AFRIQUE OCCIDENTALE FRAI^ÇAISE
propre aux constructions navales, comme aussi le Sterculia cordifolia, danta ; des bois servant à la confection des pirogues et barques, tels que : VEinodendron anfraciuosum^ bintaforo ou benten^ dont le bois est léger et le Batihinia reti' dilata^ ghighis.
Le karité, bois très dur, utilisé dans les ateliers de construction au Soudan.
Le tali (Trythrophlœiim guinense Afzel), bois dur, d'une belle couleur foncée; inattaquable par les insectes.
Le fok{Afzelia africana)^ bois dur, teinte foncée. Le tronc, qui peut être très gros, est capable d'atteindre 20 mètres jusqu'à la première branche.
Le bois du hottlle {Parkia biglobosa) et du Solom [Dialum nitidum Guill. et Perr.) à coloration claire.
Le d%mb(Cjordylaaf ricana Lour.), beau bois jaunâtre, facile à travailler.
A Bakel et à Kayes les noirs fabriquent des cannes avec Tébène du Sénégal, dialamhane (Dalbe)'giamelanoxy Ion GuiW. et Perr.).
Le rônier mâle [Borassiis Aithiopium Mart.), bois incorruptible à la mer, employé comme pilotis dans la construction des wharfs de la Casamance et dans toutes les rivières du sud.
On trouve beaucoup de bambous en Casamance et dans le sud du Soudan. Ils appartiennent probablement kVOxynanihera abyssinica^ espèce abyssinienne. Les plus forts ont 10 mètres de haut et la grosseur du bras.
On trouve aussi en abondance dans ces contrées le roting (Calamus secundiflorus).
Citons encore le manglier, le fromager et divers Ficus. Des instructions très détaillées ont été données à tous les administrateurs pour la propagation des plantations de ces différentes essences et des encouragements sont réservés aux indigènes qui s*y livrent le plus activement.
Les gommiers du Sénégal méritent une mention à part, ce sont eux qui laissent exsuder du tronc et des grosses branches une gomme que Ton continue à désigner sous le nom de gomme arabique, parce que la provenance principale en était autrefois TArabie. Le gommier du Sénégal {Acacia Vereck) produit une gomme supérieure à celle des autres provenances, et la colonie exporte annuellement une quantité énorme
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de ce produit. C'est, depuis 7fi ans, un des principaux articles de commerce du Sénégal.
Une liane, le Landolphia hendelotiij fournit un bon caoutchouc. Cette substance est encore extraite d'un arbre, le Ficus Vogelii, mais le produit est de qualité inférieure. Les lianes sont d'ailleurs très communes en Casamance (Région des « Niayes», au bord de l'Océan, de Dakar à Saint Louis). Le caoutchouc est aujourd'hui le principal élément du commerce du Sénégal.
En 1897, le Sénégal a importé pour 372.061 fr. de bois (bois de construction principalement) et il en a exporté pour une valeur de 2.680 francs.
2. Soudan. — Le Sénégal et le Soudan peuvent être confondus au point de vue des essences forestières, et la plupart de celles dont nous venons de parler appartiennent également à cette région de l'Afrique.
Dans la partie profonde du Soudan, entre le Tchad et le Congo, on trouve, après la grande forêt équatoriale de la région du Congo, une large zone de «galeries forestières», avec des caféiers arborescents (mission Chevalier, 1902-1903), qui occupe l'Oubangui et Chari ; plus au nord la région des plateaux soudanais possède d'importantes lianes à caoutchouc; on rencontre ensuite les grandes cultures soudanaises, et enfin, dans le Baguirmi, en s'approchant du lac Tchad, on trouve des pâturages et steppes à acacias. Au nord du Tchad commence le désert du Sahara.
3. Guinée française. — Les estuaires et les plaines côtières sont le domaine de la végétation tropicale ; on y trouve des palétuviers et autour des villages indigènes des bananiers, etc. La galerie forestière, partout où elle n'a pas été débroussaillée, contient pêle-mêle des bois d'ébénisterie, des kolatiers, des plantes à caoutchouc, des caféiers sauvages. Les hauts plateaux ferrugineux du Fouta-Djalon sont tapissés d'herbeiJ, peut-être possédaient-ils des forêts dont les aurait dépouillé un déboisement imprévoyant.
11 reste néanmoins de nombreux arbres qui pourront être employés pour le charronnage, la menuiserie et l'ébénisterie ; ils ne sont malheureusement pas groupés et ils se trouvent le plus souvent éloignés des fleuves qui constituent actuellement les seules voies de communication ; aussi est-il difficile
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d'entrevoir la possibilité d'établir de grandes exploitations forestières comme au Congo ou à la côte d'Ivoire.
On peut citer parmi les bois utilisables :
Le manguier qui possède un beau bois rouge ; le touloucoima^ à bois rouge ; le caïlcedrat {Khaya senegalensis)^ bois très dur, qui prend un beau poli ; le saugué [Pannarium) qui ressemble au dernier ; le kolatier [Sterculia acuminata) au fruit précieux, le bois en est généralement utilisable ; le méli{Detanum senegalensis), bon bois de construction ; le karité ou arbre à beurre, qui croit dans le bassin du Niger; le fofo^ bois à pirogues ; le kari et le tabilic^m donnent un bon bois ; le gommier copal {Copaifera copallina)^ autrefois très répandu mais saccagé par les noirs, il en subsiste encore trois importants groupes de forêts, dans le Kabitaye, le Kanéa- Benna et le Kokounia ; cette dernière forêt est encore inexploitée ; le Baobab {Adansonia digitaia) ; le Fromager (Bombax pentandra)^ arbre géant dans le tronc duquel on taille une pirogue d'une seule pièce ; le palétuvier (Rhizophora mangle) qui se trouve au bord des rivières, et peut fournir en quantité presque illimitée du bon bois de chauffage et du bois de construction ; l'écorce de Tarbre est riche en tannin ; le lamy {Pentadesma bulyracea)^ arbre très abondant au bord des rivières, bois rouge utilisable en ébénisterie ; le bambou [Bambusa arundinacea)^ répandu dans toute la Guinée ; le palmier à huile {Elais guyanensis) dont les amandes, d'où Ton extrait de Thuile, sont exportées en Europe ; le ronier {Boras* sus flabelliformis)y palmier à bois dur, imputrescible, employé pour les travaux à la mer ; le mené [Lophira alala) qui produit des graines à huile; le mango {Mangifera indica) qui fournit des fruits comestibles. Des lianes iLandolphia) contiennent un latex à caoutchouc ; on les exploite pour l'obtention de ce produit dont la colonie exporte annuellement pour plusieurs millions de francs.
4. Côte d'Ivoire. — La côte d'Ivoire, ou plus correctement côte de l'Ivoire, est située entre le pays des Achantis et la République de Libéria. La colonie est recouverte, sur les deux tiers de sa surface, par une immense forêt qu'on évalue à 17 ou 18 millions d'hectares. Elle est constituée, comme celle du Congo, par une futaie d'arbres géants entrelacés et réunis par des lianes.
Près de la côte croit surtout le palmier à huile (Elœis guyanensis). La forêt intérieure renferme un très grand nombre d'essences variées, à bois très léger ou bien très dense.
Les seuls bois exportés jusqu'à ce jour sont les <( acajous », les autres sont utilisés pour des usages locaux ; on y trouve encore des bois propres à la teinture et des lianes à caoutchouc.
Les bois exportés de la côte dlvoire sous le nom d'acajou, ne sont pas identiques aux véritables acajous des forêts américaines. Ils appartiennent h une dizaine d'essences différentes, également réparties sur les divers points du littoral. Leur qualité est d'autant meilleure que Ton avance plus à l'ouest.
Les acajous de la côte dlvoire commencent à être convenablement cotés sur les marchés européens. On les subdivise en catégories, depuis les bois pâles et peu denses, jusqu'aux qualités à grain fin, plus denses, moirées, flambées, que l'on réserve pour le placage des meubles de luxe.
Une scierie à vapeur de vingt chevaux a été installée en 1898, sur le Comoe. On peut y débiter des billes de 1 m. 20 de diamètre. Une ligne de chemin de fer, de 280 kilomètres de pénétration, est en construction ; elle traversera la forêt équatoriale et permettra d'en exploiter les immenses ressources : bois d'ébénisterie, caoutchouc, huile. Elle doit être terminée en 1906.
Pour le moment, les difficultés de transport et d'embarquement, ainsi que l'outillage rudimentaire, rendent l'exploitation des bois de cette contrée assez peu lucrative. L'indigène qui fournit la main-d'œuvre se paie, en moyenne, à raison de 1 franc la journée. Des scieries peuvent s'établir et avoir quelque chance de succès, avec un capital d'une centaine de mille francs.
Les prix de réalisation des bois d'acajou sont, suivant les qualités, de 125 francs à 700 francs le mètre cube.
Voici quelques chiffres concernant les exploitations des bois de la côte d'Ivoire :