‹ Les bois industrielsChapitre 31 sur 136 · L*ébène de Maurice, qui provient du Z>. tesselaria Poir · texte numérisé non relu

L*ébène de Maurice, qui provient du Z>. tesselaria Poir

5. L'ébène indienne, connue dans le commerce sous les noms d'ébène de Bombay, de Siam, de Geylan^ est produit surtout par les espèces suivantes : D, Tupru Buch., D. mêla* fioxylon Roxb., D. silvatica Roxb., /). Ebenum Kônig., D. moniana ^o\b,, D. rami/lora Roxh.^ l). EùenasierlXetM*^ et Dé peregria (Gartn.), Gûker.

6. L'ébène de Manille est produite par le />. Ebenasler Retz., et le D, phi/ippensis {Desv,)^ Gûrke.

7. L'ébène de Acalpulco et TE. de Cuernavaco sont des désignations locales du bois de />. Ebenasler.

n. Le bois d'ébène blanc. — Il provient des D, melanida Poir*, et />. Chrysophyllos Poir., appartenant tous deux aux Mascareignes. Une partie du bois d'ébène blanc provient vraisemblablement du Z>. Malacapai A.DC., indigène des Philippines.

IIL Le bois d'ébène rayé multicolore est désigné souvent dans le commerce sous les noms d'ébène de Coromandel ou de Calamandre^ il provient du D. hirsuta L. Une autre sorte est souvent confondue avec cette detnière, c'est le Camagoon des Philippines; il provient du D. muUiflora Blanco> arbre des Philippines. 11 faut ranger encore dans cette catégorie le /). pilosantàera Blume.

IV. Le boisd'ébène rouge. — Il provient du D. rubra Gàrtn., fréquent à Maurice.

V. Uébène vert. — Il est produit par le />. chloroxylon Roxb. Imitation de l'ëbénb par teinture de bois indigènes. — On

obtient le faux ébène en teignant en noir un bois à grain très fin et serré, généralement le poirier. On fait bouillir dans un litre et demi d'eau, pendant une heure environ^ 17B gr. de noix de galle, 100 gr. de brésil, 30 gr. de couperose verte et 30 gr. de vert-de-gris. On filtre. Lorsque la liqueur est devenue tiède, on l'étend sur le bois au moyen d'un pinceau. Cette opération étant faite, on fait fondre, sur

un feu doux, 200 gr. de limaille de fer dans 1/2 litre de vinaigre très fort, on filtre et on applique la dissolution sur le bois, comme ci-dessus. On applique ainsi successivement plusieurs couches de chacune des deux compositions, en laissant bien sécher avant de recommencer l'opération et on frotte chaque fois avec du papier verre fin. Finalement on passe sur le bois un peu de cire chaude. On obtient un plus beau noir, si, avant de se servir de la première préparation, on frotte légèrement le bois avec de Tacide azotique très affaibli.

!•&. lie tulipier. — Le tulipier de Virginie {Liriodendron tulipifera Lin.) appartient à la famille des Magnoliacées ; son bois est désigné sous le nom de Yellotv Poplar par les Américains.

C'est un très bel arbre d'ornement, qui a été introduit et cultivé chez nous comme tel. Il croit aux Etats-Unis, notamment dans la région des Alléghanys où il est presque toujours à Tétat d'essence disséminée. Il a été introduit en France en 1882 par Tamiral de La Galissonnière ; il n'y est tout-àfait rustique que dans le Midi ou les provinces de TOuest. Sous le climat parisien il ne fleurit pas toujours et, dans tous les cas, assez tard ; ses fruits n'y mûrissent pas.

Tout le monde a vu cet arbre dans les parcs, ses feuilles sont assez grandes et comme tronquées à l'extrémité. Ses fleurs ont la grandeur et l'aspect de petites tulipes ; elles sont jaunâtres, orangées au centre, d'un bel effet maïs trop perdues dans le feuillage. L'arbre peut atteindre, en France, 25 m. de haut et 5 mètres de circonférence. Ëtant donnée la valeur de son bois et que cette essence vient très bien chez

1; nous, il serait logique de demander que cette espèce ne soit

plus élevée seulement pour l'ornement de nos parcs, mais encore comme essence secondaire dans nos forêts pour la

I production du bois, dont on importe actuellement d'Amérique

une assez grande quantité. Il recherche les terrains meubles et frais des vallées et les terrains siliceux.

« Le vrai bois ou le cœur du tulipier, dit Michaux (1), est

{{) Histoire des arbres forestiers de l'Amérique $eptentrionale,T, III, p. 202 et suiv.

BOIS EXOTigiiKS d'importation 949

jaune, approchant de la couleur citron, et entouré, comme dans tous les autres arbres, d'un aubier blanc. Cette couleur jaune du cœur est plus ou moins foncée; elle devient quelquefois verdàtre, souvent même elle est nuancée de violet. Quoique cet arbre appartienne à la classe des bois légei*s,

Fig. 474. Le Tulipier de Virginie {Liriodendron iulipifera).

il Test cependant beaucoup moins que celui d'aucune espèce de peuplier; le grain en est aussi fin, mais plus serré et, quoique plus dur, il se travaille facilement et se polit bien. On lui a reconnu assez de force et de rigidité pour être employé à des usages qui requièrent beaucoup de solidité ; lorsqu'il est dépouillé de son aubier et qu'il est bien sec, il résiste longtemps aux injures de Tair et il est, dit-on, rarement attaqué par les insectes. Son principal défaut, lorsqu'il est débité en planches et que ces planches sont employées de toute leur largeur au dehors, est d'être sujet à se tourmenter par les alternatives de sécheresse et d'humidité, mais, à beaucoup d'autres égards,' ce défaut est grandement compensé. A New-York, à Philadelphie et dans les campagnes environnantes, on estime et on emploie souvent le tulipier dans la construction des maisons, pour en faire des solives et des chevrons des étages supérieurs, et cela à cause de sa force et de sa légèreté. Mais dans les Etats du centre, les Hautes-Carolines et surtout dans tous ceux de rOuest, son usage est encore plus général dans la bâtisse

des maisons; il y remplace le mieux, k ce qu'il parait, le pin et surtout le c^dre et les cyprès. Dans toutes les grandes villes des Etats-Unis, le tulipier, débité en tranches très minces, est le seul bois dont les carrossiers se servent pour les panneaux de carrosses et de cabriolets. Ce bois bien sec reçoit un beau poli et prend bien la couleur. Les fermiers le choissisent pour en faire des auges dans lesquelles on donne h manger ou à boire aux bestiaux. Ces auges d'une seule pièce exposées en plein air, durent aussi longtemps que colles qui sont de châtaignier ou de noyer. Les indiens qui habitent les Etats du milieu et ceux qui se trouvent encore dans les Etats de l'Ouest, préfèrent le tulipier pour faire des pirogues. Ces bateaux, toujours d'un seul tronc d'arbre creusé, ont beaucoup de force et de légèreté; il en est qui portent jusqu'à vingt personnes ».

En résumé, ce bois a un aubier blanc et un cœur jaunâtre. Il est serré, homogène, léger, tendre, facile à travailler. Il est propre aux mêmes usages que le bois de peuplier auquel il ressemble (Yellow poplar des américains) ; mais il est de plus de valeur, il est plus résistant et est recherché, même chez nous, par les menuisiers et ébénistes qui remploient eu placage ; les fabricants de pianos le payent assez cher. Le bois de tulipier produit un excellent charbon. Il en a été importé en France 1.599 tonnes en 1900.

198. li© i^ajae. Guaiacum officinale L. ; fam. des Zygophyllacées (1). — Syn. : Gaïac, Pockho/z, Sillem. ; Guaiactmiwood, angl. ; Pokhout^ holland. ; Lerjïio di Guiaco^ ital.

Caractères, — Le gayac officinal est un arbre très élevé dont le tronc atteint parfois un mètre de diamètre ; mais sa croissance est si lente qu'il faut des siècles pour qu'il acquière ces fortes dimensions. Les feuilles sont composées pennées avec un nombre pair de folioles ; les fleurs sont bleues, groupées presque en ombelle ; le fruit est une capsule charnue à deux loges, en forme de cœur.

Distribution géographique. — Il est assez répandu dans les plaines arides des Antilles, notamment à Cuba, la Jamaïque, Saint-Domingue, à la Trinidad, à la Martinique, à la Nou-

(1) Dont Bâillon fait une simple tribu de la famille des Rutacées.

BOIS EXOTIQUES D IMPORTATION

Fig. 475. — Gayac offlrinal.

velle-Pro^àdence une des lies Lueayes, ainsi que dans TAmériquc centrale, en Colorabie et au Venezuela.

Bois. — Le bois de gayac est très dur, plus pesant que Teau ; densité : 1,33 ; formé d'un aubier jaune plus ou moins épais et d'un cœur brunverdâtre.

La coupe transversale de ce bois étant polie, présente à la loupe une rayure rayonnante très fine et serrée, parsemée çà et là de gros vaisseaux coupés, remplis de résine verte ; la plupart des vaisseaux sont trop fins pour être aperçus. Le bois a une très légère odeur aromatique, elle devient tout-à-fait sensible lorsqu'on le râpe.

La poussière obtenue a une saveur Acre et amère. Le cœur contient une résine spéciale.

Le gayac arrive en Européen troncs d'un fort diamètre ou en bûches assez droites, recouvertes parfois de leur écorce.

On distingue dans le commerce :

' 1^ Le gayac blanCy qui vient des colonies françaises et espagnoles et arrive soiis forme de bûches d'environ 3 m. de long sur 15 à 20 cm. de diamètre ; c'est certainement la sorte que Guibourt appelle le g, à couches irrégulières ; il est irrégulièrement cylindrique et souvent sa coupe présente la forme d'une poire ; laubier est plus épais que dans la sorte dont nous allons parler ; la matière résineuse est très inégalement distribuée, sans suivre Tirrégularité des couches, elle est moins abondante, aussi le bois est-il de teinte plus claire, la couleur naturelle jaune apparaît mieux ;

2** Lcgagac noir, qui arrive principalement de Saint-Domingue. Les bûches sont de môme longueur que ci-dessus, mais un peu plus grosses. Ce bois ofi're un aubier de 30 à 30 mm., régulier et bien séparé du bois. Cet aubier est jaune de buis avec des mouchetures vertes du côté interne, dues à des vais- 3eau.x résineux ouverts. Le cœur est d'un vert-noirâtre foncé,

932 CIIAPITRK IX. — ïî:iri)E SPKCrALK DES BOIS UTILES

OU acquiert cette teinte à la lumière. II est plus dur, plus lourde plus coloré et en somme plus estimé que le g. blauc.

Guibourt cite encore un gayac à odeur de vanilley qui est particulièrement beau et possède, même entier, une odeur balsamique très analogue à celle de la vanille.

On a importé en France, en 1900, 1.491 tonnes de bois de ■ gayac.

Usages. — On l'emploie pour nombre d'usages requérant une solidité spéciale : mortiers et pilons, roues de poulies, dents d'engrenage et autres pièces de mécanique soumises au frottement pour lesquelles on ne veut pas employer le métal : roulettes de lit, boules à quilles, etc. Les planchers des ponts de navires sont quelquefois faits de ce bois.

Produits accessoires, — Les déchets, que produisent les tourneurs, et autres artisans travaillant ce bois, sont achetés K par les pharmaciens qui en font une teinture alcoolique, ou

k une décoction dans Teau, afin d'extraire la « résine de gayac ».

t Celle-ci s'obtient encore dans le commerce en blessant Tar-

Page 1