C. pacanier(C. olivaefonnisîiuii.). Noyer pécanier, Pecane
nift hickory^ etc.
I0S. lie eèdre à «rayon». — Syn. : Genévrier de Virginie (Jimiperus Virginiana L.), Cèdre rouge, cèdre de Virginie t Red Cedar^ Cèdre de la Caroline.
f C'est un assez grand arbre, pouvant atteindre 23 et même
f 30 mètres de haut sur 1 de diamètre, qui croit dans les pro-
î, vinces orientales du Canada et des Etats-Unis, depuis la baie
l d'Hudson jusqu'au golfe du Mexique et qu'on retrouve au
I Canada sur le versant du Pacifique.
\ Le bois est assez léger, à aubier blanc ou blanc rosé, à
^ cœur rouge clair ou rouge jaunâtre ; c'est la couleur rouge
> du bois de cœur qui a valu à Tarbre le nom de cèdre rouge ;
les zones d'accroissement sont rendues distinctes par des ( lignes circulaires brunâtres correspondant au bois d'automne ;
Jj il est brillant, facile à fendre et à couper ; il possède une
V odeur caractéristique assez forte, persistante, tout le monde 1 a eu l'occasion de la sentir en taillant des crayons. Ce bois
est très durable. Il est employé chez nous à la fabrication des crayons ; on en fait aussi des caisses, des meubles communs ou des intérieurs de meubles que les amateurs désirent en bois odorant, des pieux ; il entre aux Elats Unis, dans les constructions maritimes ; il est recherché pour la fabrication des pianos. On en importe en Europe des quantités assez notables. La France en a reçu 845 tonnes en t900. Il arrive chez nous en billes équarries de 20 à 40 centimètres d'équarrissage.
On cherche à acclimater cet arbre en Europe ; il est peu exigeant au point de vue du sol, mais préfère les terrains sabloni neux, frais, riches en humus; il s'accommode toutefois des
terres légères et sèches. Il est très rustique chez nous, et les essais faits en France dans le domaine des Barres, en Alle-
BOIS EXOTIQUES d'importation 957
magne, notamment à Weinheim, et en divers endroits de Belgique, ont bien réussi. Il y aurait grand intérêt, dit M. Pardé, à introduire le G. de Virginie dans nos forêts, notamment dans les sols légers des bords de la mer.
t9&, l.e« « liolft de «èdre ». — On comprend sous ce nom des bois appartenant à des plantes très différentes : le cèdre proprement dit ou cèdre du Liban, divers cyprès, des genévriers comme le genévrier de Virginie ou cèdre rouge (voir ci-dessus), des Thuya comme les Th. occidentalis et thyoïdes qui donnent le cèdre blanc et le bois de cèdre des Canaries^ le Thuya articulé [Callitins qtiadrivalvis)^ qui était sans doute le bois de Citrus de l'antiquité, corruption du mot cedruSf et, d'ailleurs, les anciens comprenaient sous cette désignation les résineux en général.
Nous avons en vue ici le bois de deux espèces qui donnent lieu, sous le nom de cèdre^ à une certaine importation, savoir 614 tonnes en 1900, pour la France; ce sont : le Thuya giganiea donnant un « cèdre rouge », et le Thuya excelsa donnant un « cèdi^e jaune ».
A. Thuya géant, Thuya gigantea Nuttal ; Syn. : Th. Menziesii Douglas ; Th. Lohbii des horticulteurs. — Cèdre rouge.
Ce Thuya habite, au Canada et aux Etats-Unis, les provinces qui bordent TOcéan Pacifique. C'est un très bel arbre qui peut atteindre jusqu'à 50 mètres de haut sur 3 mètres et plus de diamètre ; le fut est droit, élancé, la cime, très importante, est en forme de cône.
Le bois présente un aubier blanc et un cœur rosé ; il est léger, très durable et d'un travail aisé ; il est employé en menuiserie, notamment pour faire les portes et fenêtres, et sert à la construction des canots ; on en fait encore, dans le pays d'origine, des traverses de chemins de fer, car c'est un des bois qui résistent le mieux à l'humidité.
Cet arbre a été introduit en Europe vers 1860, il s'y est montré rustique et d'une croissance rapide; on en connaît de très beaux échantillons notamment en Allemagne dans le parc de Heidelbergetdans la forêt de Weinheim : en France, dans le domaine des Barres, etc. Il réclame des sols frais, assez substantiels et une certaine humidité atmosphérique.
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958 CHAPITRE IX. — ÉTLDt: SPÉCIALE DES BOIS UTILES
Cette essence mériterait qii'oti tentât de rintroduire dans nos forêts (Pardé).
U. Thuya élevé, ou Th. excelsa^ cèdre jaune.
Cet arbre croit un peu plus au Nord que l'espèce précédente ; il est également fort employé, car il fournit un bois très solide, de grandes dimensions et susceptible d'un beau poli.
Ces bois de cèdre, débités en madriers, se vendent, à Vancouver, aux 1.000 pieds carrés sur 1 pouce d'épaisseur : c'est là une unité locale à laquelle sle ramènent tous les calculs : ainsi 1.000 pieds carrés de bois sur 3 poucei, sont considérés comme 3 couches superposées de 1.000 pieds carrés sur un pouce et facturés 3.000 pieds.
En 1900, les prix de ces bois, en Colombie britannique, ont varié entre 9 dollars 50 à 17 et entre 12 dollars 50 à 18 les 1.000 pieds carrés sur 1 pouce (Hollande).
Nous placerons ici Tctude d'un Thuya qui donne un bois très remarquable et que Ton pourrait à la rigueur ne pas considérer comme bois exotique, car il croit en abondance dans notre Algérie. Les botanistes séparent généralement la plante en question des Thuyas pour en faire un genre spécial, le genre Cal/itris, qu'elle constitue avec, quelques autres espèces.
tOO. Thtiya «rllenlé. Callitris quadrivalvis Vent. — Syn. : Thuya articulala Vahl., Callitris quadrivalve, cyprès de l'Atlas. Famille des Cupressinées.
C'est un arbre ayant le plus souvent 5-6 mètres de hauteur, mais capable d'atteindre 15 mètres et plus, dont la circonférence a souvent 1 mètre et parfois 3 mètres* Il est souvent aussi à l'élat d'arbrisseau ; les rameaux sont abondants, grêles, presque dichotomes, articulés, à feuilles opposées, décussées et décurrentes. Le fruit est composé de la réunion de quatre écailles séminales, il s'ouvre à maturité en quatre valves.
Cet arbre est commun en Algérie (sauf dans la province de Constantine), en Tunisie et au Maroc. Il constitue des massifs importants soit seul, soit associé au pin d'Alep, à Tolivier, aux philarias, etc.
Il vient à toutes les expositions et ne demande qu'un sol
Bols KxoTiyt'ES d'importatio?! 98ï)
léger. Sa végétation est lente. Il repousse bien de souche et peut former des taillis serrés.
BoLh. — Aubier blanc, peu abondant, très net; cœur rouge brun assez foncé, lustré, grain fin, odeur spéciale vive et caractéristique ; il est souvent imbibé de térébenthine. Den* site, 0,690—0,954.
Le bois des racines a une couleur plus foncée que celui du tronc.
Il se travaille et se polit très bien ; il est lourd et parait incorruptible. On en a trouvé dans des ruines romaines dont l'état de conservation était parfait et ayant encore leur odeur.
Usages : bois d'ébénisterie très recherché, les loupes surtout; placage, menus objets de bimbeloterie et tour. Excellent bois de chauffage et charbon très estimé.
Nous avons dit que les loupes de ce bois étaient surtout recherchées en ébénisterie. Voici comment elles se produisent le plus souvent : les Arabes ont coutume, pour se procurer des pâturages, de défricher en brûlant toutes les parties superficielles du Callitris, et cela à plusieurs reprises. 11 se forme alors sur la souche une multitude de bourgeons, il en résulte des loupes ou broussins souterrains parfois énormes, qui fournissent à Fébénisterie un bois précieux par la finesse de son grain, la vivacité de ses teintes, la beauté de son poli ; il ressemble au plus bel acajou, mais il est cependant facile de l'en distinguer d*après son dessin. Ce ne sont ni des veines, iii des gerbes de flammes, ni rien d'analogue, mais des nœuds arrondis, semés assez régulièrement et se détachant en brun rougeâtre sur le fond, l'ensemble rappelle le dessin du pelage des léopards :
« Cet arbre a joué un grand rôle dans la construction des élégantes maisons mauresques à Alger; c'est avec son bois que se faisaient les balcons en saillie, dessinés en croisillons; confidents curieux de la vie cloîtrée et complices de la jalousie musulmane. Le même arbre a fourni les madriers, les charpentes, etc., qui, grâce à Tincorruptibilité de son bois, ont résisté aux efforts destructeurs du temps et bravé le ravage des insectes ; aussi, des poutres de C. quadrivalvis ont-elles été trouvées intactes dans des constructions qui remontaient au quinzième siècle ».
Lj 960 CHAPITRE IX. — ÉTUDE SPÉCIALE DES BOIS UTILES
C'est certainement ce bois que les Romains désignaient U sous le nom de Ciirus, corruption de Cednts^ très probable-
C ment. Us faisaient avec ce bois de cure, des meubles qui
t\ étaient pour eux Tobjet d'une vraie passion. Une table de ce
y * bois fut payée, àTépoque de Cicéron, un nombre de sesterces
f X faisant la valeur de 350.000 francs de notre monnaie. Il serait
i sans doute impossible de trouver actuellement en Algérie,
g des racines de Callitris ayant des dimensions suffisantes
K pour subvenir à de semblables usages. On doit supposer que
J • les Romains soumettaient Tarbre à un traitement spécial, tel
^ que des recépages répétés à des époques convenablement
c choisies. La formation de telles loupes réclame un laps de
I temps très considérable.
; Un produit accessoire de cet arbre est une résine particu-
'î licre, la Sandaraque, que Ton obtient au moyen d'incisions
y longitudinales pratiquées dans Técorce jusqu'au bois ; la
résine s'écoule et se solidifie presque aussitôt. Elle est dure et blanche, elle sert à la préparation de vernis, et, réduite en poudre, elle est employée pour enlever au papier frotté au grattoir, la propriété d'absorber l'encre.
:90i. Bols d'érable. — Il s'agit de bois fournis par des érables américains, notamment par Térable à sucre et l'érable à grandes feuilles, dont on estime particulièrement une variété de bois à macules rondes (Bird's eije Mapie), cet érable moucheté est payé très cher par les ébénistes. Il est caractérisé par de petites taches rondes plus ou moins rapprochées et produisant un très bel effet quand le bois est verni.
On emploie ce bois d' « érable à œil d'oiseau » surtout en placage pour le revêtement intérieur des meubles et aussi pour plafonds de wagons de luxe. Il nous arrive en billes rondes de 30 à 50 centimètres de diamètre sur 2 à 4 mètres de long.
L'érable à sucre {Acer saccharimim Vangenheim) est au nombre des espèces que M. Pardé comprend dans la liste des végétaux ligneux à acclimater chez nous. Il est commun dans les provinces du Nord des Etats-Unis et au Canada sur le versant de l'Atlantique. C'est un grand arbre rappelant
noiS KXOTIQIES D*lMPOnTATION 9fit
notre érable plane. Il demande un sol assez fertile ; il est rustique sous nos climats.
Le bois est blanc quand on le débite, mais il acquiert bientôt une teinte rosée à Tair ; il est lourd, dur, prend un beau poli qui lui donne une apparence soyeuse et comme lustrée mais ce poli est peu durable. Il est très recherché aux Etats- Unis par les menuisiers, tourneurs, charrons, armuriers ; on l'emploie aussi pour la charpente intérieure. C'est, de plus, un excellent bois de chauffage. Une variété de ce bois, ainsi que de celui de l'érable à grandes feuilles {A, macrophylhim Pursch.), fournit, comme nous lavons déjà dit, le bois d'érable moucheté, importé en Europe (1).
Un autre érable américain fournissant un bois fort estimé, que Ton pourrait tenter d'acclimater chez nous, est : V Erable rouge [Acer rubrum Lin.). Il croit, aux Etats-Unis et au Canada, sur tout le versant de TAtlantique et son aire s'étend assez loin dans le Centre et le Midi des Etats-Unis. Il atteint généralement une grande taille et recherche les terrains humides et les sols siliceux. Il est rustique dans nos pays. Son bois, à cause de ses paillettes brillantes, a reçu le nom de Ciirled maple ou de bois frisé \ il est grisâtre, souvent teinté de rouge, homogène, lourd, dur, facile à travailler, susceptible de prendre un beau poli. Il est fort estimé des ébénistes et tourneurs.
t«t. BolsdeeKron des ébénUtefl, d'EspenllIe on d*Hl0panllle ; boU «atlné« ; bol» de eltronnler et d^orani^er.
— Les bois de citron ont pour caractère commun d'avoir une couleur jaune et une odeur analogue à celle du citron. Ils sont veinés ou tachetés de jaune plus foncé. Le nom qu'ils portent leur a été donné à cause de leur couleur et de leur odeur, mais non à cause de leur origine, ils ne proviennent en aucune façon des citronniers ou orangers, lesquels ont un bois blanc et inodore. Ces bois, quoique faisant Tobjet d'un important commerce, ont une origine mal définie. Ils sont probablement fournis par YErithalis fructicosa^ C. (Rubiacées), mais aussi par d'autres plantes.
(1) La sève de cet arbre, qui forme de grandes forêts dans TAmérique du Nord, fournit un sucre crislallisable, employé aux Etats-Unis où )a betterave manque, au même titre que le sucre de la canne à sucre.
962 CHAl>ITRK IX. ÉTUDE SMÈCÏALE DES BOIS UTILES
Ces bois portent aussi dans le commerce le nom d'Hispanille^ parce qu'ils sont venus d'abord, et arrivent toujours en plus grande quantité, de la partie espagnole de File de Saint- Domingue, appelée longtemps Hispaniola.
Ces bois sont tendres, faciles à travailler, susceptibles d'un beau poli satiné et font de beaux meubles. Leur couleur est %* jaune pèle et Todeur de citron dont nous avons parlé est per-
^ sistante, très agréable. La coupe transversale présente des
l lignes concentriques nombreuses, disposées à des espaces ré-
r guliers, avec des lignes radiales très serrées, très apparentes,
B non continues et longuement amincies à leurs extrémités.
I Les bois de citron sont employés en ébéniste rie, marquete-
rie et pour les ouvrages de tour.
Ils arrivent des Antilles (Saint-Domingue, etc.) en billes I équarries et privées d'aubier, de 2 à 6 mètres sur 20 à
50 centimètres de large et 16 à 22 centimètres d'épaisseur. Leur poids est considérable. Ils arrivent aussi de Ceylan, en billes rondes pourvues de leur écorce ; elles ont de 3 à 6 mètres de long et 40 à 60 centimètres de diamètre.
tOS. Bol« «atlnéft. — Les Anglais désignent le bois d'hispanille sous le nom de salin wood [bois satiné)^ mais ils confondent sous ce nom les bois satinés de Saint-Domingue (hispanille) et un bois de Tlnde produit par le Chloroxylon Simetenia (Céd rélacées).
C'est ce dernier bois que les Allemands appellent aussi Satinholz^ bois satiné. La coupe radiale de ce bois présente comme des écailles satinées brillantes, dues aux rayons médullaires ; les vaisseaux sont très nombreux, serrés, remplis de résine jaune citron et sont séparés les uns des autres par du parenchyme.
En France, les bois désignés sous le nom de bois satinés proviennent surtout du Férole de la Guyane {Ferolia Giiianensis Aublet). Ce bois est rouge jaunâtre veiné de rouge et peut recevoir un beau poli satiné. 11 est particulièrement recherché pour la confection des meubles imitant l'ancien.
t04. Bol« de elironnler et d'oranger. — On confond bien souvent en France les bois de citron, dont nous venons de parler, avec ceux des citronniers et, en un mot, de la plupart
BOIS EXOtIQtES D*IMPORTATION 963
des espèces du genre Citriis et genres voisins appartenant aussi à la famille des Aurantiacées, notamment : Toranger {C. aurantium), le bigaradier (C. bigaradia)^ le limonier (C. limonum)^ etc.
Ce sont des arbres d'assez petite taille, originaires de TAsie tropicale d'où ils se sont répandus dans l'Europe méridionale et le Nord de T Afrique. Leur bois est très dur, très pesant, très liant, à grain très fin, susceptible d'un beau poli. Il est d'un jaune pâle veiné chez le limonier, blanc gris et moins beau chez le bigaradier, blanc chez Toranger, quelquefois marqué de taches uniformément rouges au centre, sans veines apparentes, ni rien de remarquable.
Ils sont tous inodores.
Ces bois, notamment celui de limonier (ou citronnier), sont très estimés pour Tébénisterie et Ton n'en fait que des meubles de luxe, on les emploie aussi en marqueterie ; ils sont recherchés pour la fabrication des métiers articulés.
On peut les utiliser aux mêmes usages que le bois d'olivier (voir p. 868).
D'ailleurs ces bois sont fort rares dans le commerce, car ces végétaux sont bien plus souvent exploités pour leurs fruits que pour leur bois ; il faut, pour qu'on les abatte, qu'ils ne donnent plus ni fleurs ni fruits.
Nous avons dit, en parlant du Thuya articulé {Callitris €/uadrwalvis)y({ue le fameux bois de Citrtis des anciens n'était pas un bois de citronnier, comme on Ta pensé quelquefois, mais bien le bois du Thuya en question.
Ce mot Citrus des anciens doit être une corruption de celui de Cedrus qui servait alors à désigner les résineux en général.
90ft. Bols de rcMie. — Le nom de bois de rose désigne un grand nombre de bois caractérisés soit parleur odeur, soit par leur couleur ; aucun n'appartient h des plantes de la famille de Rosacées. Les bois de rose du commerce ont pour caractère commun leur parfum qui rappelle celui de la fleur connue.
Ce bois nous arrive surtout du Brésil et de la Guyane. Le ôois de rose du Brésil est le Tiilip-wood de^ Anglais, c'est le vrai hois de rose des ébénistes ; il faut l'attribuer probablement au Physocalymna floribundum Pohl (Lythrariacées). Ce
bois est très pesant, à grain très fin, se travaillant, se polissant et se vernissant très bien ; sa couleur est rose, rouge pâle, ou rose jaunâtre veiné de rouge plus foncé ; il est à fibres droites, lorsqu'il provient de la tige, noueux et ronceux quandil est produit parla racine. lia une faible odeur de rose, qui devient plus forte lorsqu'il est rApé ; sa saveur est amère et Acre. En somme, ce bois doit son nom autant à sa couleur qu'à son odeur. L'aubier, dont il reste parfois des traces dans les pièces importées, est blanc; le cœur parait un peu huileux.
Le bois de rose, qui est rare, est recherché pour la fabrication des meubles de luxe, surtout du genre Louis XV, avec incrustation de mosaïque, marqueterie, émaux et garniture f' de cuivre doré.
! On en fait souvent aussi des coffrets, écrins, des nécessai-
res, etc., qui sont toujours confectionnés avec luxe et élégance, comme il convient étant donnés leur prix élevé et la beauté de la matière première.
Le bois de rose des ébénistes arrive en bûches cylindriques de 1 m. 30 de longueur sur 11 à 16 centimètres de diamètre ou bien en souches plus ou moins volumineuses et irrégulières. Les billes ou bûches sont toujours dépourvues de leur aubier.
Il existe une variété de bois de rose qui vient de Bahia et que les Portugais désignent sous le nom de Conduru et à laquelle s'applique^ plus encore qu'à la précédente, le nom de Tulip'wood ^ae àonnQXiWes Anglais à ces bois.
Il présente des couches alternes, blanches et roses, très tranchées, qui rappellent la disposition de certaines tulipes panachées.
Les bois de cette variété ont, dans le commerce, 1 mètre à 1 m. 50 de long sur 20 à 25 centimètres de diamètre. C'est elle que Guibourt désigoe sous le nom de fau^x bois de rose du Brésil. Elle constitue un bois plus beau peut-être que celui de la variété précédente.
Nous ajoutons ici une liste de « bois de rose » beaucoup moins importants que ceux que nous venons d'étudier.
Cayenne : Licana Guianensis Crubl. ; Jamaïque : Af7iyris balsamifera L. ; Chili : Callig naja odori fera ; Chine : Tsetau^ arbre indéterminé ; Indes : Dalbergia latifolia^ Roxb. qui
^m; I tr.'mjkyz-^i*-'
BOIS EXOTIQUES d'importation 965
donne le black rose ou Malabar sissoo et le China rose-wood ; Martinique : Cordia Myxa L. Portent encore ce nom : les bois de plusieurs Cordia, celui du Convolvulus floridus n. scopanus, etc.
BoUii. — Syn. : angl. : Ratlan ; allem. : Stuhlrohr ; holland. : Rotan ; ital. : Canna dlndia.
Les liges flexibles connues en Europe sous le nom de rotin proviennent de palmiers du genre Calamus, dont la principale espèce est le Calamus Rotang. Ce sont des végétaux lianoïdes à tige grêle, couverte de piquants courts et fins, de même que les feuilles. Ils grimpent et s'enlacent autour des arbres voisins qu'ils enserrent dans un réseau inextricable. Ces tiges atteignent facilement plus de 150 à 200 mètres de longueur.
Ils habitent principalement TAsie orientale et sont plutôt rares en Australie et dans l'Afrique tropicale. Les régions où Ton emploie surtout le rotang sont : Flnde, Ceylan, la Birmanie, la Malaisie.
Ils poussent aussi en Indo-Chine, entre 9** et 22** de latitude, mais ils ne sont pas assez abondants nulle part, pour qu il y ait lieu de les exploiter pour l'exportation en Europe, comme cela se fait dans la presqu'île de Malacca et presque toute l'Inde ; ils sont utilisés sur place. L'exploitation en est d'ailleurs fort déréglée dans cette contrée, où les indigènes ont trop souvent recours à Tincendie pour défricher et où ils mangent les jeunes pousses, comme celles de la plupart des autres palmiers. De plus, le climat indo-chinois avec ses six mois de sécheresse, ne convient pas aussi bien à ces végétaux qui exigent une assez grande humidité. Les principales espèces de Calamus de nos possessions d'Extrême-Orient, sont le C. rudentam Lou. et le G. verus Lou., seules elles possèdent des tiges capables d'acquérir le diamètre d'un doigt.
Le rotin est remarquable par sa ténacité, le poli de sa surface, sa flexibilité, la propriété qu'il a de se fendre en lanières déliées. Il rend, dans les pays d'origine, d'immenses services. Les Chinois et les Malais s'en servent à tresser de gros câbles pour leurs jonques; les Hindous en font des nattes, des tapis, des paniers, après avoir fendu les tiges en lanières minces.
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ainsi que des fauteuils et chaises longues, industrie qui a sans doute été copiée sur les Européens, mais qui est actuelment fort répandue aux Indes. On en fait même, surtout dans le nord des Indes, des ponts suspendus construits avec une grande hardiesse. On choisit, pour en constituer les chaînes, de belles tiges ayant de 100 à 200 mètres de longeur. Ces ponts, étant établis au-dessus de torrents sujets à des crues, sont généralement jetés à une grande hauteur.
En Europe, on en fait, sous le nom de palmier jonc ou de jonc, des cannes d'un prix plus ou moins élevé suivant la qualité ; on en confectionne des sièges, de la vannerie, des garnitures de harnais, de selles, des baleines de parapluies, des t tapis, etc. On le coupe, à Taide de machines spéciales, en
C bandes minces qui sont ensuite soumises à une préparation
7 particulière. Le rotin se teint facilement de diverses cou-
; leurs.
La France en importe annuellement 3 à 4 millions de ^ kilos, l'Allemagne, plus de 10 millions dont les Indes anglai-
j ses fournissent la partie la plus considérable.
Le rotin se vend en Malaisie, de 35 à 65 francs le picul (60 à 62 kilos) ; on Texpédie en ballots d'un picul. Le fret \ s'élève, pour cet article, à 7 francs environ.
; »tt7. Bambou. — Syn. : latin : Bmnbusa ; allem. : Bam-
burolir ou Indianesches Rohr ; angl. : Bamboo ; hoUand. : Bambocs ; ital. : Bambù ; malais : Boidouh ; hindou : Raus ; javanais : Preug.
Les bambous appartiennent à la famille des Graminées. Ce sont des arbrisseaux ou des arbres à tiges creuses, divisées par des cloisons correspondant à des nœuds saillants d'où partent les ramifications sur lesquelles sont disposées les feuilles, les fleurs et quelquefois les épines. Ils atteignent parfois 30 mètres de hauteur sur 15 centimètres de diamètre; certaines espèces ne dépassent pas 2 mètres de haut et Tépaisseur d'un doigt.
Il existe plus de 24 bonnes espèces de bambou, indigènes de l'Asie tropicale et subtropicale, àCeylan, Java et aussi en Indo-Chine, Chine, etc. L'une d'entre elles, le Bambusa arundinacea, est aujourd'hui naturalisée dans toutes les régions
908. Autres bois emotlqneii d'ébénliiierie moins ▼ent employés dans le eommeree.
Bois d'Acossois. — Syn. : b. Baptiste, b. sanglant, b. à la fièvre. Provient d*un Millepertuis arborescent (Hypericum sessilifolium, Hypericacées).
Bois d'Acouma ou Acoumat du Homalium racemostim (fam. des Samydées) et du Bnmalda salicifolia.
Bois d'Agatis ou Agouti, Vitex divaricata (Verbénacées) et Aeschinomene grandiflora (Légumineuses-Papilionacées).
Bois d'Agara ou d'Agra, ou bois de senteur. Très employé
BOIS EXOTIQUES d'importation 967
chaudes du globe. Les bambous occupent parfois, dans l'Asie tropicale et subtropicale, de vastes étendues.
Le bambou se place aux premiers rangs des végétaux utiles î
à rhomme. Il peut servir à construire des maisons entières, on en fait des planches en fendant la tige suivant des génératrices et en aplanissant la paroi du tube cylindrique, opération que Ton rend. plus facile au moyen de quelques incisions longitudinales, ces planches sont très élastiques et en môme temps assez résistantes; le mobilier de la maison est souvent entièrement en bambou. On en fait encore des pirogues et des avirons (Laos). Les tiges étant creuses et séparées par des cloisons on peut en faire des vases, des seaux, des pots à tabac, des ustensiles très divers; on en fait aussi des conduites d'eau. Avec les fibres libériennes on fabrique un excellent papier, surtout en Chine ; ce papier, « India papem des ^1
anglais, est l'objet d'une exportation considérable, il est très <
utile pour faire les reports en lithographie. On s'est mis à lj
fabriquer un papier de bambou au Tonkin (Hanoï). Les jeu- s
nés pousses sont tendres et consommées en guise d'asperges ou même de raves, car les indigènes du Laos, par exemple, les coupent entranches minces et les accommodent ensuite d'une façon très particulière. On consomme les jeunes pousses surtout en Chine et au Japon.
En Europe, on utilise le bambou importé pour toutes sortes d'usages bien connus : cannes à promenade, cannes à parapluie et à pêche, échelles, mâts pour bateaux de plaisance, étagères, porte-parapluies, sièges, fauteuils, paravents, cadres, socles, séchoirs, vases à fleurs, sans oublier les lances des dragons, les perches des allumeurs de gaz, etc.
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en Chine et au Japon, ce bois possède une odeur spéciale qui le fait rechercher en parfumerie.
Bois d'Aloés, bois d'Agalloche, bois d'Aigle, bois de Calambag.
Tous ces derniers bois se ressemblent beaucoup. Il ne faudrait pas croire qu^ils proviennent des plantes appelées Aloès (Liliacées) qui donnent Taloès purgatif. Ils tirent leur origine de divers arbres et doivent leur nom à leur saveur amèrQ et plus encore à ce fait que les Hébreux nommaient ces bois ahaloij d'où est venu sans doute le nom d'aloès qu'on leur applique par suite d'une traduction inexacte.
Il en est qui proviennent d'arbres du genre Agalloche (du grec Agallochon) (Euphorbiacées) comme VExcœcaria Agallocha L. ou arbre aveuglant, ainsi appelé parce que, dit-on, des matelots ayant frappé de leur hache un de ces arbres, dans rinde, il en jaillit un suc qui, ayant atteint leurs yeux, les rendit aveugles. Il est assez commun dans Tarchipel des Moluques, les lies Philippines, Ceylan, Timor, Java, Sumatra, Bornéo, et, dans le Malabar, autour de Cochin et de Paloerti. Ce bois a une couleur ferrugineuse, il est dur, et fragile comme du verre, très amer, résineux et il s'enflamme avec la plus grande facilité, répandant en brûlant une odeur très agréable.
UAquilaria Agallocha Roxb., et PA. malaccencis Lam., (Thyméléacées) de Malacca et Sumatra, donnent un bois d'aloès appelé aussi bois d'aigle.
Le bois d'aloès est souvent désigné sous le nom de bois de calambac ou calambar, calambour, calambouc. Ces bois sont originaires de llnde, de Malacca, de la Chine, de la Cochinchine {Aloexylon agallochum Lour.), du Japon, du Mexique, etc. Ils sont assez rares en Europe et mal définis, car il en est qui tirent leur origine d'autres arbres que ceux cités ci-dessus. Le bois d'aloès présente souvent une disposition jaspée de teintes, qui lui a valu le nom de bois d'aigle que lui donnent particulièrement les Portugais ; cette disposition rappelle, en effet, le plumage de l'aigle. Il y a des variétés de ces bois qui sont odorantes à froid et d'autres, sans odeur, mais tous produisent en brûlant une odeur aromatique agréable (1).
(1) Ces bois aromatiques étaient employés par les Juifs, et la plupart des peuples de TOrient, pour les fu mi galions et les embaumements funéraires. On
BOIS EXOTIQUKS D'rMPr)BTATION 969
On fait^avec ces bois, de très curieuse apparence, des objets de tabletterie : boites, étuis, écritoires; chapelets et divers ustensiles de dévotion très recherchés des dames mexicaines, espagnoles et portugaises. Le principal usage de ce bois en Orient consiste à le brûler dans des cassolettes pour parfumer les appartements.
C'est Taloès du Mexique qui porte spécialement le nom de />. de Calambac^ c'est celui qu'on reçoit le plus en France. Les autres variétés d'aloès sont généralement en petits morceaux de 15 à 20 cm. que Ton emploie surtout en parfumerie.
Bois D'AMB0iNE(voir p. 939).
Bois d'Angico, />. (TAngik, b. (fAngika (ou Aylante?). — Ce bois est fourni par plusieurs acacias du Brésil tels que YA, AngicoM^vi.y \e Pithecollobiiim giimmiferumMsiVi.j et le Pithecollobium Avareniofenio. C'est un bois très dense^ très dur, à aubier jaunâtre et cœur rouge, l'un et l'autre traversés par des veines brunè-tres ; on voit sur la coupe transversale des zones alternativement claires et foncées très distinctes . On le substitue parfois à l'Acajou, auquel il ressemble. 11 est satiné et se polit à merveille.
Ce qu'on en a reçu en France et en Angleterre est venu du Brésil et de Chine, en madriers de 1 à 2 m. de long, sur 15 à 20 cm. d'équarrissage.
Bois d'Anis, de Badiane oudAniselte, — On comprend sous ces noms des bois ayant une odeur analogue à celle des fruits d'anis. Ils appartiennent à diflférents végétaux : des Lauracées comme le Persea gratissima Gaertn. ou Avocatier de TAmcrique du Sud, planté à Bourbon et dans les Antilles ; XOctea pichurim H. B., qui vient en Amérique; des Magnoliacées
lira avec intérêt, à ce sujet. Tétude de M. le D' Saint-Lager intitulée : k La perfidie des homonymes, Aloès purgatif et bois d'aloès aromatique n. Annales de la Société linnéenne de Lyon^ 1902, p. 83. Ce savant relève Terreur commise par M. P. Vignon qui, trompé par l'homonymie des termes, confond, dans son ouvrage sur « le linceul du Christ, Paris, 1902 », l'aloès purgulif avec les bois aromatiques dits « bois d'aloès ». Celte erreur enlève toute signification aux expériences faites par M. Vignon, en se servant de raclion des vapeurs ammoniacales sur l'aloèline de l'aloès officinal, dans le but de démontrer que la fameuse empreinte devait résulter de Teffet produit par le carbonate d'ammoniaque de l'urée de la sueur, sur l'aloès en question. Le corps du Christ avait été enseveli avec des aromates, comme cela se pratiquait chez les Juifs ; mais il s'agissait de bois odorants et non de l'aloès ofricinal.
comme le Badanier ou Anis étoile, Illicium anisatum de la Chine, aussi fort répandu en Indo-Chine (Annam) où on l'exploite seulement pour Tessence que produit le fruit et pour le fruit lui-môme.
Le bois est d*une couleur brunâtre, il est dur, cassant, il est propre à la tabletterie et à la marqueterie. On l'exploite en bûches assez volumineuses, privées de leur écorce. Le bois du Badanier est vendu à part pour être employé en parfumerie et en pharmacie, ce bois participe des propriétés du fruit de cet arbre. Il arrive en morceaux longs de 15 cm. environ. Il est rugueux, grisâtre et répand une odeur d'anis très accentuée.
Le bois d'anis, rapporté inexactement au Sassafras, Lanrus Sassafras j arbre de la fam. des Lauracées, est quelquefois désigné sous le nom de bois de Sassafras.
Bois d'Amarante. — On trouve dans le commerce, sous ce nom, deux bois très différents que l'on peut désigner, d'après leur couleur, l'un bois d'amarante violet^ l'autre bois d'aman rante rouge.
a) B. d'amarante vwlet. C'est le Purple-ivood du commerce anglais. Ce bois est compact, pesant, à grain très serré, présentant sur une section transversale un pointillé très fin disposé par lignes ondulées et rapprochées. Nouvellement coupé sa couleur est gris foncé, il acquiert vite à l'air une teinte violette uniforme, il se polit bien et apparaît alors brun rougeâtre. Il a été quelquefois confondu, à tort, avec le bois violet ^ plus rare et plus beau. La couleur uniforme du bois d'amarante violet, et les veines tranchées du bois violet, suffisent à les distinguer.
Le bois d'amarante violet est arrivé de Cayenne et du Brésil en bûches, en poutres ou en madriers d'un volume considérable. Il est produit par les Copaïfera publiflora et bracteata Benth. (Césalpinacées). Il est employé en ébénisterie.
b) B. d'amarante rouge. Ce bois, très beau, est fort rare dans le commerce et parait venir du Brésil. Il est très lourd et compact ; susceptible d'un beau poli. L'origine botanique de ce bois est incertaine (Guibourt).
Bois d'Aspalath, de Cygne ou de Chypre, — Ces bois sont généralement rapportés à Y Aspalathus eè(?/u^^(Légumineuses- Papilionacces Génistées) et à quelques autres plantes.
BOIS EXOTIQUES d'iMPORTATION 97 1
Ce sont des bois lourds, de couleur foncée, avoines longitudinales accentuées ; ils sont peu résineux, ayant une odeur très faible; ils s'enflamment facilement et répandent, quand ils brûlent, une odeur de bois pourri ; ils sont sans saveur. Ces caractères d'odeur et de saveur les distinguent des ])ois d*aloès et d'agalloche, auxquels ils ressemblent d'autre part, lisservent d'ailleurs aux mêmes usages.
On reçoit ces bois des Indes occidentales, c'est-à-dire d'Haïti, de la Jamaïque et des autres Antilles. Ils arrivent en bûchettes d'environ 25 cm. de long. On les préfère, pour certains usages de tabletterie, à des bois plus odorants.
Bois DE Brésil ou de Fernambouc ou Brésiltet deFernambouc* — Il tire son nom du pays d'où nous le recevons (1) et appartient au Cesalpinia echinata Lam., (Léguniineuses-Césal[)inacées) qui croit en abondance au Brésil et h la Jamaïque. Ce bois est recouvert d'un aubier très blanc qu'on enlève avant de Tenvoyer, ce qui en diminue très considérablement la taille. Il est dur, compact, d'une couleur rouge paie qui devient jaunâtre à l'intérieur, elle passe au brun rouge à l'air. 11 est inodore et à peu près insipide. Il colore à peine l'eau froide, mais donne un décocté rougeàtre peu foncé et une teinture alcoolique rouge jaunâtre bien plus foncée que la liqueur obtenue seulement avec l'eau. On l'emploie pour la teinture avec d'autres espèces de Césalpiniacéos donnant de moins bons produits : bois de Sainte-Marthe ^ de Nicaragua, de Lima, de Sappan, etc., (voir plus loin : Bois de teinture). On emploie le bois de Brésil, non seulement pour la teinture, mais aussi pour la lutherie et la marqueterie.
Il nous arrive en bûches rondes ou aplaties ou en éclats de toutes grosseurs, depuis 2 jusqu'à 30 kilos, qu'on utilise surtout pour la teinture.
Bois DE Cajiagoon. — Ce bois, dont nous avons parlé, p. 947, nous est expédié, depuis peu de temps de Manille, en billes ayant 5 à 7 mètres de long sur 50 à 75 cm. Il est brun, dessiné de veines très larges, tantôt noires, tantôt d'une teinte
(1) Le nom de Brasil ou Brésit était donné en Europe au moycn-àge à un bois de teinture provenant des Indes par voie d'Egypte. Lors(|ue Cabrai découvrit, en 1500, la côte orientale de l'Amérique du sud, lui et ses compagnons furent frappés de l'importance des bois rouges produits par le pays. C'est pour cette raison qu'il lui donnèrent le nom de firésil.
plus pâle. Il parait très recherché en Chme où on en fait des meubles de prix.
Bois de Courbaril. — Ce bois provient en partie de VHi/nwnœa Courbaril L. (Légumineuses-Césalpiniacées) ; c'est un arbre très élevé qui croit au Brésil, au Mexique et dans les Antilles. Le bois est rouge, très dur, pesant, présentant sur sa coupe longitudinale des sillons semblables à des mouchetures faites au burin et dirigés alternativement dans deux sens diflférents. L'aubier a la couleur du bois de chêne et n'est pas employé. Le bois de cœur est de teinte trop uniforme, et les mouchetures dont nous avons parlé ne L permettent pas un poli suffisant pour que ce bois soit jamais
I employé à la confection des meubles de prix, néanmoins il est
S utilisé, surtout dans le pays d'origine, en ébénisterie pour faire
P,^ des ustensiles et des engins mécaniques d'une grande solidité
\ et d'une grande résistance.
Le bois précieux, appelé dans le commerce bols de Courbaril^ n'est point le précédent; il provient de VAslronium fraxinifolium (Anacardiacées). C'est un des plus beaux que l'on puisse employer pour Tébénisterie. On le confond souvent en France avec le bois de courbaril proprement dit dont il porte le nom dans le commerce.
Il vient de Rio-de- Janeiro en bûches, planches, billes et gros madriers carrés. Il est très dur, très compact, susceptible d'un beau poli. Sa couleur varie du rouge feu au rouge foncé, avec de larges veines noires d'un très très bel effet.
Ce bois est encore, désigné sous le nom de /?. de Gonzalo- Alvès ; en Angleterre, on l'appelle bois de zèbre, et dans plusieurs contrées de l'Amérique, gateado^ ce qui signifie bois de \ chat^ nom que lui vaut sa rayure noire rappelant plus ou
f moins celle du chat, du zèbre ou du tigre. Le Brésil en fournit
' plusieurs qualités qui doivent être produites par diverses
\' espèces àWstronium (Guibourt).
; Bois DE CouMARou. — Il est produit par le Coumarouna
odorata Aubl., grand arbre dont le fruit est la fève tonka, si
riche en coumarine (parfum du w foin coupé »). Ce bois est
r d'une dureté comparable à celle du gayac. Il est d'un jaune
f rosé, à grain très fin, présentant, en coupe longitudinale, tantôt
rimage d'une chevelure ondoyante, tantôt l'apparence du
BOIS EXOTIQUES d' IMPORTATION 973
bois de perdrix dont les couleurs seraient adoucies et fondues Tune dans Tautre.
Ce bois pourrait faire de fort jolis meubles, malheureusement il arrive trop souvent troué de part et d'autres de galeries ayant le diamètre du doigt, qui résultent du travail d'insectes sur l'arbre encore vert.
Bois DE Cartan. — Ce bois, fort rare, vient surtout de la Guyane anglaise. Il est très dur et très lourd, d'une belle couleur orangée. On pense que c'est lui que Schomburgk a nommé cartanieh des Indiens macusi et qu'il correspond au pao de raniha des Brésiliens. Il provient du Centrolobium robiishim.
Bois de Cayenne. — On distingue sous ce nom générique des bois provenant d'arbres divers de la Guyane française et poussant, d'ailleurs, aussi dans les Guyanes anglaise et hollandaise. Ils n'ont de commun que leur provenance. Nous étudions plus loin chacun de ces bois et nous nous contentons de les citer ici : ce sont les bois de lettre ou b. de serpent, le b. amarante^ le b. d'augelin, le b. satiné, leb. de boco ou coco ou bois de fer du commerce, le bois de chatousieux, le bois de corne fétide ou b. caca, le b. de panacoco ou bois de fer d'Aublet, le chêne vert, abeille ou Balata lequel est un bois très dur et très lourd nous arrivant en fortes billes équarries; il sert pourlamécanique> les archets de violon, etc. ; le bois de Patawa ou Patoua ; le b. de perdrix ; le b. de rose femelle^ bois léger de couleur jaune donnant une bonne odeur et utilisé surtout pour faire une essence de parfumerie ; le b. Saint-Martin ou Paccouri, peu employé : cannes et tabletterie; le b. de Tatayouba ou Tatajuba.
a. Bois de boco, b. de panacoco^ b. de fer, b. de perdrix. — Ces noms, souvent employés les uns pour les autres dans le commerce, correspondent à deux espèces d'arbres de la Guyane.
1. Bois de panacoco ou bois de fer d'Aublet ou bois de perdrix du commerce de Paris ; Pferdefleischho/z des Allemands. Ce bois provient d'un des plus beaux arbres de la Guyane, le Robinia proitasensis Aubl. (Légumineuses) dont le tronc présente d'énormes côtes longitudinales. Le bois est rougeâlre, très dur et compact ; l'aubier est blanc. Le b. de perdrix du commerce arrive en bûches de 25 centimètres et plus de dia-
mètre, pourvu d'une écorce brune, mince, légère et fibreuse; l'aubier est gris jaunâtre, d'épaisseur variable. Le cœur est * brun, nuancé de rouge et de vert noirâtre. Sur la coupe
transversale polie, on aperçoit un pointillé blanc et d'innombrables lignes concentriques blanches aussi apparentes que les points blancs ; la coupe longitudinale présente d'innombrables petits carrés diversement colorés et des lignes blanches longitudinales dues h des vaisseaux ouverts parle fait du sectionnement. Ce qui a fait donner à ce bois le nom de b. de perdrix, c'est que, lorsqu'on le scie longitudinalement, suivant un plan faisant un angle très aigu avec Taxe, il forme des hachures blanchâtres sur un fond brun rougeâtre qui imitent Taile de la perdrix. On s'en sert en tabletterie et pour confectionner des archets pour violons.
2. Bois de hoco, h. de coco ou bois de fer du commerce. Ce bois provient du Bocoa />roî/a.çe/?52cçAubl. (Légumineuses) qui est un arbre de forte taille habitant la Guyane. Il ressemble au bois précédent, mais en dilTère par la limite beaucoup plus nette existant entre le bois et Taubier, par l'aspect tremblé des lignes blanches concentriques et surtout par l'absence des
• dessins rappelant le plumage de la perdrix ou du moins par
f* leur atténuation plus ou moins grande. On en fait des
manches de parapluie, des arcs ou des archets de violon, etc.
b. Bois d*Angelin de la Guyane ou b. de vouacapoxi ; wa-
kapu; acapu; b. de perdrix. — Ce bois provient de plusieurs
Andira (Légumineuses-Papilionacées Dalbergiées) de la
4 Guyane, notamment YA^Atibletii Benth., {Vouacapoua ameri-
^.- cana Aubl.), et V Andira racemosaLam.
^ L'Andira est un bel arbre de 20 mètres d'élévation, dont le
bois de cœur est brun foncé, pointillé de blanc sur la coupe transversale, strié de blanc sur la coupe longitudinale, ce qui lui donne un faux air de bois de palmier (c'est ce qui vaut à un autre Andira des Antilles, le^. inermis^ le nom de bois palmiste) ;surla coupe tangentielle ces stries sont rapprochées en dessins qui rappellent la forme des épis de blé, d'où le nom d'Epi de blé qu'on donne souvent à ce bois dans le commerce de Paris. Enfin, en coupe longitudinale, suivant un plan incliné par rapport à l'axe, on retrouve les marbrures hachées du bois de perdrix, dont nous avons parlé (voir bois de boco
ÈOtS EX(»TIQUES D*IMPORTATION 978
et de panacoco) et qui le font appeler quelquefois aussi bois de perdrix ou partridge-tcood.
On trouve encore dans le commerce à Paris des bois de la nature des bois de perdrix proprement dits et des Vouacapoua, sous le nom de b. de Saint-Martin, Pacconn, h. de Saint- François. Ils présentent les mêmes dispositions de couleurs et les mêmes imitations d'ailes d'oiseau.
c. Bois de Patawa ou Pataoua. — Il provient d'un grand palmier de la Guyane. Ses fibres sont longues, peu denses dans la masse, mais veinées de parties dures et compactes. La teinte générale est brune, il se détache sur ce fond des parties d'un noir foncé.
Ce bois arrive de Cayenne en planches ayant 1 m. 30 de long, 3 ou 4 centimètres d'épaisseur et 12 ou 15 centimètres de largeur.
On en fait des manches de parapluies et quelques menus meubles.
d. Bois de Perdrix (voir plus haut bois de panacoco, b. de boco, b. d'Angelin de la Guyane).
e. Bois satiné. — Les bois de la Guyane désignés sous ce nom sont produits par le Ferolia Guy anensis Auhl. [Piratinera) et aussi par le Prumis doînestica. Le bois satiné de rinde provient du Chloroxylon Swietenia (v. p. 962).
f. Bois de Tatayouba ou Tatajuba. — Ce bois provient d'un arbre de la Guyane, le Pekea tuberculosa (fam. des Rhizobalacées). C'est un bois dur, compact, de couleur roussâtre, qu'on utilise en ébénislerie. On le reçoit de Maragnan et de Pernambouc en morceaux de forme et de dimensions variables.
g. Bois de Chatousieiix. — Ce bois, qui provient du Pterocarpus suberosus DC, nous arrive de la Guyane. H possède un aubier blanc, mou, à texture grossière. Le cœur est jaune dessiné de rouge et de violet, poreux, léger, très sujet à s'altérer.
On Tutilise seulement pour la confection de quelques objets de tabletterie.
h. Bois de corne fétide, B. puant, B. caca, — Ce bois provient de Cayenne. Il possède à Tétat frais une odeur fétide qu'il perd presque complètement au bout d'un certain temps.
Il se polit bien et n'est pas sujet à se fendre. Il est parfois M blanc, d'autres fois rougeâtre et veiné de jaune. On l'utilise
en cbénisterie, marqueterie, tabletterie. Les Indiens en font des vases qui sont très résistants et très durables.
Au point de vue de Torigine botanique, les bois dits «bois caca » sont produits par les Cojnosvia^ les Capparis ferruginea et Breyma\ un Sterculia ; \ Acacia Farnesiana^ à Bourï' bon et dans Tlnde.
P i. Bois de lettres. — Ce bois, qui nous vient de la Guyane,
est produit par deux arbres différents : le Brosimum Guya- . nensis, plus connu sous le nom de Piratinera Guyanensis ^ Aubl. et le Machaerium Schombourgkiiheni\ï.
Le Piratinera Guyanensis (Urticacées-Artocarpées) est un
arbre de 16-18 mètres de hauteur et qui peut atteindre 1 mètre
de diamètre. Son aubier est blanc, compact; il entoure un
cœur de 10 à 15 centimètres de diamètre, très dur, à grain
fin, rouge foncé, marqué de taches noires qui imitent, en
coupe longitudinale, Técriture chinoise.
' C'est pour rappeler ce fait qu'on lui a donné les noms de
bois de lettres de Chine ou simplement bois de lettres^ bois de
lettre moucheté^ letter wood^ Letternholz ; on Tappelle encore
r bois d^amourette moucheté et aussi bois de muscade à cause
î de la ressemblance de ses dessins avec ceux de la noix de
muscade ; on lui donne encore le nom de bois de serpent ou
de b. de couleuvre, toujours à cause de son ornementation.
De nombreuses cellules de ce bois épaississent beaucoup leur paroi et deviennent comme pierreuses, les rayons médullaires sont remplis de cristaux, tous ces faits font de ce bois * un des plus durs et des plus lourds. C'est un bois d'ébéniste-
' rie de grande valeur.
Il est dépourvu d'odeur.
Le Machaerium Schombourgkii Benth. (Légumineuses-Papilionacées Dalbcrgiées) croit à la Guyane et fournit aussi un bois de lettre marbré ou Tiger wood.
Ces bois arrivent de Cayenne en petites billes ne possédant i ni écorce, ni aubier et ayant 150 à 120 centimètres de Ion-
f gucur sur 7 à lo centimètres de diamètre.
Ils servent à la fabrication des cannes de promenade et des arcs i\ tirer les flèches, car ils sont très élastiques.
BOIS EXOTIQUES d'importation 977
Bois de Santal rouge, B. de corail dur du commerce. — Ce bois est produit par le Pterocarpus indiens^ il arrive principalement de Calcutta (1), en bûches de 6 à 27 centimètres de diamètre et on le trouve encore dans le commerce sous forme de copeaux colorés en rouge ou en brun foncé. On aperçoit facilement, sur la coupe transversale de ce bois, les vaisseaux se présentant sous forme de pores ainsi que des bandes plus claires irrégulièrement concentriques, anastomosées, qui sont produites par du parenchyme ligneux ; les couches annuelles sont peu distinctes. La matière colorante de ce bois est la Santalin€j insoluble dans Teau, soluble dans ralcool ; elle est rouge, cristallisable. A côté de ce principe en existe un autre qu'on a appelé Santal et qui est incolore, cristallisable, peu soluble dans l'eau et dans l'alcool, soluble dans les alcalis.
Le bois de Santal n'est plus employé aujourd'hui en teinture, mais il est encore fort estimé en ébénisterie.
Il ne faut pas confondre ce Santal rouge avec le Santal blanc ou Santal citrin, qui provient d'une Santalacée.
Le nom de bois de corail dur, donné dans le commerce à ce bois, s'applique aussi au Cam-wood du Baphia nitida Lodd. (Légumineuses-Césalpiniacées).
Bois de Caliatour. — C'est le Pterocarpus Santalinus Lin. f. qui donne ce bois et non le vrai Santal rouge comme semblerait l'indiquer le nom spécifique qui lui a été attribué par suite d'une confusion.
Il vient de la côte de Coromandel. Il est d'un rouge très foncé, plus lourd que l'eau, très dur, très compact et susceptible d'un beau poli.
Il ne présente pas comme le Santal rouge un mélange d'exsudations résineuses et de fibres grossières ; sa texture est purement ligueuse et très serrée. Il présente, sur la coupe longitudinale, de petites lignes creuses ressemblant à des mouchetures faites au burin, elles sont dues à des vaisseaux ouverts. Sur la coupe transversale, on remarque un pointillé
(I) Le Pterocarpus indicus Wild. existe en Indo-Chinc, ainsi que VEpicharis Bailloni Pierre (Méliacée)qui habile le Cambodge et produit un Santal rouge ; malheureusement les essences à bois de Santal de nos possessions d'Extrômo-Ol'ient sont devenues rares, par suite de l'exploitation abusive qu'en ont faite les indigènes.
^.•«^VV^^P^r
978 CHAPITRE IX. — ÉTUDE SPÉCIALE DEg BOÎS UTILES
blanchâtre dû à la §ection deH mêmes vaisseaux, dispersés au milieu des lignes concentriques ondulées et très serrées.
Il exhale, lorsqu'on le râpe, une odeur de rose très mar^ quée et très persistante, ce qui permet de le distinguer du Cam-wood, enfin il ne teint pas sensiblement Teau froide (1).
Santal rouqe d'Afrique. — C'est le 5flr-u;oorf des Anglais. Il provient du Pterocarpus Angolensis DC. de la côte occidentale d'Afrique : Angola et Gabon*
Il arrive en petites bûches plates ayant 120 à 150 centimètres de long sur 3o à 30 centimètres de large et6 à 9 centimètres d'épaisseur, ou quelquefois en belles billes rondes dépouillées de leur écorce et de leur aubier. Les premières servent à produire une teinture rouge, les secondes sont utilisées en ébénisterie et tabletterie.
Ce bois diffère du Santal rouge de Tlnde parce qu'il est moins dense, de structure encore plus grossière et d'une couleur rouge plus vive et plus belle.
Santal rouge tendre ou B. de cor\il tendre du commerce. — Ce bois, appelé encore Santal des Antilles^ est substitué parfois au S. rouge. Il vient des Antilles (lies sous le Vent, etc.) ; il est assez facile à distinguer par sa couleur plus claire ; il est léger et fibreux ; il est aussi moins riche en matière colorante que le S. rouge. Il provient probablement du Pierocarptis Draco L. ou du Pteroçarpiis gummifer Bert. qui appartiennent aux lies Antilles.
Il faut noter que le nom de bois de co7ml^ aussi donné à VErythrina corallodendron (Légumineuses Papilionacées Phaséolées) a été attribué à cette plante, non à cause de son bois, lequel est blanc, mais pour ses semences, sortes de haricots d'un beau rouge.
Bois de Cam ou corail dur. — Le Cam-wood provient du Haphianitida Lodd, (Légumineuses-Césalpiniacées). L'arbre qui le produit croit en Afrique à Sierra-Leone. Blanc d'abord, il devient rouge à Tair.
Devenu rouge il ressemble beaucoup au Caliatour avec lequel on peut facilement le confondre. Il est d'une struc-
(i) Il existe un bois de Madagascar, qui ressemble beaucoup au Caliatour, mais proscrite une moins grande compacité. Il provient sans doute du môme PlerocarpuSf légèrement modifié par Thabitat.
BOIS EXOTIQUES D IMPORTATION
ture encore plus fine que ce dernier bois ; sa coupe transversale ne présente pas les points blancs, dus aux ouvertures des vaisseaux, que Ton remarque chez le caliatour, mais seulement d'innombrables lignes concentriques. Il fournit avec l'eau froide une teinture d'un rouge assez vif, tandis que le caliatour ne la colore pas ; il a une odeur rappelant celle de la violette ou du palissandre.
Ce bois arrive en bûches courtes, en morceaux^ racines et écailles.
Bois DE Santal blanc et Santal citrin! — Ces bois proviennent du Santal blanc, Santalum album Roxburgh (2j,
Fig. 477. — Santal blanc {Santalum album) ; fl., fleur; fr, fruit.
famille des Santalacées. C'est un petit arbre de 8 à 12 mètres de hauteur, à feuilles lancéolées entières, à fleurs petites, jaunâtres d'abord, puis d'un rouge pourpre; les fruits sont des drupes de la grosseur d'une cerise, noirs à maturité. Le Santal se reproduit de graines, il affecte particulièrement la limite des champs cultivés, il ne pousse pas dans les forêts
(1) Roxburgh, Flora indica, Vol. I, 442.
(2) Voir : Le bois de Santal en Indo-Chine, Bulletin économique de VlndO'Chine, no 37, 1" juillet 1901, p. 579.
très denses, mais il a besoin d'abri quand il est jeune. Cet arbre est répandu dans llnde, la Malaisie, la Chine, le Siam, riudo-Chîne (2). Il faut noter qu'une partie des bois de Santal est fournie par d'autres espèces que le Santalum album^ notamment par des arbres de la famille des Méliacées, genre Epicharis : E, Loureiri Pierre. Les deux existent en Indo- Ciiine (Cochinchine, Cambodge), le Santal blanc (?) serait môme représenté au Tonkin, province de Quang-Yen. Tous ces arbres sont devenus rares en Indo-Chine par suite de l'exploitation abusive qui en a été faite par les Chinois ou les indigènes, avant notre occupation.
Des essais de plantation du Santal blanc ont été faits dans rinde, ils ont donné de bons résultats. On exporte aujourd'hui le Santal de Macassar, de Timor, de la Nouvelle-Guinée anglaise et surtout des Indes; c'est ainsi que Bombay exporte la presque totalité du Santal utilisé en Europe. Cette exportation va toujours croissant. La Chine importe la plus grande partie, la France arrive au second rang avec environ 230.000 kilos en 1899, la Grande-Bretagne vient au dernier rang.
Le Santal le plus anciennement connu est celui des Indes, les Arabes en ont parlé les premiers sous le nom de Sandal dérivé de l'hindou Chandana, Il constitue la grande majorité du bois de Santal du commerce. On distingue le Santal blanc et le Santal jaune du commerce, ce dernier portant aussi le nom de Santal citrin. Ils se différencient par leur coloration. Il est probable que le premier provient de jeunes sujets et de l'aubier de sujets plus âgés, tandis que le second correspond au cœur de l'arbre.
Le bois de Santal est dur, jaunâtre, incorruptible, il possède une odeur très agréable due à une huile essentielle qui s'y trouve dans la proportion de 1,5 à 5 p. 100 ; le Santal de Mysore est, de beaucoup, le plus riche. Cette essence parait être plus abondante dans le bois des grosses racines dont elle rend le toucher un peu gras. L'odeur du bois de Santal rappelle à la fois celle du musc et de la rose ; sa saveur est amère.
Les couches d'accroissement du bois sont concentriques, mais irrégulières et ondulées, le centre répond très rarement au (îcntre de la bûche. Ce bois est médiocrement dur et compact, il est plus léger que l'eau.
BOIS EXOTIQUES d'iMPORTATION 981
Le Santal citrin se présente sous forme de bûches ordinairement privées d aubier, ayant un mètre de long sur 6 à 16 centimètres de diamètre.
Le Santal blanc du commerce a une couleur plus pâle, une odeur plus faible et un grain moins fin que la sorte précédente. Il arrive souvent aussi en bûches séparées.
Le bois de Santal est utilisé en parfumerie, en ébénisterie et dans la thérapeutique médicale.
La distillation de ce bois pour en obtenir le parfum, se fait souvent en Europe, mais aussi aux Indes mêmes ; le Santal de Mysore est, avons-nous dit, le plus riche en essence. L'essence obtenue du bois de Santal est souvent employée pour parfumer les savons, etc.
Dans les pays de production, aux Indes, en Chine, ce bois est fréquemment brûlé dans les temples, au cours des cérémonies religieuses, en guise d'encens. Les riches Hindous font quelquefois brûler leurs morts sur un bûcher de Santal. Ce bois dégage une odeur exquise en se consumant.
On fait, avec le bois de Santal qui est inattaquable par les insectes, de petits meubles, des objets précieux et les fameux coffrets de bois de Santal.
Les Sanlaux^ utilisés en thérapeutique, sont fournis par diverses Santalacées et Méliacées, mais surtout par le Santal des Indes orientales, Santalum album. Le bois de Santal entre sous forme de copeaux dans les quatre bois sudorifiques (Santal, Sassafras, Squine et Gayac); Tessence est employée comme antiblennhorragique (0 gr. 20 à 0 gr. 30 en capsules).
Sous le nom de bois de Santal^ on désigne, outre les végétaux que nous venons d'étudier, des plantes variées utilisées surtout en ébénisterie. Ce sont, parmi les Santalacées : les Fiisanus cygnorum et F, persicarium, plantes d'Australie ; YOsyris tenuifolia^ rencontré au pied du Kilimandjaro, etc. Le Santal du Venezuela est probablement VAmyris bahamifera (Rubiacées).
Enfin nous avons vu que le Santal rouge (voir p. 976) des Indes est produit par des Pterocarpus (Légumineuses) : P/erocarpus Indicus et Santalinus.
Bois DE Sassafras (Voir bois d'anis, p. 969).
Bois DE FER. — On désigne sous ce nom des bois provenant
d'arbres très différents, mais ayant en commun les caractères suivants : ce sont des bois très durs, très pesants^ à grain fin et serré, leur couleur est foncée, brune ou rougeàtre ou jaunâtre mêlé de vert.
Ces bois sont très employés par les indigènes dans les pays de production, où ils en fabriquent surtout des armes et des outils; mais les qualités qui les font rechercher dans les pays d'origine rendent précisément leur emploi difficile en Europe. Leur prix est d'ailleurs élevé, et malgré le beau poli qu'ils peuvent acquérir et les nuances agréables qu'ils possèdent, on leur préfère d'autres bois plus faciles à travailler et dont le prix de main d'oeuvre se trouve par suite moins élevé.
Nous avons donné des détails autre part sur le bois de fer de la Guyane produit par le Robinia Panacoco Aubl. (V. p. 973).
On a tenté d utiliser en grand un autre bois de fer, le Greenhart wood^ provenant de la Guyane anglaise principalement^ qui arrive sur les marchés de Londres et de Liverpool en pièces équarries de 0 m. 50 de côté et de 10 à 12 mètres de long. Il est produit probablement par un Nectandra (fam. des Lauracées).
On a fait en Angleterre des portes d'écluses presque entièrement constituées de ce bois. Il est très résistant et passait pour inattaquable par les tarets et autres animaux xylophages marins; cependant il s'est laissé attaquer à Boulogne où on l'avait employé au même usage. Son prix est d'ailleurs fort élevé, soit environ 400 francs le mètre cube rendu dans nos ports.
Voici une liste d'un certain nombre de bois de fer sur lesquels nous ne pouvons entrer dans d'autres détails.
Guyane : Robinia Panacoco Aubl. ; Sideroxylon inermis ; Nectandra donnant le Greenhart wood.
Antilles : Rhamnus ellipticus ; Coltibrina reclinata Ad. Br. ; Colubrina ferruginosaXd. Br. ; Agiphila Martinicensis.
Réunion et Maurice: Sideroxylon cinereumhdim .
Guadeloupe : Sideroxylon tenax L.
Ceylan : Mesnea ferrea L.
Archipel Malais : un Metrosideros ; le Fagara Pterola Lin. qui est le bois de fer de la Jamaïque ; le Coccoloba gridiflora; le Cossignia pinnata (bois de fer de Juda) ; le Sladmannia
BOIS EXOTIQUES D^MPORTATION 983
oppositifolia ; le bois de fer de Bornéo : Ensideroxylon Zwageri.
Brésil : Apuleia ferreaJAeiVi. ; le Cesalpinia ferrea Mart., tous deux appelés encore : Pao ferro ou faux bois de fer du Brésil.
Indo-Chine : Le liem et le trac (Dalbergiées) dont nous parlerons plus loin.
Bois DE Balata, bois de natte. — Ils proviennent d'arbres de la famille des Sapotacées : Mimusops balata, etc.
Ces bois sont très durs, très compacts, à grain très fin, d'une couleur pougeàtre et susceptibles d'un poli parfait. En coupe transversale ils présentent un grand nombre de lignes blanchâtres concentriques, très fines et serrées et des points blanchâtres dus aux orifices des vaisseaux rapprochés en petites lignes radiales par 3-4.
Ils arrivent de la Guyane en fortes billes équarries, et sont utilisés en mécanique et pour les arcs et archets de violon.
Bois DE Cédra ou ACAJOU FEMELLE, ctc. (voir acajou, p. 936).
Bois dIris. — Ce bois est d'origine australienne. Il est d*un brun violet et non veiné ; il a comme caractère particulier de posséder une odeur de violette accentuée. Il nous arrive en billes assez régulières, pourvues de leur écorce et de leur aubier. On en fait de la tabletterie, des pipes et des éventails.
Bois VIOLET, BOIS DE VIOLETTE. — Il appartient à des arbres du genre Dalbergia (Légumineuses- Papilionacées) qui compte, d'autre part, les arbres donnant le palissandre (dont certaines variétés portent également ce nom) et le bois de rose des ébénistes.
Ce bois est le King-wood (bois royal) des Anglais. Il est importé le plus souvent du Brésil par Babia et Céara. Son nom lui vient de sa couleur d'un violet clair pour le fond et avec des veines violet foncé. C'est un très beau bois d'ébénisterie. Il est dur, compact, pesant; malheureusement il est trop souvent carié dans son intérieur.
Il arrive en petites bûches, privées de leur écorce et de leur aubier. On ne l'emploie guère que pour la <îonfection des meubles de luxe et pour la marqueterie.
Il existe une variété de bois violet de Madagascar.
On désigne encore sous le nom de bois de violette, le bois
de V Acacia homalophylla A. Gunn. (Légumineuses-Mimosées), arbre qui habite les régions désertiques de l'Australie méridionale ; le bois en est d'un brun sombre, compact, odorant; il est recherché pour les travaux de tour les plus délicats. L'ccorce de Tarbre produit de la gomme.
Bois DE DiABABUL. — Babul est le nom que porte dans Tlnde Y Acacia arabica. Le bois en question provient en effet de cet arbre, qui fournit d'autre part la précieuse gomme arabique. Ce bois rouge clair et demi transparent, quand il vient d'être coupe, devient vite brun rougeàtre foncé à Tair et sa coloration rappelle celle du palissandre. Il est très dur et susceptible d'un beau poli et est très riche en matière colorante. Il peut être employé en teinture et en ébénisterie.
Il arrive en troncs dépouillés de leur aubier, de 13 à 14 centimètres de diamètre, ou en madriers volumineux.