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BOIS DE SERVICE, DE CONSTRUCTION OU DE TRAVAUX PUBLICS

M99. Bol« de eonstraetlon proprement dite ei de eharpenie. — Pour des raisons multiples, on tend actuellement à remplacer dans les constructions le bois par le fer et Tacier, ce qui n'a pas empêché d'ailleurs que la consommation du bois ne se soit élevée constamment et progressivement pendant ces dernières années comme le montrent les statistiques, ce qui s'explique par les besoins toujours plus grands de l'industrie, l'accroissement de la population et les nouveaux usages de cette substance.

Dès la plus haute antiquité on a employé le bois pour la construction des habitations, et les maisons en furent, pendant longtemps, constituées de toutes pièces. On utilisait d'abord des troncs entiers, car au temps de la forêt primitive, le bois abondait. Plus tard les forêts reculèrent devant les progrès de l'agriculture, le gros bois devint moins commun et U fallut le ménager : déjà Philibert Delorme indique, dans un de ses ouvrages, comment il s'y prit pour suppléer à la pénurie de gros bois de charpente et fit « les poutres, nécessaires pour les grands logis des roys et princes, non de gros bois et grands arbres comme on faict, ains de trois, quatre ou cinq cents pièces de petit bois de toutes sortes ».

La pénurie de gros bois, dont parlait déjà au xvi* siècle ïé célèbre architecte, a toujours été en s'accentuant et c'est là une des raisons qui ont déterminé à substituer souvent le fer et l'acier à cette substance.

Néanmoins le bois possède des propriétés spéciales qui le feront toujours rechercher dans les constructions et dans les arts en vue d'usages particuliers.

Actuellement le bois de charpente est utilisé en faible proportion dans les grandes villes, mais il ne faut pas oublier que dans les campagnes la charpente en bois domine de

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beaucoup dans les constructions et que la population rurale équivaut à 60/100 de la population totale. Il y a donc là un débouché considérable ; d'autant plus que les constructions rurales sont beaucoup plus étendues sur le sol, relativement à leur hauteur, que les édifices des villes et que par suite les toitures et leurs fermes ont un développement proporKonnellement plus important.

Dans les villes on utilise encore beaucoup de bois de charpente pour des constructions temporaires, des échafaudages, pilotis, etc.

Les bois de charpente les plus estimés à cause de leurs qualités et de leurs dimensions, sont : le chêne (rouvre et pédoncule), le châtaignier quelquefois, et les résineux : mélèze, pin, sapin, épicéa (1).

S80. Bels de marine. — Le bois a été abandonné depuis près de 30 ans chez nous pour la construction des navires de guerre. Notre premier cuirassé en fer, le Friedland^ date de 1873, mais l'Angleterre nous avait devancé dans cette voie, car elle mettait à flot le cuirassé Bellerophon dès 1865. Notre marine avait voulu utiliser les énormes approvisionnements de bois spéciaux qu'elle possédait.

Si Ton ne se sert plus du bois pour la construction des coques des grands navires, on Tutilise du moins, encore assez souvent, pour doubler les bordages de métal. Les aménagements intérieurs des vaisseaux, la construction des chaloupes, bateaux de pêche, etc., consomment une très importante quantité de bois ; il en est de même de la batellerie des rivières et canaux.

Le tarif pour la recette des bois de marine comprend trois divisions : 1° les hois droits ou très peu courbés, demi-baux, barrots de gaillard, plançons pour bordages ; 2^ les bois courbantSy à courbure régulière, simple ou double (bois à deux bouges) ; 3° les bois courbés qui sont plus ou moins brusquement courbés.

Les bois le plus souvent employés sont : le chêne pour la

(1) Nous rappelons ici que nous avons eu Toccasion de signaler en passant en revue les essences ligneuses, les usages auxquels leur bois était le mieux approprié. Chap. IX.

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membrure, le hêtre pour la quille, le pin pour les doublages, mâts et espars (voir p. 285).

Le prix de ces bois est établi à la pièce, au tarif et non pas au cube.

Le hêtre, qui est ferme, élastique à l'état humide, est très propre à faire des rames.

L'orme fournit à la marine les membres des canots.

88t. Trairerses de ehemlnsde fer. — La construction et Tentretien des réseaux de voies ferrées absorbent une quantité considérable de bois. La dépense équivaut annuellement en France à 3.500.000 traverses, dont 2.500.000 pour le remplacement. Le prix moyen est de 5 fr. 50, la dépense est par suite de près de 20 millions de francs.

Les principaux bois employés sont : le chêne, qu'on utilise notamment au niveau des aiguilles et des croisements, et le hêtre. Ou se sert aussi, dans le Midi, du pin des Landes. Pour les garages et lignes secondaires on emploie quelquefois le sapin dans les parties établies en ligne droite, qui sont le moins fatiguées.

Les traverses de choix sont à arêtes vives, mais le plus souvent on tolère de l'aubier aux deux angles supérieurs de manière à conserver toutefois, sous les rails ou coussinets, une surface d'appui de 0 m. 11 de largeur au moins. On admet parfois des traverses « demi-rondes » qui doivent cependant satisfaire aux dimensions indiquées p. 284.

Nous avons parlé autre part des moyens employés pour augmenter la durée des traverses de chemins de fer, par injection (chap. VIII) ; nous avons également donné leurs dimensions usuelles (p. 284).

3S8. Poteaam télèffraphiqaeK. — Les poteaux télégraphiques et téléphoniques constituent en France une dépense annuelle d'environ 3 millions.

On recherche pour cet usage des bois ayant une assez grande élasticité, afin qu'ils puissent se redresser après avoir été courbés sous l'action du vent ou du poids du givre sur les fils.

En France, la grande majorité de ces poteaux sont en pin sylvestre ou en sapin.

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Ces poteaux doivent être en bois non gemmé de pin et de sapin, dit le cahier des charges des fournitures faites au Service télégraphique français ; les pins dits Laricio et de Lord Weymouth sont exclus. Les bois seront sains et droits ; le diamètre du cœur ne doit pas dépasser les deux tiers du diamètre total de Tarbre (Pour les dimensions, voir p. 285).

Dans la construction des lignes on compte habituellement 14 poteaux par kilomètre, plus 4 poteaux pour appuis jumelés ou à cause des courbes.

Ces poteaux sont injectés (voir chap. VIII).

8SS. Bols de mine. — Les boisages des mines, et en particulier des houillères, consomment une grande quantité de bois.

Les bois qui résistent le mieux à l'action de Tatmosphère chaude et humide des mines et que, par suite, on utilise de préférence, sont : le chêne, le pin sylvestre, Taulne, le frêne, le pin maritime. Ceux qui, au contraire, passent le plus promptement et doivent être écartés sont : le tilleul, puis le peuplier, le hêtre, le charme, le bouleau, le cerisier, le tremble.

On distingue parmi les étais de mine, les perches et les élançons (voir pp. 285 et 286).

Tandis que la consommation d'étais était au commencement du XIX® siècle de 25.000 stères, elle est actuellement de 1.200.000 stères. L'Angleterre nous en a acheté pour 16 millions 852.000 fr. en 1902, tandis qu'elle nous en demandait pour 798.000 fr. en 1870.

33â. Pilotlii. — On utilise dans les ports, pour les construcHons et Tcnfretien des pilotis, principalement le chêne et Taulne ; le hêtre, Torme et le mélèze se conservent bien également lorsqu'ils sont maintenus constamment sous Teau.

3S6. Pairaffe eu liols. — Le pavage en bois se substitue progressivement, dans les grandes villes, au pavage en granit ou en grès.

Cette substitution se justifie par les avantages considérables que présente ce mode de pavage.

Avantages du pavage en bois, — Le pavage en bois est très

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apprécié à cause surtout de sa douceur au roulement et de son insonorité. 11 est moins glissant que Tasphalte et ne Test pas plus que le pavage en pierre, lorsqu'il est bien entretenu.

Comme propreté^ le pavage en bois est supérieur à la pierre, mais inférieur à Tasphalte. Enfin, au point de vue de la salubrité, les essais bactériologiques de 1895, faits par M. le docteur Miquel, montrent que oe pavage est aussi salu-brc que possible ; il faut noter^ d'ailleurs, que les essais auxquels nous faisons allusion ont porté seulement sur des bois tendres et non sur des bois durs employés actuellement, qui, bien moins que ceux-là, peuvent retenir les germes infectieux. On a comparé le pavage en bois à une brosse à dents, emmagasinant et répandant les microbes, c'est une légende qu'il y a lieu d'écarter ; si les microbes s'y trouvent transportés avec les poussières, comme sur tout autre pavage, du moins y trouvent -ils un milieu aseptique parle fait des injections préalables où ils ne peuvent pulluler.

Il est certain, toutefois, que, pour les voies étroites, humides et mal aérées, il faut toujours recommander Tasphalte.

Prix d'entretien. — Le pavage en bois est moins coûteux, comme prix d'entretien, que le pavage en pierre, Tasphalte et l'empierremenl, du moins sur les voies très fréquentées où les revêtements, quels qu'ils soient, périssent par Tusure. Il est parfois plus coûteux sur les voies à faible fréquentation et niai aérées, où la pierre est à peu près éternelle et où le bois, à la longue, périt, non par usure, mais par pourriture.

Nous donnons ici les prix d'entretien respectifs des différents pavages usités à Paris, d'après Y Anmiaire statistique de la ville de Paris, xxi® année (1902;.

Le prix d'entretien du mètre superflciel de pavage en bois a été de 859 francs en 1900, tandis que le mètre superficiel du pavage en pierre a coûté 897 francs^ Tasphalte, 1 .427 francs, l'empierrement, 2.713 francs.

Ces chiffres comprennent les salaires des cantonniers et ouvriers employés à l'entretien et au nettoiement, ils ne comprennent pas les annuités pour intérêts et amortissements des dépenses de premier établissement payées aux compagnies concessionnaires des pavages en bois, établis à l'entre-

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prise, non plus que les dépenses relatives aux convertissements de chaussées^ ni les sommes recouvrées sur les particuliers pour travaux faits à leur compte.

Surface totale des chaussées pavées en bois à Pa?ns (1901). — La surface totale, au 1^"* janvier 1901, des chaussées pavées en bois à Paris était de 1.594.220 mètres carrés, sur une surface totale de chaussées pavées égale à 9 millions 077 670 mètres carrés. Il faut noter que tous les jours s'opère la transformation de Tancien pavage en pierre en pavage en

Installation d'un pavage en bois, — Le pavage en bois exige un sous-sol bien tassé et où les ouvertures de tranchées soient rares ; les réparations sont, en etïet, plus difficiles à exécuter convenablement qu'avec les autres systèmes de revêtements.

A Paris, les conduites d'eau, les fils téléphoniques et télégraphiques sont logés dans les égouts ; aucune fuite d'eau ne risque de miner la fondation par dessous, et on peut tout inspecter et réparer sans ouverture de tranchée. Les canalisations électriques sont logées sous les trottoirs, et la ville exige qu*il en soit de môme pour les canalisations de gaz lorsque la rue doit être pavée en bois. Tout ej>t donc pour le mieux à Paris ; beaucoup d'autres villes, moins favorisées» ont vu, de ce fait, le pavage en bois considérablement entravé.

Pour la pose du pavage, on procède de la manière suivante :

. On fait, sur un sol bien dressé, une fondation en béton de 15 à 30 centimètres ; on dame cette fondation et on Iqi donne un bombement de 1/60 de la largeur de la chaussée ; 3 ou 4 jours après on pose debout des pavés, ou bouts de madriers, de 0 m. 075 ou 0 m. 08 de large, 0 m. 21 ou 0 m. 22 de long et 0 m. 11 ou 0 m. 15 de haut. Ces pavés ont été trempés pendant 20 minutes dans une composition chaude de coaltar, créosote ou craie argileuse pour les empêcher de pourrir.

Les pavés sont placés en rangées perpendiculaires à Taxe de la chaussée, ils sont posés jointivement dans le sens de leur largeur, tandis qu'on les sépare dans le sens de leur

longueur au moyen d'une réglette r (fig. 483-484), qui permet entre eux un vide de 0 m. 008 à 0 m. 010. Ce vide est ensuite rempli avec du béton ou avec du brai coulé à chaud.

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Fig. 48i-484. — Disposition d'un pavage en bois.

La réglette peut être enlevée avant le remplissage du joint ou laissée en place.

Deux ou trois jours après la pose on répand sur le tout un

fin gravier qui pénètre et s'incruste dans le bois sous Faction des roues de voiture et en augmente la dureté. Il faut renouveler ce sablage plusieurs fois par an.

Comme il faut tenir compte de

la dilatation du bois, on laisse,

dans les chaussées de moyenne

0 m. 05, contre les bordures du

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Fig. 485. — Pavage en bois.

largeur, un vide (V) de

trottoir ; on le remplit avec du sable.

Les pavés ayant la forme de prismes hexagonaux sont plus résistants que ceux qui sont rectangulaires, mais leur prix de revient est plus élevé. On les emploie seulement dans quel • ques cas.

Choix des hais de pacage, — Le choix des essences est une

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question des plus délicates. Les sapins et épicéas ont donné des résultats médiocres ; ils résistaient mal à Tusure et à la pourriture. Un temps, le pin sylvestre de Suède a régné exclusivement, il est encore très employé en Angleterre ; à Paris il est actuellement détrôné par le pin maritime des Landes.

Concurremment avec lui on emploie aussi le pitchpin d'Amérique, plus cher mais plus résistant, quoique devant être encore classé parmi les bois tendres. ^ Après les bois résineux sont venus les bois durs, moins sujets à la pourriture mais plus coûteux. Les bois indigènes sont peu employés ; mais TAustralie envoie en grande quantité des eucalyptus variés (karri, jarrah) (voir p. 999) ; Java, la Birmanie et le Siam envoient le teck (voir p. 988).

Parmi nos colonies, TAnnam nous a donné le bois de Hem.

Le Congo et Madagascar nous fourniront, certainement bientôt, des bois propres à cet usage.

En Algérie de bonnes essences viennent d'être acclimatées, mais elles n'ont pas encore la taille voulue.

Il y a là pour nos possessions d'outre-mer une source de trafic qui n'est pas à négliger.

Bornéo a envoyé quelques bois de fer.

La classification^ par ordre de résistance au choc et à l'usure par frottement adoptée par les ingénieurs de la ville, est la suivante :

1* Bois de fer de Tlndo-Chine ;

2° Karri (Australie et Nouvelle-Zélande) ;

3* Jarrah (Australie);

4* Pitchpin (Amérique) ;

5** Teck (Java, Birmanie, etc.) ;

6* Pin des Landes ;

T Pin du Nord ;

8** Sapin des Vosges ;

9' Sapin de TOrne.

Les bois de fer de l'Indo-Chine sont le liem et le trac (voir bois de rindo-Chine, p. 1277, 1278, 1279).

En fait, et ce point est très important pour les exportateurs indo-chinois, le pin des Landes représente les 9/10 du total des bois employés. La préférence donnée à cette essence est exclusivement une question de prix ; le pin des Landes coûte,

1330 CHAPITRE IIII. — tJTILlSÂÎlON DES BOIS

en madriers à Paris (en gare), 60 francs le mètre cube, plus un droit d'octroi de 9 francs. La ville de Paris traite généralement directement avec les propriétaires ; on admet seulement un déchet de 5 0/0.

Le karri coûte à Paris 155 francs environ le mètre cube.

Recette des bois destinés au pavage, — Leur réception exige un personnel exercé et pourvu d'une éducation spéciale ; sans cela on s'exposerait à de gros mécomptes ; c'est une des raisons qui entraveront toujours l'adoption du pavage en bois dans les petites villes où le personnel spécial ne serait pas suffisamment utilisé.

Les procédés de conservation : sulfatage, créosotage, etc., les travaux du tronçonnage des pavés exigent des dispositifs spéciaux et ont donné lieu fi d'ingénieuses inventions dans les détails desquelles nous ne pouvons entrer (1).

Un des problèmes les plus difficiles à résoudre a été de faire vivre en bonne intelligence le pavage en bois et les rails de tramways. La présence du rail est une cause d'usure pour le bois, tandis que le bois lui-même, par sa poussée, a souvent disloqué les voies.

La Ville de Paris a d'abord concédé les pavages en bois à des sociétés qui se chargeaient de la construction et de l'entretien pendant 18 ans, moyennant une indemnité annuelle. La surface ainsi concédée entre 1883 et 1887 a été d'environ 400.000 mètres carrés. A partir de 1887, la ville a jugé plus commode et moins coûteuse d'acheter les bois et de faire elle-même la fabrication des pavés et les travaux de pavage. Nous avons donné plus haut l'étendue de la surface totale des chaussées pavées en bois à Paris en 1901. Ce système est actuellement le seul en usage pour les nouveaux pavages, sauf quelques cas spéciaux peu importants.

Le pavage en bois à V étranger, — Il y a fort longtemps que ce système est en usage aux Etats-Unis. En Europe, des essais ont été faits à Saint-Pétersbourg dès 1834 ; les tentatives faites plus tard à Berlin ont donné lieu à un échec retentissant. Les blocs en sapin ordinaire ont été employés

(1) Voir sur ce sujet : Alb. Pelsche, Le bois et ses applications au pavage j Paris, Baudry, et l'analyse de cet ouvrage par P. Laurîol, in Revue générale des sciences, 1897. Nous avons fait de fréquents emprunts à CCS travaux.

pour le pavage à Londres dès 1871. Dans toutes les rues à grand trafic on doit les renouveler tous les 5 à 7 ans. Le pavage en bois dur a été essayé, mais Ton semble revenir aux bois résineux tendres.

g 2. — BOIS DE TRAVAIL

S86. Bois de ««lasc. — Ces bois sont destinés à la menuiserie, Tébénisterie, la fabrication des parquets, etc. Nous nous bornerons ici à indiquer les bois que ces industries mettent le plus souvent en œuvre.

Presque toutes les essences forestières se prêtent au sciage en planches et peuvent constituer, par suite, des bois de sciage.

Menuiserie. — Les planches obtenues ont une affectation spéciale dépendant des essences dont elles proviennent. C'est ainsi que le chêne, particulièrement beau, résistant à Tusure et de grandes dimensions, est employé pour la menuiserie de valeur et la fabrication des parquets ; ce bois a son plus grand prix et toute sa beauté lorsqu'il est débité sur maille, débit qui laisse voir à la surface de la planche de petites plaques brillantes dues aux rayons médullaires ou mailles. Nous avons vu (p. 279 et s.) que Ton désignait dans le commerce par des noms spéciaux des pièces de bois scié ayant des dimensions déterminées : les plus grosses sont pour la charpente : poutre, panne, chevron ; les autres, plus minces, pour la menuiserie : gros battant, chevron, petit battant, membrure, entrevous, planche ou échantillon, panneau, voligc ; ces derniers types conviennent également à Tébénisterie.

Les sciages de hêtre conviennent à la menuiserie commune ; les dimensions en sont aussi des plus variables. Bien souvent on les débite en plateaux, c'est-à-dire en planches épaisses prises sur toute la largeur de Tarbre (voir p. 282).

On fait enfin, en France, une consommation considérable de sciages de résineux, dont le bois léger, bon marché, facile à travailler, convient à une foule d'usages. On les scie en planches, madriers, etc., ayant des dimensions déterminées, constantes, au moins dans certaines localités (voir p. 280).

Ebénislerie. — L'ébénisterie n'utilise pas seulement les

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bois exotiques que nous avons longuement étudiés (p. 932), mais encore de nombreux bois indigènes : chêne, noyer, orme, robinier faux-acacia, micocoulier, le frêne qui, particulièrement souple, est employé pour la confection des meubles en bois courbé, les érables, les fruitiers (poirier, pommier, cerisier, alisier, sorbier), ceux-ci, très homogènes, sont susceptibles d'un beau poli. Plusieurs de ces derniers bois prennent très bien la teinture et, grâce à la finesse de leur grain, peuvent alors simuler des bois exotiques précieux; comme, par exemple, le poirier teint en noir qui rappelle Tébène, et le cerisier plongé deux ou trois jours dans Teau de chaux qui se colore en roùge vif et ressemble à l'acajou. Les bois destinés à Tébénisterie sont soumis à une dessiccation très lente afin qu^ils ne se fendillent pas; après cela ils sont débités, soit en planches pour faire des meubles en bois plein, soit en feuillets, parfois très minces, pour le placage extérieur de bois ordinaires. On fait adhérer ces feuillets de placage, qui peuvent avoir moins de 1 millimètre d'épaisseur, sur le bois massif, au moyen de colle de gélatine. Lorsqu'on associe plusieurs placages côte à côte, de façon à produire des figures variées dans leurs lignes et dans leurs teintes, on fait de la marqueterie.

Instruments de musique. — Dans les instruments à vent, le bois n'est pour rien dans le timbre du son, à rencontre de ce qu'on croit souvent ; par suite, la nature du bois employé pour la fabrication de ces instruments : flûtes, clarinettes, bassons, hautbois, etc., a peu d'importance, elle intervient accessoirement pour donner une beauté ou une valeur plus ou moins grande à l'instrument. Les bois le plus généralement employés sont : le palissandre, le buis, l'érable, Tébène, le grenadille, pour les petits instruments comme la petite flûte ; le basson, dont la taille est plus considérable, se compose parfois de deux bois comme Térable qui sert à former la grande branche, tandis que le palissandre peut être employé pour la petite. Le choix du bois pour les accessoires est plus important, car le son dépend surtout du travail de ces pièces: bec, anche, etc. Pour les becs de clarinette Tébènc est généralement employée ; on lui préfère cependant parfois les becs en cristal, qui n'ont pas Tinconvénient de travailler sous l'influence des agents atmosphériques comme cela se produit

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pour tous les bois ; Tanche est en roseau-canne du Midi qu'il est très difficile de choisir, il ne doit être ni trop sec, ni spongieux.

Dans les instruments à corde, le bois a un rôle actif pour la production du timbre car il vibre avec la colonne d^air.

Pour le violon, on emploie généralement le sapin pour la table, l'étme et la barre ; Térable, le noyer, le hêtre, ou même le peuplier, pour le fond et le manche ; Tébène pour la souche, le cordier, les chevilles ; Tarchet est le plus souvent en bois do Fernambouc.

Pour le piano, la liste des bois usités est encore plus considérable ; les uns servent simplement à la décoration, au luxe de l'instrument, d'autres font sa solidité, d'autres enfin contribuent à sa sonorité, comme ceux qui sont employés au fond et à la table d'harmonie.

Voici la liste de ces bois :

Bois indigènes : chêne, hêtre, sapins rouge et blanc, tilleul, érable, poirier, cormier, noyer, houx, peuplier grisard, peuplier, orme.

Bois exotiques : acajou, palissandre, courbaril, cèdre, cédrat, amaranthe, bois de fer, citron, amboine, violet.

D'autres bois exotiques précieux peuvent encore être employés en marqueterie pour la décoration extérieure.

Les tables d'harmonie seront de préférence en sapin ou en épicéa, on en fait aussi en acajou, bois qui convient beaucoup moins bien à cet usage ; le sapin est de faible densité, élastique, et transmet le son très rapidement. Le barrage est en chêne, sinon en fer, ainsi que la grosse charpente ; les chevilles sont en hêtre ; le cèdre, léger et élastique, est excellent pour les manches des marteaux ; le cormier résiste à la force de traction des sillets ; le poirier, insonore, convient aux pièces d'échappement dont le mécanisme doit demeurer silencieux ; le tilleul, que n'affectent que fort peu les variations atmosphériques, peut servir pour les claviers ; Tébène, enfin, sert à fabriquer les touches dièses et bémols.

Le bois joue un rôle très important dans la fabrication des orgues, il domine dans Tarchitecture de ce bel instrument. Le métal, et surtout Tétain, est plus employé que le bois pour la fabrication des tuyaux.

Les bois, le plus souvent de chêne, hêtre ou sapin, servent

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pour UQ certain uorabrc de jeux, les claviers de pédales et une partie des claviers à mains, les soufflets, registres, sommiers et tringles. Pour les tuyaux, certains facteurs préfèrent encore le bois au métal, surtout pour quelques-uns des jeux, notamment le trente-deux pieds, le bourdon de trente-deux pieds, les plus grands tuyaux de seize pieds et le bourdon de seize pieds.

S89. Bols 4 toamcr. — Les bois qui se laissent le plus facilement tourner sont les bois homogènes. Leur grain doit être d'autant plus fin qu^on les destine à la confection d'objets plus petits. Pour les ouvrages de tour réclamant une certaine finesse, on emploie des bois d'ébénisterie : buis, prunier, etc. ; pour ceux qui sont moins délicats, on fait un usage très considérable du hêtre, puis du bouleau, du tremble, etc. ; le chêne et l'orme fournissent les énormes moyeux de la grosse charronnerie. La tournerie de robinets est un art assez compliqué et qui, suivant les besoins, permet d'utiliser, pour tout ou partie de la même canette, le frêne, Taulne, le charme, le buis, Talisier, l'aubépine, le cytise, etc. ; on fait de solides manches tournés avec le cornouiller mâle, Férable champêtre et le frêne ; des petits meubles divers avec le hêtre, le frêne, le cerisier ou Facacia.

839. Bois k iiealpter. — Ils doivent être assez tendres et homogènes ; le tilleul convient particulièrement car il se découpe bien en tous sens. On peut citer encore comme bois à sculpter : le hêtre, le platane, le marronnier et, dans certains cas, le chêne. Les montagnards du Tyrol sculptent des jouets, chalets, etc., dans le bois de pin cembro.

•SU. Bolii 4 graver. — Us doivent être très homogènes et assez durs. Autrefois on gravait sur bois de poirier et sur bois de fil, c'est-à-dire dans le sens de la longueur des fibres : actuellement on a adopté le buis, plus compact, et on grave sur bois debout ou à fil debout, c'est-à-dire sur bois dont les fibres sont dressées verticalement par rapport à Toutil du graveur.

Ou utilise aussi pour la gravure le bois du sorbier domestique.

BOIS D(Euvrf:

SâO. Bolii de iableUerle. ^ On comprend sous le nom de tabletterie une multitude de petits objets ou bibelots eu bois sculpté (ou en ivoire, os, écaille, celluloïd, compositions artificielles imitant la corne), tels que tabatières, cendriers, coupe-papiers, etc. On les fait très souvent en bois exotiques ou « bois des lies », tels que Tébène^ etc., ou en buis, charme (articles de Saint-Claude), houx, pommier, poirier, etc.

Bât. Bolii à crayoïm. --Le bois le plus employé est le cèdre rouge d'Amérique (voir p. 936). On utilise aussi les bois de tilleul et de sapin d'Europe, pour les crayons communs et les crayons plats des charpentiers et menuisiers.

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