Coblentz et ses environs
Arrivée. Coblentz et Ehrenbreitstein, situé en face (p. 249), ont ensemble trois gares: 1^ la gare du Rhin à Coblentz (Rheinbabnliof ; pi. A 2-3), pour la ligne de la rive g. (R. 56) et les trains dans la direction d'Ehrenbreitstein; — 20 la gare' de la Moselle (Moselbabnbof ; pi. A 4-5), au pied de la Chartreuse, à 6 min. de la ville, pour les lignes de la Moselle (R. 45) et de la Lahn (R. 44), où passent aussi tous les trains de la rive g. du Rhin; — 3^ la gare d' Ehrenbreitstein (pi. E2), pour les trains de la rive dr., plus rapproche'e que les deux autres des hôtels de Coblentz sur le bord du Rhin, mais que ne desservent pas leurs omnibus. — Fiacres des deux premières gares dans la ville: à 1 chev., 1 ou 2 pers., 75 pf. ; 3 ou 4 pers., 1 oU. 25; à 2 chev., 1 JC. et 1 Ji. 50, plus 10 pf. par colis; — de la gare d'Ehrenbreitstein à Coblentz: à 1 chev., 1 à 4 pers., 1 ofC. 50; à 2. chev., 2 oiC. , plus 45 ou GO pf. de péage. — Le débarcadère des bateaux à vapeur du Rhin est à Coblentz même, un peu en aval du pont de bateaux, à 20-25 min. des gares des chemin de fer.
Hôtels. Au BORD DU RniK : "•■//. dn Géant (Riese; pi. a,D2) et "^Bellevite (pl.b,D2), l'un et l'autre de ier ordre (ch. dep. 2 JC.bO; dîn., 3 c^K);
— Anker (pi. c,D2; ch., b. et s. dep. 2 Ji.; dîn., 2 J(. 75); Traube (pi. g, D 2) , dans la Rheinstrasse, près du fleuve ; Victoria^ en face du pont du Rhin, modeste. — Daîcs la ville: *Wildes Schwein (pl.f,B2), au Plan (ch. et déj., 2 Ji. 50); Berliner Hof^ près de la gare du Rhin (eh., s., b. et déj., 3<7/^.); H. de Trêves (pi. d, C3), Clemenspl-atz. — Pensions Ernen, Beauséjour, Chardon (4 à 6 oK par jour), tous sur les promenades du Rhin, recommandées.
Cafés: *TrinJchalle (pi. C5), sur les promenades (p. 248; musique militaire en été, le jeudi soir); Rheinpavillon, près du débarcadère des bateaux, seulement en été. — Dans la ville: Hubalek, près de la poste (pi. G 3).
Débits de vin: *Tillmann, unter'm Stern, à l'extrémité N. de la Kornpfort-Strasse (pi. C2), avec un bon restaurant et un pavillon où l'on a une belle vue du côté de la Moselle; Im Vogelsang (Oatwa.\d)^ Carmeliterstr. et Regierungsstr. (pi. D3). — Le Civil-Casino (pi. 4), au coin des rues du Casino et du Magasin, est connu pour ses bons vins; il faut y être introduit par un membre de la société.
Brasseries : *Zum Framiskaner, Kleiner Paradeplatz, 2; Engels, Schlossstr. ; Grenzhœuser, au Mainzer Thor (porte de Mayenee), avec jardin.
Bains. Bains du Rhin: au pont de bateaux (pi. E2), 50 pf. — Bains CHAUDS, chez Fischer, Lœhrstrasse, 85, et chez Hensler, au Castorbof.
Poste et télégraphe (pi. 30), au Clemensplatz.
Voitures, en station sur le bord de Rhin, dans le voisinage du pont de bateaux; au rond -point du château (Sehlossrondel ; pi. C 3-4), et aux gares. Voit, a 1 chev.: la course à l'intérieur de la ville, ainsi qu'à Lùtzel- Coblentz (pi. B 1), jusqu'au rond -point sur la route de Mayenee (Mainzer- Chausée; pi. C 6) , au pied de la Chartreuse (pi. A 5) et aux gares: 1 ou 2 pers., 75 pf. ; 3 ou 4 pers., 1 ail. 25 (colis, 10 pf.). — Pour Capellen (Siolzenfels) ou Niederlahnstein, 2c4C.; aller et retour, avec 2 h. d'arrêt, 5 c4C. ; pour Pfaffendorf ou l'établissement de Laubach, 1 eU. 50; aller et retour, avec 2 h. d'arrêt, 3 cU. 50; pour Ehrenbreitstein ou la hauteur de Vî&iÎQuàovi (Asterstein), 4 c^. ; aller et retour, avec 2 h. d'arrêt, 5 dl. — A l'heure : l^'^ h. , 2 JC. 50; 1/2 h. suiv., 1 c4(. 25. — Voit, a 2 chev., un tiers ou la moitié de plus. De 10 h. du soir à 6 h. du matin, le double. — Le péage sur le pont se paie à part. Les voitures particulières des hôtels sont plus chères.
Si l'on a peu de temps : remonter le long du Rhin 'par les promenades (p. 248), du Holzthor jusqu'au rond-point (Rondel), revenir jusqu'au monument de Schenkendorf, puis prendre par le glacis jusqu'à la porte de Alayence (Mainzer-Thor , promenade facile à faire en 1 h. 1/4); ensuite aller par le pont du chemin de fer Rhénan à la rive dr. du Rhin (8/4 d'h.), monter à VAstersiein (p. 250; 1 h. I/4) ou à V Ehrenbreitstein (p. 250; 2 h), et revenir par le pont de bateaux, ce qui prendra en tout 3 h. à 3 h. 1/2-
— A voir encore: Y église St-Casior, le monument de Gœben et le pont de la Moselle,
St-Castor. COBLENTZ. V. R. 42. 245
Cohlentz (Koblenz), au confluent du Rhin et de la Moselle, capitale de la Prusse Rhénane , place forte et résidence des autorités supérieures de la province, tant civiles que militaires, est une ville de 31674 hab., plus 5000 hommes de garnison, sans compter la population d'Éhrenbreitstein (p. 249). Elle fait un grand commerce de vin et fabrique beaucoup de vin mousseux , qui s'exporte surtout en Angleterre et aux colonies anglaises. Cette ville a été depuis 1820 fortifiée d'après les principes modernes ; elle a une enceinte continue et des forts détachés : Ehrenbreitstein , Asterstein, Chartreuse, Petersberg. Elle passait auparavant pour la première place forte de l'Allemagne , mais celles de Mayence , de Cologne, de Strasbourg et deMetz sont maintenant plus importantes.
De toutes les grandes villes du Rhin, Coblentz est incontestablement celle dont le site est le plus beau ; la contrée se présente dans toutes les directions sous des aspects pittoresques.
Aucun texte ancien ni aucune antiquité ne prouve qu'il y ait eu une ville romaine sur remplacement de Coblentz. Il semble qu'il n'y ait eu d'abord qu'une station sur la voie romaine (ad confluentes), station fortifiée seulement à partir du v^ s. En 1844, lors de la construction du nouveau quai du Rhin, on a trouvé des monnaies romaines de la première époque impériale, et en 1864, en aval du pont de la Moselle, des restes d'un pont romain sur pilotis, probablement du v^ s.
Jusqu'à la fondation de la ligue des villes rhénanes (p. 183), Coblentz eut peu d'importance, bien que l'histoire mentionne quelques réunions des princes et des assemblées ecclésiastiques qui s'y tinrent. Pendant la guerre de Trente-Ans, la ville fut tour à tour assiégée et occupée par les Suédois , les Français et les Autrichiens. Les bombes françaises en détruisirent la plus grande partie en 1688, mais le maréchal de Boufflers dut néanmoins se retirer sans résultat. La construction du château ayant été achevée en 1786, l'électeur de Trêves y transféra sa résidence. Quelques années plus tard, le 23 octobre 1794, les Français firent leur entrée dans la ville, qui fut de 1798 à 1814 le chef-lieu du département de Ehin-et-Moselle. Les armées alliées y entrèrent à leur tour le premier janvier 1814, et la Prusse en prit possession l'année suivante.
Le côté de la ville qui fait face au Rhin se compose de quelques hautes constructions : le château , le Gouvernement provincial , de grands hôtels, etc., se terminant, à l'extrémité inférieure, par la vieille église St-Castor et la maison de l'Ordre Teutonique (pi. 7), maison simple du style ogival, immédiatement à l'embouchure de la Moselle dans le Rhin, et servant aujourd'hui de magasin.
*St-Castor (pi. 18, D 1-2), fondé en 836, date en grande partie, dans sa forme actuelle, de la fin du xu® s., et fut consacré en 1208. Cette église est une basilique romane à quatre tours, avec un chœur rond, qui a dans le haut une galerie à colonnes. Elle offre surtout du côté du Rhin un coup d'œil pittoresque, mais on ne saurait bien l'apprécier du quai, à cause du mur hideux de l'enceinte: il n'est même pas possible d'y arriver directement du Rhin.
L'*iî;térieur (fermé pendant midi) a 57 m. de long et 21 le large. La riche voûte goth. à nervures de la nef principale a été construite en 1498 , à la place du plafond primitif. Le chœur est brillamment orné de peintures et de dorures: à l'entrée, le Couronnement de la Vierge; dans le cintre, la Trinité avec des saints, l'un et l'autre par Setlegast (1849)-, à dr., l'Adoration de l'enfant Jésus, par Gassen (1871). Au-dessous,
246 V. B. 42. COBLENTZ. Pont de la Moselle.
le tombeau de Werner (m. 1418), archevêque de Trêves, sarcophage dans une niche. En face (à g.) le *tombeau de V archevêque Cuno de Falkenstein (m. 1388; v. p. 237), bien plus important, aussi dans une niche, ornée d'une peinture murale sur fond d'or, l'Adoration de Jésus en croix, avec St Jean et St Castor à dr., l'archevêque à genoux, la Vierge et St Pierre à g. : elle est attribuée à maître Wilhelm de Cologne. Dans le transept, 16 vieilles peintures à l'huile allemandes, exécutées vers 1500. Dans le bas côté de g., des fresques de Kindler^ et le tombeau de Ste Riza^ regardée comme la fille de Louis le Débonnaire; il est du xviii^ s.
A rO. de l'église se trouve la fontaine St-Castok (pi. 6, D 1), que le dernier préfet français fit ériger en mémoire de l'entrée des Français à Moscou, avec l'inscription: «An 1812, mémorable par la campagne contre les Russes. Sous le préfecturat de Jules Doazan.» Le général russe de Saint-Priest, qui occupa Coblenz le l^*" janvier 1814, fit mettre au-dessous: «Vu et approuvé par nous, commandant russe de la ville de Coblenz, le 1^'' janvier 1814.» — A rO. de cette place s'élève Vhôtel du commandant g entrai de la province (pi. 10), ancien hôtel du comte von der Leyen, modernisé sous la domination française.
Le vieux Coblentz est du côté de la Moselle. Il n'y a rien de bien remarquable. L'église St-Florin (pi. 19, C2), du commencement du XII® s., avec un chœur goth. et des tours à toitures disgracieuses, de 1791, sert de temple depuis 1818. A côté le Kaufhaus (pi. 16), construit comme bôtel de ville en 1479, restauré en 1688 et transformé maintenant en école. — Notre-Dame (Liebfrauenkirche ; pi. 22, B 2), achevée en 1431, a remplacé la première église de Coblentz, sur la hauteur où était le camp romain. Elle a des vitraux et un autel neufs.
Le *pontde la Moselle, à 14 arches, de 475 pas de long et 9 de large, mérite une visite à cause de la vue dont on y jouit. Il a été bâti en 1344 par l'électeur Baudouin, réédiflé en 1430 et élargi en 1884. En amont, le pont du chemin de fer mentionné p. 248. Le haut bâtiment avec deux tours aux angles, près du vieux pont, à l'E., est l'ancien palais archiépiscopal, appelé Burg (pl.3, B2). II a été construit en 1276, mais il y a des additions postérieures, notamment la jolie tour de l'escalier au S. (côté de la ville), de 1599. C'était le séjour favori de l'électeur Lothaire de Metternich , qui fonda ici en 1609 la ligue catholique. Il est maintenant occupé par une fabrique d'objets en fer-blanc vernissé.
Sur la rive g. de la Moselle se trouvent Liitzel-Cohlenz (Petit-Coblentz), avec une grande gare de triage, et le Petersberg, hauteur que couronne le fort François (Feste Franz). Au pied de ce fort, à l'E., à 15 min. du pont de la Moselle (v. le carton du plan de Coblentz), s'élève une simple pyramide, sur le tombeau de Marceau, le général français, tué en 1796 à Altenkirchen: «soldat à 16 ans, général à 22 ans». — A côté sont de longues rangées de tombes dans lesquelles reposent les prisonniers français morts en 1870-71 au camp du Petersberg.
Le quartier S., dit la Ville Neuve, aux grandes places plantées de tilleuls, date de la fin du xviii® s. et doit son existence à l'électeur Clément- Venceslas (v. ci-dessous). — La rue du Rhin (Rhein-
Château. COBLENTZ. V. R. 42. 247
strasse) y conduit à la place de la Pabade (Paradeplatz ; pi. C2), où se trouve, depuis 1884, le monument du général de Gœben (pi. 38), né dans le Hanovre en 1816, qui s'est illustré dans les campagnes de 1864, 1866 et 1870-71 et qui est mort dans cette ville en 1880. La statue est d'après Fr. Schaper, de Berlin.
La rue de la Poste conduit plus loin à Vhôtel des Postes (pi. 30), bel édifice du style de la renaissance construit par Kind et Kux, puis à la PLACE St-Clément (Clemensplatz), où s'élève un obélisque de 19 m. de haut, la fontaine St-Cle'ment (pi. C 3). — En face, à l'angle E. de la place, correspondant à l'hôtel des Postes, un magnifique hôtel particulier, construit par Mylius et Neher de Francfort. — Tout près de là, le Festungsbauhof (pi, 9) ou la direction des travaux de la place, et plus loin le Holzthor (p. 248), par où l'on passe aux promenades du Rhin (p. 248). — A l'O. de la place, le the'âtre, de la fin du xviii® s. ; il renferme une petite galerie de peinture, visible le dim. de 11 h. à 1 h.
Le château (pi. 34 , D 4), vaste édifice ayant au milieu un haut portique de huit colonnes ioniques , fut bâti de 1778 à 1786 , sous le dernier électeur de Trêves, Clément-Venceslas (p. 272), sur les plans de l'architecte français A.-F. Peyne, et habité par l'électeur jusqu'en 1794. Les Français en firent un hôpital, une caserne, etc. Le gouvernement prussien l'a fait restaurer en 1845 et transformé en résidence royale. Dans l'aile gauche (N.) se trouve la chapelle électorale (Schlosskirche), affectée au culte protestant pour les soldats de la garnison qui appartiennent à cette confession. On y voit, au-dessus de l'autel, une grande copie de la Cène de Léonard de Vinci. A côté, la chapelle anglaise. Le rez-de-chaussée de l'aile droite est habité par le gouverneur de la province rhénane. Les *appartements du premier étage, où l'on monte par un grand escalier très élégant, servent au printemps et en automne de résidence à l'impératrice. Sonnette du concierge en bas, dans le corridor de l'aile g.: 1 pers., 1 o/i; une société en proportion.
Dans la salle des Electeurs (Kurfiïrstensaal), on remarque les portraits des derniers électeurs de Trêves, à partir de Richard de Greiflenklau (1511-1531) jusqu'à Clément-Venceslas (1768-1802) ; un album de personnages illustres qui, de 1792 à 1866, ont eu des rapports quelconques avec la ville de Coblentz (entre autres Marceau, Hoche, Napoléon) ; un secrétaire de Frédéric le Grand, etc. Dans la salle des Fêtes, des bustes de la famille royale, entre autres celui de la reine, modelé par la princesse royale de Prusse. Les salles suivantes renferment également divers ouvrages exécutés par la reine, par la grande-duchesse de Bade, sa fille, et par la princesse royale de Prusse. En outre, des portraits de la famille royale, des gobelins donnés à Frédéric le Grand par Louis XVI, quelques toiles modernes de Deschwanden, Settegast, Ch. Hilbnei\ Franc. Alt., et des aquarelles de Scheuren., Ittenbach , etc. Puis les présents oiferts par les villes du Ehin au roi et à la reine à Toecasion de leurs noces d'argent, notamment un splendide album exécuté par les artistes de Dusseldorf, avec un grand nombre d'aquarelles, de dessins à la mine de plomb ou au crayon noir, et enfin le nouvel album de Scheuren «Bellum et Pax», avec de superbes ornements calligraphiques et allégoriques. De tous
248 T: R. 42. COBLENÏZ. Promenades.
ces appartements, on a de belles vues sur le Rliin, sur la hauteur de Pfafi'endorf et sur rElirenbreitstein.
Les imposantes portes de Mayence (Mainzer-Tlior, pi. C 4) et de Lœhr (Lœhr-Thor, pi. AB 3) , au S. de la ville, servent de casernes d'artillerie et du génie. En suivant de la porte de Mayence le chemin du glacis à g. , on arrive aux promenades du Rhin mentionnées ci-dessous.
C'est près de la porte de Mayence, à l'intérieur de la ville, que se trouve la montée du pont du chemin de fer Rhénan (pi. DE 4-5) sur le Rhin. Ce pont, qui sert aussi aux piétons, a été construit de 1862 à 1864, sur les plans de Sternherg. Il a trois arches en fer, de 97 m. d'ouverture et s'élevant à 15 m. au-dessus du niveau moyen des eaux, et il mesure 334 m. de longueur, en y comprenant les piles sur les deux rives. La *vue qui s'offre de là est des plus splendides. Nous recommandons d'y faire une promenade et de retourner dans la ville par le pont de bateaux, en descendant le long de l'autre rive ou bien en passant par l'Asterstein (p. 250).
En dehors du Holtzthor (pi. D 3) commencent les charmantes ^promenades àitQs Rheinanlagen^ création de l'impératrice Àugusta. Elles s'étendent le long du fleuve, en amont, jusque dans le voisinage de l'établissement de Laubbach (v. ci-dessous). Elles méritent une visite, surtout à cause de la vue magnifique sur le pont du Rhin, le village de Pfaffendorf , situé en face, et les hauteurs de la rive dr.^ en amont jusqu'au Stolzenfels et en aval jusqu'à l'Ehrenbreitstein. Près du passage sous le pont du chemin de fer, inaccesible de ce côté , à g. à l'extrémité du glacis (5 min. de la porte de Mayence ; v. ci-dessus) , une haute colonne avec une inscription relative à la construction du pont. A dr., un monument avec un buste, en l'honneur du poète patriote Max de Schenkendorf (pi. 33 , D 4) , mort à Coblentz en 1817. — Plus loin , des maisons de campagne, des jardins et le café THrikhalle, mentionné p. 244 (pi. C5).
Les promenades se terminent à 2 kil. V2 du Holzthor, au *pont du chemin de fer de Berlin à Metz, construit en 1877-79, sur les plans à'Altenloh. Il y a d'abord un haut remblai dans le bras du fleuve à l'O. de l'île à'Oberwerth (p. 243) et en travers de l'île, puis vient le pont proprement dit, composé de trois belles arches en briques de 25 m. d'ouverture, et deux arches en fer très hardies, de 106 m. La longueur totale du pont est d'environ 400 m. Il est également ouvert au public, sauf lorsqu'il fait beaucoup débrouillard et beaucoup de vent et pendant la nuit. Il n'y a rien à payer. On traverse l'arche jetée au-dessus du chemin venant de Coblentz et l'on suit à g. celui qui longe le remblai en amont du Rhin, presque jusqu'au bord de l'île du côté E. , d'où l'on monte sur le pont proprement dit. *Vue superbe de tous les côtés. Le pont aboutit, sur la rive dr., dans le bas de Horchheim (p. 243). Dans le haut du village se trouve la gare du chemin de la rive droite (10 min.).
Chartreuse. COBLENTZ. V. E. 42. 249
Il faut V2 11- poui" retourner par la route jusqu'au pont de bateaux de Coblentz.
En poursuivant sa promenade sur la rive g. du Rhin au delà du nouveau pont, on arrive au bout de 8 à 10 min. à l'entrée d'une vallée latérale dans laquelle est situé l'établissement hydrotbérapique de Laubbach, à env, 3 kil. de la porte de Mayence par la grande route (voit., v. p. 244). — Un sentier, à g. à l'entrée de la vallée et qui tourne encore à g. derrière l'établissement hydrothérapique, conduit en V4 d'b. au *Eittersturz , hauteur qui offre une des plus belles vues sur Coblentz et Ehrenbreitstein (rafraîch.).
Les promenades du Rittersturz se prolongent au S., toujours sous bois, en traversant à la fin la route du Hunsriiek, jusqu'au sommet du Kùhkopf (375 m.; 45 à 50min.; 1 h. 1/2 de Coblentz). Il y a une cabane près de laquelle ou a une vue très étendue et magnifique, embrassant le Khin et la Moselle, les eônes volcaniques de l'Eitel antérieur (g.) et les chaînes de montagnes qui bordent la vallée du Rhin. — On retourne de là à la route du Hunsruek, suit cette route un instant à dr., puis va par un chemin à g. (poteau) au château de Stolzenfels (p. 242).
La Chartreuse {Karthause ; 161 m.), hauteur entre le Rhin et la Moselle, que couronnent le fort Constantin et le fort Alexandre et dans le bas de laquelle est la gare de la Moselle (pi. A 5), offre aussi de belles vues, mais elle est maintenant moins fréquentée par les promeneurs. La route du Hunsriiek traverse le chemin de fer sur un viaduc immédiatement au-dessus de la gare et monte en lacets. Le plateau de la Chartreuse sert de champ de manœuvres. Il y a eu en 1870-71 un camp pour 10 000 prisonniers français.
Dans le bas du fort Alexandre, au N., s'étend le cimetière de la ville (pl,A5), d'où l'on découvre également une jolie vue. A l'extrémité O., d'anciens soldats de l'armée de Napoléon ont érigé un monument en l'honneur de leurs camarades morts à Coblentz et enterrés dans ce cimetière. Plus loin, plusieurs monuments de généraux du VIII^ corps d'armée, le dernier celui du général Aug.-Ch. de Gœben (p. 247).
Ehrenbreitstein et Asterstein.
Les CARTES d'eîjtrÉe pour visiter V Ehrenbreitstein (seulement en été, du 161' avril au 31 oct.), se délivrent à Thaï- Ehrenbreitstein, au bureau du second commandant (pi. 40, E 2 ; monter le perron à g. dans la Hofstrasse ; V. ci-dessous). On paie 50 pf., qui sont versés dans une caisse de bienfaisance. Un sous-officier, qui se présente à votre arrivée, sert de guide dans la forteresse même. 2 h. suffisent pour monter à la forteresse, la visiter et retourner à Coblentz.
La vue de V Asterstein (p. 250) est semblable à celle de l'Ehrenbreitstein , et l'on n'a pas besoin de permission pour y monter, parce qu'on ne traverse pas de fortifications.
Un pont de bateaux (pi. DE 2), long de 470 pas, relie Coblentz à Ehrenbreitstein ou Thaï- Ehrenbreitstein, petite ville de 3000 hab., située en face, dans la gorge qui se trouve entre les hauteurs d'Ehrenbreitstein et d'Asterstein. Le long du Rhin règne la haute digue en pierre du chemin de fer de la rive droite (v. p. 319).
Après avoir passé le pont de bateaux, on prend à g. par la rue dite Hofstrasse. Là se trouve, à g. (perron), là Kommandantur
250 V. n. 42. EHRENBREITSTEIN.
(pi. 40), où se délivrent les cartes. Ensuite on passe à la gare (pi. E2) et devant un grand bâtiment construit en 1747 pour le tribunal supérieur de l'électorat, aujourd'hui un magasin de vivres (Proviant- Magazin; pi. 39). Hors de la ville, on prend à dr. de la route qui descend le long du Rhin, et l'on monte peu à peu un chemin en lacets. L'escalier en pierre du côté du fleuve (575 degrés) est fermé.
La *forteresse d'Ehrenbreitstein (118 m. au-dessus du Rhin, 176 m. d'altit.), construite de 1816 à 1826, sous la direction du général Aster, se dresse en face de l'embouchure de la Moselle, sur un massif rocheux escarpé, remarquable par sa conformation. Il est inaccessible de trois côtés et ne communique avec les autres hauteurs que par leN. La*vuE dont on jouit du haut de la plate-forme, est une des plus belles du Rhin. Elle embrasse la riche et fertile vallée de ce fleuve, depuis Stolzenfels jusqu'à Andernach, et les nombreux sommets volcaniques du Maifeld et de l'Eifel. A ses pieds, le spectateur voit le Rhin et la Moselle, et dans le grand triangle formé par leur confluent, la belle ville de Coblentz.
Le château d'Ehrenbreitstein fut, dit-on, donné dès 636 par Dagobert, roi des Francs, aux archevêques de Trêves-, il est du moins certain que l'empereur Henri II leur en confirma la propriété, en 1018. L'archevêque Hermann ou Hillin (1152-1169) construisit sur la saillie méridionale du rocher, qui est moins élevée, un deuxième fort appelé Hillinstein ^ ou Hermannstein, plus tard Helfenstein, dénomination qui s'est conservée jusqu'à présent. Le château d'Ehrenbreitstein fut encore agrandi par l'électeur de Trêves Jean de Bade, qui fit aussi creuser le puits (1481-1484). On construisit en 1664 du côté N., sur les plans de Maximilien de Pasqualin, architecte de Juliers, deux bastions, auxquels on ajouta plus tard plusieurs ouvrages extérieurs , et grâce à ces constructions, le château fut bientôt transformé en une forteresse d'un nouveau genre. Il a toujours été considéré comme une position de la plus haute importance 5 aussi les commandants étaient-ils tenus de prêter serment de fidélité , non seulement à leur souverain immédiat, mais encore à l'empereur. La place n'a, été prise que trois fois: en 1631, par suite de la trahison de l'électeur Philippe- Ghrisiophe de Sœtern , qui la livra aux Français, malgré l'opposition du chapitre-, en 1637, par Jean de Werth, général des armées impériales, qui la reprit aux Français par la famine, et à la fin du xviii^ s. encore par les Français, qui après l'avoir investie inutilement en 1795, 1796 et 1797, ne purent la forcer à se rendre qu'après l'avoir assiégée du 11 mars 1798 au 27 janvier 1799. Le brave colonel Faber ne capitula qu'après avoir épuisé toutes ses provisions. Tous les ouvrages furent rasés à la suite de la paix de Lunéville. En vertu d'un article de la seconde paix de Paris , la France eut à payer 15 millions de francs pour leur reconstruction , mais les frais s'élevèrent au double de cette somme.
Le fort d'*Astersteiii (pi. F 3-4), sur la hauteur de Pfaffendorf, au S. d'Ehrenbreitstein, forme avec celui-ci les fortifications de la rive droite. — Sur une terrasse faisant saillie du côté du N. - 0. (*vue), s'élève un obélisque de 12m. 50 de haut (pi. 8, F 4), consacré à la mémoire des soldats du viii^ corps d'armée prussien morts dans la campagne de 1866. Sur le versant 0. a été construite en 1856 une tour appelée Louisenthurm, en souvenir de la grande-duchesse Louise de Bade, fille de l'empereur Guillaume, qui passa une partie de sa jeunesse à Coblentz.
On arrive sur la hauteur où se trouve le monument en 20 min. du pont de bateaux, en traversant tout droit Thal-Ehrenbreitstein et en