toDoes
Noyer d'Amérique.
914 tonnes
Teck
Cèdre à crayon , .
Palissandre .
Cèdre
Ebène. . . .
Erable d'Amérique
Tulipier. . .
Espenille citron . .
Gaîac ....
Noyer satiné . . .
Bois de rose. . . .
§•1. li'Ae^ioii. Swietenia Mahogoni Lin. Fam. des Méliacées. — Syn. : Acajou mahogani ; en anglais : Mahogany; allem. : Mahagoni ; holland. : Mahaniehout ; ital. : Legno di Mogano,
Caractères. — L'acajou est un grand arbre de 20 à 25 mètres de hauteur sur plusieurs mètres de circonférence. Les feuilles sont composées, paripennées et les folioles se terminent en pointe. Les fleurs sont petites, jaune-rougeàtre et disposées en grappes composées. Le fruit est une longue capsule (8 à 10 centimètres) (3).
Distribution géographique. — Cet arbre est abondant dans les Antilles principalement à Saint-Domingue (rare à la Guadeloupe), à Cuba. Il est commun dans les plaines et se rencontre jusqu'à 900 mètres dans les montagnes du Honduras, du Mexique, du Nicaragua, de la Colombie et des Guyancs. En somme, cet arbre abonde dans l'Amérique tropicale.
Bois. — On sait la réputation de ce bois d'ébénistcrie, qui tient le premier rang de nos bois d'importation quant à la valeur et au nombre de tonnes. Il était très à la mode sous le premier empire et son usage s'est conservé. Il fut importé de la Trinité vers la fin du xvi« siècle et ne devint article de commerce qu'à la fin du dix-septième. On peut dire que ce
(1) Annales du commerce extérieur^ 11* fascicule, 1901.
(2) D'une valeur de 2.925.750 francs.
(3) La noix, la pomme et la gomme d acajou viennent d'un arbre tout différent : l'Anacardier (Anacardium occidentale) de la famille des Térébenthacées.
Voir notamment sur l'acajou: Chaloner and Fleming» The Mahogani iree ; its botanical char acier s, qualities and uses. London, 1850.
bois, mis en œuvre, est aussi commun chez nous que le chêne et le noyer.
L'acajou est rouge brun clair quand il est fraîchement trié ou raboté, mais il ne tarde pas à se foncer à Tair.
Les vaisseaux assez larges, répartis de telle manière que les zones annuelles n apparaissent que d'une façon vagae, se montrent sur une section transversale sous forme de points clairs ; leur parcours est irrégulier, presque comme cela se
Fi g. 471. — Acajou à meubles (Swielenia Mahogoni Lin.|.
produit dans les loupes, et ils sont mêlés à des fibres et à du parenchyme ligneux qui constitue des couches concentriques plus claires; les cellules des rayons, disposées sur 3-5 rangs, sont chargées de résine. Ces rayons sont donc assez larges, ils sont courts et renflés dans leur milieu. Densité : 0,560 à 1,04.
Ce bois est facile à travailler et susceptible d'un beau poli satiné, il est difficile à fendre. On l'emploie rarement en massif, plus souvent en placage sur chêne ou bois blanc, après l'avoir réduit en feuilles très minces à l'aide de scieries mécaniques spéciales. On en fait ainsi des meubles et de la marqueterie.
L'acajou nous arrive en poutres équarries nommées billes^ parmi lesquelles il faut distinguer les canons et les fourches. Los canons sont des billes provenant du tronc principal et
BOIS EXOTIQUES d'importation 936
des grosses branches. Elles offrent une veinure uniforme et de direction constante, aussi fournissent-elles, en général, Vacajou uni ; le prix en est moindre que le bois de fourches. Les fourches sont prises au sommet du tronc et des branches, à Tendroit où ces parties de l'arbre se divisent en deux ou un plus grand nombre de ramifications. Les veines, en suivant les changements de direction, produisent des dessins variés qui sont d'un bel effet après polissage.
Principales variétés d'acajou. — L'acajou porte des noms différents suivant son origine, on peut le classer à ce point de vue de la façon suivante :
A. Acajou de Saint-Domingue. — On en fait un assez grand usage en France. Il vient aujourd'hui à peu près exclusivement de la partie espagnole de l'Ile, par les ports de Porto-Plata, Santo-Domingo, etc. Il est très estimé, sa couleur est vive, sa fibre fine et serrée. Il pèse 900 à 1.000 kilogrammes le mètre cube. Il vient en billes ayant le plus souvent 40 à 68 centimètres d'équarissage et de 2 mètres^ 8 à 3 m. 3 de longueur ; les fourches constituent de petites billes ayant généralement 32-19 centimètres d'équarrissage et 65 à 130 centimètres de longueur ; elles offrent un dessin très riche et sont recherchées pour fournir Vacajou ronceux.
B. Acajou de Honduras, — Il parait appartenir à une espèce différente. Sa couleur est plus pâle tirant sur le jaune, il est moins dense, moins serré, les bandes de parenchyme ligneux y sont beaucoup plus minces et plus nombreuses, les vaisseaux sont plus étroits ; les rayons médullaires sont plus longs et moins renflés. Il ne pèse que 700 kilos le mètre cube. On le reçoit en billes de fortes dimensions, ayant parfois 8 à 10 mètres de long sur un mètre d'éqnarissage.
On trouve un A. de Honduras dont le grain est fin et dont la couleur rosée ne brunit pas avec le temps, ce qui augmente sa valeur.
C. Acajou de Cuba. — Il est particulièrement lourd et dur, sa couleur est moins vive que celle de TA. de Saint-Domingue.
Certaines billes pèsent plus de 1.000 kilos par mètres cubes ; elles ont de 2-6 mètres de longueur, sur 30-50 centimètres d*équarrissage.
D. Acajou du Mexique. — Comme celui du Honduras, son
grain est généralement peu serré, mais sa couleur est plus vive et sa densité plus grande, soit 800 à 8o0 kilogrammes par mètre cube. Il arrive en billes aussi fortes que le Honduras, mais moins longues le plus souvent.
E. Acajou de Colon-Panama, — Ressemble au précédent: grain peu serré, couleur rosée; il est moins estimé, à cause surtout de sa mauvaise exploitation. Les billes sont de forte taille, mais trop souvent fendues dans diverses directions et leur mise en œuvre comporte, par suite, beaucoup de ^__ déchets. Poids de 800 kilogrammes par mètre cube environ.
Le commerce de cette variété d^acajou date du déboisement opéré lors de la prise de possession des terrains pour le creusement du canal.
î Nous allons joindre à cette liste, des bois désignés sous le
nom d'acajou, mais qui ne sont pas produits par le mahogani.
r F. Acajou femelle on A, à planches^ Cedrel ou Cèdre
odorant j B. de Cédra (Cedrela odorata Lin. Fam. des Méliacées).
Le Cedrela odorata est un arbre voisin du précédent, il ^ habite aussi l'Amérique : Cuba, les Guyanes, Honduras et
Mexique. Le bois est nettement zone, les zones ayant parfois un centimètre de large ; il est très léger, poreux, rougeàtre, brillant, très facile à fendre, doué d'une odeur forte assez agréable, qui ressemble à celle du genévrier de Virginie; sa saveur est amère. On en fait des boites à cigares, à sucre et d'autres objets analogues, des intérieurs de meubles \ de luxe ou de meubles communs, des charpentes, des bar-
t ques, etc. Il est inattaquable par les insectes.
Ce bois est parfois distingué de ÏA. Mahogani^ ou vrai acajou, ou acajou mâle, sous le nom à' A. femelle, \ G. V Acajou d'Afrique ou A, du Sénégal oxx A. de Madère
^ ou Caïlcedra, — Ce bois provient d'arbres, voisins des précé-
* dents, sur la nature spécifique desquels on n'est pas très
bien fixé : il est produit par le Khaya Senegalensis, suivant ^ les uns, par le Carapa proccra D. C. (Carapa Touloucouna,
\ Guill. et Perr. Flor, Sénég,, Flor. Sénég., I, 28), suivant les
' autres et peut-être bien, par les deux. Ces deux espèces
BOIS EXOTIQUES d'importation 937
appartiennent à la famille des Méliacées comme Tacajou mabogani (1).
Ce bois a été introduit en Europe seulement dans le cours du siècle dernier dans le but de remplacer l'A. Mabogani, auquel il ressemble beaucoup, mais dont il n'a pas les qualités ; sa texture est plus grossière, il garde plus difficilement le poli et présente une teinte vineuse peu agréable. Il est beaucoup moins estimé. Les billes, de dimensions très fortes, nous arrivent souvent avec le cœur pourri. Il sert à la fabrication des meubles, boites, et aux différents usages auxquels on applique l'A. ordinaire.
Outre les caractères [déjà cités, on le distingue aisément par ses rayons fort apparents à Tœil nu, tandis qu'on ne les aperçoit pas dans l'acajou ; de plus, les zones sont très distinctes et séparées par une étroite bande claire. Densité : 0,91. L'exploitation de ce bois depuis le siècle dernier, tire son origine du développement de la colonisation européenne sur la côte occidentale d'Afrique,
L'Angleterre en consomme de grandes quantités, particulièrement pour la fabrication des meubles amodem style».
Les importations de cet acajou à Liverpool, en 1897, ont été de 16.204 billes, dont 11.147 provenaient des colonies françaises : 9.552 de la Côte-d'Ivoire et 1.595 du Congo français. La plus grande partie des billes d*acajou de l'Ouest africain proviennent d'Assinie (Côte d'Ivoire), de Axim (Côte-d'Or) ; puis, en moins grande quantité, de Chama (Côte-d'Or), des lies de Saint-Thomas et Principe, de Mayumba (Congo français), Bathurst (Gambie anglaise), etc.
Désignations des bois d'acajou dans le commerce d'après leur ASPECT. — Quelle que soit leur provenance, les acajous se
(i) Surlaqueslion controversée de l'origine de ces bois, voir: Guillemin et Perrottet, FL Senegamb., t. 32, Kew Bull., 4890, p. 468-470; A'ew BalL, 4894, p. 8-9 et Kew BulL, 4895, p. 79-80. D'après Guillemin et Perrottet leK.Senegalensis a ses plus beaux représentants dans la Gambie et la presqu'île du Cap-Vert ; il n'existerait pas à l'état sauvage dans le Sénégal proprement dit, par contre, il est à cet état dans le Sierra Leone. Dans la Gambie cet arbre est désigné par les nègres sous le nom de Cail, d'où l'appellation européenne de « Cail-Ccdra ».
Le Carapa procera existe dans la Guyane, l'Ouest de l'Afrique tropicale (Sénégambie [Toulouconna], Sierra Leone, Kameroun, Gabon).
L'acajou africain du commerce serait produit encore par d'autres arbres.
désignent encore, dans le commerce, d'après leur aspect plus ou moins bien dessiné et veiné. C'est ainsi qu'il y a : i^. \J Acajou uni^ dont la couleur est uniforme, les veines k
peu près invisibles ; il est en même temps généralement poreux et de peu de finesse. C'est le moins estimé. IjA. veiné ^ veines toutes parallèles, longitudinales. t L'^. moiré ^ veines ondulées et chatoyantes qui lui donnent
fc Taspect de la moire.
w^ IjA. flambé, les veines sont disposées en gerbes rouges et
vives ayant l'aspect de flammes.
r \JA. cA^mV/^, des lignes blanchâtres ombrées environnent
|. des plaques vermeilles ; elles sont semées capricieusement
j dans tous les sens, elles s'entrecroisent et se confondent
parfois.
L*i4.ro/ic^wx, ne s'obtient que de billes de fourches; dessins % ondulés, festonnés d'une façon plus ou moins confuse. Il est
particulièrement beau.
U A. moucheté on tigré, qui présente beaucoup de nœuds con- «•• stituant des taches plus claires ou plus sombres que le fond.
Il y a d'autres variétés désignées, suivant le caractère du dessin formé par les veines : A. rubanné, A. panaché, etc. (^ Il faut, dit M. Hollande, à qui nous empruntons les détails
f.; précédents, une grande habitude pour reconnaître, sur la sur-
fe face terne des billes, la nuance et le dessin d'un acajou. Les
£ meilleurs praticiens sont obligés de les examiner sous toutes
leurs faces et particulièrement au niveau des sections transversales des extrémités ; il faut souvent recourir à l'emploi de la sonde, ou à celui de \^ gouge^ sorte de ciseau concave avec lequel on entame le bois pour mettre à nu la disposition des fibres à l'intérieur.
Commerce des bois d'acajou. — La France a importé en 1899: 9.630 tonnes d'acajou, venant surtout du Mexique, puis de l'Afrique occidentale française, de la Colombie, de Cuba, de Saint-Domingue, etc. L'Angleterre en a reçu 61.000 tonnes provenant principalement de la Côte-d'Or et du Honduras anglais, puis des Etats-Unis, de Lagos, de l'Afrique occidentale française, du Mexique, de l'Allemagne, de France, de Saint-Domingue, etc.
L'Angleterre a en outre réexporté 13.000 tonnes de ce bois.
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BOIS EXOTIQUES d'importation 939
L'Allemagne, rien que dans son port de Hambourg, en a reçu 6.860 mètres cubes.
Imitatio?! des bois d'acajou. — II existe plus de cent recettes pour imiter les bois d'acajou par teinture des bois indigènes ; en voici quelques-unes :
Acajou rouge clair : Infusion de bois du Brésil sur le noyer blanc; de rocou (1) et potasse sur sycomore.
Acajou clair à reflets dorés : Infusion de brésil sur le sycomore et l'érable.
Acajou fauve : Décoction de bois de campèche sur érable et sycomore.
Acajou foncé : Décoction de brésil et de garance sur Tacacia et le peuplier ; solution de gomme-gutte sur le châtaignier vieux; solution de safran sur le même bois.
Acajou par le procédé allemand : On humecte le bois avec de Teau forte affaiblie, on laisse sécher. On dissout, dans 120 gr. d'alcool : 4 gr. sang-dragon, 2 gr. racine d'orcanette et 1 gr. d'aloès. On applique cette solution à la surface du bois. Cette méthode est surtout avantageuse pour l'orme et l'érable.
Acajou par le procédé à l'oxyde de titane : On fond cette substance avec dix fois son poids de potasse, la masse est délayée dans l'eau, la poudre qui se sépare est dissoute dans l'acide chlorhydrique; on fait bouillir le bois avec cette dissolution qui y pénètre bientôt ; il prend ensuite une teinte rouge acajou inaltérable, par application d'une infusion de noix de galle.
!••. BoU d'ambolne. — On peut rapprocher ce bois de l'acajou, car il lui ressemble beaucoup, notamment à celui de Honduras. Guibourt pense, qu'étant donnée la similitude des bois, il s'agit là d'un arbre voisin des Sivietenia, peut-être le Flindersia amboinensis de Poiret ou YAi^bor radidifera de Rhumphius ; quoi qu'il en soit, ce bois est fort rare et il est
(t) Matière tinctoriale se trouvant, sous forme d'une pulpe gluante d*un rouge vermillon, autour des semences renfermées dans le fruit du rocouyer {Biœa oreltana L.)) arbuste de la famille des Bixacées, habitant les Antilles, le Mexique. Gayenne, le Brésil, etc. Klle se trouve dans le commerce sous forme de tablettes ou, plus souvent, de pâte. Le rocou donne une couleur rouge orange.
peut-être le plus cher de tous les bois ; il provient des loupes d'un arbre des lies Moluques. Le grain en est très fin, les dessins en sont enchevêtrés très irrégulièrement ; sa teinte est blanc rosé ou jaune brun. Le prix du bois d'amboine s'élevait autrefois à plus de 4.000 fr. les 100 kilos, il atteint toujours actuellement le prix de 1.200 à 1.300 fr. On Tutilise seulement en plaques très minces et en filets pour orner ou incruster des meubles de prix ; c'est, en somme, plus un bois de marqueterie qu'un bois d'ébénisterie. Il est facile à travailler à Taide des petits outils que nécessite sa mise en œuvre.
tsa. lie pallMandre. — Syn. : Jacaranda, Sainte-Lucie, bois de rose (des Anglais); Palissanderholz^ Allem. ; Palixandre-ivood, rose wood^ Angl. ; Purperhoift, Holl. ; Legno di Palissandro^ Ital.
Origines et caractères. — Si surprenant que cela puisse paraître, on n'est pas parfaitement fixé sur la nature spécifi-
Fig. 472. — Le palissandre (Marhœrium).
que de Tarbre, ou des arbres, qui produisent ce bois si connu, cela s'explique cependant fort bien par ce fait que les bois exotiques arrivent le plus souvent en Europe en billes équarries, ne possédant plus, par conséquent, ni les feuilles ni les fleurs et fruits qui seuls pourraient permettre une détermina-
BOIS EXOTIQUES d'iMPORTATION 941
tien botanique précise. C'est cette absence des organes caractéristiques de la plante qui fait que cette question des bois exotiques est des plus ardues, considérée au point de vue botanique, et que son étude ne progresse que fort lentement; peu de savants abordent, en Europe, cette question ingrate ; d'autre part, les personnes qui peuvent voir ces bois en place, ou bien s'intéressent peu à la question, ou bien manquent des données fondamentales qui leur permettraient d'apporter des renseignements utiles, ou bien encore cachent par intérêt Torigine des produits dont ils font le commerce.
Il est cependant à peu près certain, maintenant, qu'il faut rapporter le bois de palissandre à plusieurs arbres du genre Dalbergia (fam. des Légumineuses-Papilionacées, tribu des Dalbergiées, sous-tribu des Ptérocarpées).
D'après une fausse description de Marcgraff, on avait rapporté ce bois à une Jacaranda, de la famille des Bignoniacées. Ce bois a été pendant longtemps désigné sous le nom de bois de Sainte-Lucie^ lie des Antilles, par laquelle il devait venir autrefois en Europe. Les Anglais lui donnent fréquemment le nom de Itose-wood, ce qui veut dire bois de rose ; cette désignation a souvent causé des malentendus entre commerçants anglais et français, car nous avons aussi nos « bois de rose » mais qui ne correspondent pas au palissandre, c'est notamment le bois de rose qui nous vient de Bahia (Brésil) et doit être rapporté à une Lythrariacée, le Physocalymna floribundum. Il correspond au Tulip-wood des Anglais.
Le bois de palissandre a une couleur qui varie du noisette clair au pourpre foncé ou noirâtre. Les teintes en sont souvent irrégulières et brusquement contrastées ; il se fonce beaucoup à l'air et devient, le plus souvent, brun violacé. Il est très lourd et compact, à grain parfois très serré, mais, le plus souvent, les gros vaisseaux sont très apparents et forment sur les sections longitudinales des lignes creuses qui nuisent à son poli cependant' très beau. Les veines noires, qui sont surtout distinctes sur les sections transversales et qui traversent les zones concentriques du bois, formant des dessins irréguliers, sont très nettes et aussi très nuisibles aux instruments. Le bois est fortement imprégné d'une résine odorante, lui communiquant un parfum doux et agréable, ce qui fait donner parfois à certaines variétés le nom de bois de violette^
Ml CHAPITRE IX. — ÉTUDB SPÉCIALE PES BOIS UTILES
qui s'applique dailleurs à d'autres bois très différents mais présentant une odeur analogue.
La poussière de palissandre est très acre et irrite fortement les narines. II brûle avec éclat, grâce à l'abondance de la résine qu'il renferme.
Le bois de palissandre laisse voir sur une coupe transversale une suite de rayures concentriques serrées et semblables à celles de Tacajou ; elles sont produites par des bandes de parenchyme ligneux, interposées entre des fibres fortement épaissies. II présente, en outre, des dessins irréguliei's^ dont nous avons parlé, qui sont dus à un surcroit de coloration des fibres. Les vaisseaux sont isolés et larges, leurs parois latét^ raies sont très ponctuées ; les rayons, épais de 2-3 cellules,
. sont courts. Il existe entre eux des groupes de cellules renfermant la résine brun foncé dont nous avons parlé, elle se répand parfois dans les vaisseaux.
Au Brésil, le palissandre ordinaire porte le nom de Jacaranda cabnina ; une autre sorte moins odorante, le Cabiuna^ est rapportée au Dalbergia nigra ; une troisième, le Jacaranda tam^ d'un rouge pâle et privé de pores résineux est produit par une espèce d*un genre très voisin du Dalbergia, le Machœrimn AUemani Benth.
Le bois de palissandre provient surtout du Brésil, puis de rinde et de l'Afrique ; le meilleur vient de Rio-de-Janeiro, la la seconde qualité de Babia et la plus inférieure de l'Inde ; V ce dernier palissandre est le plus clair et le moins odorant
*' on le rattache au Dalbergia latifolia Roxb.
• Le palissandre est un bois d'ébénisterie (meubles, pianos, etc.) et de marqueterie, employé soit en massif, soit en plaqué. C'est le plus important des bois de cette catégorie
^ après l'acajou.
• On expédie depuis quelques années de Madagascar une ', sorte de palissandre dont on ne peut encore apprécier exactement la valeur. Par suite des difficultés du transport dans nie, on n a pu envoyer jusqu'à ces derniers temps, à la côte, que des pièces de petites dimensions. La couleur de ce palissandre est généralement moins belle que celle du P. du Brésil et, de plus, beaucoup de billes arrivent piquées.
Imitation du bois de palissandre. — Nopp opère comme suit: on divise les bois en feuilles minces, d'épaisseur variable
BOIS EXOTIQUES D'iMPORTÂTION 943
et OU les plonge dans une cuve renfermant un mélange de : brou de noix, 6 ; bois de campéche, 5; acide acétique, 1.
L'opération de teinture s'effectue à chaud et dure vingtquatre heures. On égoutte et on sèche à 1 air. Les bois les plus employés dans ce but sont : le poirier, le hêtre, le frêne, Torme, le bouleau, Taulne et le peuplier.
On peut opérer aussi sur des bois en morceaux et en planches, la pénétration de la teinture atteint, en moyenne, plus d'un centimètre.
Le noyer teint avec une décoction de brésil^ additionnée d'un peu de carbonate de potasse, imite assez bien le palissandre. On emploie aussi le hêtre, mais le résultat est moins beau. La matière tinctoriale étant appliquée, on laisse sécher le bois, puis on y fait un veinage en promenant dessus, une seule fois, un pinceau plat dont les poils, maintenus écartés par un peigne, ont été trempés dans une dissolution d'acétate de fer. On peut ensuite poncer, vernir, comme à l'ordinaire.
194. Ebène«. — Syn. : allem. : Ebenholz; angl. : Ebony; hoUand. : Ebenhout ; ital. : Ebano (1).
Origines et caractères. — Diverses espèces appartenant au genre Diospyros ou Plaqueminier de la famille des Ebénacées, fournissent le bois noir appelé ébène, mais Tespèce principale est le Z)io5/?yre^ ei^m/mRotz. , de l'Inde. D'autres espèces sont répandues dans l'Inde encore, k Ceylan, à Java, au Siam, en Cochinchine, Laos, Cambodge, aux lies Moluques et Célèbes, aux lies Maurice, à Madagascar, sur la côte de Mozambique, sur la côte occidentale d'Afrique (Gabon, etc.). Dans l'Inde et l'archipel Malais croissent les Z>. ebenum Retz., D. ebenaster Retz., D. melanoxylon Roxb. ; leur bois est parfaitement noir ; à la Réunion et à l'Ile Maurice, on trouve le D. melanida et le />. leucomelas Poir., dont le bois noir est panaché de blanc ; à Madagascar et à Mozambique, Tébène est dû très probablement au Diospyros reticU' lata Villd., qui croit aussi aux lies Maurice ; une autre espèce de la même famille, le Maba ebenus Spreng.^ indigène des Moluques, donne encore du bois d'ébène.
(!) Voir 8ur les ébènes du commerce : Sadebeck, Ueber die in den europàischen Handel gelangenden Ebenhôlzer, Gesellsch, fur Botanik zu Hamburgy Sitzung, von 27 mai 4886.
Ui
L'ébénier (/). Ebentim Rotz. de llnde, de Ceylan, de la Malaisie et de Tlndo-Chine) est un grand arbre à petites fleurs donnant de petites baies.
L'aubier de l'arbre est blanchAtre et relativement peu dur,
mais le cœur fournit le bois, si connu, dont le nom a servi à créer le mot ébénuterie qui depuis le xvi^ siècle désigne la profession s'occupant de la fabrication des meubles et travaux d'ameublement. Ce bois n'acquiert d'ailleurs toutes ses propriétés que lorsque Tarbre a un âge avancé.
Le bois d'ébène est remarquable par sa couleur noir foncé et par sa dureté. 11 est très pesant ; densité 1,187- 1,216; son grain est si fin qu'on n'y découvre plus de traces d'organisation, couches ou fibres, lorsqu'il est poli. 11 ressemble à un miroir après Topération du polissage, les cellules des rayons médullaires sont remplies de cristaux qui favorisent le scintillement ; il se conserve bien à l'air et n'est pas attaqué par les insectes, il se travaille difficilement et ne peut être cloué. Les dimensions restreintes de ce bois, après qu'il a été débarrassé de son aubier, ne permettent son emploi que pour rébénisterie, la coutellerie, certains objets de tours (jeux d'échecs), touches de piano, marqueterie, etc.
L'ébène est d'un prix très élevé, à savoir en France, de 20 à 60 fr. les 100 kilos. Il parait moins à la mode aujourd'hui qu'autrefois, néanmoins il vient, dans le chiffre de nos importations, immédiatement après l'acajou, le teck et le palissandre. On l'imite souvent en teignant en noir d'autres essences moins rares, à graiu fin, pour en faire des meubles de bureau, chambres à coucher et autres.
La plus belle variété d'ébène vient de File Maurice ; elle est de couleur très noire quelquefois tachetée de blanc, c'est Y ébène Maurice du commerce. Il nous arrive en perches de
Fig. 473.
Ebénier {Diospyros ebenum)
bois KXOtiQt'KS D*IJII»OUTAÏION 94o
2 à 6 mètres de long sur 8 à 25 centimètres de diamètre. 11 est produit par le Dïospyros tesselaria Poir.
De Madagascar nous arrivent des sortes désignées sous les noms de Vraie Madagascar, qui est de couleur très noire, et de Tamatave et Sainte-Marie, qui est comparable, quant à la forme extérieure, à celle de Tlle Maurice, mais dont la qualité est moins bonne.
De la côte de Mozambique nous vient la sorte dite : E. de Portugal, ainsi désignée parce qu'elle fut tout d'abord introduite en Europe par les Portugais ; elle parait presque noire d abord, mais est, en réalité, d'un brun très foncé avec des veines violacées. Ce bois est très lourd et sert spécialement à fabriquer les clarinettes et flûtes. Il arrive en Europe en bûches courtes, de 10-40 cm. de diamètre, comprenant le cœur et l'aubier, celui-ci manque cependant quelquefois.
La côte occidentale d'Afrique nous envoie les sortes, dites de Gabon et Calabar, qui se présentent sous forme de petites bûches de 5 à 50 kilos. La couleur en est assez noire, mais le grain moins serré que dans l'espèce précédente. On en fait surtout des manches de couteaux et des touches de dièze pour les pianos et orgues.
Le Sénégal produit « Tébène du Sénégal « (Dalbergia melanoxylon).
De Ceylan, nous recevons des billes de 4 à 6 mètres de long sur 20 à 35 centimètres de diamètre. Cette sorte est particulièrement employée en Chine pour la confection de meubles artistiques d'une grande valeur.
De Macassar, port de l'Ile de Célèbes, on a importé récemment des billes rondes, dépourvues d'écorce et d'aubier, ayant 2-4 mètres de long sur 16 90 centimètres de diamètre, dont la couleur est grise et le grain assez peu fin. Cette sorte est la moins estimée.
Certains Diospyros fournissent un bois également très dur, mais d'une autre couleur que le noir, savoir : blanc marbré chez le D. decandra de la Cochinchine ou vert chez le D. chloroxylon du Bengale. Le bois de Coromandel ou Calamander des Anglais est généralement attribué à un Diospyros. Il est volumineux ; pourvu de son aubier, celui-ci est dur, compact, nerveux, d'un gris rougeâtre, un peu satiné ; le cœur est noirâtre avec des veines de la couleur de
Taubief . C'est Un beau bois, mais dont le poli est altéré par la présence d'une infinité de lignes creuses dues aux vaisseaux ouverts sur la section.
Il existe encore dans le commerce français une éhrne rouge du Brésil qui parait devoir être attribuée aussi à un Diospyros ( Tanionns littorea ?) ; ce bois est très dur, pesant, pourvu d'un aubier gris et d'un cœur brun noinUre avec veines rubanées d'une teinte rougeAtre assez prononcée. 11 est très analogue au bois de Coromandel et doit provenir d'un arbre voisin (Guibourt) (1).
Il existe d'autretr bois appelés ébène, mais qui ne présentent de commun que le nom avec les Diospyros. Ce sont les variétés dites : ébène verte soufrée de Cayenne, provenant du Bignonia leiicoxylon L., arbre du Brésil, de la Guyane et des Antilles; Vèhène verte grise à(i Cayenne^ qu'on appelle quelquefois aussi dans le commerce ébène noire, nom qu'elle ne mérite guère, encore que, d'une teinte fauve grisâtre, elle prenne à Tair une couleur châtaigne ; Y ébène verte brune, cette sorte arrive sous forme de bûches cylindriques, Taubier est très réduit, le cd'Ur est très dur, susceptible d'un très beau poli; il est d'abord vert olive foncé et veiné et devient presque noir à l'air. Cette sorte, comme celles que nous venons de citer, est riche en matière colorante jaunâtre qu'elle cède à Teau ; elle est supérieure comme qualité aux deux précédentes, surtout à la première. Les espèces botaniques auxquelles il faut rapporter les ébènes vertes, grises et brunes sont mal déterminées.
Rappelons que notre arbuste indigène, le Cytise (Cf/tisus tarburnum) ou cytise faux-ébénier, a un bois de cœur noir qui imite asseis bien l'ébène.
Le tableau suivant, établi d'après les travaux les plus réceUts des botanistes, complète, en les résumant, les données précédentes :
Tableau résumant les principales sortks de bois d'ébéne du comUerce, produites par des plantes du genre Diospyros (Ebénacées).
1. Bois d'ébhie noirs, — 1. Les bois d'ébène de Lagos, Gabon et Vieux-Malabar; ils proviennent du /). Dondo dont
(I) Voir aussi, à ce sujet, le paragraplie Ilï, du tableau p. 947.
fiOIS EXOTigiES DIMPORTATlOiN 9i!l
la présence aurait été récemment constatée dans le Cameroun^ par Preuss.
2. Le bois d'ébène de Zansibar, provenant du Z). mespili" fonnis Hochst., qui est répandu dans toute l*Afrique tropicale.
3. Le bois d'ébène .de Madagascar, qui serait donné par le Z>. aplostylis Boiv. et le l). microrhombus Hiern.