ls. A. Gauthier, de 1861 à 1862, Louis Bernier, de 1861 à 1864 ; A. d'Auteuil, de 1876 à 1879 ; Félix Brunet, comme aide, de 1879 à 1886. Il fut cependant assez souvent seul.

Comme nous l'avons vu, en 1848, M. Dupuis s'était

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occupé de rétablissement des écoles. En 1858, M. Beniier avait donné l'existence légale à la paroisse par l'érection canonique et civile. Cette même année, ler janvier 1858, on fit ériger St-Ferdinand en municipalité rurale. On lui conserva son nom de Municipalité d'Halifax-Sud, qu'où lui a donné lors de son érection en "Canton" par proclamation en date du 7 août 1802.

Le premier maire, en 1858, fut AI. Thomas Woods et le premier secrétaire-trésorier, M. Clis. Pézard de Champlain.

Le village fut érigé en municipalité séparée, sous le nom de Bernierville, par proclamation en date du 28 avril 1898 ; le premier maire fut M. Jules-Siméon Laroclielle et le premier Secrétaire-Trésorier, M. L. J. O. Sirois, médecin.

Halifax-Sud-Ouest, subdivision de Halifax Sud, avec les ler, 2ème, 3ème et 4ème Rangs, a été érigé par proclamation, le 14 décembre 191 2. Le premier maire est M. L.-N. Beaudoin et le premier Secrétaire-Trésorier, M. Pierre Girard.

Une partie des Rangs 1er, 2ème et 3ème du canton d'Irlande, mais appartenant à la paroisse de St-Ferdinand, est sous le contrôle du Conseil Municipal d'Irlande, et quinze lots du canton de Wolfstown, faisant également partie de la paroisse de St-Ferdinand, sont sous le contrôle de la municipalité de Wolfstown.

Une autre question qu'il importe de signaler, qui n'a pu encore être résolue et qui aurait contribué grandement au progrès de St-Ferdinand, est celle du chemin de fer.

,A trois reprises différentes ou a fait le tracé d^iii chemin de fer qui devait relier Sherbrooke à Québec et passer par St-Ferdinaud. C'est le chemin le plus court, et, par conséquent, le plus avantageux pour le commerce entre ces deux villes, surtout pour le commerce avec les Etats-Unis.

Toujours les intérêts privés ont fait échouer cette entreprise, mais un jour elle devra, par la force des choses, être menée à bonne fin. Avant la construction du Grand Tronc, en 1854, et bien avant celle du Québec-Central, en 1878, il y eut un premier tracé, vers 1855. M. Bernier conçut alors de si légitimes espérances pour cette entreprise, qu'il" fit construire une belle et grande maison qu'il destinait au gérant de ce chemin. Vers 1903, nous avons eu un deuxième tracé, et enfin un troisième, en 191 1. C'est pourtant la ligne la plus courte et la plus avantageuse. Espérons dans l'avenir.

Comme on le voit, M. Bernier s'occupait beaucoup des intérêts matériels de sa paroisse ; il s'occupait encore plus de ses intérêts spirituels et religieux.

Il a fait donner de nombreuses retraites paroissiales ; il a combattu avec énergie les désordres, surtout ceux de la boisson. Il est remarquable que pendant ses trentecinq années d'administration curiale il n'y a jamais eu de vente autorisée de boisson, pas de licence, ce qui a été continué jusqu'à nos jours.

Une question qui l'occupa longtemps à l'avance, ce fut celle de l'éducation de la jeunesse, et en premier lieu de l'éducation de la jeune fille, car c'est la jeune fille qui doit être le fondement de la famille chrétienne.

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Après avoir longtemps songé, avoir longtemps médité, il demanda, en 1S69, à Mgr Baillargeon l'autorisation d'établir nue maison de charité. vSa Grandeur félicita le charitable curé de son projet digne d'éloges et de toute approbation, mais elle ajouta : "Il ne suffit pas de bâtir une maison pour la fin que vous mentionnez, il faut la fonder, cette maison, c'est-à-dire trouver les moyens de la soutenir, et où trouveriez-vous ces moyens ? etc." Le même jour, M. Bernier faisait l'inventaire des moyens à sa disposition et l'expédiait à vSa Grandeur Mgr l'archevêque. Le 5 février 1870, il recevait la lettre suivante :

Mon cher Curé,

Après lecture faite de votre dernière lettre concernant les ressources à votre disposition pour la fondation de l'hospice que vous vous proposez de bâtir, plus de doute pour moi sur le succès de ce beau projet. J'ai toute confiance que, Dieu aidant, il réussira. Dieu bénira votre œuvre, c'est ce que je lui demande pour vous. Elle a toute mon approbation, et vous serez vous-même béni de Dieu et des hommes dans le temps et dans l'éternité ! Je me ferai un plaisir de vous donner des Sœurs de la Charité pour prendre soin de cette maison, et elles seront heureuses d'accepter cette charge. Kt vous bénissant de tout mon cœur.

Je demeure, etc.,

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