De Coblentz à Trêves. Valle'e de la Moselle
Chemin de fer: 112 kil., trajet en 2 h. 1/2 à 8 h. I/4, pour 10 cM. 10, 7 JC. 50 et 5 c4i 30 ou 9 Ji. , 6 JC. 80 et 4 cM. 50. Départ de la gare de la Moselle (p. 244). — Vue ge'ne'ralement à g.
Bateau À vapeur 4 fois par semaine, excepté quand les eaux sont trop basses: 191 kil., trajet en 1 jour 1/21 ^^ couchant à Trarbach; 11 à 12 h. à la descente de Trêves à Coblentz. Prix: 7 Ji 50 et 5 J(. à la montée, 10 J(. et 6 c^i 60 à la descente. Restaurants à bord; table d'hôte, 3 c*., vin non compris. — Services spéciaux entre Coblentz et Cochem tous les jours, sauf le vendredi: de Coblentz, en été, à 1 h. du soir; de Cochem, dans la matinée; prix, 1 c/f^. 80 et 1 c^. 20. Entre Berncastel et Trêves^ tous les jours, excepté le jeudi: de Berncastel, à 4 h. du matin; de Trêves, à 3 h. du soir; prix, 1 c4(. 80 et 1 &#. 20. — A Coblentz, Tembarcadère est entre les deux ponts de la Moselle (pi. A 2) : on passe pour y aller devant la montée du vieux pont de la Moselle et à g. sous une porte.
La *vallée de la Moselle, surtout la partie qui s'étend depuis Coblentz jusqu'au delà de Berncastel, est digne d'être comparée à celle du Rhin pour la beauté du paysage et la variété dans l'aspect des montagnes, pour le nombre des localités avoisinantes et des ruines. Il y règne un calme bienfaisant, doublement agréable quand on sort de là vallée tumultueuse du Rhin. Les souvenirs historiques des rives de la Moselle remontent jusqu'à l'époque des Romains. Un poète latin, Auso7ie, né vers 309 et mort vers 392, a même célébré la vallée dans un poème
262 VI. i?. 45. COBERN. De Cohlentz
intitulé «iMosella». Ses vins légers, remarquables par la finesse de leur bouquet, sont renommés depuis longtemps. La visite de la vallée de la Moselle est intéressante, non seulement en chemin de fer et en bateau, mais encore toiit particulièrement à pied. Les hôtels y sont généralement bons et pas cliers, mais, à quelques exceptions près, ils ne sauraient se comparer, pour le confort, à ceux des bords du Rliin. B., mis ici à la suite d'un nom de lieu, indique que cet endroit est desservi par les bateaux à vapeur.
Le chemin de fer tourne d'abord au pied de la Chartreuse (p. 249), en passant à dr. devant l'orphelinat de Kemperhof , et traverse la Moselle au-dessus de Moselweis (hôt. : *Rœsschen, avec pension), sur un pont biais, à trois arches de 65 m. d'ouverture.
4 kil. Guis (aub. Zillien), dans un joli site, surtout fréquenté par les habitants de Coblentz à la floraison des cerisiers.
8 kil. Winningen (B.; hôt.: *Schwan ; *Adler ; Anker ; Hofbauer), bourg de 1900 hab.; qui appartint jadis au comté de Sponheim et qui forme encore une enclave à peu près exclusivement protestante au milieu de l'ancien territoire catholique de l'électorat de Trêves, comme le autres localités ayant appartenu aux Sponheim : Enkirch, Trarbach, Wolf, etc.
Plus loin sur la rive g., de hauts rochers escarpés, les Winninger- Ulen et Coherner-Vlen, plantés de vignes très-soignées, qui produisent les plus agréables vins de la Basse-Moselle. — Sur la rive dr. apparaît Die&iic/i (aub. Nœrtershseuser), qui a une belle église.
15 kil. Cobern (*Aôf. Simonis) , village de 1700 hab., dominé par les deux châteaux du même nom. La gare est en amont, à Gondorf. Un sentier escarpé et un chemin plus commode (chemin de croix), qui n'allonge que de quelques minutes, montent à travers les vignes aux belles ruines de JSiederbourg, ancien château des seigneurs de Cobern. Au milieu des ruines de YOherhourg ou Altenhourg, situées plus haut, est la curieuse * chapelle St- Mathias, dont il faudra demander la clef à l'église de Cobern. C'est une construction hexagone dans le style roman tertiaire (xiii® s.) , de 16 m. de diamètre d'un angle à l'autre, avec une partie centrale plus élevée, reposant sur six colonnes. Elle a été restaurée par Frédéric- Guillaume IV. Les ornements en sont très variés et d'une exécution supérieure. Beau coup d'oeil dans la vallée.
Au delà de Cobern, sur la rive g., Gondorf (aub. Haupt), avec le Tempelhof , château gothique restauré , et un autre château en partie démoli lors de la construction de la voie ferrée. Ce dernier, aujourd'hui le presbytère, est l'ancien château do puissants barons, plus tard comtes et maintenant princes voir der Leyen; il a été construit en 1560, par Jean von der Leyen, électeur de Trêves.
En face, sur la rive dr., Nlederfell (aub. Fassbender) et Kiihr. On voit dans l'église de Niederfell les autels du couvent de Marienroth, qui était à 1 h. de là et qui fut détruit par les paysans en 1794.
17 kil. Lehmen. Des rochers escarpés s'avancent jusqu'au bord
à Trêves. BRODENBACH. VI. R. d5. 263
de la Moselle. — Rive dr., Oberfell. — Rive g., 21kil., Caltenes et un ravin où il y a treize moulins.
Rive dr., Alken (aub. Cornes), qui présente un coup d'œil surprenant , avec ses vieux édifices , entre autres la maison des chevaliers de AViltberg, et ses fortifications. Sur la hauteur, les deux tours du château de Thuron ou Thurant, bâti vers l'an 1200, par le comte palatin Henri II, et qui fut un sujet de discorde entre les comtes palatins et les électeurs de Trêves et de Cologne. Les deux archevêques l'assiégèrent en 1246-1248, et on dit que leurs troupes burent alors 3000 foudres de vin. Le chroniques racontent de plus que l'intendant, qui méditait de les trahir, fut lancé par les assiégeants dans le camp ennemi, où il tomba sain et sauf, et qu'il fit construire en reconnaissance la chapelle sur le Bleidenberg, au N. — 23 kil. Lœf. En face,
Rive dr., Brodenbach (B.; hôt. : Ziir Post, tenu par Probst, bon), joli village, au pied de hautes montagnes boisées.
Immédiatement au-dessus de Brodenbach débouche une gorge qui s'élargit plus loin, pour former une vallée dans laquelle il y a des moulins. Un sentier en deçà du premier moulin, à g. entre deux roeliers, et qui passe à un point de vue, conduit sur une hauteur isolée où sont les ruines dé l'*EHrenbourg , les plus belles des bords de la Moselle: on y monte en 1/2 h. Un chemin carrossable en limaçon mène au pied de deux tours, du haut desquelles on a un joli panorama. Les seigneurs d'Ehrenbourg furent continuellement en guerre avec Coblentz. — 45 min. plus loin dans la vallée, le château de Schœneck. De PEhrenbourg à Boppard , 2 h. I/4 (y. p. 238).
La vallée de la Moselle s'élargit au delà d'un rideau de rochers de la rive g. (Hattonis porta).
27 kil. Hatzenport et Boes (hôt. Heidger, pas cher). Vieille église sur une hauteur. La gare est à V4 d'h. en amont de Hatzenport.
A 5 kil. de Hatzenport (poste 2 fois par jour, en 1 h.) est située Munster-Maifeld (hôt.: *Sonne, tenu par Windhseuser) , petite ville ancienne, qu'on regarde comme le Pagus Amhitivvs où naquit, au vi^ s., l'empereur romain Caligula, et qui fut plus tard le centre du Megingau^ qui s'étendait jusqu'au Rhin. Les filles de la contrée ont une jolie coiffure, composée d'un petit bonnet avec une flèche; un usage bien établi l'interdit à celles qui ne sont pas de mœurs irréprochables. L'*f?gli$e paroissiale ou St-Mariin , qui se voit de loin, est une ancienne collégiale; elle fut bâtie sur l'emplacement d'une basilique de St-Martin qui existait déjà en 638. Sa façade, qui rappelle une forteresse, avec ses deux tours rondes, et à l'intérieur de laquelle il y a une chapelle haute intéressante, date du x^ s. ou peut-être seulement du xii^. Le chœur et les parties voisines, du style de transition, sont de 1225-1230; la nef, d'un style goth. pur, du commencement du xiv^ s. On remarque dans cette église une statue de la Vierge du milieu du xiv^s., un tabernacle du milieu du xv^ s. et le tombeliu de Cuno d'Eltz (m. 1536) et de sa femme (m. 1531). Vue magnifique du haut des tours. — De î.Iiinster- Slaifeld au château d'Eltz (v. ci-dessous), il y a 1 h. de chemin. Voiture, 5 c/^.
En face de Burgen, situé sur la rive dr. à l'entrée de la vallc'e du Beyhach, s'élève sur la rive g. la grosse tour du château de Bischofstein , bâti en 1270. La ligne blanche à mi -hauteur est censée indiquer le niveau de la Moselle à T la vallée du Beybach, les ruines de Waldeck.
264 VL F. 45. CARDEN. De Coblentz
31 kil. Moselkern (B.; hôt. : *Deiss; Zur BurgEltz, recommandé), à l'entrée de la vallée de l'Eltz.
A 1 h. 3/4 dans cette vallée étroite et tortueuse se trouve le château d'Eltz, où Ton peut encore aller de Munster - Maifeld (v. ci-dessus) en 1 h., par Wierschem^ de Hatzenport (p. 263) en Ih. 3/^^ par Lasserg , et de Miiden (v. ci- dessous) en 1 h. — Le chemin de Moselkern passe à réglise de ce village, remonte la rive g. de l'Eltz jusque près du deuxième moulin, puis la rive dr., d'abord le long de la montagne, un peu après le moulin, et plus loin à travers un coin de prairie. Il gravit enfin la montagne et traverse la forêt, où il monte et descend. On peut avoir du lait dans le dernier moulin. Eviter le chemin en bas de la vallée; il traverse à plusieurs reprises la petite rivière d'Eltz, où il n'y a pas de pont.
Le *château d'Eltz, manoir des comtes d'Eltz, est bâti dans un site excessivement pittoresque, sur un rocber entouré de montagnes boisées. Les différentes parties de ce château, avec leurs hauts pignons, leurs tours et leurs tourelles, datent des xii^-xvi^ s. et sont dues à des membres des diverses branches de la famille. On y a fait depuis peu des restaurations. Pour en voir l'intérieur, il faut en demander d'avance la permission au comte d'Eltz, qui demeure à Eltville Cp. 212) et qui ne l'accorde pas pour les dimanche ni les jours de fête. — Sur la hauteur de la rive g. de la rivière, on remarque encore quelques restes de Trutzeltz ou Baldeneltz , que l'archevêque Baudouin de Trêves, longtemps en guerre avec les seigneurs d'Eltz, fit bâtir pour assiéger de là leur château, mais qu'il leur donna en fief dans leur réconciliation, en 1336. C'est près de ces ruines qu'aboutissent les chemins de Munster - Maifeld et de Lasserg (v. ci-dessus).
Plus loin sur la rive g., Miiden (aub. Hœfer) , en face de l'entrée de la jolie vallée de Lûtz.
37 kil. Carden ("hôt.: '-^-Gasjy. Brauer ; Weins, près de la gare), où vécut vers le milieu du iv*^ s., dans une grotte, St Castor, dont les reliques sont maintenant dans l'église qui lui est consacrée à Coblentz. L'église qu'il construisit ici, a été remplacée de 1183 à 1247 par celle qu'on voit aujourd'hui, une ancienne collégiale. Le chœur et le transept sont du style roman tertiaire, la nef du style gothique primitif. On remarquera le groupe en terre cuite du maître autel, l'Adoration des mages et trois saints, d'autres sculptures gothiques et de vieilles pierres tumulaires.
Rive dr., Treis (B. ; hôt. C'onzen), village de 1600 hab. Plus loin dans la vallée, les ruines des châteaux de Wildenbourg et de Treis. Belle église construite par Lassaulx, en 1830. Un chemin dans la montagne conduit de ïreis à Bruttig (v, ci-dessous), à 1 h. V2 cle distance. Dans la vallée du Flaumhach , les restes du couvent A^Engelport.
41 kil. Pummern, qui a un vieux château, à l'embouchure du Pommerbach ^ dans la vallée duquel sont les ruines du couvent de Rosenthal, qui avait été fondé en 1170. — 44 kil. Clotten, avec les ruines du même nom, l'ancien château des comtes deKesselstadt, qui furent seuls capables de se maintenir dans la Haute-Moselle contre les comtes de Veldenz et de Sponheim. C'est de Clotten que s'expédient les excellentes ardoises qui s'extraient des curieuses carrières de Milllenbach, à 2 h. de distance.
48 kil. Cochem (B.). — hôtels-. *Zur Union (Pauly) , à 10 min. de la gare, bon (ch., s. et b., 2 t/fi 50; déj., 1 Ji.-^ dîn., 2 c#. 25); — Germania
à Trêves. COCHEM. VL R. 45. 265
(Kehrer), recommandé. — Bière , chez Stammel. — On met 20 min. pour aller de la gare au château. — Omnibus 2 fois par jour pour Bruttig, Beilstein et Poltersdorf (p. 266).
Cochem, chef-lieu de cercle, est une ville de 3225 hab. et l'un des plus beaux endroits des bords de la Moselle. Le *château de Cochem (Reicbsburg Cochem) , souvent habité par les archevêques de Trêves au xiv^ et au xvi^ s. et détruit par les Français en 1689, a été reconstruit de 1869 à 1877 par M. Ravené, banquier de Berlin (m. 1879), sur les plans de Raschdorff, architecte de Cologne. A la tour principale, un grand St Christophe en mosaïque, par Salviati. A l'entrée , un restaurant où l'on s'adresse pour visiter l'intérieur, qui est magnifique (1 cM pour 1 à 4 pers.). Les parties les plus curieuses sont la salle d'armes , la salle à manger , la salle des Chevaliers, décorée de fresques par Ewald, de Berlin, et Munster, de Cologne, etc. A l'embouchure de VEndershach, dans la ville, un monument commémoratif de 1870-71 (on y passe en venant de la gare), et à Va ^- de là, dans la vallée de ce ruisseau, sur une hauteur isolée, la tour du château de Winnehourg , la plus ancienne résidence des Metternich: il a été détruit par les Français en 1689.
Sur la rive dr., en face de Cochem, est situé Cond.
On traverse ensuite Id. montagne de Cochem ou d'Eller, dans un tunnel de 4200 m. de longueur, le plus long de l'Allemagne, dit tunnel de l' Empereur-Guillaume. On y a travaillée de 1874 à 1877, et il a coûté 4 millions de marcs. EUer, v. p. 266.
La Moselle fait ici une courbe de plus de 20 kil,, que les bateaux à vapeur remontent en 2 h. Va et descendent en 1 h. Va- Ses bords s'y distinguent sous plus d'un rapport par la beauté du paysage.
Rive g., Sehl, à 20 min. de Cochem. On y jouit d'un magnifique coup d'oeil sur Cochem, son château et celui de Winnebourg.
Rive g., Ebernach, ancien prieuré dépendant de Laach (p. 308).
Rive dï.,Valwig. Les hauteurs se groupent d'une façon pittoresque. Il y a au-dessus de Valwig un pèlerinage, la Marienkapelle, qu'on ne voit pas du bas.
Rive g., entre Nieder-Ernst et Oher-Ernst, l'église à deux tours qui leur est commune. — La Moselle tourne ensuite brusquement.
Rive dr., Bruttig (aub. M.-J. Friedrichs, bonne), qui a de jolies maisons anciennes à pignons. Il y a dans l'église de vieilles sculptures gothiques. C'est à Bruttig qu'est né le grammairien Petnis Mosellanus (m. 1524). — A pied, il vaut mieux suivre la rive dr. pour aller d'ici à Senheim.
Rive dr., Fankel, un peu dans l'intérieur des terres.
Rive g., Ellenz (aub. Dehren) , qui a une vieille église près de laquelle on a un joli coup d'œil sur Beilstein.
Rive dr., Beilstein (B. ; aub. Lippmann), adossé à des rochers et dominé par les ruines de l'ancien château de Beilstein, qui échut en 1353 aux électeurs de Trêves et en 1652 aux comtes de Metternich-
266 Vr. R. 45. BULLAY. De Cohlcntz
WinnelDOurg , sous la in'otection desquels se réfugièrent beaucoup d'Israélites.
Rive g., Poltersdorf. — Rive dr,, Briedern, Mesenich et Senheim (hôt. Sclineiders), dans un beau site, sur une hauteur, dominé par son église et où l'on remarque une maison ressemblant à une tour, appelée le Château, De Senheim à Bullay par le Kœnlg, 2 h. Va- Rive g.; Senhals, en face de Senheim. Plus loin, Nehren. Sur la hauteur à 1/4 d'h. de là, une construction romaine voûtée, dite la «cave des Païens» (Heidenkeller). On a de là un coup d'oeil magnifique sur Senheim. — Puis la ferme de Lehmen, avec une vieille tour, et, toujours du même côté.
Rive g., Ediger (B. ; hôt. : ^Lawen)^ entouré de vieilles fortifications et qui a une église du style gothique tertiaire , possédant un ostensoir de l'époque. Il y a encore divers autres constructions anciennes. On voit à l'hôtel de ville des restes de bas-reliefs représentant des sujets comiques. Ensuite vient, à 1 h. V4 de Senhals, EUer (v. ci-dessous).
C'est au-dessus d'EUer, au pied des hauteurs boisées de Calmond et dans la belle vallée de VEller, que débouche le grand tunnel mentionné p. 265.
54kil. Eller {hôt. Zur Moselhahn) , qui a de vieilles maisons. Plus loin, sur la rive dr., les ruines de Stuben (v. ci-dessous).
La voie traverse la Moselle sur un pont en fer, passe dans un tunnel de 340 m. de longueur, et suit la rive dr. au pied des hauteurs escarpées du Petersberg. — 55 kil. Neef.
Le Petersberg force la rivière de faire un détour de 3 kil. De ce côté sont, sur la rive dr., les restes du couvent de Stuhen, fondé au xii'^s., supprimé en 1788 et maintenant en ruine. Non loin de là, sur la rive g., Bremm, qui a une église du style ogival tertiaire et de vieilles maisons. C'est, dit-on, le premier endroit sur le cours moyen de la Moselle où l'on ait planté la vigne. — Plus loin, presque en face de Neef, Aldegund.
59 kil. Bullay (bon buffet^ hôt.: ^■Marienbourg, chez Andries, pas cher; Vier Thiirme, tous deux à la gare), sur la rive dr., station qui dessert Alf, situé en face, les bains de Bertrich (v. p. 293), et Zell (p. 268). En sortant de la gare, on prend à dr. Le chemin qui passe Immédiatement à dr. sous la voie conduit au bac d'Alf. On continue tout droit, puis on passe par le pont du chemin de fer (v. ci-dessous), pour arriver au pied du Marienbourg (p. 268), où l'on monte aisément en 20 min.
De Bullay- Alf à Trêves par la Moselle, v. p. 268.
La voie franchit de nouveau la Moselle après Bullay, sur un énorme pont tout en fer, à 2 étages , celui du haut pour le chemin de fer, l'autre pour la route; il a au milieu une travée de 89 m. et sur les côtés 5 travées de 35 m. 50 d'ouverture. Puis vient, dans le Pn7?2cwfcop/, un tunnel courbe de 440 m.j qui débouche près
à Trêves. WITÏLICH. T /. R. 45. 267
do la Moselle, au-dessus de Piiiidericli (p. 268). Ensuite un viaduc grandiose, à 92 travées de 7 m. 50 d'ouverture, par lequel on longe la montagne aune grande hauteur. — 62 kil. Piinderich, stat. à 2 kil. en aval de la localité de ce nom , qui est sur la rive dr. (p. 268; pas de voit.).
De Pi-NDERicH À Teaben-Tkae}3Ach: embranch. de 10 kil. 5, en 34 min., pour 90, 70 et 50 pf. — 1 kil. 5. Reil (p. 269). — 3 kil. Bourg (p. 269). — 7 kil. Enlcirch (p. 269). — 10 kil. 5. Traben-Trarhach (p. 269).
La ligne principale traverse ensuite le Reilerhals, dans un tunnel de 485 m. de long, pour entrer dans la vallée d'Alf, et elle ne se rapproche plus de la Moselle qu'à Schweich.
A dr. dans la vallée d'Alf, l'église de Bengel, ancienne église canoniale de Springirsbach, reconstruite au xviii® s., dans le style italien. Au N. , la forêt dite Kondelwald, dans laquelle il y a un beau chemin conduisant par le signal à Bertrich (p. 293). La voie monte dans la vallée de l'Alf et passe près de Bengel (aub. Zimmer) et de Kinderleuren (aub. Wirz), dans un tunnel de 580 m. de long.
71 kil. Uerzig (hôt. Seller) , station à 3 kil. de la localité du même nom (v. p. 270) , qui est desservie 2 fois, le jour par une. voiture de la poste et par des omnibus.
Puis on descend dans la vallée de la Lieser.
77 kil. Wengerohr, station desservant Wittlich , à 4 kil. de là (omnibus, 40 pf.). — Wittlich (hôt.: Post; Zum Wolf j Losen, plus simple) est une ville de 3425 hab., jadis siège d'un bailliage de rélectorat de Trêves. Il n'y reste plus trace du château des électeurs, détruit depuis longtemps. — A Kyllbourg, v. p. 298. ^ .
De Weî;gerohe à Cues-Berxcastel : 15 kil., chemin de fer d'inte'rêt local , en 3/4 à"h. à 1 h., pour 1 cU. 30, 1 J(. et 70 pf. Celte ligne descend le joli vallon du Lieser. — 3 kil. Platten. — 8 kil. Siehenhom^ slat. desservant JVoviand, situé sur le versant de la montagne. — 9 kil. Maring. On atteint les bords de la Moselle. — 11 kil. Lieser^ en face de Miihlheim (p. 270). — 15 kil. Cues (p. 270), en face de Berncastel (p. 270).
On traverse la Lieser. A dr. , le hameau de Biirscheid et le village à''AUTich; à g., les fermes de Haardf. On franchit la ligne de partage des eaux de la Lieser et de la Sahn.
85 kil. Salmrohr. A 2/4 d'h. d'ici, le pèlerinage très fréquenté à' Eberhards- Ciausen (aub. Klein), ancienne abbaye avec une église remarquable , possédant un autel sculpté de la seconde moitié du xv^ s. — 98 kil. Hetzerath (192 m.; aub. chez. Paltzer). D'ici à' Cliisserath (p. 271), 1 h. \l,.
100 kil. Sdiweich (B.; aub.: Johsenntgen; Denhard) , sur la Moselle. Ensuite le tunnel d'/sseZ, long de 778 m. — 103 kil. Quint et son usine (p. 271).
105 kil. Ehrang, desservi également par la ligne derEifel(p.288) et relié encore à Trêves par une ligne spéciale de 8 kil., par Biewer et PaUlen (p. 277). La ligne de la Moselle traverse la rivière sur un pont en pierre à Pfalzel^ et arrive à Trêves du côté E.
112 kil. Trêves (p. 271).
268 TT. B. 45. MARIENBOURG. De Coblentz
Les bords de la Moselle, de Sullay-Âlf à Trêves.
Alf (B.; hôt. : *Zur Posf , avec l'agence des bateaux), bourg de 1300 hab., au pied du SoUig et du Prijizenkopf , entre lesquels s'ouvre la jolie valle'e d'Alf , que remonte la route de Bertrich (9kil. ; p. 293). On aperçoit dans le fond le château d'Arras{-p.2d3).
Alf est situé à l'extrémité inférieure de la courbe de 12 kil. de longueur que fait faire à la Moselle la croupe du Marienbourg (v. ci-dessous), large seulement de 500 m. et haute de 110, qui se rattache au Prinzenkopf et que prolonge le Barl. Le sentier d'Alf au Marienbourg (V2 ^•) passe au Prinzenkopf et plus loin, à g., à une saillie de rocher entourée d'un mur. On y a une jolie *vue de la vallée de la Moselle. — De Bullay au Marienbourg par le pont du chemin de fer (20 min.), v. p. 266.
Le *Marienbourg (bon restaurant), avec les ruines dun château légendaire ou du couvent de femmes qui l'a remplacé en 1146, est l'un des plus beaux endroits des bords de la Moselle. La vue y embrasse des coteaux couverts de vignes et de bois, les cimes du Hunsrûck et de l'Eifel, mais surtout les deux parties de la rivière, qui ressemblent à deux lacs, et ses rives fertiles , avec leurs beaux villages. — Promenades intéressantes jusqu'à l'extrémité du contrefort, le Barl, et au Eeilerhals, d'où Ton découvre les vallées de la Moselle et de TAlf. — On redescend à Piinderich , au plus en 10 min., ce qui fait que l'on va d'Alf à cet endroit par le Marienbourg en 3/4 d'h. , tandis que le bateau à vapeur fait le trajet en 1 h. ^/g à la montée (3/4 d'h. aussi à la descente). Les voyageurs qui remontent la Moselle en bateau, peuvent donc descendre à Alf pour aller au Marienbourg ; ils ont assez de temps pour s'arrêter en haut, et il leur suffit de redescendre quand ils aperçoivent le bateau à Briedel.
SuB LA Moselle (env. 100 kil. d'Alf à Trêves) viennent ensuite, à dr., à 3 kil. de Bullay (p. 266), Merl (aub. Crœff, recommandée), village qui a un ancien couvent de franciscains, où résidait jadis un bailli des archevêques de Trêves.
Rive dr., Corray et Zell (B. ; hôt. : ^Fier; Scheuer, simple), ville de 2504 hab., qui a encore des restes de son ancien mur d'enceinte et un nouvel hôtel de ville.
Rive g., Kaimt, en face de Zell. Un joli chemin conduit de là en 3/4 d'h., en longeant le Barl, au Marienbourg.
Rive dr., Briedel (aub. Schneider), qu'on voit des côtés S. et 0. du Marienbourg. Un chemin qui abrège, mais qui est mauvais, conduit par la montagne à Enkirch (v. ci-dessous).
Rive dr., Fûnderlch (B.; ch. de fer, p. 267; aub.; Hœp, Engel, Schneiders), dans un beau site. En face du débarcadère, le sentier mentionné ci-dessus, par où l'on monte au Marienbourg en 10 min. Plus loin, l'extrémité du tunnel du Prinzenkopf (p. 266). A une grande hauteur au-dessus de la rivière, l'imposaut viaduc du chemin
à Trêves. TRARBACH. VI. R. 45. 269
de fer, qui quitte la vallée de la Moselle par le tunnel du Reilerhals mentionné p. 267.
A 2 kil. à peine en amont de Piindericli, sur la rive dr., se trouve Reilkirch, avec l'église du village de Eeil (B.; ch. de fer, p. 267; aub. : Nalbach, S. et J. Barzem, recommandées), situé encore un peu plus loin sur la rive g. Cette rive est ensuite escarpée.
Rive dr.. Bourg; -puis Enkirch{B. ; ch. de fer, p. 267 ; *aub. Zum Anker), nommé Ankaracha dans les plus anciennes chartes, bourg de 2170 bab. , ayant appartenu aux Sponbeim et pour cela encore en grande partie protestant.
Rive g., Kœvenich, composé seulement de quelques maisons bâties surtout des débris de Montroyal (v. ci-dessous), et Litzig.
Sur les rochers escarpés de la rive dr.; qui se prolongent jusqu'à Trarbach, s'élevait jadis la puissante forteresse de Sfarkenbourg, où la comtesse Laurette de Starkenbourg , retint prisonnier, au milieu du xiv^ s., Farcbevêque Baudouin de Trêves, qu'elle avait fait arrêter sur la Moselle pour violation de territoire, et qu'elle relâcha seulement moyennant une forte rançon. Il ne reste plus que quelques ruines du château et un village du même nom.
Sur la rive g., le Trabener-Berg, sur le vaste plateau duquel Louis XIV, conformément à une décision de ses chambres de réunion, fit construire en 1686 la forteresse de Montroyal, pour s'emparer du comté de Sponheim. Elle a été rasée après 1688-89, en vertu du traité de Ryswick (1697). Belle vue.
Rive g., à l'extrémité de la presqu'ile formée par la montagne, Traben (ch. de fer, p. 267; ""hôt. Claus) , localité de 1600 hab. — En face, à 12 kil. de Piinderich,
Rive dr., Trarbach (B.; hôt. : Bellevue, Brauneberg, recommandés ; Grœfinbourg) . petite ville de 1838 hab., la plus industrieuse et la plus prospère des bords de la Moselle , ayant aussi , comme Traben, fait partie du comté de Sponheim et encore pour cela en grande partie protestante. Elle a été presque détruite par un incendie en 1857. Sur la hauteur qui la domine, les ruines du château de la Comtesse ou Grœfinbourg , qui, selon la tradition, fut construit par Laurette de Starkenbourg, avec la rançon de l'archevêque Baudouin (v. ci-dessus) , mais qui le fut plutôt en réalité par son tils, le comte Jean III (m. 1387). Il a été démantelé par les Français en 1734. Belle promenade dans la vallée de Kautenbach, où il y a, à 4 kil. de Trarbach, un petit bain d'eau thermale (29° R.) nommé WiUlsteln, ouvert en 1883.
C'est à Trarbach que commence la Haute - Moselle et la partie de la vallée qui produit les vins les plus célèbres du pays: Zeltinger-Schlossberg , Graacher, Josephshœfer, Berncasteler-Doctor, Brauneberger, Ohligsberger, Griinhseuser.
Rive g., Rissbach. — Rive dr., Wolf. Sur la hauteur, les ruines dun couvent.
270 T7. R. 45. BERNGASTEL. De CoUcntz
Rive g. Crœff (aub. Zur Grœfin'biirg, bonne), souvent un sujet de querelles entre les comtes de Sponlieim et les archevêques de Trêves.
Rive g., Kinheim (aub. Neidliœfer ; bon vin). — Rive dr., Kindel, Lœsenich et Erclen.
Sur la rive g. , en deçà d'Uerzig , une tour construite dans le roc, que des chartes citent comme château de la famille d'Urlei ou Orlei. Des ermites l'ont habitée dans la suite et l'ont fait nommer Michaé'Lslei et Nicolauslei (rocher de Michel et de Nicolas).
Rive g., Uerzig (hôt. : Zur Post, fort bon), localité considérable, qui avait autrefois sa propre juridiction. Elle est à 3 kil. de la station mentionnée p. 267 et desservie par la poste et par des omnibus (30 min. ; 50 pf.).
Rive dr., Rachtig. — Rive g., Machevn. — Rive dr., ZelHngen (aub. Scheer; meilleur vin, le Schlossberger). — Rive dr. Graach. A côté de l'église est un couvent; plus bas , le Martmshof ou Josephshof ; dans le voisinage, le Tlimmelreich et la Kirchlei, endroits célèbres par leurs vins. — Rive dr. Wehlen, qui a aussi des vignes.
Rive dr. Berncastel (B. ; ch. de fer, p. 267; hôt. : ^■'Drei Kœnige, tenu par Gassen, dans une rue latérale; Fost, bon et pas cher), ville de 2400 hab. On y voit les ruines du château électoral de Larzdsliut, aujourd'hui à l'empereur Guillaume. Belle vue de là dans la vallée de la Moselle et dans la vallée dite Tiefenbachthal. Le vin nommé Berncasteler-Doctor et celui de la Lei sont très estimés.
Rive g., Cues^ (ch. de fer, p. 267) , patrie du savant cardinal Nicolas de Cusa (m. 1464), qui y fonda un hôpital, auquel il légua entre autres sa bibliothèque, comprenant des manuscrits autographes et des incunables , et d'excellentes vignes.
Rive dr., Andel. — Rive g., Lieser (aub. Jung), beau village en aval de l'embouchure de la rivière du même nom.
Rive dr., Muhlheim (*aub. Karsch), localité considérable à l'entrée de la belle voilée de Veldenz, dans laquelle sont situés Yeldenz (aub. chez Bottier), Thaï -Veldenz et ^ sur une hauteur , les ruines du château de Veldenz (belle vue).
Rive dr., Dusemond. Les habitants de 'Neu-Filzen et de Filzen, aussi sur la rive dr. , sont les principaux propriétaires des vignes du Brauneherg , coteau de la rive g. qui produit un excellent vin. Eu aval de ce coteau, sur une hauteur, Monzel; en amont, sur une langue de terre, Kesten (B. ; aub. Math. Licht, bonne), d'où un sentier conduit en 1 h V4 à Pisport (v, ci-dessous). En face, les hauteurs (VOhligsherg et de Neuherg , qui produisent aussi un très bon vin.
Rive dr., Winterich , où la montagne s'avance de nouveau jusqu'au bord de la rivière.
Rive g., Minheim, au sommet d'une forte courbe de la Moselle.
Rive dr., Reinsport (aub. Fuchs, au delà du bac); puis Mûstert et derrière, à l'écart, Mederemmel.
Rive g., Pisport (*aub. Hayn), peut-être le Pisonis portus des Romains, célèbre depuis des siècles pour ses vins, qui ont beau-
à Trêves: - NEUMAGEN. VI. B. 45: 27t
coup de bouquet. D'ici à la station de Salmrohr (p. 267), par Clausen, 2 h. V4- Ou a trouvé près du village de Ferres (Boverlis dans -les chartes) , à 1/4 d'h. de la rive g., quelques traces d'une voie romaine allant dans la direction de Clausen.
Plus loin, à g., l'embouchure de la Thron, rivière poissonneuse et au cours rapide, dans l'étroite vallée de laquelle se trouve le village de Thron (aub. Feilen) , célèbre au-ssi par ses vins , dont le meilleur cru est le Hofberger. Il y avait une abbaye de Tholei; elle fut donnée par Napoléon I^^ au maréchal Berthier, qui la vendit au profit de l'Etat, Dans le haut de la vallée, les ruines du château de Tkroneck.
Rive dr., Neumagen (hôt. : Hoffmann), le Noviomagus des Romains , où était le palais de Constantin dont parle Ausone. Des fouilles y ont fait découvrir beaucoup d'antiquités romaines. La Moselle décrit une grande courbe au delà de Neumagen. On y voit sur la rive g. Trittenheim, où naquit Jean Trithemius, historien et abbé de Sponheim (m. 1516).
Rive dr., Leiwen et Kowerich. — Rive g., CMsseroi/i, qui s'étend au loin à l'embouchure de la Salm.
Rive dr., Thœrnich et Detzem, dont le nom vient de «ad decimum», à la dixième pierre milliaire romaine.
Rive g., Ensch; Sclileich, Fœllch, Mehring, Lœrsch Qt Longen.
Rive dr., à l'écart, sur le versant de la montagne, Riol, le Rlgodulum de Tacite , où le général romain Cérialis battit les Trévires, l'an 70 de notre ère , et s'empara de leur chef Valentin. — Au bord de la rivière, Longwich (aub. Sonntag, pas chère) et Kirsch^ presque en face de Schiveich (p. 267).
Rive g., entre Issel et Ehrang (p. 267), la Quint, ainsi nommée parce qu'elle était à cinq milles romains de Trêves.
Rive dr.^Ruiver et la vallée de la Ruwer, avec Eitelsbach et Casel.
Rive g., Pfalzel, en latin Palatiolum. Adèle, fille du roi Dagobert, y fonda un couvent en 655. — Trêves, v. ci-dessous.