LA FAMILLE BOURBEAU-BEAUCHESNE
Le premier ancêtre de Jean-Cliarles-Noël Bourbeaudit-Beaucliesne, fondateur de la paroisse deSt-Cliristophe, en 1835, est Pierre Bourbeau-dit-Lacourse venu directement de France au Canada, probablement avec son frère Simon, (i) lequel s'établit à Charlesbourg. Pierre Bourbeau-dit-Lacourse vint se fixer au Cap-de-la-Madeleine, avec son frère Elie (2). Ce fut le fils de Pierre Bourbeaudit-Lacourse, Joseph, qui prit le premier le surnom de Beaucliesne.
Monseigneur Tanguay, dans son dictionnaire généalogique, donne Pierre Bourbeau-dit-Lacourse, époux de Anne Besnard, comme étant le fils de Simon Bourbeau. L'étude suivante de Monseigneur Louis Richard sur la famille Bourbeau-Beauchesne établit d'une manière bien péremptoire, il me semble, que Pierre Bourbeau-dit- Lacourse n'est pas le fils mais le frère de Simon Bourbeau.
"Les Bourbeau, dit Mgr Richard, que je compte parmi mes ancêtres, comme alliés aux familles Deshaies,
(1) Simon Bourbeau est l'ancêtre des familles Bourbeau, de Victoriaville.
(2) Elie Bourbeau, procureur du Roy, notaire et Sieur de la Bis- ^.(mnière.
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Dubois et Cliampoux, étaient originaires de LaRoclielle, Ainiis. Leur présence au Canada remonte au-delà de Tannée 1656, époque à laquelle on trouve Elie Bourbeau notaire royal, établi au Cap-de-la-Madeleine. Le 13 novembre de cette même année 1656, Elie, qui porte le titre de procureur du roy,se marie auxTrois-Rivières à Jeanne Sauvaget, veuve de Guillaume Benassis. Celle-ci avait alors 40 ans et Elie Bourbeau en avait 35. Il était veuf et avait laissé des enfants en France ; car, plus tard, il donne un titre clérical à son fils, Pierre, qui désire entrer dans les ordres sacrés à LaRoclielle.
Elie Bourbeau avait pris une terre au Cap de la Madeleine et il y fit faire de grands défrichements. Au recensement de 1666, il a déjà mis 30 arpents de terre en valeur ; mais le même recensement nous signale chez lui la présence de son jeune frère, Pierre, âgé de 18 ans. Celui-ci avait pris une terre à l'endroit du Cap qu'on appelait alors la côte St-Marc et, comme les deux frères travaillaient en commun, il est probable que le nombre d'arpents en valeur compienait les défrichements faits sur les deux terres.
Plus tard, les deux frères Bourbeau furent du nombre des premiers concessionnaires des terres de Sieur Michel de Lintot à la rivière Bécancour. Mais quand vint le t^mps d'aller habiter ces nouvelles terres, dont la fertilité, supérieure aux terres du Cap, attirait les nouveaux colons, Pierre proposa à son frère de faire un échange de son habitation de la Côte St-Marc avec la terre qu'Elie avait prise à Bécancour. Le marché fut conclu le 28 août
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Pierre abandonnait à Elle sa terre du Cap, déjà pourvue de tous les bâtiments nécessaires ; mais il doublait sa propriété de Bécancour et Elie s'engageait à continuer d^aider son frère dans ses défrichements et dans la construction de sa grange, de sa maison, etc. jusqu'à ce que le tout fût aménagé aussi bien que l'habitation de St-Marc.
Quatre ans plus tard, Pierre Bourbeau était en état de faire vivre une femme ; et, en effet, le 21 octobre 1676, '^devant maître Jean Cusson, notaire royal" et toute l'élite de la société que le Cap comptait alors, il passait son contrat de mariage avec Anne Besnard, née aux Trois- Rivières, le 24 novembre 1661, de René Besnard Sr de Bourjoly et Carignan et de Marie Sédilot.
René Besnard, fils de Jean Besnard et de Madeleine Maillard, de Villiers, évêché d'Angers, s'était marié aux Trois-Rivières, le 2 février 1661, à Marie Sédilot, veuve de Bertrand Fafard, s. aux Trois-Rivières le 3 novembre 1660, (fille de Louis Sédilot et de Marie Charier, de Montreuil en Picardie. Marie Sédilot avait donné cinq enfants à Bertrand Fafard ; elle en eut encore six avec René Besnard.
Dans son contrat de mariage Pierre Bourbeau, alors âgé de 28 ans, y stipule pour lui-même, sans qu'il soit fait mention de son père et de sa mère. Elie Bourbeau et se femme sont là présents comme témoins.
Mais avant de faire plus ample connaissance avec Pierre Bourbeau, revenons à Simon, que Mgr Tanguay dit être arrivé au Canada avant 1656. Cependant, Simon Bourbeau ne figure pas au recensement de 1666 ; son nom n'est pas non plus sur la liste des colons arrivés
avant 1666, liste que l'on trouve à la fin du premier volume de l'histoire du Canada,par Tabbé Ferland. Il serait donc arrivé ici étant marié, et plus de dix ans après son frère Elie, probablement la même année que Pierre, frère d'Elie, vers 1665 ; car sa présence se constate à Québec en 1668 pour le baptême d'Eustaclie. Mais, me dira-t-on, Pierre étant son fils aîné, il n'est pas surprenant qu'il soit arrivé ici la même année que son père ? Non, l'époux d'Anne Besnard n'est pas le fils de Simon Bourbeau, c'est là une erreur de Mgr Tanguay.
Le recensement de 1681 donne à Simon Bourbeau, habitant du village St-Joseph à Charlesbourg,54 ans d'âge et à sa femme, Françoise Letarte, 44 ans. Le même recensement donne à Pierre Bourbeau, habitant du fief Lintot, 36 ans ! et à sa femme 18 ! Sans doute, ces chiffres sont plus ou moins exacts, car, pour ce qui est d'Anne Besnard, elle était alors dans sa vingtième année ; et, si son mari avait donné son âge exact au recensement de 1666, il n'avait que 33 ans en 1681. Mais si Pierre Bourbeau avait eu des raisons de se rajeunir au premier recensement, pour ne pas avouer que déjà il était majeur, ces raisons n'existaient plus au second recensement, en sorte qu'on aurait lieu de croire le dernier chiffre plus exact que le premier ! Tout de même, la différence de 8 ou de II ans, entre Françoise Letarte et Pierre Bourbeau nous démontre à l'évidence que celui-ci ne pouvait être le fils de celle-là !
Dans mon humble opinion, Elie, Simon et Pierre Bourbeau sont trois frères, fils d'Elie et de Marguerite Renaut, de la ville de LaRochelle. La conséquence de ce
fait généalogique est de restreindre à deux branches la descendance de Simon Bourbeau,que Mgr Tanguay avait partagée en trois,et d'attribuer à deux souches différentes la paternité de la nombreuse tribu des Bourbeau, en donnant à Pierre le numéro i au lieu du numéro 11.
Le recenseur de 1681 n'avait compté que quatre enfants chez Simon Bourbeau : Marie âgée de 19 ans, Eustache, 13 ans, Claudine, 10 ans, Jean 6 ans. D'après Mgr Tanguay, il y avait encore Adrienne, b. à Québec le 4 novembre 1677 et Marie-Anne, b. à Charlesbourg le 27 juillet 1681, morte le 12 novembre 1684.
Jean - Charles - Noël BouRBEAu-dit - Brauchesne, fils de Charles et d'Agathe Deshayes, b. à Bécancour, le 25 décembre 1792, arrivé à St-Christophe en mars 1835 ; s. à St-Christophe le 7 janvier 1883 ; m. à Bécancour le 8 février 1819, à Marguerite Levasseur (fille de Modeste et de Marie-Josette Deshayes) b. vers 1800 à Bécancour ; s. à St-Christophe, le 7 juillet 1867. Charles Beauchesne était le cousin germain de mon grand-père maternel, Joseph Beauchesne,époux de Josette Houle, (i)
En 1836, un frère de Charles Beauchesne, Pierre, venait lui aussi se fixer près du Mont-Christo.
Pierre Beauchesne, fils de Charles et d'Agathe Deshayes, b. à Bécancour, le 24 décembre 1797 ; s. à St- Christophe le 20 décembre 1863 ; m. à Bécancour, le 18 février 1822 à Archange MonTambault (fille de Joseph
(1) Pour plus amples détails voir '' Les Bois-Francs " 1er volume pnge 336.
CHARLES BEAUCHESNE Fondateur de St-Christophe en 1835,
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et de Marie Gigiiac) née vers 1793 ; s. à St-Christoplie,le 28 avril 1873, âgée de 80 ans. Une de leurs filles,Emélie, b. à Bécancour, le icr février 1827 ; est décédée le 13 mars 1920 à l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska.
Vers 1848, trois autres Beaucliesne : Pierre (2), Louis et Charles, cousins du fondateur de St-Christoplie, vinrent se fixer à Artliabaska. Ils étaient les frères de mon grand' père maternel, Joseph Beaucliesne.
Charles BouRBKAU-dit-BEAUCHESNE, fils de Charles et de Marie Geneviève Pré, b. vers 1763 ; s. à Bécancour, le 30 mars 1826 ; m. à Bécancour, le 21 novembre 1791 à Agathe Deshayes (fille de Augustin et de Angélique Paris), b. à Bécancour vers 1768 ; s. à Bécancour le 8 novembre 1848, âgée de 80 ans environ. Le 30 avril 1827 Agathe Deshayes avait épousé à Bécancour François Morrissette, veuf de Madeleine Champoux.
Charles BouREEAU-dit-BEAUCHESNE, fils de Joseph et de Marguerite-Agathe Bigot,b. vers 1737 ; m. à Bécancour, le 19 octobre 1759 à GENEVIÈVE PRE-dit-RlCHARD (fille de Pierre-Jacques et de Louise Pothier) née vers
Joseph BouRBEAU-dit-BEAUCHESNE, le premier qui a pris le surnom de Beauchesne,'fils de Pierre Bourbeau-dit Lacourse et de Anne Besnard, né vers 1700 ; m. en premières noces, aux Trois-Rivières, le 19 octobre 1727, à Madeleine LECLERC-dit-FLEURENT, (fille de Fleurent
(2) Père de ]\r. Ferdiiir.rui Beaucliesne, époux de Célinie Dubois.
Leclerc et de Jeanne Aubuchon) ; m. en secondes noces à Bécancour, le 4 novembre 1732 à Agathe Bigot, (fille de François et de Marie- Anne Perrot) b. à Bécancour le 4 décembre 1717.
Pierre BouRBEAU-dit-LACouRSE, fils de Elie et de Marguerite Renault, de la ville de LaRoclielle, France, b. en France vers 1649 (i), arrivé au Canada vers 1665 ; m. au Cap-de-la-Madeleine en octobre 1676, à Anne Besnard (fille de René Besnard, sieur de Bourjoly et Carignan et de Marie Sédilct de Villiers, évêché d'Angers, France) ; b. aux Trois-Rivières le 24 novembre 1661 ; s. à Bécancour le 11 mai 17 19.
JEAN-BAPTISTE LAFOND Fondateur du Canton de Somerset, en 1836
A l'automne de 1835, J.-Bte. Lafond, alors résidant à Bulstrode, visita le canton de Somerset, et au printemps de 1836, il vint s'y établir avec sa famille sur le 3oème lot du 8ème rang.
Jean-Baptiste Lafond, fils de André et de Catherine Perron, b. à La Baie-du-Febvre, le 5 octobre 1794 : m. le 1er mars 18 13 à La Baie-du-Febvre, à Marguerite Poirier (fille de Jean-Baptiste et de Madeleine Bergeron, de Saint-Grégoire) ; b. à Nicolet le 25 octobre 1795.
En 1829, Jean-Bte. Lafond résidait avec sa famille
(1) Au recensement de 1667, il était âgé de 18 ans.
dans le canton de Kingsey (i). En 1832 et 1836 il fait baptiser, à St-Grégoire, mais le nom de sa résidence n'est pas inscrit. Il devait alors résider dans le canton de Bulstrode, puisque M. Charles Trudelle nous dit que Jean-Baptiste Lafond venait de Bulstrode (2).
Il quitta Somerset vers 1850 pour aller résider à Québec.
André Lafond, fils de Claude et de Marie Geoffriou, b. à La Baie le 15 août 1755 : m. à La Baie le 7 février 1785, à Catherine Perron, (fille de Louis et d'Agathe Desmarais) ; b. à St-François-du-Lac, le 5 juillet 1760.
Claude Lafond, fils de Pierre et de Marie-Jeanne Lefebvre-dit-Dcscôteaux, b. à St. François-du-Lac, le 22 février 1722 ; m. à Varennes, le 18 octobre 1746, à Marie JoFFRioN, (fille de Joseph et de Marie-Anne Larocq.)
Pierre Lafond, fils de Jean et de Catherine Sénécal, b. à Batiscan le 28 avril 1688 ; s. à La Baie-du-Febvre, le 14 mars 1731 ; m. à Batiscan, le 13 août 1715a Jeanne LEFEBVRE-dit-DESCOTEAUX (fille de Ange et de Madeleine Cusson.) Devenue veuve, Marie-Jeanne Lefebvre-dit Descôteaux épousa en secondes noces à La Baie, le 23 septembre 1742, Gabriel Houle, époux en premières noces de Jeanne Petitclerc, et en secondes noces de Madeleine Hubert.
(1 j Voir regisircs de 8t-Grégoire, années 1829, 1832 183').
(2) Voir "Trois Souvenirs" par M. l'abbé Charles Trnclelîe, page 15.
28o LES BOIS-FRANCS
jEAN-DE-LAFOND-dit-Mongrin, fils de Etienne et de Marie Bouclier, b. aux Trois-Rivières, le 21 mai 1646 ; s. à Batiscan le 10 mai 17 16 ; m. en premièrevS noces à Catherine Sénégal, (fille de Adrien et de Jeanne Lecompte), m. en secondes noces à Batiscan, le 28 août 1697 à Catherine Ananontha, liuronne, veuve de Jacques Couturier, du Carouge.
Etienne Pépin, sieur de Lafond, fils de Pierre et de Françoise Prieur,de Saint-Laurent de la Barrière, St. Onge, France, b. en 161 5, en France ; s. aux Trois-Rivières, le 15 septembre 1665 ; m. à Québec, le 30 janvier 1645 à Marie Boucher, (fille de Gaspard et de Nicole Lemaire), b. vers 1627 5 ^^' ^ Batiscan le 30 novembre 1706. Elle était la sœur de Pierre Bouclier, gouverneur des Trois- Rivières, et la cousine germaine de Madeleine Bouclier, épouse de Louis Houde.
GÉNÉALOGIE DE PIEPvRE-ANTOINE RICHARD
Pierre-Antoine Richard, fils de Pierre et de Marie Tliibeaudeau,né à St-Grégoire et baptisé à Nicolet, le 2 septembre 1805 5 s. à Stanfold, le 24 décembre 1895 ; m. à Gentilly, le 9 janvier 1832, à Julie HÊON-dit-RAYmond, (fille de Raymond Héon et de Marie-Soulanges Richard). Ils n'eurent pas d'enfants. Pierre-Antoine Richard arriva à la rivière Bécancour, en 1827 5 ^^ ^^37 il s'établit sur une terre dans le loème rang de Stanfold.
Vers 1843, ^1 abandonna la culture de là terre et vint
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se fixer au village de Princeville. Il échangea avec M. Célestin Bruiiel sa propriété du dixième rang pour une maison bâtie au coin du chemin provincial et de la rue St-Jacques.
C'est là que M.Pierre Richard tint maison de pension pendant vingt-huit ans. Avant la construction du chemin de fer qui, depuis 1861, relie Arthabasba à la Ville des Trois-Rivières, M. Pierre Richard avait établi une communication au moyen d'une diligence qui faisait le service entre Stanfold et les Trois-Rivières trois fois par semaine. Plus tard, cette diligence devint quotidienne. M. P. Richard a eu de plus, durant plusieurs années, le contrat |de la malle, qu'il faisait transporter trois fois par semaine de Stanfold à Richmond.
M. Pierre Richard était un des descendants de ces jvaleureux Acadiens qui furent chassés de leur patrie contre toutes les lois de l'honneur et de la justice et qui, en grande partie, fondèrent la paroisse de St-Grégoire, comté de Nicolet. M. Pierre Richard a amplement prouvé dans le canton de Stanfold qu'il n'avait pas dégénéré de sa nationalité. Il était le demi frère de Stanislas Richard, ffils de Pierre Richard et de Marie Jalbert) né à la rivière Bécancour le 6 novembre 1828 et baptisé à St- Grégoire, le ler janvier 1829 ; s. à St-Louis-de-Blandford, le II mai 1901 ; m. à Stanfold, le 11 septembre 1854 à Desanges Desrochers. M. Stanislas Richard était le père de M. l'abbé Jules Richard, né à St-Louis-de-Blandford,le II juillet 1870, ordonné pnêtre à Xicolet le 19 août 1900; tué accidentellement par les chars, le 22 juin 1919, à St- Joseph-de-Blandford, où il était curé. Il fut inhumé à St-Louis-de-Blandford.