‹ Les bois industrielsChapitre 24 sur 136 · C. Fruits mûrs de 9 à 18 cm. de long en · texte numérisé non relu

C. Fruits mûrs de 9 à 18 cm. de long en

général.

D. Fruit mûr obtus, oval ou presque

globuleux, large de 8 à iO cm. ;

graine ayant (sans compter Taile)

46 à 20 mm. de long; feuilles de

8 à 45 cm. de long P. pignon.

D'. Fruit mûr aigu, bien plus long que large; graine ayant(sans compter Taile) 8-10 mm. de long ; feuilles de 10-20 cm. de long . . . . P, maritime. A'. Feuilles groupées par 5 ; arbre dont Técorce reste lisse jusqu'à un âge 1res avancé ; écorce d'un gris brun verdâtre.

B. Feuilles à trois faces, de moins de 1 mm. de largeur en général ; fruit cylindrique et courbé, de i0-i4 cm. de long sur 2 cm. i/2

de large : P. Weymouth.

W. Feuilles à deux faces, de 1 mm. ou plus de largeur en général ; fruit oval obtus de 8 à tO cm. de longueur. sur 5 à 6 cm. de largeur. P. cembro (Arole).

Tablean permettant d'arriver à la détermination des boit des diverset espèces de pins d'aprôt leurs caraotères anatomiques (d'après M. ThU) :

GaDaux résioiféres isolés ou par groupes de deux, trois, quatre et même cinq ... 2

Canaux résinifères isolés ou par groupes de deux, rarement trois 3

Accroissements laides, à bord sinueux, xone d'automne beaucoup plus colorée que le surplus du tissu et presque toujours marquée d*une ou plusieurs stries moins colorées Pin cTAlep.

Accroissements étroits, zone d'automne un peu plus foncée seulement que le surplus du tissu Pin de montagne.

Fibres à paroi épaisse en zones plus ou moins larges 4

Fibres à paroi épaisse ne formant qu'une

ligne sur le bord externe 8

Canaux résinifères remplis d'une résine

rouge bran très foncée, mouchetant le bois. 5

Canaux résinifères remplis d*une résine un peu plus foncée que le surplus du bois. . 6

Toutes les zones de fibres à parois épaisses très larges Pin maritime.

Zones de fibres à paroi épaisse peu larges et de largeur très variable pour des accroissements de même dimension . . . Pin pignon.

Canaux résinifères gros Pin Laricio de Corse

Canaux résinifères moyens ou assez gros . 7

Canaux résinifères moyens, fibres dont les parois s'épaississent insensiblement, bois assez homogène, peu eoloré, blanc jaunâtre ou roussÀtre Pin Laricio d* Autriche.

Canaux résinifères fins, fibres à paroi épaisse nettement délimitées en général, bois rosé ou rougeàtre Pin êylvestre.

Bois excessivement mou, accroissements larges Pin Weymouth.

Bois tendre, homogène, accroissements étroits ou très étroits Pin cembro.

Le pin sylvestre [Pinus sylvestris Lin.). — Syn. : Pinus rubra Mill., pin de Haguenau, pin de Genève, P. de Riga, P. de Russie, P. d'Ecosse, sapin rouge du Nord, P. blanc (Autriche). — Gemeine Kiefer des Allemands ; the woodpine

des Anglais; Pino sylvalico, Ital. ; Pino sylvestre^ Espagn. ; Fyrre^ Dan. et Suéd. ; Sosna^ Russ.

Caractères. — Cet arbre croit bien dans les régions froides septentrionales et sur les montagnes jusqu'à une altitude assez élevée, soit 1.700 mètres environ dans nos Alpes. En France, on le trouve surtout dans les Vosges, le Plateau Central, les Alpes et les Pyrénées. C'est Tarbre, par excellence, des montagnes et plaines sablonneuses ; il est silicicole, sans craindre absolument le calcaire. Il est très robuste, très rustique, ne redoutant pas les gelées hivernales ou printanières. Sa frugalité le rend précieux pour la mise en valeur des terres incultes. Il doit être conduit en futaie régulière, soit pur, soit associé au hétre^ au sapin, à Fépicéa. Il peut atteindre 30 mètres de hauteur sur 1 m. 05 de diamètre Son bois est d'autant plus recherché qu'il a crû plus lentement, d'où la supériorité des pins des hautes altitudes et surtout de ceux du Nord.

La durée des révolutions des futaies de pins varie forcément suivant la nature des produits que l'on veut obtenir.

S'il s'agit seulement d'avoir des étais de mines, des perches à houblon ou du bois de chau£fage, des révolutions de 25 à 30 ans sont suffisantes. Si l'on a en vue de réaliser des traverses de chemins de fer, des poteaux télégraphiques ou de la menue charpente, il faudra 40 à 60 ans, ou même seulement 30 à 40 ans. Pour obtenir des bois de mâture, de charpente ou de sciage, comme dans les forêts de l'Etat, des révolutions de 100 à 120 ans, et même 140, seront nécessaires.

Estimation de la valeur des produits d'une futaie (1). — Dans le cas de création de la forêt par plantation, à raison de 5.000 pieds à Thectare, voici ce qu'elle pourra produire. On fera une première éclaircie vers 15 ans en enlevant une rangée sur deux, soit 2.500 plants. Cette éclaircie paie ordinairement les frais d'entretien de la forêt depuis sa création. Vers 25 ans, on abattra encore la moitié des arbres restant^ soit un pied sur deux dans les lignes ou environ 1.200, valant 0 fr. 50, soit, pour la totalité, une valeur de 600 fr. Les 1.200 pieds restant seront coupés dix ans après si la révolution est de 35 ans et pourront cuber chacun 200 cm. et valoir 3 fr.,

(1) Nous empruntons les données suivantes au Traité de sylviculture (tome II), de M. MouiIIefert(Alcan, éditeur).

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Fig. 442. — Le pin Sylvestre, Pinus sylvestris L.

soit pour Tensemble 3.500 fr. ; la forêt aura donc produit 4.100 fr. ou 117 fr. par hectare et par an.

Si la révolution doit être de 40 ans, des 1.200 pieds restant à 25 ans on pourra couper, à 30 ans, 400, des moins bien venus, d'une valeur approximative de 2 fr., soit 800 fr. pour le tout. A 38 ans, on en coupera 300 valant 3 fr., soit 900 fr. Les 500 restants iront jusqu'à 40 ans et pourront cuber alors 500 cm. et valoir 7 fr. pièce, soit 3.500 fr. La forêt aura donc donné, dans ces conditions, 5.800 fr., soit 145 fr. par hectare et par an.

Dans le cas où la forêt aura été créée par le semis, le nombre de pieds aura été amené vers la vingtième année, par les éclaircies, à 2.500 ou 3.000 environ, et Ton se trouvera dans une situation à peu près identique à celle de la futaie obtenue par plantation.

Bois. — Aubier et cœur très distincts. Aubier d'épaisseur variable, parfois très considérable, de mauvaise qualité, plus abondant quand Tarbre a crû en sol humide ; cœur rose oa rouge, ou rouge brunâtre ; bois d'automne plus foncé que le bois de printemps ; canaux résinifères abondants dans le bois,

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Fig. 443. — Coupe longiludinale langenlielle de bois de pin. On aperçoit de nombreux ravons médullaires dont un, plaec à droite ac la figure, est traversé par un canal résinifère. Un autre canal résinifère se voit a gauche; » est longitudinal et indépendant de tout rayon incduUaire. On reconnaît les ponctuations aréolées sur les parois des tràchéides (d'après Kny).

la résine s'écoule a^sez aisément par les incisions faites au tronc ; mais, si elle est liquide dans Taubier, elle est brune et

plus OU moins solide dans le cœur et répandue dans le tissu auquel elle communique une grande durée. Ce bois est plus durable que le sapin qui ne possède pas de tels canaux dans le bois, il est aussi plus solide. Il est élastique, résistant, d'autant plus homogène qu'il a crû plus lentement (région du Nord, hautes altitudes) ; le pin de Riga est particulièrement réputé en Europe. Densité : 0,405-0,632 et même 0,828 dans le Nord de TEurope.

Usages. — Très recherché pour les constructions navales et surtout la mâture, car il fournit des mâts très hauts qui ploient et se redressent sans se rompre ni se déformer. Il présente d'ailleurs rarement toutes les qualités requises : rectitude, absence de nœuds, grandes dimensions, régularité des accroissements annuels, richesse en résine, sans surabondance, ce qui élèverait trop leur poids et les rendrait cassants. Les sapins du Nord, à cause de la nature du climat et de Tégalité des conditions dans lesquelles ils végèient, présentent le mieux ces qualités. Les constructions civiles, comme les constructions navales, en font un grand emploi. La facilité avec laquelle il se laisse travailler le fait préférer pour ces usages à la plupart des autres bois, alors même qu'ils existent sur les lieux. Débité en madriers et planches, il est très employé en menuiserie ; il sert encore pour la fente, la sculpture ; on en fait de très bons poteaux télégraphiques ; on l'utilise pour le boisage des mines, les traverses de chemins de fer (généralement après injection) ; on en fabrique de la pâte à papier, etc., etc.

Il ne faut pas perdre de vue que la qualité de ce bois, dont la durée peut égaler celle des meilleurs bois des arbres feuillus, dépend avant tout des conditions dans lesquelles a crû Farbre ; si le pin de nos plaines peut convenir encore à de nombreux usages,il ne possède plus rien des qualités qui font du beau sapin rouge du Nord (Norvège, Finlande, etc.) un bois de premier ordre.

Le bois de ce pin, comme celui des autres pins, a d'autant plus de valeur qu'il renferme moins de nœuds ; on a cependant constaté que les nœuds de cette espèce sont beaucoup plus facilement travaillés et beaucoup moins susceptibles de se détacher des planches que ceux du sapin et de Tépicéa.

C'est un bon combustible^ meilleur que le sapin, le mélèze et Tépicéa. Il produit une vive chaleur, mais peu durable; la chaleur ascendante dégagée est plus considérable que celle qui est rayonnée ; il pétille en donnant une flamme vive, mais il dégage une fumée noire très désagréable. Il est particulièrement recherché pour la boulangerie.

Son charbon était autrefois employé dans les hauts-fourneaux pour la réduction des minerais.

Caractères anatomiques, — Accroissements très distincts, parfois très larges quand il a crû rapidement (dans le Nord. aux limites de Taire de végétation du pin, la croissance est si lente que les accroissements ne sont plus visibles à Tœil nu). Rayons nombreux^ étroits, à une seule rangée de cellules en largeur et généralement huit en hauteur ; ils possèdent de grandes ponctuations et un épaississe ment déchiqueté; quelques-uns, contenant des canaux résineux, sont plus larges (canaux résinifères radiaux). Canaux résinifères nombreux, moyens, isolés ou quelquefois par deux.

Fibres (trachcides) grosses et à parois minces dans le bois de printemps et allant s'épaississant tandis que le diamètre de la fibre se réduit au fur et à mesure qu'on les considère plus loin dans le bois d'automne ; ponctuations aréolées (voir p. 14 et fig. 10) sur les parois radiales (nous ne citerons plus désormais ce caractère commun à tous les résineux) (voir pour la structure du bois de pin les figures 11, 12 et 443).

Produits accessoires. — On ne résine généralement pas ce pin chez nous, si ce n'est en délit. On l'exploite dans ce but dans d^autres pays (Finlande, Allemagne). On en retire du goudron ; ses souches, soumises à la distillation en vase clos dans des fours en maçonnerie spéciaux, donnent du goudron et du charbon de bonne qualité.

Pin de montagne, Pinus montana Mill. — Syn. : Pinus uncinata (Ramond), Pinus pumilio (Haenke), Pinus Mughus^ (Scop.), p. à crochets, p. de montagne, Mugho, p. suffin, suffis, torche-pin, pin crin. — Dei^çkiefer^ Krummolzkiefer^ Knieholz, etc., allem. ; The dwarf pine ou mountain pine^ angl.

Caractères. — Fréquent dans les Alpes et les Pyrénées. Il apparaît à 1.500 mètres, s*élève en massif à 2.200 et se maintient même à une altitude de 2.500. Il ne descend jamais en

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