BOIS D EUROPE
Tannée 1878 où le gouvernement austro -hongrois prit en mains Tadministrationdecepays qui était jusque-là sous la domination des Turcs, il existait bien, avant cette époque, une loi forestière turque, mais elle ne parvint même pas à la connaissance de la population; elle n'avait d'ailleurs pas la force suffisante pour s*opposer aux anciens usages de libre exploitation, qui conduisait au déboisement. Le gouvernement austro-hongrois promulgua une loi forestière réglementant rexploilalion et réglant les conditions de la propriété foncière.
Les forêts de la Bosnie-Herzégovine occupent une étendue de plus de 2 millions et demi d'hectares, soit 50 p. 100 de la surface totale du pays ; la Bosnie est beaucoup plus boisée que THerzégovine.
De ce territoire forestier TEtat est propriétaire d'un peu plus de 2 millions d'heclares. 11 existe, dans les forets de l'Etat, 1.446.366 hectares de futaies et 583.449 hectares de taillis.
Les particuliers ne possèdent que un demi-million d'hectares. Il est peu de pays où l'Etat ait ainsi quatre fois plus de forêts que les particuliers ; cet état de chose est éminemment propre à la conservation des forêts. Lorsque des voies de pénétration permettront l'exploitation de tous les massifs, les riches forêts de ce pays donneront un revenu considérable.
Les principales essences des futaies domaniales sont les suivantes :
Hectares Hectares
Sapin 44.783
Epicéa 51.-273
Pin 31.414
Hôtre 579.996
Chêne i 10 858
Sapin et épicéa mélangés 205.873
Sapin et hôtre 113.076
Sapin et pin 5.283
Sapin etchône 1.062
Pinethélre 47.192
tional de Sylviculture, Paris, 1900 (Voir le compte-rendu du Congrès. Imprimerie nationale, 1900) ; M. E. Voelckel, loc. cit. ; D. Zolla, V Agriculture et V exploitation forestière en Bosnie Herzégovine^ travail faisant partie des « Etudes scientifiques de la Revue générale des sciences en Bosnie-Herzégovine ». Revue générale des sciences, p. 492 510.
Pin et chêne
Sapin, chêne et hêtre mé-
langés
Sapin, hôtre et pin
Sapin, épicéa et pin
Epicéa et hêtre
Epicéa et pin
Hôtre et chêne
Sapin, épicéa et hêtre. .
Total \
■ ^ Ml
Les taillis sont constitués comme suit :
Chêne pur 184.630 hectares
Hêtre pur 156.371 —
Chêne et hêtre mélangés . . 56.376 — Diverses essences mélangées 186.072 - —
Total 583.449 hectares
Les forêts des particuliers comprennent :
Futaies 141.403 hectares
Taillis 410.365 —
Total. . . 53 1. 770 hectares
Les espèces les plus répandues sont :
V Résineux : Abies pectinata, Picea excelsa, Pimis sylvcstrisj Pinus laricio, Pinns leucodermis (Antoine), Pinus montana ; 2° Feuillus : Quercus pedonculata.Quercxis sessiliflora^ Quercus cerns^ Fagiis sylvaticay Alnus gbuinosa^ Alnm viridis, Car pinus betuliis, Carpinus duinensisy les Acer pseudoplatanus, A, platanoides, A. campestre eiA, Monspessulaniimy les Fraxinus excelsior et ormes, les Ulmus montana et U. campeshns.
Il faut mentionner spécialement, parmi les résineux, le Picea 07norica, qui, très rare dans nos contrées, est au contraire fréquent en Bosnie, où il se dresse droit et grêle au-dessus des rochers.
Les hêtres et les différents conifères atteignent, dans les forêts où l'homme n'a pas encore exploite, une hauteur et une épaisseur qu'on ne retrouve pas dans les forêls de l'Europe centrale d'aujourd'hui.
L'exploitation des richesses forestières, qui était à peu près impossible au temps de la domination des Turcs faute de voies de communication, est déjà fort active. Pour que le travail pût s'effectuer et se développer, il fallait construire des routes et des chemins de fer dans les principales directions afin de mettre le pays en communication avec ses voisins et surtout avec la mer Adriatique. Le pays est aujourd'hui en relation avec les marchés étrangers par les stations terminus de son réseau de chemins de fer, c'est-à-dire parDoberlin et Bosnich-Brod au nord et Metcovieh au sud. Une nouvelle ligne est en construction, qui conduira à l'excellent port de Raguse sur l'Adriatique.
BOIS d'europe 1101
Il a fallu encore établir des chemins de fer de forêts, des routes de forêts, des funiculaires et des glissoires pour le transport des bois. Il a fallu, en outre, améliorer le cours des torrents et rivières pour le flottage en bûches perdues et en trains.
Les coupes annuelles de résineux sont évaluées à 212.000 mètres cubes ; celles de chênes, h 40.000 mètres cubes et celles de hêtres, à 255.000 mètres cubes.
Les principaux produits qu'on obtient de ces bois sont :
1** Pour les résineux, les bois de construction ou de sciage^ du charbon et du bois de feu ;
2® Pour les chênes, des douves de tonneaux, des bois de construction ou de sciage, des traverses de chemins de fer.
Ce furent d'abord les troncs de chêne qui furent vendus pour la fabrication des douves de tonneaux, car le chêne rouvre de Bosnie se distingue par la finesse de ses couches annuelles, aussi bien que par la manière facile et droite dont son bois se fend. Ces qualités ont valu aux chênes de Bosnie la bonne réputation qu'ils ont acquise sur les marchés français. Les douves se vendent 231 francs les 1.000 pièces ;
3^ Pour les hêtres, des traverses, des planchettes servant à la fabrication des boites, des douves de tonneaux, du bois de feu et de Talcool méthylique.
Les chemins de fer de TEtat de la Bosnie et de THerzégovine, qui emploient exclusivement le hêtre pour la confection des traverses, rendent ce bois plus durable par un procédé de « momification » qui augmente encore sa dureté.
On exploite aussi Técorce du chêne pour la fabrication du tan, et la seule préfecture de Banjaluka en produit annuellement 117.000 quintaux.
Les recettes brutes provenant des forêts de Bosnie-Herzégovine, dépassent 1.400.000 francs (1900).
Presque toute la production est exportée : les douelles, à Cette et à Bordeaux ; les sciages et poutres de sapin, en Hongrie, en Allemagne, en Italie et en Afrique.
Pendant les années 1899 et 1900, en raison de la hausse des bois du Nord, le sapin de Bosnie est venu sur les marchés français faire concurrence aux sapins de Suède et de Russie (Riga), principalement pour les bois de charpente. Dans cette période, il a même fait concurrence, à Paris, au sapin
1102 CHAPITRE XI. — LA PRODtCTION DU BOIS DANS LE MONDE
des Vosges, pour les planches dUes planches lorraines (4 mètres X 0 m. 30/32 X 0 m. 025).
Le port d'exportation pour les sapins de Bosnie est Fiume, sur TAdriatique.
!i69. BuMle. — La Russie possède d'immenses ressources forestières. L'étendue des forêts ne peut être évaluée avec quelque précision que pour la Russie d'Europe, la Finlande et le Caucase ; elles couvrent, dans ces régions, une surface totale de 201.598.000 hectares, dont 7.553.000 pour le Caucase, 20.435.000 pour la Finlande et 173.610.000 pour la Russie d'Europe.
On ne connaît de chiffres concernant la Sibérie que pour quelques régions occidentales.
Pendant longtemps, les forêts ont été négligées en Russie, comme d'ailleurs dans la plupart des autres pays, mais on a créé de nouvelles voies de communication pour faciliter leur exploitation qu'a rendu très active l'application de la vapeur au sciage des bois. L'industrie, qui s'accroît chaque jour, réclame, dans le pays même, une grande quantité de bois; néanmoins, étant données la faible densité actuelle de la population et l'importance des forêts, la Russie peut exporter une quantité énorme de bois d'oeuvre d'une valeur de plus de 130 millions (1897). Nous avons dit ailleurs ce qu'il faut penser de la Russie considérée comme réserve de bois pour le reste du monde (page 1088).
La répartition des forêts est très inégale. On compte 112 hectares de forêts par habitant dans le gouvernement d'Arkhangel ; 26 dans celui de Vologda ; 24 dans celui d'Olonetz; 1 dans la plupart des gouvernements du Centre ; 0,18 en Bessarabie ; 0,09 dans le gouvernement d'Astrakhan ; 0,06 dans celui d'Ekatherinoslaw.
La plus grande partie des forêts appartient à TEtat, soit : 118 millions d'hectares en Russie d'Europe ; 5 1/2 millions dans le Caucase et, approximativement, 135 1/2 millions en Russie d'Asie.
De grands efforts ont été faits, avons-nous dit, pour faciliter et améliorer l'exploitation des forêts. L'industrie du bois a fait également de rapides progrès. Le nombre des scieries a passé de 367 en 1887, à 1.266 en 1897, et le nombre des
ËOIS D*EUR0PE1 1103
ouvriers qu'elles emploient, de 15.000 à 42.000. Il existait, dès 1897, 2.357 usines ou fabriques pour le façonnage du bois et 552 pour la fabrication du papier ; plus de 216 petites fabriques se livrent à la distillation sèche du bois, surtout dans les gouvernements de Volhynie et de Minsk ; d'autres extraient le goudron du bois (Kostroma, Jaroslaw, Nijni-Novgorod). Plus de 87 sociétés par action (non compris celles de la Finlande) exploitent les industries du bois, et leur capital social s'élève à plus de 64 millions de roubles (le rouble valant 3 fr. 67).
La boissellerie, comme la fabricationd'ustensilesde ménage, occupe plus de 24.000 familles, et Ton estime à plus de 100.000 celles qui se livrent à Tindustrie de la vannerie.
En Sibérie, les industries du bois représentent un capital de 300.000 roubles.
Les bois de meilleure qualité viennent des régions les plus septentrionales, où la croissance est lente par suite du climat froid ; la végétation est plus rapide lorsqu'on s'avance au midi, mais le bois y est de moindre qualité.
Les essences dominantes sont : en premier lieu, Tépicéa {Picea excelsa) et le pin {Piniis sylvestris). On rencontre en allant du nord au midi :
Pimis cembro, Ulmus effusa, Alnus ghdinosa, Betula alba très répandu, Popxdus tremtila,Acer platanoides^ Pinus larix, Quercns peduuculata^ Pinus sylvestris, Carpinus belulus, Qiiercus robnr^ Fagtis sylvatica, Tilia Europwa, Acer campesire, Acer tarlaricum, le bel épicéa du Caucase {Picea orientalis), le sapin du Caucase {Abies Nordmanniana).
Les bois les pins exportés sont, suivant les régions :
Sud : Les diverses essences d'Europe ;
Est : Hêtre, orme, érable ; • Ouest : Chêne, hêtre, tilleul ;
Nord-Est : Pin sylvestre ;
Nord : Pin, sapin^ épicéa, mélèze.
Malgré l'immensité des forêts qui recouvrent une partie du sol de la Russie, la population est mal pourvue de bois, car certaines parties de l'empire sont fort éloignées des régions foreslirres et fort mal desservies an point de vue des communications; au sud et au centre, la production ligneuse est
insuffisante. A Moscou, par exemple, le bois, qu'il faut faire venir de loin, coAte aussi cher qu'à Paris.
Cependant le chiffre des exportations en bois s'accroît sans cesse : tandis qu'il y a 100 ans la Russie vendait à l'étranger pour 4 millions de francs de bois, elle exporte aujourd'hui, en produits de toutes sortes, pour 155 millions.
Ces exportations sont dirigées principalement vers la Grande-Bretagne, la Hollande et la France. Les achats de la France s'élèvent à 10.500.000 francs comprenant divers produits forestiers.
C'est Riga qui est, dans le nord, le principal port d'exportation ; viennent ensuite : Saint-Pétersbourg et Cronstadt, puis Arkhangel ; dans la Baltique, il faut mentionner Narva et Liban. Dans la mer Noire, Odessa tient un rôle considérable pour l'exportation des merrains de chêne, et Navorassisk prend tous les jours plus d'importance au point de vue de l'exportation des bois.
Malgré toutes ses richesses forestières, la Russie importe annuellement pour plus de 40.000.000 de francs de produits forestiers : les bois de sciage viennent d'Autriche à Batoum, par Odessa ; le goudron et la poix arrivent d'Allemagne et d'Angleterre ; les résines, les colophanes, les galipots, de l'Amérique du Nord ; la térébenthine et l'essence de térébenthine, de France et d'Allemagne. La cellulose est importée de Belgique et d'Allemagne (l'extraction de la cellulose des fibres ligneuses est en voie de développement en Russie) ; l'Algérie et le Portugal fournissent à peu près complètement le liège utilisé en Russie.
Détail des importations en produits ligneux (1898) (valeur en francs).
Billes cl perches 4 . 489 . 000
Bûches et fagols 4.071 .000
Bois équarris 671.000
Planches et lattes. ... 0.317.000
Goudron 1.391.000
Résine et galipot 6.530 000
Soit un total de 42.717.000.
Tôrébcn thi ne et essence
de térébenthine. .. 7o2.000
Pâle de bois 2.880.000
Cellulose 5.412.000
Bois précieux 1.044.000
Liège 4.747.000
Tan et produits pour
tannage 4.403.000
BOIS d' EUROPE 1105
Détail des exportations en produits ligneux (1898) (valeur en francs).
Goudron de conifères
et de bouleau i. 502. 000
Huile de térébenthine 1 .533.000
Térébenthine 957 .000
Bois de noyer et de
Billes de bois 33.038.000
Perches 4.178.000
Bûches, fagots, fascines 2.444.000
Bois équarris 46.741.000
Poteaux «.762 000
Bois d'œuvTC divers
(merrains, etc.).. 19.317.000
Planches, laites, bardeaux 76 320.000
palmier 581.000
Tan i26.000
969. Finlande. — Nous avons dit (page 1088) quelle était l'importance de la production en bois de ce pays où les forêts recouvrent près de 60 p. 100 de la surface du territoire. L'industrie la plus importante de la Finlande est de beaucoup celle de l'exploitation de ses ressources en bois ; elle est devenue particulièrement active depuis 1860-1870, et a apporté la richesse à la population de ce pays qui, d'autre part, progresse d'une façon très remarquable au point de vue intellectuel et moral.
Le bois exporté représente environ la moitié de la valeur totale des exportations.
En 1895, fonctionnaient 220 scieries à vapeur et 207 à eau, occupant 11.000 ouvriers ; il existait déjà à cette date 45 fabriques de pâte de bois, de cellulose et de papier, avec 4.300 ouvriers.
La Finlande expédie ses bois et ouvrages en bois, principalement en Angleterre, France, Allemagne, Hollande, Belgique et Russie.
!i60. BonnuMile (1). — La Roumanie est un pays très boisé. Les bois et forêts couvrent 2.282.300 hectares, tandis que la surface totale du territoire est de 13.510.974 hectares. L'Etat possède près de la moitié des forêts.
La plus grande partie du bois produit est exportée à l'étranger. En 1901, les importations en bois de construction ont été
(l) Voir la communication de M. Tanassesco, inspecteur des forôts de l'État en Roumanie, dans le Compte-rendu du Com/rès international de Sylviculture de Paris, 1900. Imprimerie nationale, p. i53-l65.
d'une valeur de 34.184 francs, tandis que les exportations des mêmes bois atteignaient 12.064.824 francs.
Les résineux sont expédiés surtout à Constantînople et les bois de chêne arrivent en France à destination du port de Fécamp.
Les forêts sont situées principalement dans les districts montagneux, au-dessous des pâturages des hauts sommets; elles diminuent au fur et à mesure qu'on s'avance vers le Danube où les bois deviennent rare». Mais toutes les forêts qui occupent le versant des Carpathes ne sont pas exploitées, par suite du manque de voies de communication.
Dans les hautes régions des Carpathes, on trouve les essences suivantes, presque exclusivement : le sapin, le mélèze, le pin (le. pin mugho est Tarbre qui s'élève le plus en altitude), le genévrier nain et le bouleau. On rencontre Tif sur les hautes montagnes de la petite Valachie et de la Moldavie occidentale. Les forêts couvrent, dans ces régions, 80 p. 100 de la surface du sol.
Dans les régions moins élevées, sur les collines, c'est le hêtre qui domine et il couvre parfois des étendues considérables ; les essences qu'on trouve le plus fréquemment après le hétre^ aux altitudes moyennes, sont: le chêne rouvre et le Qvercus conferta, le bouleau, le frêne, Térable, le sorbier, le merisier. Plus rarement on rencontre le néflier, le noyer, le noisetier qui est commun au point d'être à craindre, le poirier, le pommier et le châtaignier. Dans la région des collines, les bois et forêts ne couvrent plus que 27 p. 100 du sol. Les essences comme le hêlre, les chênes rouvre et conferta, constituent des forêts ; le charme et le bouleau forment parfois de petits massifs ; les autres sont isolés et disséminés parmi ceux-ci.
Lorsque Ton arrive dans les plaines, on y rencontre encore des bois et forêts, mais ne recouvrant plus que les 18 p. 100 du terrain ; les essences qui les constituent sont : le chêne pédoncule, le chêne yeuse, le chêne tauzin, le Quercus cerris, l'érable champêtre, TE. plane et TE. sycomore, TE. tartare, Forme, le frêne, le charme, le tilleul, le noisetier, lecornouillier, le fusain, l'acacia, le prunellier. Aux bords des cours d'eau, dans les lies du Danube, on trouve des saules d'espèces variées, des peupliers, des aulnes, des trembles, etc.
BOIS d'etjrope 1107
L'Etat s'occupe du reboisement et de raménagement des forêts existantes, qui, jusqu^à ces dernières années, n'étaient pas^ en général, soumises à un aménagement régulier ; l'exploitation se faisant presque entièrement par coupes totales, en laissant quelques réserves, ou par jardinage. Il y a dans ces forêts une grande source de revenus, dont on a très faiblement tiré parti jusqu'à présent, par suite du manque de capitaux.
G^est seulement depuis 1882 que Tindustrie du bois a commencé à prendre quelque importance en Roumanie, et le développement de l'industrie et du commerce du bois dans ce pays a pris un essor considérable pendant ces dernières années.
Il existe de nombreuses scieries sur la Prahova et sur le Pruth. La fabrication des meubles et de la carrosserie a fait de grands progrès.
Les habitants consomment pour leurs usages personnels une grande quantité de bois dans les régions forestières. Le bois est le matériel essentiel pour la construction des maisons, car la pierre fait généralement défaut ; aussi sont-elles souvent entièrement en bois, depuis les fondations jusqu'à la toiture. Les bois les plus employés pour la construction sont : le chêne et le sapin, puis le hêtre, le charme et l'orme.
Le bois remplace presque complètement les métaux, la faïence et le verre ; on utilise pour ces usages les bois tels que le peuplier, le saule, l'aulne, le hêtre et le sapin. On fabrique du charbon dans la forêt aux environs des grandes villes, en employant surtout le bois jeune de chêne, de charme, d'érable ou d'orme. Les habitants font encore, sur le sol de la forêt, de la boissellerie, de la tonnellerie, du sciage et de la vannerie.
Les forêts de la Roumanie renferment beaucoup de beaux arbres surtout parmi les chênes, sapins et hêtres, et le bois en est de fort bonne qualité à cause du climat.
La France reçoit de Roumanie des bois sciés de toutes dimensions, des bois en éclisse, etc. C'est, après TAutriche- Hougrie, les Etats-Unis et la Russie, le pays qui nous expédie la plus grande quantité de merrain de chêne.
2%t, Bulgarie. — La Bulgarie est encore plus boisée que
1108 CHAPITRE XI. — hk PRODUCTION DU BOIS DANS LE MONDE
la Serbie, puisque la surface recouverte par les bois et forêts (et bruyères) est de 3.041.126 hectares, sur une surface totale de 9.570.450 hectares ; malgré cela ce pays importe une assez grande quantité de bois et il existe un excédent d'importation qui tend d*ailleurs à diminuer : tandis qu'il était de plus de 2 millions en 1898, il se réduisait à quelques centaines de mille francs en 1901.
La cause de cette importation réside dans la difficulté d'accès de beaucoup de forêts, alors que le Danube amène les bois d'Autriche à des prix moins élevés.
2%2. IterMc. — La Serbie possède d'importantes forêts, dont les produits constituent une des principales ressources du pays ; elles étaient cependant autrefois beaucoup plus étendues, mais on a commencé à abattre de nombreux arbres, dès 1857 pendant la guerre serbo-turque, et en 1886 pendant la guerre serbo-bulgare ; on a défriché de vastes étendues dans le but de faciliter les opérations des armées. L'Etat a cherché également à se procurer des ressources par le défrichement. Des lois récentes protègent les forêts contre les déprédations de toutes sortes, et l'administration forestière s'efforce de traiter les forêts d'après les principes de la sylviculture moderne. Mais en attendant que les précautions actuellement prises produisent leur effet, la Serbie est obligée d'importer des bois.
Les principales essences sont les suivantes :
Bois feuillus : le chêne pédoncule [Quercus pedunculata)^ le chêne rouvre {Q, sessiliflora)^ le chêne rouvre à larges feuilles ((?. conferta)^ le chêne rouvre pubescent (Q. piibescens), le chêne tauzin (Q. tozza), le chêne chevelu (Q. cerris). Les forêts de chênes, pures ou mélangées, couvrent de vastes étendues. Les chênaies occupent les plaines et vallées et s'élèvent en certains points jusqu'à 1.000 mètres d'altitude. La plupart de ces chênaies sont jeunes et les vieilles futaies, très rares.
Le hêtre est assez répandu, il en existe de vieilles futaies, en général non exploitées parce qu'elles sont difficilement accessibles.
Citons ensuite : le charme, le bouleau, diverses variétés
BOIS d'euroi»k 1109
d'érable, le frêne, les ormes, les tilleuls, le uoyer, le châtaignier, lalisicr, le sorbier, les aulnes, les peupliers, etc.
Les forêts sont particulièrement abondantes sur les plateaux de la Serbie méridionale.
Malgré sa richesse en forêts, la Serbie importe, d'Autriche notamment, une certaine quantité de bois. Cela tient, comme nous Tavons vu, à ce que beaucoup de régions forestières de ce pays sont encore mal desservies et qu'il est parfois moins coûteux pour les habitants de recevoir des bois d*Autriche parle Danube que d'utiliser ceux du pays même, où il faudrait les rechercher parfois dans des lieux d'accès difficile.
Voici les chiffres des importations et exportations pendant les années 1891 et 1898.
.^^j j Importations 1.083.216 fr.
( Exportations 1.354.933 —
Excédent des exportations. 271.737
.^^^ ( Importations 2.407.423 fr.
1 Exportations 494.938 —
Excédent des importations. 1.912.463
)itl8. Monténéipro. — Ce petit pays montagneux renferme d'importantes forêts, notamment celle des Berda, où abondent les chênes, noyers, pins, hêtres et sumacs.
Il s'y fait une notable exportation de sumac, soit : pour une valeur de 40.000 florins (1898).
tll4. Angleterre. — L'Angleterre, autrefois couverte de forêts, est actuellement dégarnie et il n'y a plus aujourd'hui que 1.229.016 hectares de forêts sur 31.384.342 hectares de surface totale (Grande-Bretagne et Irlande").
On s'occupe actuellement du reboisement. Les forêts fournissent encore à la marine quelques vieux chênes, mais ce pay.s doit faire venir de l'étranger la majorité des bois qu'il emploie. L'Angleterre est le pays ou Texcédent des importations est le plus considérable (voir p. 1083).
Les nations qui fournissent le bois à l'Angleterre sont surtout : la Suède, la Russie et le Canada, puis ensuite, la Norvège, les Etats-Unis, la France, l'Allemagne, l'Australie et quelques autres pays.
!iSft. Allemai^®. — Ce pays possède de belles forêts qui sont Tobjet d'une exploitation attentive et éclairée. Elles recouvrent près du 1/4 de la surface totale du territoire, soit 14 millions d'hectares environ, dont 1/3 pour les forêts domaniales. Ces bois ou forêts comportent 9.300.000 hectares plantés en conifères, soit 68 0/0 des 14 millions d'hectares de la superficie des forêts : 6.000.000 hectares en sapin^ 3.000.000 hectares en pin ; 200.000 hectares en bouleau. Les chênes constituent également une part importante des peuplements forestiers.
Malgré l'abondante production de bois que donnent ses forêts, r Allemagne doit importer pour les besoins de son industrie et de sa population particulièrement dense, une quantité considérable de cette substance, soit 5 à 7 millions de mètres cubes par an (voir p. 1085).
La consommation annuelle totale est de 40 millions de mètres cubes, dont 21 comme combustible.
lies. Franee. — D'après les statistiques publiées par le
Ministère de l'agriculture (1892), la surface forestière de la
France estévaluée à 9.521.568 hectares.
Elle se répartit comme suit :
Hectares