Antres bois ffénillns de moindre Importonee
Avant de passer aux bois résineux, nous nous contenterons de citer simplement les qualités et usages de quelques bois ayant une importance moindre que ceux qui ont été précédemment étudiés. Il s'agit, en général, de simples arbrisseaux dont les dimensions réduites restreignent beaucoup les emplois que Ton pourrait faire de leur bois.
La Bourdaine ou Rhammis frangiila^ L. (famille des Rhamnacées).
Bois assez léger et mou, d'un joli rose foncé, parfois veiné de rouge, brun ou brun verdâtre ; aubier blanc très distinct.
Tige de faibles dimensions. Densité 0,550 à 0,704 (Algérie).
Emplois : marqueterie, vannerie grossière ou fine, tuteurs pour fleuristes et pépiniéristes, charbon pour poudre.
Les Nerpruns, fihamnus cartharfica. Lin. et H. alerlermis^ Lin. (fam. des Rhamnacées).
Bois dur et dense, h aubier distinct. Emplois : tour, marqueterie, ébénisterie.
Bruyère en arbre, Erica arhorea Lin. (famille des Ericacées).
Bois d'un rouge cramoisi. Grain très fin, très homogène, très serré, susceptible d'un beau poli; densité élevée : 0,899- 1,009.
La fibre en est malheureusement courte et cassante ; il se gerce et se tourmente beaucoup. Le bois de la souche, qui est très volumineuse, est très recherché pour la fabrication des pipes et autres menus ouvrages ; sa fibre est contournée et son grain particulièrement serré. Ce bois est employé aussi pour la marqueterie et le tour.
870 CHAPITRE }%, — ÉTUDE SPÉCULE D^S BOrS UTILES
Cytise f^dx-ébéi^ier, Cytisiis laburmim. Un. (fam. des Papilionacées).
Bois fortement coloré au cœur, jaune brunâtre à brun noirâtre, ce qui Ta fait comparer à Tébène ; aubier très distinct, peu abondant, blanchâtre ou jaunâtre ; brillant, dur, susceptible d'un beau poli. Densité : 0,699-0,816.
Usages : tour, marqueterie, menue fente. Malheureusement rare.
Epine-vinettë commune, Berheris vulgaris. Lin. ; Vinettier (fa m. des Berbéridées).
Bois d'un joli jaune, devient brunâtre quand Tarbre a dépassé 20-25 ans ; aubier blanc très réduit ; tige de faibles dimensions ; densité : 0,73-0.92. Emplois : marqueterie, teinture. Il est de dimensions trop restreintes pour avoir l'emploi que permettraient ses qualités comme bois de travail.
Fusain, Evonymiis Europseus^ Lin. ; Bonnet de prêtre (fam. desGélastracées).
Bois très homogène, d'un poli jaune clair, sans apparence d'aubier ; très doux à travailler, grain très fin ; rappelle beaucoup le buis, quoique m'oins dur et pesant.
Densité : 0,574-0,797. Ses dimensions sont très restreintes. On en fait des fuseaux, des aiguilles et navettes à fabriquer les filets et aussi de la marqueterie. Le fusain à dessiner s'obtient en carbonisant ce bois en vase clos. Très bon charbon à fabriquer la poudre.
Myhtb commun, Myrtus commtfnis, Lin. (fam. des Myrtacécs).
C'est un arbrisseau toujours vert qui n'existe en France que dans la région méditerranéenne ; il abonde en Corse et on le retrouve en Algérie.
Bois lourd, dur, à grain très fin et très homogène ; il se travaille aisément dans quelque direction que ce soit, il ne se tourmente ni ne gerce. Il est entièrement gris-rougeâtre clair, très légèrement violacé ; aubier indistinct.
Densité : 0,927-1,005. Ce bois rappelle celui du poirier.
Emplois : Recherché pour la fabrication de menus objets qui ont un prix assez élevé : cannes, marqueterie, tour. On pourrait s'en servir pour la gravure.
Sumac Fustet, Rhiis Cotinusy Lin., arbre à perruque (fam. des Térébinthacées).
BOIS INDIGâNBg OU NATURiiLISÉS
Bois assez dur, d'un jaune verdàtre vif, veiné brun, éclat lustré ; coloration très irrégulière ; aubier très nettement délimité, mince et jaune. Densité 0,76. Il prend un beau poli et sert pour la confection de petits objets : tabletterie, marqueterie. Le bois, des racines principalement, est em-r ployé en teinturerie pour la matière colorante jaune orangée qu'il renferme.
TaoENB cûMiiu.N, Ligiistrum vulgare Lin, — Syn. : bois noir, frésillon, raisin de chien, puine (Normandie), puin (Nord) ; Reinweide, allem» ; the privei^ angl. (fam. des Oléacées).
Fig. 435. — Ugustrum vulgare (Troëne).
Bois dur, lourd, tenace ; blanc, flambé et veiné de brun au cœur, sans aubier. Densité : 0,92. Les dimensions très réduites de ce bois en restreignent les emplois, malgré toutes ses qualités : menu tour, vannerie fine.
Viorne flexible, Vibumum lantana. Lin. (fam. des Caprifoliacées^
Arbrisseau à bois compact, homogène, blanc ou jaune, ou brun clair quand il s'altère ; aubier abondant, odeur désagréable et persistante de bête fauve ; souple, tenace, très faibles dimensions. On en fait des liens et d'excellents harts d'emballage ; on remploie aussi en vannerie.
AiLANTE, Ailanthus glandidosa, Desf., Vernis du Japon. — Syn. : A. Japonica, hort. ; Driisiger Gôtterbaum^ allem. ; the glanduloiis leaved Ailanto , angL
Cet arbre, de la famille des Simarubacées, est originaire de l'Asie tempérée. Il a été introduit en Europe, vers 1751, par le P. d'Incarville, et il est aujourd'hui cultivé dans plusieurs contrées. C'est un arbre assez commun de nos promenades publiques. Son feuillage, assez lardif et qui s'épanouit en tète régulière élargie, est constitué de feuilles très longues, composées pennées ayant généralementde 14 à 30 folioles. Les fleurs, d'un blanc verdâtre,sont réunies enpanicules et dégagent une forte odeur, considérée généralement comme
désagréable. Cet arbre est rustique chez nous, peu délicat sur la nature du sol et résistante la sécheresse.
Le bois est brun-orange ou jaune-verdâtre, irrégulièrement coloré, avec un aubier blanc teinté de jaunâtre ; il est dur. Densité : 0,662 à 0,679. Il est employé en menuiserie. Les zones d'accroissement se reconnaissent très facilement.
M. Thil lui assigne les caractères anatomiques suivants:
rayons assez nombreux, iné-
gaux, assez
larges
à fins,
Fio'. 436. — Ailantc lAilonthus glandulosa) (D. N. Schwarz).
droits, contournant cependant les pluî4 gros vaisseaux, s'effila nt dans le sens radial. Vaisseaux très inégaux, très gros
à très fins, nombreux sur le bord interne, où ils forment une zone poreuse, puis ils deviennent brusquement très nombreux, isolés ou groupés par deux ou trois, quelquefois quatre, cinq et plus, dispersés, ayant par place une tendance à former des alignements lâches dendritico-concentriques. Ti«su fibreux dense. Parenchyme ligneux apparent autour des vaisseaux et rendant le groupement plus net.
Le bois de TÂilante se travaille aisément, il prend un assez beau poli et se fend facilement. Il semble convenir aux mêmes usages qne les bois d*Orme et de Frêne, le charronnage par exemple, mais il leur est inférieur, n'ayant ni leur souplesse, ni leur résistance. Il est aussi plus cassant et sujet à se fendre, mais il a l'avantage de bien résister aux alternatives d*humidité et de sécheresse. Gomme bois de chauffage, il brûle facilement, même un peu humide ; c'est, en somme, comme bois et comme charbon, un assez bon combustible.
Micocoulier de Provence, Celtis Attslralisy Lin., famille des Urticacées, tribu des Celtidées, genre Celtis.
Noms vulgaires : fabrcoulier, falabriquier, fanabrigou, alisier (certaines régions du Midi) .
C'est un arbre ayant généralement 8 à 10 mètres. Quelquefois, cependant, il atteint 25 mètres de hauteur sur 3 mètres de circonférence et même plus. Les feuilles sont distiques, pétiolées, ovales, lancéolées, inéquilatérales à la base, très longuement et finement acuminées au sommet, bordées de dents aiguës. Fleurs vertes, solitaires à l'aisselle des feuilles ; elles se produisent en même temps qu'elles. Ecorce mince et lisse comme celle du hêtre.
Cet arbre croit dans la région méditerranéenne: Provence, Languedoc, Corse ; il remonte même la vallée de la Saône jusqu'à Villefranche. Il est assez rare en Algérie ; il existe à Tétat isolé et non en massif.
Bois, — Blanc grisâtre ou verdàtre, aubier indistinct, ressemble beaucoup à celui du frêne, dont il possède les qualités à un degré encore plus élevé, sans en avoir toutefois le satiné. 11 est particulièment souple et tenace. Sa densité varie beaucoup, comme cela se produit pour tous les bois qui ont un bois de printemps à gros vaisseaux ; elle est liée aux conditions de végétation ; elle oscille entre 0,605-0,788.
C'est un bois d'industrie de premier ordre, présentant sou-
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plesse et ténacité. On en fait des manches de fouets (dits de Perpignan) et des cannes, particulièrement dans le Boussil- Ion; des aiguillons, des fourches et des manches d'outils, particulièrement dans le Gard ; des attelles et du charronnage lég£r. Les menuisiers, tourneurs, sculpteurs, luthiers en tirent également partie.
Combustible estimé, fournissant un charbon de bonne qualité.
Caractères anatomiques, — Accroissements bien distincts. Rayons nombreux, moyens, sinueux au contact des vaisseaui^. Vaisseaux très inégaux, groupés parfois en lignes concentriques, régulières, surtout à la périphérie de Taccroissenient* Les vaisseaux du bord interne de l'accroissement sont très gros et forment une zone poreuse, ils deviennent 6ns et très fins vers le bord externe. Le parenchyme ligneux accompagne les vaisseaux et fait ressortir plus nettement les groupements concentriques, ceux du bord externe surtout. Tissu fibreux assez peu dense.
Eucalyptus globulus Labill. — Arbre de la famille des Myrtacées etdu genre Eucalyptus, dont nous donnerons les carac-r tères en traitant des bois exotiques.
Cet arbre est originaire de F Australie où on le désigne sous le nom de Tasmanian blue gum, gommier bleu de Tasmanie.
Il habite en effet à l'état naturel la Tasmanie et le Sud -Est de l'Australie. Il y atteint facilement 60-80 mètres et plus.
Il a été découvert par le naturaliste français La Billardière en Tasmanie, en 1792, et introduit, depuis ces dernières années surtout, dans le Midi de TEurope, dans la région de Toranger : en Espagne, en Italie, en Algérie, en Provence et en Corse .
En Algérie, notamment, on a fait les plus grands eflTorts pour doter le pays de cette essence précieuse et pour la propager le plus possible ; ces efforts ont été couronnés de succès. On lui attribue, à juste titre, des propriétés assainissantes fébrifuges ; de plus il est capable de fournir rapidor ment du bois.
Aux caractères de genre, signalés ailleurs, ajoutons les particularités suivantes qui distinguent l'espèce : les feuilles sont de deux formes : celles des sujets encore jeunes sont ses-
BOIS INDIGÈNES OU N^TURALISlKS
siles et horizontales, comme il est facile de Tobserver sur les arbustes qui ornent nos squares (voir fig. 437) et qui restent de petite taille ; chez les sujets adultes les feuilles sont beaucoup plus longues et plus étroites, elles sont lancéolées, falciformes, aiguës et leur limbe se place verticalement. Ce dimorphisme des feuilles n'appartient pas d'ailleurs à la seule espèce en question ici, il est commun à plusieurs autres.
Le fruit est turbiné, à opercule déprimé.
Les feuilles, Técorce et toutes les parties vertes de la plante sont pourvues de glandes oléifères sécrétant des huiles essentielles.
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