II. Samare pédonculéc, ciliée sur les bords, petite
Port diffus. C^les saillantes à la base de la tige, correspondant aux racines ... 0. diffus
Fig. 382. — Rameau d'orme.
Fig.
383, — Orme, Ulmus campesiris, L,
Orme champêtre (Ulmus campestris, Smith.). — Noms vulgaires : ormeau ; orme rouge.
Caractères, — Bel arbre qui peut atteindre plus de 40 m. de hauteur et 2 m. 50 de diamètre, à 2 mètres du sol. 11 se développe le mieux en sols meubles et fertiles, dans les terrains d^alluvions récentes, sur les bords submersibles des cours d'eau.
En terrains secs, il donne au contraire des arbres trapus, rabougris, contournés et tordus à feuilles très petites et ne fleurissant pas. C'est la variété dite tortillard ou à moyeux.
L'écorce, à partir de la dixième année environ, présente un rhytidome profondément crevassé comme celui du chêne*
Dans la variété oime stihéreux^ des lames longitudinales de liège de Técorce des rameaux constituent des sortes d'ailes caractéristiques.
Cet arbre est commun dans nos forêts, où il domine d'ailleurs très rarement. On le rencontre surtout dans TEst. On le plante fréquemment le long des routes, des avenues, etc.
Bois. — Brun-rougeàtre ; aubier blanc- jaunâtre ; très tenace, dur, élastique ; densité, sec : 0,603-0,854.
Fig^ 384. — Coupe transversale du bois de l'orme champêtre (grossiss. 8 diamètres) (d'après Thil).
Durée au moins égale à celle du chêne, surtout si on l'emploie dans les lieux humides : caves, mines, etc.
A rinverse du hêtre, qui est très exposé à souffrir de la piqûre des vers, le bois d'orme n'est pas endommagé par eux.
Le bois de cette espèce est de beaucoup le meilleur des bois d'orme.
Il est recherché pour une foule d'ouvrages et tout particu-
BOIS INDIGENES OU NiTURALIS^ 783
lièrement pour le charronnage : moyeux, jantes (déchets 40 0/0), pièces de carrosserie, et pour la menuiserie, Tébénisterie, la tabletterie, la marqueterie et le placage (bois des loupes et broussins obtenus par un émondage répété).
Il se conserve encore mieux sous Teau que le chêne, aussi constilue-t-il un bois de charpente maritime de premier ordre. Venise repose sur un pilotage de troncs d'ormes et d'aulnes.
On en fait encore des treuils et cabestans^ poulies, dames et pilons, tampons de wagons, patins de frein ; il est recherché pour les pièces courbes, parce qu'il reste solide môme lorsque ses fibres sont tranchées. On en fait des chaises, des membrures de meubles. On peut remployer toutes les fois qu'on a besoin d'une grande force de cohésion, aussi sert-il pour les vis de pression.
La variété tortillard est tout spécialement recherchée pour la fabrication des moyeux de voitures.
Le bois d'orme a quelques inconvénients à côté de toutes ses qualités : il se rabote mal parce que son grain n'est pas assez serré ; il se polit difficilement ; il se vernit mal, Thuile du vernis ressortant bientôt par les pores du bois ; il est peu propre à la fente.
C'est un combustible assez bon, il brûle lentement, sans dégager beaucoup de chaleur et avec une flamme courte. Son charbon est léger et sa puissance calorifique est à celle du charbon de hêtre comme 879 : 1.000.
Caractères anatomiques. — Accroissements nettement distincts.
Rayons très nombreux inégaux.
Les vaisseaux sont groupés dans un même accroissement en deux bandes, facilement discernables. Tune circulaire, l'autre sinueuse.
La bande sinueuse est, dans cette espèce, plus marquée que la bande circulaire (fig. 384).
Le tissu fibreux est dense à fibres très épaisses.
Un parenchyme assez peu apparent accompagne les vaisseaux.
Produits accessoires. — C'est un des bois qui laissent le plus de cendres, avec le frêne et le saule ; elles renferment une notable proportion de potasse.
Le liber contient des fibres comme celui du tilleul, on s'en sert pour obtenir une filasse grossière
Orme des montagnes {Ulmus montana^ Smith), ou orme blanc, ou orme à grandes feuilles.
Caractères. — Cet arbre est de moindre taille que Tespèce précédente. On le trouve à Tétat disséminé dans les forêts de feuillus et même de résineux, sur les coteaux ou les basses montagnes.
Bois. — Cette espèce est beaucoup moins intéressante que l'ormeau , son bois est beaucoup plus léger, plus mou, moins tenace et durable. Les charrons^ qui le désignent sous le nom A'orme blancy savent bien le reconnallre et refusent le plus souvent d'en faire usage.
Au point de vue anatomique, ce qui le distingue, c'est une richesse plus grande en vaisseaux, dont les bandes concentriques circulaires sont plus marquées que les bandes sinueuses. L'aubier est encore plus abondant que dans l'orme champêtre.
Orme diffus (Ulmtis effusa^ Willd.), appelé encore : orme pédoncule, orme blanc (en Argonne).
C'est un grand arbre à cime diffuse dont le tronc se recouvre de brindille avec une rapidité singulière ; il est disséminé ça et là en France et devient commun dans les forêts basses des plaines ou des grandes vallées.
Bois. — Il n'est apprécié ni comme bois d'oeuvre, nî comme combustible. Il est connu dans certaines régions sous le nom d'orme mou et entre dans la catégorie des bois mous.
Les accroissements sont larges, les lignes concentriques de vaisseaux sont moins sinueuses que dans les espèces précédentes. Sa couleur est jaunâtre, tirant sur le^ brun-clair. Les branches gourmandes, qui se forment si facilement dans cette espèce, produisent des nœuds très nombreux, grâce auxquels la fibre est toujours tortueuse. Densité 0,554-0,676.
Ennemis et maladies des ormes, — Insectes : Quelquesuns sont redoutables pour ces arbres, surtout lorsqu'ils végètent mal le long des promenades et des routes. Ce sont surtout les Coléoptères suivants : Le grand scolyte de l'orme (s. destructeur), le scolyte multistrié, l'hylésine à bandelettes et, parmi les Lépidoptères : la chenille du Cossus ligniperda
BOIS INDIGJINES OU NATURALISAS 785
qui semble préférer les ormes entre tous les autres végétaux (p. 560).
Les insectes précédents attaquent la tige entre Técorce et le bois, les suivants s'en prennent aux feuilles.
La galeruque de Forme, Galeruca xanthomelœna, Schrk., attaque très fréquemment les feuilles, en ronge le parenchyme et laisse un simple squelette ou réseau, constitué par les nervures. Elle est très nuisible. Les feuilles sont encore rongées parles hannetons, les chenilles du Liparis disparate, du cul-doré, du cul-brun, de la vanesse grande-tortue, de Torgye pudibonde, du bombyce livrée, de plusieurs espèces de géomètres, etç. C'est le puceron de Torme, Schizoneura Ulmiy qui provoque par ses piqûres les grosses galles vésiculeuses allongées que Ton voit souvent sur la fouille.
Champignons. — Ils ne causent pas à Tarbre sur pied de dommages particulièrement graves. Citons les taches vésiculeuses des feuilles dues au Taphrina f//mi.(Fuck.) Joh., qui produit de grosses cloques de couleur plus claire que le reste de la feuille. Elles deviennent noires en vieillissant et Taltération s'étend parfois sur une grande partie de la feuille.
t«9. lies Mûrier» {Morus). Famille des Urticacées ; genre Monts, Tournef.
Caractères : Les mûriers sont des arbres ou des arbrisseaux à suc laiteux, à feuilles alternes dentées, entières ou trilobées.
Les fleurs sont généralement monoïques ; elles sont disposées en épis denses, solitaires à l'aisselle des feuilles, les mâles allongés en forme de chatons, les femelles généralement courts ou presque globuleux. Les fleurs femelles forment à maturité un fruit agrégé. Chacun de ces fruits est entouré du calice devenu charnu et simule, par suite, une baie. L'ensemble des fruits ainsi groupés constitue la « mûre ».
Bois. — Les rayons médullaires sont fins, mais distincts, peu serrés ; les vaisseaux sont inégaux : ceux du bord interne sont plus gros et constituent une zone poreuse, ceux de la partie moyenne et du bord externe sont de plus en plus petits et espacés, ils sont plus ou moins groupés de manière à former des lignes courtes, dendritiques et concentriques.
Tous ces éléments sont conjoints par un tissu fibreux à parois épaisses et très incrustées, qui est dominant. Le parenchyme ligneux est apparent autour des vaisseaux et rend leur groupement plus distinct.
Espèces. — Les espèces les plus importantes sont : les mûriers blanc et noir, qui sont indigènes, et le mûrier rouge d'Amérique, qui est une espèce américaine.
Voici comment on peut distinguer les deux espèces indigènes :
L Le Mûrier blanc {Morus alba, Lin.) a ses feuilles d'un
Fig. 385. — Mûrier blanc.
vert clair, presque sans poils, de forme ovale ou en cœur ; les fruits sont petits et portés par un long pédoncule.
IL Le Mûrier noir {Morus nigra, Lin.) a ses feuilles d'un vert foncé, poilues, rudes au toucher ; elles sont grandes,
BOIS INDIGÈNES OU NATtRALISÉS
ovales, parfois trilobées. Fruits plus gros que dans l'espèce précédente et portés sur un pédoncule court.
Le mûrier noir est rustique dans toute la France. Le mûrier blanc est moins rustique que Tespèce précédente et les gtlées de Thiver Tatteignent fréquemment dans le Nord et TEst d^: la France. Les feuilles de cet arbre sont utilisées pour la ]»>amlKe des vers à soie, aussi la culture du mûrier blanc est-elle trèsétaodue et de date très ancienne.
Bois du mûrier bletn^. — Ce bois est jaune à Tétat frais et devient brun-rougeâtre en se desséchant. L'aubier est nettement distinct du cœur, il est peu aboadant, blanc légèrement teinté.
Le bois du mûrier est dur, nerveux, IiM^é. Il convient très bien au charronnage et donne de bons écbalas et d'excellents gournables (chevilles) pour les constructionaaavales. C'est un bois de fente estimé ; les tonneaux pour le via fabriqués de ce bois communiquent au liquide un petit goût agréable rappelant la violette ; on en fait encore de la menuiserie, de la boissellerie. Sa couleurjaune, et le beau poli qu'on peut lui.communiquer, le font employer pour rébénisterie, la marqueterie, le tour. Sa densité est : 0,614 à 0,772.
Il faut noter que le fait de la récolte des feuilles pour l'alimentation des vers à soie cause une perturbation très appréciable dans la formation du bois. Les couches annuelles sont dans ce cas beaucoup plus réduites, et le bois de printemps y domine, d'où il résulte une plus grande porosité et une plus faible densité.
Le bois de mûrier rappelle par son aspect et ses propriétés le bois de robinier.
Bois du mûrier noir. — Il ressemble de tout point à celui de Tespèce précédente, à cela près qu'il brunit plus à l'air. Sa densité (sec) est 0,672-0,820.
Le Mûrier rouge d'Amérique {Morus rtibra) est une espèce exotique dont le bois ne diffère pas de celui du mûrier noir.
i 2. - BOIS BLANCS
Cette catégorie comprend des bois tendres ou mi-tendres } mais il faut se rappeler qu*un bois blanc n'est pas par cela
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même un bois tendre, c'est ainsi que le charme qui est très blanc est en même temps très dur. Cependant, d'une façon générale, les bois ont une teinte blanche parce que les membranes des cellules sont peu incrustées, le cœur a la même couleur que Taubier, il en résulte que tout le bois est plus ou moins mou ou tendre. Dans le cas du charme, une matière blanche est venue masquer la coloration du bois parfait.
Nous pouvons donc distinguer parmi les bois blancs : l^les bois durs et demi-durs tels que le charme, les érables et le robinier faux-acacia (durs) ; les aulnes, le bouleau, le coudrier-noisetier^ le platane et le tilleul (demi-durs) ; 2" les bois tendres tels que les peupliers, la plupart des saules et le marronnier d'Inde.
188. C^mwtne eotnwnuwÈCarpinusBelulus, lÀn.; Charmille. — Synon. : Gemeiner Hornbaiim^ allem. ; Birch Hornbeamy Common Hornbeam^ Yoke Elm, angl.
Fig. 386. — Le Charme (Carpinus belulus).
A. Rameau portant une inflorescence mâle latérale et une inflorescence femelle terminale. — B. rameau portant des fruits />, avec cupule eu. — C. une fleur mâle grossie. — D. une êtamine isolée et plus fortement grossie encore.
Cai^actères, — Le charme commun appartient à la famille des Cupulifères, tribu des Corylées, genre Carpinus. C^est un arbre à bourgeons aigus, écorce lisse rappelant celle du hêtre mais s'en distinguant par de grosses côtes saillantes. Feuilles doublement dentées, ovales aiguës, péiiolées, à nervures secon-
BOIS INDiGfeNRS OU NATURALISÉS
daires pennées parallèles et saillantes, à limbe plissé dans le bouton; ces plis persistent sur la feuille épanouie, et on les voit atfectant le limbe entre les nervures et parallèlement à elles; les feuilles, même adultes, sont donc plissées et comme gaufrées. Les inflorescences apparaissent en même temps que les feuilles, les femelles en épi terminal (fig.886. A), les mâles en chatons latéraux pendants. Fruit entouré d'une cupule trilobée.
Le charme, que Ton appelle aussi charmille, est un arbre de 8 à 12 et quelquefois 20 mètres de haut ; il est commun dans nos forêts de France,dans les plaines et sur les coteaux. Il occupe la partie de la France située au Nord d'une ligne tirée de Grenoble à Tembouchure de la Gironde ; il est surtout abondant dans les départements du Nord, de TEst et du Centre et disparaît brusquement dans les régions montagneuses.
En dehors de la France, la limite d'extension du charme passe un peu au nord de Copenhague, arrive dans le Sud de la Suède, et passe à Riga sur la Baltique ; elle suit ensuite la Duua, passe dans la vallée du Dnieper, enveloppe la Crimée et se continue sur le versant nord du Caucase septentrional jusqu'à la Caspienne dans sa partie toutà-fait sud -est. De là elle revient vers l'ouest, comprenant la moitié occidentale de la Perse, PAsie-Mineure ; elle traverse le sud de la Morée, la pointe extrême de ritalie et remonte la côte ouest jusqu'à Gênes, pour arriver ensuite en France. En somme sont exclus de cette aire d'extension : l'Angleterre (sauf la partie au sud de la Tamise), la plus grande partie de la Scandinavie, de la Finlande et de la Russie. Le genre est représenté en Asie par plusieurs espèces.
Le charme s'accommode de tous les terrains, mais il préfère les sols frais et profonds. Les racines sont superfi-
fflSi ^ itAor</on/r t r~^ tr^j rare *.> nu^
Fig. 387. — Répartition du charme (D'après Boppe et Jolyet).
cielles, sans pourtant posséder la faculté de drageonner ; par contre, les brins traînants se marcottent d'eux-mêmes, avec la plus grande facilité.
Sa croissance est lente, mais les rejets de souche poussent vite pendant les 20 premières années. Il vit 120 à 150 ans.
En taillis, il ne tarde pas à être dominé par les essences associées et ne peut intervenir qu'à titre accessoire, mélangé au chêne surtout. Il donne de très abondants rejets dont on obtient de bons produits.
Ennemis. — Les campagnols Tattaquent très souvent, déchirant Técorce du pied et tuant beaucoup de jeunes plants et de rejets. Par contre, aucun insecte ne lui cause de grands dommages.
• Champignons. — Les feuilles se recouvrent parfois à la face inférieure d'un revêtement blanc arachnoïde et fugace sur lequel se forment bientôt des corps noirs arrondis de la taille d'une tête d'épingle. Ce sont les organes reproducteurs à asques du Phyllaclinia suffulla. Cette maladie est désignée vulgairement sous le nom de blanc. Elle sévit plus souvent encore sur les feuilles du noisetier et du frêne, d'où le nom de Blanc du noisetier qu^elle porte habituellement.
L'écorce des branches est parfois rongée par le Chancre des arbres {Neclria ditissima^ Tul.) (voir p. 321).
Bois. — Ce bois dur, à l'encontre de ce qui existe généralement pour les bois de cette catégorie, est très blanc. Aubier et cœur indistincts par suite de l'imprégnation de celui-ci par une substance blanche ; compact ; homogène ; susceptible d'un beau poli ; tenace ; plus lourd que le hêtre, densité : 0,799 à 0,902.
Son peu de durée fait rejeter son emploi comme bois de construction ; sa fibre trop entrelacée rend son travail malaisé, aussi est-il peu employé en menuiserie ; il se fend par séchage.
On l'emploie, à cause de sa dureté, pour faire des pièces de machines, des poulies, des cames, des vis de pression. On en fait aussi des marteaux, maillets, billots, manches d'outils (déchets 10 0/0), tables de cuisine, queues de billards (déchels 70 0/0), boules et quilles (déchets 400/0), formes de chaussures (déchets 35 0/0), pianos, placages pour imiter l'ébènc une fois peint en noir (déchets 70 0/0), fouets,
BOIS INDICliNES OU NATURALISÉS
Fig. 388. — Bois de charme commun section transversale (20 diamètres) (A. Thil).
bobines, navettes, jouets d'enfants, articles de Saint-Claude (déchets 60 0/0) ; il remplace parfois le cormier et l'alisier, pour les fûls d'outils, tels que rabots et varlopes ; c'est aussi de ce bois que sont faits les coins que les bûcherons emploient pour abattre les arbres.
On Ta employé encore comme traverses de chemin de fer et étais de mines ; mais ce bois, même injecté, s'altère trop promptement, surtout à l'humidité, pour convenir à ces usages.
Il entre, en outre, dans la fabrication de la pâte à papier.
Comme combustible, il est inférieur au hêtre, mais
produit, néanmoins, un bois de feu de toute première qualité, c'est un des meilleurs que nous possédions. En France, on le recherche spécialement pour le chauffage des appartements, Il brûle lentement et sa flamme est vive, le charbon produit reste incandescent jusqu'à complète combustion. Il est d'autant meilleur, à ce point de vue, qu'il a crû dans des régions plus septentrionales ; dans la partie méridionale de son aire, à Toulouse ou dans l'Allier, par exemple, on lui préfère le chêne pour cet usage. Dans le nord, d'après T. Hartig, sa puissance calorifique dépasserait, de 3,5 p. 100, celle du hêtre.
Caractères anatomiques. — Les accroissements sont assez distincts, nettement flexueux ; caractère qui permet de reconnaître aisément ce bois blanc. La démarcation des zones de printemps et des zones d'automne n'est pas nette.
Les rayons sont très nombreux, très fins; mais fréquemment plusieurs d'entre eux se rapprochent beaucoup, séparés seulement par de minces couches de fibres sans vaisseaux : ainsi associés, ils forment Ae faux gros rayons.
Vaisseaux nombreux, plutôt épars, quelquefois en bandes
sinueuses interrompues, peu inégaux, plus fins vers le bord externe.
Tissu fibreux dense, surtout sur le bord externe. Taches médullaires. Parenchyme médullaire à peine visible à la loupe.
Débité à contre-mailles, ce bois présente des lignes grisâtres assez apparentes.
OsTRYA A FEUILLES DE CHARME (0. CarpinifoHa Scop.). — Vulg. : charme houblon, charme d'Italie.
Cette essence, voisine de la précédente, est malheureusement peu répandue dans nos forêts et nos plantations, malgré les qualités de son bois.
L'Ostrya est un arbre d*une quinzaine de mètres, et souvent beaucoup moins, dont le tronc présente une écorce rouge et lisse, mais se recouvrant, vers quatre-vingts ans, d'un rhytidornc gris brun, finement gerçure, écailleux. Les feuilles sont ovales, acuminées, doublement dentées, glabres en dessus, pubcscentes en dessous aux aisselles des nervures ; celles-ci sont saillantes et parallèles ; le limbe de la feuille est plus planque celui des feuilles du charme ; les feuilles de TOstrya sont douces au toucher, et marquées en dessous de gouttelettes résineuses.
Cet arbre se trouve depuis le sud-est de la France jusqu'en Asie-Mineure, sans dépasser le 47® degré de latitude, quoiqu'il végète admirablement bien plus au nord.
Bois. — Le bois est de couleur rouge clair et rappelle celui du poirier ; il est très lourd (0,900 à 0,9t0 de densité), très homogène et possède toutes les qualités du bois de charme mais à un degré encore supérieur.
Les couches annuelles sont peu distinctes, les rayons médullaires sont très fins, égaux, invisibles à l'œil nu. Les vaisseaux, disposés en séries dendritiques ou radiales rameuses, sont fins, presque égaux. Le parenchyme et le tissu fibreux sont uniformément répartis.
164. Les Krahles {Acer). — Synon. : Ahorn, ail. ; Map/ey angl. ; Acero, ital. ; Arce, espagn.
Caractères. — Les érables appartiennent à la petite famille des Acérinées et au genre Acer. Ce sont des arbres petits ou élevés, à feuilles à long pétiole, à 3 à 7 lobes, k nervation palmée à 3,7 nervures principales, les nervures d'ordre infé-
rieur formant un fin réseau. Les fleurs, petites, jaune verdàtre, apparaissent avec les feuilles ; elles sont hermaphrodites ou unisexuées, les fleurs des deux sortes pouvant coexister sur le même pied (polygamie) ; elles sont en grappes ou en corymbes terminaux. Le fruit se compose de deux samares indéhiscentes longuement ailées.
Espèces, — En France, il existe cinq espèces d'érables que nous donnons avec leurs caractères distinctifs :
Tableau pour la détermination des principales espèces d*6rables (1).
i Feuilles à3à 5 lobes principaux, & dents arrondies ; fruits à ailes opposées en ligne droite ; liège des rameaux très rugueux. .
Veuilles à 5 lobes principaux, dents très aiguës ; jeunes rameaux à écorce lisse. .
Erable champêtre.
Erable plane ou E, platane.
[Feuilles à lobes principaux dentés et séparés par des intervalles très aigus ; fruits à ailes dressf^es et beaucoup plus larges au sommet qu'à la base. .
Face inférieure des feuilles mate et presque blancbà- Ire ; groupes de fleurs pencbées.
Feuilles à lobes principaux dentés et séparés par des intervalles non très aigus (sinus presque droits).
Fruit à ailes plus ou moins écartées et non brusquement rétrécies à la base.
Feuilles à 3 lobes principaux séparés par des sinus à angle droit; fruit à ailes dressées, rapprochées et brusquement rétrëcies à la base
E. faux platane ou E. Sycomore.
E, à feuille (T Obier,
B. de Montpellier,
Les Erables sycomore, plane et à feuilles d'Obier sont les plus grands et ceux qui donnent les meilleurs produits. Ces
(1) V. aussi les flg. 389 à 39i.
espèces possèdent entre elles, à tous points de vue, de grandes analogies, les deux dernières ayant cependant une croissance
Fig. 389. — Fruit d'Acer campestre (E. champôtro).
Fig. 390. — Fruit d'Acer platanof des (E. plane).
Fig. 391. — Fruit d'Acer Pseudoplatanus (E. Sycomore).
plus lente et une taille moindre. Elles existent à Tétat disséminé dans les forêts et réclament du sol une grande fertilité ; le sol doit être de plus frais et plutôt calcaire. Les jeunes plantes sont robustes et peuvent se développer facilement
même àrombred'autresarbresetjusqu'au milieu des buissons. Lessouchesrejettent abondamment. Le Sycomore etl'E. plane accompagnent souvent le hêtre en forêt; TE. à feuille d'Obier existe, assez abondant à Tétat disséminé, dans les forêts du Jura, des Alpes, des Cévennes et des Pyrénées.
Pig. 392-394. — A, Acer psetuioplatanus ou Sycomore; B, Acer plalanoides ou E. plane; (î, Acer campestre ou E. champêtre. (Schwartz).
L'E. champêtre et TE. de Montpellier sont de plus petites dimensions ; la première espèce est plutôt un grand abrisseau qu'un arbre, elle croit lentement et disparaît vite dans les massifs; on rencontre souvent cet érable dans la campagne, plus ou moins disséminé, et constituant des haies par exemple. L'E. de Montpellier a l'avantage de pouvoir croître même en sol très sec.
Ennemis. — Les Insectes qui attaquent les feuilles d'érables sont peu redoutables.
Coléoptères : Les hannetons et les cantharides dévorent les feuilles ; des allises les perforent. — Lépidoptères : le Liparis disparate, TOrgye pudibonde^ le Bombyx livrée, etc., sont nuisibles parleurs chenilles qui mangent les feuilles. La chenille du Cossus gâte-bois peut vivre dans le bois.
Fig. 395. — Chenille de l'Orgye pudibonde (R. Bos).
Champignons : Les racines peuvent être atteintes du Pourridié qui les détruit {Dematophora necatrix R. Hartig.). Les semis des E. plane sont parfois tuéspar les filaments du Phytophtora omnivora de Bary, qui sévit par les temps humides. L'axe des jeunes plants s'altère quelquefois au niveau du sol, très probablement par Taction du Pe.stalozzia Hartigii von Tubeuf. Les jeunes pousses de Térable champêtre se dessèchent et meurent quand elles sont attaquées par le Septoglœum Hartigianum Sacc. Les feuilles adultes des érables plane et sycomore se couvrent parfois de taches noires arrondies, à surface rugueuse et d'un diamètre de 1 à2 centimètres ; ces taches nuisent plus à Taspect esthétique qu'à la vitalité de Tarbre, elles sont dues au Rhylisma acerinum.
Les Nectria ditissima et cinnabarina produisent des chancres qui peuvent faire mourir les tiges et surtout les branches.
Le bois. — Le bois des érables est dur, lourd, blanc ou faiblement teinté de rouge ou de jaune, satiné, à maillures fines et nombreuses, très homogène ; aubier et cœur indistincts ; zones d'accroissement assez peu marquées, quoique quelque attention permette de les apercevoir grâce à une bande mince, opaque, externe à chacun d'edx, constituée par du tissu fibreux serré. Le tissu fibreux est assez
BOIS INDIGÈNES OU NATURALISliS 797
dense. Les rayons sont nombreux, sensiblement . égaux, médiocres, fins ou très fins, peu hauts ; les vaisseaux sont nombreux, égaux, isolés ou accolés par 2-4 dans le sens rayonnant, uniformément répartis, environnés d'un parenchyme ligneux (non reconnaissable à la loupe).
Ce bois est recherché pour le travail, son prix est d'ailleurs élevé, aussi est-il employé surtout en ébénisterie, marqueterie, tabletterie, tournerie. Il se coupe et se tourne bien. Les loupes d'érable sont remplies de petits nœuds et leur bois donne un très beau placage. L'érable se polit aisément et prend diflérentes teintes par les acides. Il se tourmente et se gerce fort peu, il n'est presque pas sujet à la vermoulure.
Cependant, exposé aux variations de l'atmosphère, il se pourrit rapidement et ne peut être utilisé pour les constructions. Il ne convient pas non plus aux emplois sous terre et dans l'eau. C'est un bon combustible ; le charbon produit est estimé.
Voici, d'après M. Thil, un tableau permettant de distinguer les bois de diverses espèces :
Vaisseaux sensiblemeDt égaux, rayons fusiformes relativement plus gros et très peu colorés, accroissements bien arrondis . E, sycomore.
Vaisseaux inégaux, rayons plus colorés que le bois 3
Vaisseaux décroissant depuis le bord interne, accroissements visiblement ondulés E, plane.
Vaisseaux décroissant vers les deux bords. 3
Rayons médullaires ans, accroissements bien arrondis E, à feuille (T Obier.
Rayons médullaires très fins, accroissements irréguliers E. champêtre.
Erable sycomore {Acer pseudo platanus Lin.). — Syn.: grand érable, E. blanc, faux platane, sycomore.— Le bois est blanc, peu lustré ; c'est le moins compact des bois d'érable, il a les vaisseaux plus gros que ceux des autres espèces ; la maillure est aussi plus apparente. Densité : 0,572-0,740. Il est très recherché par les menuisiers, ébénistes, tourneurs, luthiers.
Il est employé pour le sabotage de luxe (déchets 60 0/0) ; le placage coloré ; la marqueterie.
798 CHAPITRE IX. — ÉTUBB SFAdÂUT DIS BOIS UTILES
Le bois des racines est souvent agréablement venié^ tout lorsque Tarbre a été fréquemment et périodiquemeot coupé, comme lorsqu'on le traite en taillis ; il sert alors à la confection de meubles dont le bois est curieusement dessiné, ainsi que de divers objets de marqueterie.
C'est un bon bois de chauffage donnant une chaleur soutenue et élevée, mais qui décroît promptement car le charbon s'éteint vite. Le charbon a même valeur que celui du hêtre. Erable plane {Acer platanoïdes Lin.). — Syn. : plane, plène, faux sycomore, E. de Norwège.
Bois, — Ressemble beaucoup au précédent^ mais d'un
blanc moins pur, souvent rougeàtre. Il est moins estimé comme bois de travail, il est plus sujet à la vermoulure, mais il semble l'emporter comme bois de chauffage ; sa densité est d'ailleurs plus élevée, soit :
0,563-0,842 (suivant que la
Fig. 396. — Feuillage de l'érable plane localité OÙ il a crù est plus ou faux sycomore »-4ctfr w/o/anofaM). . , . ,. i v
OU moms méridionale).
Erable a feuille d'obier {Acer opidifoliiim Villars). — Syn. : Ayard (dans le Dauphiné).
Le bois de cet érable des forêts montagneuses ressemble beaucoup à celui du sycomore, mais il est plus satiné, d'un rose clair, plus serré, plus lourd. Très recherché pour la menuiserie, le tour, le sabotage de luxe, le charronnage commun et la sculpture.
Densité : 0,618-0,795.
Bon combustible.
Erable champêtre (Acer campeslre Lin.). — Syn. : AcéraiUe (Lorraine), Auzerole, bois de poule, bois chaud, petit érable.
Cet arbuste n'acquiert pas, malheureusement pour Pusage qu'on pourrait tirer de son bois, de grandes dimensions. Le bois en est dur, rappelant un peu celui du citronnier ; il est très tenace, très homogène, à grain très fin, susceptible d'un beau poli. Sa couleur est blanc lustré légèrement jaunâtre ou rougeètre, quelquefois flambé au cœur de couleur brune quand Tarbre est âgé.
nVÏsT^
Fig. 397. — Acer platanoî des L. (Erable plane).
Sa ténacité et ses autres qualités le font rechercher par les armuriers et charrons (instruments aratoires). On l'utilise beaucoup pour manches d'outils et de fouets et en menuiserie, ébénisterie et lutherie.
Le bois des racines est fréquemment noueux ; lorsque c'est le cas, on l'utilise pour la confection des tabatières, pipes et autres articles de fantaisie.
C'est un bon combustible. Sa densité est particulièrement élevée, soit : 0,590-0,810, suivant la localité où Tarbrea crû.
Erable de Montpellier {Acer Monspesstdanum Lin.). —
Ressemble au précédent, mais est encore plus dur, plus corn* pact et lourd. L'arbre est malheureusement de faible taille. Il sert à des ouvrages de tour et de menuiserie. Bon combustible. Sa densité, qui est déjà de 0,854 quand il croit dans le midi de la France, s'élève jusqu'à 1,005 en Algérie, où il croit notamment dans le Djurjura.
t«ft. liM mmwktm (Alntis). — Syn. : Aulne; Erle, Eller, Ëlse, allem. ; Aider y angl.
Caractères. — Les aunes appartiennent à la famille des Cupulifères, tribu des Bétulinées, genre Alnus,
La cupule, entourant le fruit des cupulifères en général, est avortée chez les aunes^ ce qui fait que certains auteurs en ont constitué, avec les bouleaux, une famille distincte sous le nom de Bétulacées.
Les aunes sont des arbres à feuilles pétiolées dentées, sans pointe au sommet, presque sans poils ; les chatons mâles sont terminaux et pendants, les chatons femelles sont latéraux et dressés (fig. 398)^ leurs écailles sont à la fin épaissies de telle sorte qu'ils arrivent à ressembler à de petites pommes de pin. Le fruit est ailé (samare). L'espèce la plus commune en France est l'aune commun dont nous allons parler.
AuNÉ COMMUN ou AuTie glulineux {Alnus glutinosa Gaertn.). — Syn. : Betula alnus var, a. glutinosa Lin., aulne, aulnée, vergnes, verne.
C'est cet arbre, si commun au bord des eaux et dans tous les lieux boisés humides, dont les feuilles sont orbiculaires, échancrées au sommet, cunéiformes ou tronquées à la base, (lîg. 399, B et 402) glutineuses dans leur jeunesse.
L'aune est rare dans les futaies, quoiqu'il puisse atteindre
Fig. 398. — Alnus glutinosa Gœrt. (Anne glutineux).
30-33 mèires sur 1 mètre (diamètre); c'est plutôt un arbre de taillis; il repousse bien de souche sans drageonner et produit des cépées extrêmement vigoureuses.
On a avantage à le propager là où le sol trop humide ne permettrait pas d'obtenir d'autres espèces. Il faut alors procéder par plantation car de simples semis seraient étouflFés par les hautes herbes qui couvrent toujours ces terrains. Les racines sont traçantes et cela d'autant plus que le sol est plus humide. On trouve sur elles assez fréquemment des nodosités remarquables, ayant au plus la taille d'un œuf, qui sont dues au parasitisme d'un champignon, le Frankia alni.
Pour beaucoup d'auteurs, il y aurait là non parasitisme mais symbiose, c'est à-dire une véritable association pour la vie, un échange réciproque de services entre Tarbre et le champignon ; cette question se rattache à celle des mycorhizes qui étudie les associations existant presque constamment entre les racines des arbres en forêt et certains champignons qui végètent dans le sol à l'état filamenteux ; elle est du plus haut intérêt pour les forestiers.
L'aire d'extension de cette essence s'étend au nord vers le 61° et 62^ de latitude et même le 65<* en Suède. Au sud on a constaté sa présence jusqu'au nord de la Caspienne, TAsie Mineure, la Grèce, la Sicile, l'Algérie jusqu'à l'Atlas et l'Espagne à la hauteur du 38* degré. Il s'élève en France, dans les Pyrénées, jusqu'à 1700 mètres.
Le bois des aunes sur pied est assez fréquemment attaqué par un petit charançon {Cryptorhynchns lapathi)^ dont la larve creuse des galeries et détermine des nodosités qui entravent la circulation de la sève et causent la mort de l'arbre (p. 468, fig.221).
Production des taillis d'aunes. — L'aune pousse rapidement et produit, dansles circonstances moyennes, 7 mètres cubes de matière ligneuse par hectareetparan, soit 70 mètres pour une révolution de lOans. Le quart du bois obtenu est du bois de corde; à 15 ans, on obtient 100 mètres cubes dont la moitié en bois de corde ; à 20 ans, 150 mètres cubes, dont 2/3 en gros
Fig. 399.— Aulne.— A. Àlntu incana. Hameau fleuri. B.
Feuille d'Alnusgludnosa,
bois et 1/3 en fagots et bourrées; soit, à 10 fr. le mètre cube, une somme de 1.500 fr. pour l'hectare. Si on coupait à 15 ans, les iOO mètres cubes ne vaudraient guère que 8 à 10 francs, soit 800 à 1.000 francs. Quoi qu'il en soit, étant donnée la nature des terrains où végète laune, on peut dire que son produit est d'une bonne rémunération (Mouillefert).
Bois. — C'est un bois demi lourd et demi-dur. Il est d'abord de couleur blanche, mais il prend dès qu'on le débite une teinte rougeâtre clair, souvent rayé de blanc, qui devient rose clair à l'état sec. Il est homogène, mou, très cassant. Densité: 0,444-0,662.
Il s'altère promptement à l'air, ce qui le rend impropre à la construction; mais sa grande qualité est que sous Veau, ou dans une humidité constante, sa durabilité équivaut presque à celle du chêne. Aussi Temploie-Uon pour les travaux hydrauliques, boisages des galeries et puits de mines, conduites d'eau. On en fait encore de la menuiserie et de l'ébénisterie communes : sièges, pliants, por(e-manteaux, montants d'échelles, sciages divers; tour et sculpture grossière : bobines, fuseaux, patères, boutons, etc ; sabotage, semelles légères ; merrains grossiers pour tonneaux à ciment; brosses; manches de guitares et de basses. Ce bois fournit parfois des loupes d'une couleur fauve, avec des parties brunes qui sont utilisées pour le placage des meubles après qu'elles ont été' polies. On peut rehausser cette couleur au moyen des acides ; d'ailleurs ce bois, qui prend bien la teinture, sert pour les imitations de bois exotiques destinés à la confection de meubles bon marché. On l'utilise encore pour faire de la pâte à cellulose pour papiers teintés. ^
Comme combustible, ce bois rend des services dans certaines circonstances où l'industrie réclame un chauffage par coup de feu. 11 brûle vite en dégageant beaucoup de chaleur ; la flamme en est calme, accompagnée d'un peu de fumée, le charbon s'éteint facilement ; la combustion nécessite, par suite, un fort tirage. Il est recherché pour les boulangeries, les verreries, etc. ; il pétille et éclate très peu, il convient au chauffage des appartements. Le charbon produit est mou, léger, d'un faible pouvoir calorifique, soit, par rapport au hêtre, à volumes égaux ; 35 : 100 ; il ne convient pas dans les baiits-foorneaux. On l'utilise pour la fabrication de la poudre.
804 CHAPITRE lî. — ÉTUDE SPÉCIALE DES BOIS UTILES
Caractères anatomiques . — Accroissements distincts, asseï largement flexueux. Rayons très nombreux, les uns (plus rares) très larges mais constitués, en réalité, de la réunion de rayons minces séparés seulement par un peu de tissu fibreux sans vaisseaux ; les autres minces, beaucoup plus abondants. Les faux rayons donnent en débit sur maille quelques grandes et larges maillures. Vaisseaux égaux, fins ou assez fins, isolés ou accolés par 2-10, régulièrement épars dans la première partie de Faccroissement ; moins nombreux et plus groupés en lignes droites ou un peu dendritiques interrompues dans la seconde ; manquant sur le bord interne Tissu fibreux peu dense. Taches médullaires nombreuses rousseâtres.
Produits accessoires. — L'écorce est très riche en tannin, soit jusqu'à 16,5 0/0 (Gassicourt), mais elle donne un cuir rouge, dur, très cassant ; il faut la mélanger avec de Técorce de chêne pour obtenir de meilleurs résultats. Elle n'est d'ailleurs pas usitée en France pour cet usage, mais on se sert d'écorces d'aulne, pour le tannage, en Autriche, en Italie et en Espagne.
A côté de cette espèce, qui est la plus importante pour son bois, il en existe d'autres en France, que nous ne ferons que signaler: Vanlrievert\{AlriusviridisliC.)^c[}x\hhh\{Q les Alpes; ses dimensions sont faibles, aussi le bois est-il simplement employé sur place pour le chaufi^age ; Y aulne blanc (Alniis incana) habite le Jura et les Alpes et descend le long des vallées; ses feuilles, au lieu d'être larges et plus ou moins échancrées au sommet comme dans l'aulne glutineux, sont, pour la plupart, terminées en pointe. Son bois a les caractères, les qualités et les usages de cette espèce, mais il est moins cassant et peut servir à la fabrication de cercles de futailles. Densité : 0,468-0,510.
Voici, d'après M. Thil, un tableau qui permet de reconnaître ces difi'érents bois :
Bois blanc rosé, vaisseaux assez nombreux^ gros rayons rares Aulne vert.
Bois rougeàlre, vaisseaux nombreux ou très nombreux, gros rayons plus ou moins nombreux. . 2
Une zone plus dense, etroile, sur le bord externe ; bois grossier, lignes dendritiques interrompues, assez radiales A. glutineux.
Une zone plus dense assez large sur le bord externe, bois même grosseur, lignes dendriiiques interrompues plus obliques, formant par place des lignes anguleuses concentriques A, blanc.
tmi. lie iMNilcaa blane (Betiila alba^ Lia.) — S//n.: B, verriicosa^hvh. Bouleau verruqueux, B. commun, Bouillard, B. à balai. — Gemeine Birke^ Weissbirke, ail.; Whiie Birchy common Birch, angl.
Caractères. — C'est un arbre pouvant atteindre 15 à 18 m., à tronc droit, couvert d'une écorce, d'abord brune puis d'un blanc de neige, qui s'exfolie par plaques transversales. Les rameaux sont flexibles, pendants, rougeâtres quand ils sont jeunes. Les feuilles sont pétiolées, ovales, triangulaires, terminées en pointe, deux fois dentées, vertes et luisantes en dessus, vert pâle en dessous. Parfois la plus grande largeur des feuilles est au milieu au lieu d'être à la base, et les jeunes mmeaux sont velus ; on a alors affaire à une espèce considérée comme distincte par certains auteurs, le B.pubescent^ Betula pubescens Ehrb. Les chatons mâles sont cylindriques et pendants, les cbatoas femelles sont cylindriques, grêles et dressés, ils sont isolés. Le fruit est une petite samare.
Cette essence est très rustique, peu exigeante au point de vue du sol; elle réussit en plaine comme en montagne, pourvu que l'atmosphère ne soit pas trop sèche. Elle a grand besoin de lumière et ne vit pas à l'état de massif plein ; elle peut être mélangée à d'autres feuillus^ mais elle nuit aux résineux lorsque le vent vient fouetter de leui*s rameaux flexibles les bourgeons de ces arbres. Elle convient spécialement pour le boisement des terrains pauvres.
Cette espèce croit à peu près partout dans les régions tempérées et môme froides de l'hémisphère nord. C'est une des dernières que Ton rencontre en s'avançant vers le pôle.
Le bouleau est un arbre essentiellement forestier qui couvre parfois à lui seul de vastes espaces.
En France, le bouleau est particulièrement fréquent sur les montagnes ; il manque en Algérie.
Ennemis, — Insectes. ^C^i^vhvQ est l'hôte d'un grand nombre d'insectes dont les espèces sont, pour la plupart, banales chez les végétaux ligneux. Le plus grand nombre attaque les
Fig 400. — Le bouleau. — Betula alba L.
feuilles; cependant le Scolyte destructeur {Eccoptogaster destructor 01.) est un coléoptère qui vit dans la tige, creusant ses galeries ovifères, droites et longitudinales, entre Técorce et le bois.
Champignons. — Il en est qui produisent le blanc des feuilles (Phyllaclinin suffulta), d'autres qui s'attaquent aux racines et constituent le Pourridié ou Rhizoctone {Rosellinia aqiiila (Fr.) de Not.). Un certain nombre causent Taltération du bois, ce sont surtout : le Polyporus annostis Pries, le Polypore amadouvier Poly portes fomentarius (L.) Pries et le Polypore du bouleau Polyporus hetidinus (Bull.) Pries. Nous parlons de ces champignons détériorant le corps ligneux au chapitre VII.
Enfin sur le tronc des bouleaux suinte parfois un liquide blanchâtre, d'odeur nauséabonde, chargé de matières organiques et de microbes, c'est Vécoidement mugueux blanc du bouleau.
Bois. — C'est un bois demi-dur, généralement rangé dans la catégorie des bois blancs. Il est blanc, légèrement jaunâtre ou roussâtre, aubier indistinct, homogène, peu sujet aux gerces. Densité 0,517 à 0,771. Il subit en se desséchant un retrait notable qui peut atteindre 15-20 0/0 du volume à l'état vert.
Emplois : impropre à la construction parce qu'il pourrit trop facilement à Tair sous l'influence des variations atmosphériques; il est exposé à la vermoulure. On l'utilise pour la carcasse des meubles plaqués, pour la sculpture grossière, le tour (bobines), les meubles forme bambou (il se courbe assez facilement), les cercles de tonneaux, articles de Paris, règles, équerres, boites, caisses et barils, sabotage assez estimé, allumettes, pâte à papier, balais (jeunes rameaux). Le bois madré de la souche et les broussins de la tige sont parfois utilisés par Tébénisterie.
Ce bois est un bon combustible qui dégage rapidement sa chaleur ; sa flamme est longue, claire et sans fumée, et sa chaleur ascendante est considérable ; il convient particulièrement pour les boulangeries, verreries, etc. Ce bois dense dégage une chaleur intense qui se maintient longtemps. Sa valeur est équivalente k celle du charbon de hêtre. On l'uti-