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CHAPITRE IX

de feu d'une température élevée. Les fagots de saule 9ont utilisés aussi pour le chauffage des fours à chaux, à tuiles et à. plâtre. Enfin, le charbon est encore parfois employé à la fabrication de la poudre à tirer.

Espèces, — Elles sont très nombreuses et très difficiles à distinguer, car ce groupe est, au point de vue botanique, iin des plus naturels qui existent. Les caractères des fleurs, fruits et feuilles, sur lesquels on se fonde habituellement pour distinguer les espèces, y sont fort simples et, par suite, peu variés et difficiles à difierencier. Les généralités qui viennent d'être exposées nous dispensent d'ailleurs de faire Pétude détaillée de toutes les espèces et nous nous bornerons aux deux plus importantes pour notre objet : les saules blanc et Marceau.

Le Saule blanc (Salix alba). ^ C'est l'espèce la plus importante du groupe par la taille et la longévité. Les feuilles sont lancéolées, aiguës à Textrémité, recouvertes en dessous d'un duvet argenté, soyeux (fig. 417). Les fruits sont sessilessuv l'axe du chaton femelle. Fleurs mâles à deux étamines. C'est souvent un grand arbre pouvant atteindre 26 m. de haut sur 1 m. de diamètre. Il est très commun au bord des cours d'eau, dans les prairies et au bord des chemins ; il est rare en forêt. La multiplication par bouture et plançon en est des plus faciles.

Bois. — 11 est d'un joli rose tendre ou gris rouge clair d'une teinte uniforme, avec un aubier blanc et réduit ; grain fin homogène; il est employé en sculpture ; il se découpe aiBé* ment et nettement sans se gercer. Il a peu de durée. Il est employé encore en menuiserie très commune, pour f^ire de la volige pour caisses d'emballage, des panneaux pour peinture à l'huile ; pour faire des règles et des tés, des allumettes, etc., des gaules et manches rustiques, et pour la vannerie. Densité: 0,381-0,516.

Combustible et charbon remplissant les conditions énoncées aux généralités sur le bois de saule.

Caractères a/talomigues. --- Accvoissemenis distincts. Rayons égaux, très fins, h peine visibles dans l'aubier, très nombreux. Vaisseaux très nombreux^ épars, isolés ou très rarement groupés dans le sens radial par 2-5. Us manquent vers le bord externe, égaux, sauf vers ce bord où ils deviennent très lins avant de disparaître. Tissu fibreux à parois minces, mou,,

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formant seul une ligne étroite sur le bord externe. Taches médullaires de parenchyme assez fréquentes, concolores par rapport au tissu environnant ou légèrement plus teintées.

Pig. 447. — Sanle blanc (Salix alba).

Saule Marceau {Salix caprea L.). — Noms vulgaire» : Marceau, Marsault, Marsaule, Boursade. Syn. étr. : Palmweidej Sahlweide, Palme, allem.; The Goat Willow^ common black Sallow, angl.

Il se distingue bien de l'espèce précédente par la forme de ses feuilles qui sont ovales, elliptiques, à peine deux fois aussi longues que larges, au lieu d'être très allongées, terminées brusquement en pointe au sommet, cotonneuses en dessous (fig. 419).

C'est un arbrisseau ou un arbre pouvant atteindre 8 à, 10 mètres de hauteur.

On le trouve fréquemment avec le tremble dans les forêts ;

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Fig. 418. — Saule blanc. {Salix alba) L,

il constitue là ces « bois blancs » auxquels on fait la guerre par les nettoiements et éclaircies. C'est d'ailleurs lorsqu*il croit en liberté qu'il atteint les plus fortes dimensions et donne

Fig. 419. — Saulo Marceau {Salix caprea).

les meilleurs produits. Il ne vit guère plus de oO ans. Il se multiplie moins aisément que les autres espèces par boutures et plançons, mais il repousse vigoureusement de souche.

Bois. — C'est le meilleur des bois de saule. Il est rougeâtre clair ou jaunâtre dans Taubier, rouge vineux, marbré au cœur, dur et lourd relativement à ses congénères ; densité : 0,381-0,516.

Usages : menuiserie commune, manches, grosses chevilles. Il résiste assez longtemps à l'altération lorsqu'il est

exposé à Tair, ce qui le fait employer à l'état d'échalas et de perches à houblon qui sont assez recherches. Fendu en lanières étroites et longues il sert à confectionner de la sparterie commune, mais durable. On en fait enfin de la pâte à papier.

Fig. 420. — Dégâts du Galeruca capreœ sur saulû Marceati (1/1) (Eckst.).

Comme combustible, il produit le coup de feu dont nous avons parlé aux généralités. Voici, d'après Th. Ilartig, les résultats de la comparaison du saule Marceau de 50 ans et du hêtre de 80 ans :

Plus haut degré de chaleur. 91 ; 100 Durée de la combustion. . . 45 ; 100 Eau vaporisée 78 : 100

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fiOIS INDIGÈNES OU NATURALISÉS 836

lit. Pe«ipll«r« (Popuhis). — Syn.: Pappel^ allem.; Peoplavy angl.

Caractères. — Famille des Salicacées, genre Populus. Ce sont des arbres à bourgeons résineux, à feuilles alternes, simples, dentées, à pétiole aplati latéralement. Chatons mâles ordinairement pendants. Fleurs brièvement pédicellées avec une bractée charnue en forme de coupe à bord denté ; fleur mÀles à 4-30 étamines ; fleur femelle avec un ovaire sessile, et de nombreux ovules qui deviennent à maturité de petites graines pourvues d'une houppe de poils favorisant leur dissémination.

Les peupliers appartiennent à TEurope, l'Asie centrale, TAmérique du Nord. Us recherchent les terrains humides ou frais, et surtout les sols légers et fertiles des bords des cours d'eau. Leur croissance est très rapide et cependant plusieurs sont très longévifs. Les racines sont superficielles, traçantes à de grandes distances du pied, et les arbres exigent beaucoup de lumière, deux raisons qui les rendent impropres à végéter en massif, mais particulièrement aptes à servir d'arbres d alignement le long des routes ou avenues (1). Les souches des arbres coupés repoussent très vigoureusement, tandis que les racines se mettent à drageonner abondamment, mais bien souvent tous ces rejetons ne vivent qu'une année, détruits qu'ils sont par les froids de l'hiver suivant. On les reproduit généralement par boutures et plançons.

Ennemis. — Insectes : Peu d'arbres servent d'hôles à un plus grand nombre d'insectes, vivant tantôt à nu sur les feuilles, les rongeant de manière à ne laisser subsister que le squelette constitué par les nervures, tantôt les enroulant pour s'en protéger.

D'autres provoquent sur les feuilles, et particulièrement sur leur pétiole, des galles ou excroissances vésiculeuses, contournées en hélice. D'autres enlln vivent dans la tige. Ce sont des larves de coléoptères : saperde du peuplier et saperde chagrinée ; des chenilles de Lépidoptères : cossus gâte-bois et sésie apiforme. Nous en avons parlé, chapitre VIL

(1) Il faut noter, toutefois, que si ces arbres viennent très bien le long des routes, le fait que leurs racines s'étendent au loin en restant près de la surface du sol les rend nuisibles aux cultures avoisinantes : fréquemment les rWerains se plaignent et Ton est obligé de les abattre.

Les diverses espèces de peuplier sont plus ou moins exposées. aux atteintes des insectes. C/est ainsi que le peuplier blanc est rarement atteint ; le peuplier tremble, le peuplier noir et sa variété pyramidale le sont au contraire fréquemment. Quoi qu'il en soit, ces essences réagissent avec une rare vigueur, et les xylophages, mortels pour tant d'autres essences, ne sont pas à redouter.

Champignons. — Les feuilles sont assez fréquemment cloquées par le Taphrina aurea (Pers.) Pries, qui produit l'altération appelée taches vésiculeuses des feuilles de peuplier. Ces taches sont d'un beau jaune doré du côté de la face inférieure de la feuille.

Les jeunes pousses du peuplier pyramidal sont, dans diverses parties de la France, attaquées et détruites par le Dkljjmospheria populina Vuill., syn. : Napicladium Tremuiœ (Frank), Sacc, champignon ascomycète qui se manifeste plus souvent encore sous la forme conidienne Fusicladium, distinguée par certains auteurs sous le nom de Napicladiwn.

On peut voir, surtout dans le Centre, TEst et TOuest, l'arbre dépérir et se couvrir de bois mort par le fait de ce parasite, à tel point que Ton doit renoncer à la culture de cette espèce et la remplacer par d'autres peupliers dans les régions où il sévit trop activement. Il est bon, dans tous les cas, de pratiquer Témondage au plus tôt des rameaux atteints, afin d'entraver la propagation du parasite.

Plusieurs rouilles du groupe des Melampsora : Melampsora tremuiœ^ Tul., etc , s'attaquent aux feuilles des diverses espèces de peuplier, qui jaunissent et tombent dès septembre.

Le bois est lui-même altéré par divers champignons : Po/yponis sulphureus^ Polyporus igniarius (faux amadouvier),etc. (V. pag. 353 et 358).

Enfin le tronc laisse parfois couler, des plaies de son écorce, un liquide visqueux, chargé de matières organiques et où pullulent les microbes, qui constitue un écoulement mugueux blanc ou brun.

Le gui existe très souvent sur le peuplier noir et le peuplier du Canada.

Espèces de peupliers. — Il existe en France trois ou quatre

espèces de cette essence. On peut y joindre le peuplier du Canada, originaire de TAmérique mais qui a été introduit chez nous et donne de beaux produits.

Voici les caractères distinctifs de ces espèces :

I. Feailles finement dentées, terminées en pointe, sans dents, glabres. Ecorce se gerçurant dans le sens de la longueur et de bonne heure.

a. Jeunes pousses arrondies, capsules ovoïdes ^ bivalves. Stigmates à deux lobes .... P. noir. (Parfois rameaux dressés contre la tige. P.

noir variété pyramidale) .

b. Jeunes pousses sillonnées anguleuses ; capsules globuleuses à 3-4 vaWes. Stigmates

entiers P, du Canada.

II. Feuilles irrégulièrement ou profondément dentées ou divisées. Ecorce lisse se crevassant tardivement et en losanges.

a. Bourgeons secs, poilus; feuilles cotonneuses en dessous, blanches ou grises, perdant parfois leurs poils à la fin de Tété ; feuilles divisées en lobes, parfois seulement dentées

et à pétiole plot (P. Grisard) P. blanc.

b. Bourgeons visqueux^ à écailles ciliées, feuilles

sans poils (adultes) ou un peu poilues en dessous (jeunes). Jeunes pousses ni blanches ni cendrées P. tremble.

Voici, d'après M. Thil, un tableau permettant de déterminer à laquelle de ces espèces appartient un bois donné de peuplier :

( Vaisseaux fins ou très fins 2

I — moyens à fins 3

iBois très blanc ou à peine coloré, sans aubier apparent P. tremble.

Bois rougeàtre avec un aubier jaunâtre, nettement distinct P. blanc.

Vaisseaux groupés vers le bord externe en alignements sinueux, concentriques très apparents dans

3 ^ les plus larges accroissements P. du Canada.

Vaisseaux disséminés vers le bord externe, rarement en alignements sinueux concentriques. . P. noir.

Peuplier blanc {Populus alba Lin.).

Noms vulgaires : Peuplier de Hollande, Ypréau, Rouillard,

Franc Picard. Syn. étr.: Weisspappel, Silberpappel, allem.; the white Poplavy Abele Tree, angl.

C^est un grand arbre pouvant vivre plusieurs siècles et atteindre jusqu'à 40 mètres de hauteur et plus de 1 mètre de diamètre.

Bois, — Il se distingue de ses congénères par son aubier

Fig. 421. — Peuplier blanc (Popultts albà).

nettement distinct. Aubier épais, blanc jaunâtre ou légèrement rougeAtrc, plus coloré dans le Midi que dans le Nord. Cœur rougeâtrc clair, lustré, susceptible d'un beau poli, parfois veiné de jaune verdAtre. Homogène, grain fin et non filandreux, c'est-A-dire que les fibres se détachent malaisément les unes des autres, ce qui le fait employer pour les

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tombereaux et les brouettes qui doivent supporter le frottements des corps durs.

C*est un des plus estimés parmi les bois de peuplier. Sa qualité varie d'ailleurs beaucoup avec le climat. Dans le Nord, il donne un bois mou, vicié par les gerces et roulures, peu coloré ; il est très léger, soit 0,453 (Bas-Rhin) ; dans les contrées plus méridionales, il devient plus dur et dense et pèse 0,702 en Algérie.

Il résiste assez bien lorsqu'il est au sec, mais mal aux intempéries et sous Teau.

On s*en sert pour la charpente légère ; en planches pour la carrosserie légère, la menuiserie et l'ébénisterie communes, la layetterie, les emballages. La blancheur de ce bois, la facilité avec laquelle il peut être débité en planchettes minces le font particulièrement rechercher pour ces derniers usages. On en fait aussi des allumettes, du merrain grossier, des panneaux pour peintres et de la pâte à papier.

C'est un très médiocre combustible pour les foyers domestiques, car il brûle trop vite ; son charbon est léger et de faible qualité.

Caractères anatomiques. — Accroissements distincts et très larges. Rayons très nombreux à peine visibles. Vaisseaux très nombreux, un peu inégaux, les plus gros situés vers le bord interne, généralement épars, quelquefois groupés en petit nombre (2-7), assez fins à très fins. Les vaisseaux groupés sont disposés en petites lignes, produisant au milieu du tissu fibreux un dessin moiré ou dendritique.

Tissu fibreux mou, plus dense au bord externe de Taccroissement ; taches médullaires incolores, rares.

Produits accessoires. — Il existe environ 3 0/0 de tannin dans Técorce. On y trouve aussi de la salicine.

Peuplier tremble. {Popiilus tremida Lin.). — Syn. : tremble; syn. élr. : Litterpappef, Espe^ Aspe^ allem. ; the tremblingleaved Poplar, Aspen, angl.

C'est celui de nos peupliers qui conserve la plus faible taille, il ne dépasse guère 15 à 20 mètres de hauteur sur 1 m. de diamètre. C'est aussi le seul qui soit forestier, c'est-àdire apte à entrer dans la composition des forêts ; il constitue parfois à lui seul des massifs. Il pousse assez mal de souche mais drageonne très abondamment.

840 CHAPITRE IX. — iî:tude spéciale des bois utiles

Bois. — Bois très blanc, aubier non apparent. Très homogène, tendre, élastique, souple. Densité : 0,452-0,544. Ses dimensions étant restreintes, on l'emploie peu comme bois de service, mais il est de plus en plus recherché pour certains usages spéciaux, en première ligne, la fabrication des allumettes et de la pâte destinée à la confection du papier blanc; c'est sans doute le bois qui donne la pâte la meilleure et la plus blanche.

Il est encore très estimé pour les panneaux destinés à la peinture à l'huile ; les panneaux de voiture. On remploie aussi parfois pour la menuiserie commune, le tour grossier ; il est plus mou que le p. blanc ; et inférieur à lui pour ces derniers, usages. Il est facile à fendre^ on en Fig. 422 — Fouilles de trom- fait des caisses d'emballage, bie (Populus tremuia). (.,^g^ ^^ combustible médiocre, qui

convient pourtant pour le chauffage des fours de boulangers. Son charbon est mauvais combustible, mais c'est un des meilleurs pour la fabrication de la poudre.

Caractères anatomiques : Ce sont ceux de l'espèce précédente. Il s'en distingue cependant parce que ses vaisseaux sont plus petits et plus uniformément répartis, les accroissements sont de moyenne épaisseur, ù. limites nettement circulaires, le tissu fibreux mou forme à lui seul le bord externe. Les taches médullaires, rayonnantes ou concentriques, sont plus ou moins nombreuses, elles se distinguent par une teinte brune ou particulièrement blanche.

Produits accessoires. — L'écorce a les mêmes qualités que celle du peuplier blanc.

Peuplier noir Populus nigra. Lin. — Noms vulgaires : Peuplier franc, Léard, Liardier, Bouillard, (France centrale). Syn. étrang. : Schwarzpappely allem. ; the common black Poplar, the Willow Poplar, Water Poplar, angl.

C'est un grand arbre pouvant atteindre 25-35 mètres, sur un mètre. Il exige la lumière dir<;cte et ne végète bien qu'à l'état isolé. 11 n'existe pas dans les forêts. Il se prête facilement à Texploilation par 1 emondage et en têtard, car il se couvre facilement de gourmands. Les jeunes rejetons flexibles peuvent alors remplacer l'osier des saules.

Fig. 4^3. — Peuplier noir, Populus nigra.

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