Rameau d'Eucalyptus globulus jeune
Fig. 438. — Eucalyptus globulus. Feuilles et fleurs.
L*£ucalyptus est une essence de lumière; lorsqu'on le plante en massifs serrés ils s'éclaircissent très vite. 11 réclame un sol profond, contenant beaucoup d'eau, au moins dans sa partie la plus profonde accessible aux racines, car Tarbrc transpire abondamment. Cette dernière propriété rend cette essence précieuse pour lasséchement ; la propriété assainissante des Eucalyptus est certainement due, en grande partie, à la facilité avec laquelle ces arbres débarrassent le sol de son eau. Il peut émettre des rejets et il serait susceptible de former des taillis. Il s'obtient de semis ; les jeunes plants réclament beaucoup de soins la première année dans la région méditerranéenne. Il croit avec une rapidité singulière.
Bois. — Le bois de VE. glohnhis est de qualité inférieure à celle de beaucoup d'autres espèces du môme genre. Sans parlerdu JarraAet du Kairi d^Australie, fameux pour leur bois, d'autres espèces introduites peuvent donner de meilleurs produits, notamment VE, rostrata Schlecht ou E. resinifera ou Red-gum que Ton cherche à lui substituer dans les plantations; cette espèce est aussi plus facile à cultiver que VE, globidus, craignant moins le froid ; sa taille est un peu moindre sous nos climats. Quoi qu'il en soit, nous prendrons comme type, pour l'étude des Eucalyptus, VE. globulus plus anciennement introduit.
Le bois des sujets naturalisés, dit Mathieu, parait différer un peu de celui de leurs similaires australiens, les premiers étant légèrement colorés et ayant leurs vaisseaux un peu plus gros. Il, est brun verdâtre ou même jaunâtre, avec un aubier plus clair ; il est dur, tenace et par suite d'un travail assez difficile, sa fibre est très tourmentée. Quand il est peu coloré et s'il présente de nombreuses fentes, comme c'est souvent le cas, il ne peut être utilisé que pour des ouvrages communs: charpente, menuiserie; quand il est fortement coloré, plus homogène, il peut servir à l'ébénisterie.
Les caractères anatomiques de ce bois sont les suivants : les accroissements sont bien distincts ; les rayons sont très nombreux, égaux, très fins, largement ondulés. Les vaisseaux sont inégaux, généralement assez gros ; les fins sont les moins nombreux ; les différentes grosseurs sont mélangées dans les groupes, bien qu'il existe une décroissance générale vers le bord externe et une autre au commencement de l'accroisse-
meut vers le bord inlerne ; assez nombreux, rares sur le bord interne, manquant sur le bord externe. Isolés ou groupés irrégulièrement en lignes obliques plus ou moins nombreuses, les vaisseaux isolés et les groupes sont irrégulièrement répartis dans l'épaisseur deTaccroissement; les lignes, quelquefois irrégulièrement doublées ou triplées dans la zone interne, forment au travers de l'accroissement des alignements obliques, dendri tiques, un peu sinueux, dont Tobliquité passe le plus souvent une fois de gauche à droite dans Tépaisseur de l'accroissement ; près du bord externe des plus grands accroissements les files s'infléchissent et deviennent même concentriques.
Tissu fibreux très dense, plus dense sur le bord externe. Parenchyme ligneux en petite quantité autour des vaisseaux, plus apparents dans les alignements concentriques du bord externe (Thil).
FusTET. — Rhus cotinus Lin, fam. des Térébinthacées. — Syn. : sumac fustet, sumac à perruque, fustet jeune, fustic, bois jaune de Hongrie ou du Tyrol.
Le sumac fustet est un arbrisseau à feuilles simples et entières, obovales, obtuses au sommet, glauques et mates sur les deux faces; à fleurs hermaphrodites en panicule très lâche, les pédicelles finissent par s'allonger beaucoup, ils sont presque tous stériles et se couvrent, dans ce cas, de longs poils étalés rougeàtres qui rendent la panicule plumeuse, d'où le nom de S. à perruque. Cet arbrisseau croit aux Antilles, dans le Levant, en Espagne, en Italie, en Hongrie, dans le Tyrol; mais on le trouve aussi dans le midi de la France sur les collines sèches du Dauphiné et de la Provence; il remonte le Rhône et l'Isère jusqu'à Grenoble et Chambéry.
Le bois est d'un jaune verdètre vif, veiné de brun et de brun verdôtre avec un éclat satiné, très irrégulièrement coloré; aubier mince, teinté de jaune, très distinct. Densité: 0,76.
Il prend un beau poli et sert à la fabrication de menus objets en marqueterie et tabletterie.
On l'emploie aussi, surtout celui des racines, en teinturerie. Il contient en efi'et une matière colorante jaune, cristallisable, qu'a isolée Chevreul ; il Ta nommée fusline.
La fustine est soluble dans l'eau et l'alcool. La solution aqueuse de fustet est jaune orangé, virant au rouge par les
alcalis. La chaux donne une coloration rouge et un précipité ; le sel d'étain et lacétate de plomb fournissent un précipité rouge orangé; Tacétate de cuivre, un précipité rouge marron; les mordants d'alumine donnent une nuance jaune orangé. Le fustet sert à la teinture des laines, des peaux et des cuirs, ainsi qu'au tannage. Les nuances que nous venons de mentionner sont fugaces et virent sous l'influence des alcalis et du savon.
§ 4. - LES RÉ8INBUX
Les résineux sont encore appelés Conifères, du nom de Tordre auquel ils appartiennent, ordre qui fait lui-même partie du sous-embranchement des Phanérogames gymnospermes. Le nom de résineux fait allusion à la présence de résine dans certains organes de ces végétaux, celui de conifère rappelle la forme du fruit. On les désigne encore sous le nom de bois verls, parce qu'ils conservent leurs feuilles en hiver, à peu d'exceptions près (Mélèze). Ils poussent droits et o£Prent une section circulaire qui diminue régulièrement de la base au sommet. Les Conifères atteignent, en général, une grande hauteur. Leur bois est très employé pour les constructions, la mâture, la menuiserie et même l'ébénisterie (If, Thuya, Cyprès, Callitris). Nous indiquerons avec détails les usages respectifs des principaux bois résineux. Nous avons exposé ailleurs les caractères anatomiques si nets qui distinguent, entre tous, les bois en question.
Un produit accessoire très important des résineux est précisément la résine qui leur a valu leur nom. Cette résine est abondante dans Pécorce du sapin, chez qui elle manque dans le bois ; elle existe au contraire, dans le bois, chez les pins, l'épicéa et le mélèze. Chez les espèces en question, elle est localisée dans des poches de l'écorce ou dans des canaux du bois. Chez les if, cyprès et genévrier, elle est peu abondante et se forme à Tintérieur de simples cellules résinifères du bois.
Le tronc des pins fournit la majorité de la résine ou téré- J)enthine utilisée. En France, on la tire presque exclusivement du pin maritime (Landes; ; on exploite aussi dans ce but le
BOIS îNDioANEB OU ffATURALISÉS
pin d'Autriche (France, Autriche) et le pin sylveslre (Allemagne, Finlande) ; Tépicéa (pays du Nord) ; le sapin pectine (Alsace [térébenthine de Strasbourg], Vosges); le mélèze d'Europe (Térébenthine de Venise : Tyrol, Alpes françaises et italiennes). Les canaux et poches résinifères sont tantôt dans Técorce, tantôt dans le bois, tantôt dans les deux à la fois suivant les essences. Si la quantité de résine produite est faible, le liquide n'est point apparent et reste dans le tissu; si elle est plus considérable, elle se fait jour à travers les tissus et .vient exsuder au dehors. C'est ainsi que tantôt la résine s'amasse sur Técorce (pins, épicéa), tantôt dans des poches à l'intérieur de Técorce (sapin pectine, sapin baumier d'Amérique) ; tantôt, enfin, elle reste dans des cavités du bois (mélèze). D'où divers modes d'exploitation : a, on recueille simplement la résine qui s'écoule spontanément (épicéa généralement) ; b, on pratique le gemmage^ opération qui a pour but de créer une solution de continuité dans Técorce de l'arbre pour faciliter l'écoulement du produit et, peut-être, activer
Fig. 439. — DlstincUon des principaux genres de conifères d'après la forme et la disposition des feuilles : P, pin, les feuilles aciculaires sont groupées
Sar 2(p*), 3 (»'). ou5(i)*}, à rextreniité des rameaux courts; il existe encore e pelites feuilles écaillcuses et non vertes appli(|Uées sur les rameaux longs, elles ne sont pas représentées sur la figure ; », sapin, les feuilles s'insèrent isolément le long des rameaux, elles sont échancrées k leur extrémité et leur section est aplatie {s) ; ep» feuille d'épicéa, les feuilles de cet arbre se distinguent facilement de celles du sapin parce qu'elles sont terminées en pointe et parce que leur section est losangique ep' ; M. mélèxe.les feuilles, de consistance assez molle, forment des bouquets à l'extrémité de rameaux courts ; G, cèdre, les feuilles, rijiides, sont les unes disposées en boucjuets k l'extrémité de rameaux courts, les autres directement insérées sur le rameau allongé ; cy, cyprès, les feuilles sont écaillcuses, applitiuêes sur le rameau, opposées par deux, et deux verticilles successifs sont disposés en croix l'un par rapport à l'autre.
la sécrétion, en provoquant la formation de canaux d*origine pathologique sous l'influence de l'excitation de blessure (pins, etc.).
Dans TAmérique du Nord, on emploie la térébenthine d'autres espèces de conifères, indigènes de cette partie du monde. Nous étudierons les modes d'extraction de la térébenthine de ces diverses essences en traitant de chacune d'elles.
i9#. IiC« pins, Pinus. — Syn. : Kiefer, Fohre, allem. ; Pine, angl.
Caractères. — Les pins appartiennent à la famille des Abiétinées, genre Pinus. Ce sont de grands arbres toujours verts possédant des feuilles de deux sortes : l*de très petites feuilles écaillèuses,insérées sur Taxe et sur les longs rameaux ; 2® des feuilles longues, en forme d'aiguilles disposées par 2-o,à l'extrémité de courts rameaux. Les fleurs mâles sont d'aspect globuleux ou en petits cônes. Ceux-ci sont de véritables épis d*étamines possédant chacune deux sacs polliniques placés du côté inférieur de l'ccaille staminale. L'axe de l'épi ou fleur mâle peut continuer à s'accroître. L'inflorescence femelle constitue le cône femelle ou pomme de pin. Ce cône est formé de la réunion d'un grand nombre de fleurs femelles, s'insérant en spirale autour de Taxe de l'inflorescence ; chacune est constituée par une écaille tectrice ou bractée mère, à l'aisselle de laquelle a pris naissance l'écaillé séminale qui résulte de la soudure de deux feuilles carpellaires, portant chacune une ovule sur sa face dorsale.
Chez les pins, Técaille tectrice est petite, membraneuse, et l'écaillé séminale beaucoup plus importante tandis que c'est l'inverse qui existe chez les sapins. A maturité des graines, il se forme une lame de liège séparant une aile qui fait corps avec la graine ; les écailles séminales s'entr'ouvrent pour laisser tomber les graines, que le vent dissémine d'autant mieux qu'elles sont pourvues d'une aile membraneuse.
Les .cônes vides demeurent longtemps sur l'arbre après la dissémination.
Les pins sont, en général, des arbres des régions tempérées et froides de l'hémisphère nord. Ce sont des essences sociales, très robustes, avides de lumière, ne comportant pas, à cause de cela, l'état de massif serré*
Bois. — Leur bois est généralement meilleur que celui des sapins et épicéas ; il est plus dur, plus nerveux et plus durable ; cela tient à l'abondance des canaux résinifères dans le pin, canaux qui font défaut dans le bois de sapin. L'aubier est malheureusement très abondant et de très mauvaise qualité, il est en effet sujet à la pourriture et à la vermoulure.
Le tableau de la page. 64 donne les caractères dont on peut se servir pour distinguer les bois de pin des bois de sapin et autres résineux. On exploite divers pins pour en extraire la résine.
Ennemis des pins. Insectes. — Il n'est peut-être pas d'arbres qui donnent asile à plus d'insectes. Les chenilles de lépidoptères ou les fausses chenilles d'hyménoptères détruisent assez souvent les feuilles d'une façon plus ou moins complète.
Nous ne citerons que les espèces qui attaquent le bois ou récorce. Les larves apodes des insectes suivants creusent, entre Fécorce et le bois, un système régulier de galeries de ponte, d'où partent en rayonnant des galeries de larves. Ces galeries, pratiquées au niveau du cambium, paralysent les fonctions de la zone génératrice, entravent la circulation et causent souvent à l'arbre de graves dommages.
Il faut noter, d'ailleurs, que la plupart des insectes en question n'attaquent, le plus souvent, que les arbres ou les plants maladifs et dépérissants, ceux, par exemple, dont les racines sont envahies par le pourridié, altération produite par les champignons appelés Agaricus melletis et Dematophora necatrix.
Lorsque l'invasion de ces insectes est intense, il faut abattre les arbres atteints, en extirper les souches comme on le fait quand on traite le pourridié. Mais, la détermination des sujets à sacrifier ne peut être faite qu'au moment où l'insecte fait son apparition. Il faut brûler les écorces, sortir le plus rapidement possible de la forêt les arbres abattus, et surveiller attentivement les sujets du voisinage.
Les principaux insectes dont les larves apodes creusent leur système de galerie entre le bois et fécorce des pins (dégÀts physiologiques) sont :
l^Hylésine très petit y le Bostriche bidenté, le Bostriche acii-
miné, qui ouvrent des galeries de ponte étoilées, à 3-7 branches partant d'une chambre commune.
UHy lésine petit y dont la galerie de ponte horizontale a deux branches en accolade.
h'Hylésine piniperde^ galerie de ponte verticale, allongée, pas de chambre centrale ; galeries de larve nombreuses, rapprochées.
\SHy lésine noir, galerie de ponte verticale, courte, sans chambre centrale, galeries de larves peu nombreuses, espacées.
Fiff. 440. — Effets produits par VHylesintu piniperda et VH. minor. ; aa, pins normaux ; 6, pins attaqués.
Le Bostriche du mélèze, chambre centrale de 15-20 mm, de long d'où partent des galeries de ponte plus ou moins ver* ticales dirigées de bas en haut et de haut en bas (v. p. 529).
Le Bostriche sténog7*aphe, galeries comme le précédent, mais de dimensions doubles. Cet insecte est le plus grand des Bostriches indigènes, c'est le plus commun dans les plantations de pin, comme le Bostriche typographe est le plus commun dans les plantations d'épicéa, mais il est beaucoup moins dangereux que ce dernier (v. p. 532).
Dégâts dans le bois (dégâts techniques) :
Le Bostriche linné. Cet insecte, tant à l'état parfait qu'à
Fi,
l'état de larve, ouvre dans le bois de petites galeries enduites d'une substance de couleur noire. Cette altération, qui se produit même sur le bois mis en œuvre, est connue sous le nom de vermoulure noire (voir p. 548).
Le Xyleborus Saxeseiûi : La femelle perce Técorce k un endroit quelconque et creuse un couloir, dans le sens radial, de 3-6 cm. de longueur. De là ce couloir s*élargit brusquement en haut et en bas et forme une cavité de 3-5 cm. de haut sur 6-8 mm. de large ; la femelle y dépose des œufs en tas et, après Téclosion, tontes les larves travaillent ensemble à élargir la chambre primitive. C'est ce qu'on appelle un « couloir de famille ». Quelquefois ce couloir se ramifie. Il existe souvent un assez grand nombre de ces systèmes dans le bois les uns au-dessus des autres. Cette espèce attaque non seulement le pin sylvestre, mais d'autres résineux comme l'épicéa et le mélèze et aussi des feuillus comme le chêne, le hêtre, etc. (voir p. 542). Une telle polyphagie est rare chez les insectes.
Le Xyleborus eurygraphus, non content de percer les écorces, taraude également le bois des pins, comme l'espèce précédente (V. p. 540).
Le Sirex jouvenceau^ hyménoptère dont les larves à six pattes et pourvues d'une corne abdominale sillonnent le bois de galeries irrégulières, arrondies et qui vont en s'élargissant (v. p. 554).
Végétaux, — Une bactérie, désignée par M. Vuillemin sous le nom de Bacillus Pini^ provoque les tumeurs du pin cTAlep. Ce sont des tubercules ligneux atteignant la taille d'un œuf de poule, que Ton trouve sur les branches du pin d'Alep ; elles sont creusées de lacunes plus ou moins ramifiées où le microbe constitue des sortes de colonies. L'arbre prend l'aspect dépérissant (voir p. 320, fig. 137).
'. 441. — Jeune pousse de pin attaquée . La galerie de THylésine a été mise en évidence par une section longitudinale (en d). On observe, en c, un écoulement résineux.
Champignons. — Un assez grand nombre de ces végétaux vivent aux dépens des pins. On peut les trouver :
1® Sur les feuilles :
Rouille vésiculeuse des aiguilles de pin (Peridermium oblongisporium, Fuck.).— On voit souvent apparaître en mai,sur les aiguilles des jeunes arbres, des sacs allongés blanchâtres qui sortent à travers Tépiderme : ils sont dus au Peridermium oblongisporium. Leur couleur est jaunâtre ; les peuplements de 3-10 ans en sont parfois tellement atteints qu'ils présentent cette teinte dans leur ensemble. Cette maladie ne parait pas causer de très grands dommages.
Le rouge du pin est dû au Lophodermium Pinastri (Schrad.) Chev.. — C'est à ce champignon qu'est due, le plus souvent, la chute des aiguilles du pin. La maladie sévit surtout dans les jeunes pépinières^ dont les sujets prennent, vers la fin de l'été, une teinte rouge.
2^ Sur les branches et le tronc :
La rouille vésiculeuse de Vécorce du pin {Peridermium pini^ Wallr.). — Elle se manifeste sous forme de vessies ou sacs membraneux blanchâtres, remplis de poussière orangée, qui crèvent Técorce, puis se déchirent eux-mêmes et laissent échapper les spores. Ces sacs ont souvent 15 mm. de longueur. Quand le mal a envahi tout le pourtour du rameau, celui-ci ne tarde pas à périr. Les jeunes plants résistent peu de temps. Les arbres plus âgés, attaqués au tronc, deviennent languissants et perdent peu à peu leur flèche et leurs rameaux.
Le Phytophtora omnivora de Bary produit la destruction des semis du hêtre, mais attaque aussi ceux des résineux : pins, mélèze et sapin.
La rouille courbeuse du pin (Cœma pinitorquum A, Br.). — Elle sévit dans les jeunes peuplements ou attaque encore les extrémités des jeunes pousses des arbres plus âgés. La croissance des rameaux est modifiée et ils se courbent d'une façon caractéristique. Les jeunes pousses ne tardent pas à être tuées et, si le peuplement n^a que deux ou trois ans, il est exposé à périr tout entier.
Nous parlerons un peu plus loin des champignons qui^ vivant sur le tronc, provoquent l'altération du bois.
KfB, lUift.;.
3* Sur les racines :
Elles peuvent être atteintes par le pourridié dû, soit à lagaric du miel, Armillaria mellea, soit au Dematophora necatrix (voir p. 417).
Citons aussi la maladie ronde du pin maritime^ qui atteint d'ailleurs également le pin sylvestre et qui est imputable au Rhizina undulata^ Pries. Le champignon se propage par le sol de racines à racines, dans toutes les directions, de telle sorte que les arbres détruits forment des ronds ayant pour centre les premiers arbres atteints. Des massifs entiers sont parfois dévastés par cette maladie. Elle se produit surtout en terrains siliceux, et, de plus, on a remarqué, notamment en Sologne, que le mal débute toujours autour des foyers allumés par les bûcherons. Il est probable que la cendre favorise le développement des spores de rhizine en constituant pour elles un milieu nutritif.
4" Altérations du bois dues aux champignons :
De nombreux polypores vivent sur le tronc et altèrent parfois le bois très profondément. Nous ne ferons ici que citer ces champignons sur lesquels nous avons eu l'occasion de donner des détails, chapitre VII.
Ce sont principalement : le polypore du pin {Polyporus Piniy Pers.) qui produit la pourriture rouge du bois ; le Polt/porus vaporariusy Fries ; le Polyporus Schweinitziiy Fr. ; le Merulius lacrymans ; ce dernier, peu connu en forêt, détruit le bois des charpentes^ etc.
Les espèces de pins. — Il existe en France un certain nom- î
bre d'espèces, bien distinctes comme caractères et comme j
produits, qu'il faut savoir distinguer : |
Tableau permettant la distinotion des dWerset espèces de pins. j
A. Feuilles groupées par deux ; arbre dont Técorce |
se gerce ; écorce d*un brun rouge ou brune. B. Feuilles les plus grandes d'environ 1/2 aim. de largeur, d*un vert clair sur les deux faces; fruit de ii à 12 cm. de long., d'un
rouge vif. P. (fAlep.
B'. Feuilles les plus grandes d'environ I mm. ou plus de largeur, en général plus ou moins coriaces.