‹ Les bords du Rhin de la frontière suisse a la frontière de HollandeChapitre 112 sur 155 · Trêves (Trier · texte numérisé non relu

Trêves (Trier

Voir le plan, p. 276.

La GAEE , pour toutes les directions , est sur la rive dr. de la Moselle, à TE. de la ville (pi. H 2) ^ celle de la rive g. ne sert qu'aux marchandises.

Hôtels. *H. de Trêves (Trierscher Hot'5 pi. a, F 5 ; ch., 2 oU.) ; *n. de la Maison-Rouge (Zujn Rothen Haus; pi. b, F 3; v. ci-dessous); — *//. de Luxembourg (pi. e, F 4; eh., 2 Jl. ; serv., 50 pf. -, déj., 1 oU. ; dîn., 2 Ji. 50) ; *H. de Venise (Stadt Venedig; pi. d, E 5 ; eh. et déj., 2 Jù. 25; dîn., 2 Jt.); H. de la Poste (pi. e, E 4), vis-à-vis de la poste.

Cafés et restaur. : ^Zum Stem (Fischer), sur lemarclié; Altdeutsche Weînslube (F. L. Laven) , en face de l'église St-Antoine ; Kuff , Neuestr. , 222 (bons vins de la Moselle); Steinhaus, Germania (jardin); Café-Rest. Baw\ ces trois derniers dans la Fleischerstr. ; — Beïlevue , Schneider s - Hof et Weisshaus , avec un *vue superbe (v. p. 277). — Brasseries: Miinchener Kindl, Simeonstr. ; Franziskaner, Nagelstr., avec jardin; Gartemcirtfischaft Jos. Gretschel, derrière ramphithéàtr^-, avec jardin et belle vue (v. p. 276).

272 T7. R. 46. TREVES. Porte Notre.

Voitures. Pour l'intérieur de la ville, y compris la gare, l'ampliithéâtre et Zurlauben: la course, 1 pers., 50 pf. ; 2 pers., 60; chaque pers. de plus, 25 pf. -, — à l'heure, jusqu'à 20 min. , 1 ou 2 pers., 75 pf. ; 3 ou 4 pers., 1 o^(. 25; jusqu'à 40 min., 1 J(. et 2 c^f.; 1 h., 1 Ji 50 et 2 ^. 50; puis 50 et 75 pf. par 20 min. Pour de plus grandes distances, les prix se fixent de gré à gré. Pour Igel (p. 277), à 2 ehev. , environ 6 e^; à 1 chev., 4 J(.

Poste (pi. 22, E 4), Fleischstr., 75.

Trêves, ville de 26200 hab., sur la rive dr. de la Moselle, passe pour la plus anciennne de l'Allemagne. C'était la ville principale des Trévires , tribu de Gaulois belges soumis à la domination romaine par César l'an 56 av. J.-C. On ne sait s'il y a eu ici un établissement avant l'époque romaine. C'est probablement Claudius qui y fonda la Colonia Augusta Treverorum, qui fut à partir du règne de Dioclétien la capitale de la Belgique première. Les monuments qui existent encore de cette époque, rivalisent avec ceux qu'on admire dans le midi de la France. Après l'introduction du christianisme,' Agricius d'Antioche en fut le premier évêque, en 328. Pendant près de 15 siècles, Trêves resta la résidence d'évêques, d'archevêques et d'électeurs, dont le dernier, Clément -Yenceslas, transféra son siège à Coblentz en 1786. Les Français y entrèrent le 10 août 1794 et en firent le chef- lieu du département de la Sarre. Elle passa à la Prusse en 1815.

Les collines plantées de vignes ou de bois, la vallée fertile, qui produit surtout beaucoup de fruits; la Moselle, les rochers de grès rouge , l'imposant aspect de la ville et de ses nombreux clochers, tout cela compose un magnifique et pittoresque tableau.

«Trevir metropolis, urhs amœnissima , Quse Bacehum reeolis , Baeeho gratissima , Da tuis ineolis vina fortissima Per dulcor!»

A peu près au milieu de la ville se trouve le Marché. On y remarque l'hôtel de la Maison-Rouge (Zum rothen Haus; pi. b, F3), l'ancien hôtel de ville, construction goth. du xv^ s., avec l'inscription suivante : «Ante Romam, Treviris stetit annis MCCC.» Cette assertion est basée sur une histoire inventée au moyen âge, d'après laquelle Trêves aurait été fondée par Trebeta, fils de Ninus, roi d'Assyrie. Sur cette place aussi une colonne très ancienne (958?) restaurée en 1723, avec une croix et l'agneau symbolique, ainsi qu'une belle /on^ame St -Pierre, du style de la renaissance, érigée en 1595 par l'électeur Jean de Schœnberg.

Une rue partant du marché, la Simeonsstrasse, au N., aboutit à la *Porte Noire {Porta Nigra; pi. 21, F 1), appelée aussi porte Romaine on. porte St-Simeon, le plus important des anciens monuments de Trêves. Elle a 36 m. de longueur, 16 m. de largeur dans les parties moyennes et 21 aux parties saillantes, 29 et 23 m. de hauteur, trois étages et deux baies de 7 m. de hauteur. Elle est bâtie sans mortier, en gros blocs de lias noircis par le temps, que relient des crampons de fer ou de cuivre. Quant à l'époque où elle

Cathédrale. TREVES. VI. R. 46. 273

a été construite, les opinions sont partagées; mais il est probable qu'elle remonte à la fin de la domination romaine, puisqu'elle est restée inachevée. L'intérieur est visible tous les jours en été, de 9 b. à 11 h.; à d'autres heures s'adresser au gardien du palais des empereurs romains (p. 274).

C'était une porte fortifie'e, qu'on pouvait fermer par une herse et défendre de l'intérieur des tours. Pour l'attaquer, l'ennemi devait pénétrer dans une cour carrée, le propugnaculum proprement dit, qui était la partie la plus dangereuse. En effet, l'issue du côté de la ville étant fermée, les projectiles tombaient sur les assaillants de tous les étages de la porte. On voit encore sur les côtés les endroits où se raccordaient les murs de l'enceinte. — La tour de l'E. fut habitée de 1028 à 1035 par un moine grec du nom de Siméon , et la porte fut transformée après la mort de cet ermite en deux églises superposées. Ce n'est qu'en 1817 qu'on a fait disparaître les additions postérieures, excepté celle de l'E., et le monument a été dégagé en 1876 jusqu'au sol romain.

A l'E. du marché s'élève la *cathédrale (pi. 10, F G 3), une des plus vieilles églises d'Allemagne. La plus ancienne partie est une construction due à Valentinien I^^ (364-375), qu'on suppose avoir été une basilique destinée à servir de tribunal ou un baptistère. Elle était de forme carrée et elle occupait toute la largeur de l'édifice actuel. Elle commençait au second pilier à partir du grand portail et elle s'étendait jusqu'à l'abside. Au milieu se trouvaientfquatre puissantes colonnes de granit reliées, par des arcades ; on en voit des restes devant le jardin du cloître. L'édifice fut en partie détruit lors de l'invasion des Francs , mais restauré dans sa forme primitive par l'évêque Nicetius {632-6^1). Ravagé de nouveau par les Normands , il fut rebâti par l'archevêque Poppo (1016-1047) et ses successeurs. On l'agrandit en même temps d'un tiers à l'O. et on y ajouta une abside dans le même style. Ensuite Hillin (1152-1159) éleva une autre abside à l'E., on construisit au xiii^ s. des voûtes en arête dans les nefs, et l'on a ajouté au xvii® s. le trésor de forme ronde, avec une coupole. — Les différentes constructions se reconnaissent très bien; celle des Romains est en grès rouge et en briques, celle de Poppo en pierre calcaire et en briques. La cathédrale est ouverte toute la journée, sauf de midi à 2 h. Dans les caveaux reposent les dépouilles mortelles de 26 archevêques et électeurs. Plusieurs d'entre eux ont des monuvients; le plus beau est celui de Jean III {de Metzenhausen ^ m. 1540 3^ il est adossé au mur de la nef latérale du N. Sur le monument de l'électeur Richard III {de Greiff'enclau , ardent ennemi de la Réformation, m. 1531), un Crueifîment placé contre un des piliers N. de cette nef, se voient dans de petits médaillons, à g. le portrait de l'électeur, à dr. celui de son plus violent adversaire, François de Sickingen (p. 222J. La chaire est ornée de bas-reliefs de 1572, représentant les huit béatitudes et le jugement dernier. Sous la tribune de l'orgue, aux colonnes ioniques, le monument de l'archevêque Baudouin^ frère de l'empereur Henri VII. Au bas des marches du chœur sont des statues de Constantin et de Ste Hélène. Le maître autel renferme la robe sans couture de J.-C. , qui attira plus d'un million de pèlerins lorsqu'on la montra en 1844. — Le *trésoe de la cathédrale est fort riche en objets de l'époque romane; il est visible les lundi, mercredi, vendredi, à 11 h. I/2 moyennant 1 o^^. par personne, à d'autres heures moyennant 3 J(. pour 1 à 3 pers. : s'adresser sacristain. A côté de la cathédrale, et reliée à elle par un beau cloître de Bsedeker, le Rhin, 13^ édit. 18,19

274 ri. lî. 46. TREVES. Basilique.

1220-1230, accessible seulement de la cathédrale, se trouve *Notre- Dame (Liehfrauenkirche; pi. 15), une des églises les plus intéressantes du style ogival primitif en Allemagne, probablement sur le modèle de l'église abbatiale de Braisne, près de Soissons. C'est une rotonde qui a 55 m. de long sur 45 do large et 37 de haut, avec 12 colonnes élancées et un haut transept voûté. Les colonnes sont décorées des images des 12 apôtres, peintes probablement au XY^s. : à 8 pas de l'entrée, d'une dalle d'ardoise, on les embrasse toutes d'un coup d'œil. Cet édifice renferme de nombreux monuments de chanoines, ainsi que la momie de l'évêqueThéodulfe, mort au vi^ s. A dr. du maître autel, un tableau attribué au Guide, St Sébastien. Dans la sacristie, à g., une vieille porte et le monument de Jean Segensis (m. 1564), avec son portrait. Le portail est riche en sculptures, des figures symboliques de l'Ancienne et de la Nouvelle Alliance, de l'époque de la construction.

L'église paroissiale de St-Gangolphe (pi. 11, F 3) possède une grande fresque exécutée par Lasinsky en 1850. — L'église des Jésuites ou de la Trinité (pi. 13, F 5) a des vitraux peints.

11 y a dans le auARTiER S.-E. de la ville quelques restes de constructions remarquables du temps des Romains.

La *basilique (pi. 9, G 4-5), constiiiction en briques qui date probablement du règne de Constantin, a servi d'abord, comme celles de Rome, de tribunal et de lieu de réunion pour les commerçants. Au début du moyen âge, c'était la résidence des gouverneurs royaux. En 1197, elle fut remise à l'évêque , avec la juridiction suprême, et ses successeurs l'incorporèrent à leur palais. Le gouvernement prussien en fit à son tour une caserne , mais elle a été restaurée en 1846, par les soins du roi Frédéric-Guillaume lY, et inaugurée en 1856 comme temple protestant («église du Sauveur»). Elle forme une enceinte de 69 m. de longueur sur 30 m. 70 de largeur et 30 de hauteur, terminée au N. par un hémicycle (abside) et éclairée par une double rangée de fenêtres (47), ayant chacune 7 m. 50 de haut et 3 m. 90 de large. Elle n'a pas de voûte.

Les parties antiques de l'e'difice actuel sont le noyau du mur au N. - O. jusqu'au-dessus des fenêtres supérieures , celui de l'abside et l'arcade colossale qui la sépare de la nef. La façade méridionale et le côté E. sont au contraire presque entièrement modernes. On a retrouvé dans le sol des appareils de chaufitage. L'entrée du public était au S., deux autres entrées plus petites, qui étaient sans doute destinées aux juges, sont à côté de l'abside. L'intérieur était richement décoré de peintures; on en voit des restes au musée.

Le *palais des empereurs romains (pi. 24, H 6), pris auparavant pour des bains, forme l'angle S.-E. de la ville; on y entre par le champ de manœuvres et par la promenade. Ce sont de vastes ruines qui atteignent encore jusqu'à 20 m. de hauteur, et qui sont excessivement pittoresques. L'édifice a servi alternativement an moyen âge d'église et de château fort. Les décombres se sont élevés au point qu'une rue passait par une fenêtre.

La partie la mieux conservée est l'extrémité S.-E. 11 y a là une

Amphithéâtre. TREVES. VI. B. 46. 275

grande pièce carrée avec trois absides ; elle était éclairée par deux rangées de fenêtres superposées et elle était cliauffée, comme le prouvent les nombreux tuyaux qu'on y voit encore. — A dr. et à g. de cette pièce étaient deux tours, dont il ne subsiste plus toutefois que celle du S.-O., dans laquelle il y a un petit escalier tournant, par où l'on peut monter au sommet pour jouir de la vue d'ensemble de l'éditiee et de la ville. Au X.-O., à côté de la grande salle, se trouve une autre pièce carrée avec deux absides. Puis viennent une salle ronde, des chambres carrées de chaque côté et des galeries souterraines en dessous. — Plus loin, au N.-O., les fouilles ne sont pas encore terminées. — Le gardien a aussi la clef de la Porte Noire (p. 272).

En montant 500 pas au delà du palais, à l'E. (v. le plan, H 7), on arrive à r*ainpliitliéâtre, édifice fort bien conservé, situé dans des vignes. La moitié E. a été pratiquée dans le roc et celle de l'O. élevée de main d'homme. Cet amphithéâtre a 70 m. de diamètre du N. au S. et 49 de l'O. à l'E. 11 y a trois portes à l'extrémité S. et à l'extrémité N., celle du milieu donnant entrée dans l'arène et les deux autres aux gradins. On arrivait aussi aux gradins par deux entrées à l'O. A côté de l'arène sont deux espaces destinés aux bêtes. La construction remonte probablement au règne de Trajan (98-117) ou à celui d'Adrien (117-138). On a calculé que cet amphitéâtre pouvait contenir 30 000 spectateurs (l'arène de Vérone, 70 000; le Colisée de Rome, 87 000). C'est là que Constantin le Grand fit déchirer par des bêtes féroces, en 306, plusieurs milliers de Francs faits prisonniers avec leurs chefs, Ascaric et Ragaïs. En 813, il livra au même supplice des milliers de Bructères.

Le gymnase ou collège (pi. 26, F 5) renferme la bibliothèque de la ville et le nouveau musée provincial.

La BIBLIOTHÈQUE, Ouverte tous les jours de 11 h. à midi Va? comprend un bon nombre de livres rares et d'incunables (imprimés datant du xv^s., lorsque la typographie était encore au berceau, «in cunabulis»), ainsi que de beaux manuscrits anciens.

Parmi les imprimés, il faut mentionner une Bible de Fust et de Gutenberg , de 1450, et le Catholicon, de 1460; parmi les makusckits , surtout le Codex aureus, Evangile offert par Ada, prétendue sœur de Charlemagne (m. 809), à l'abbaye de St-BIaximin (p. 277). Il est illustré de peintures fort originales, et il a une précieuse reliure ornée d'un onyx gravé d'une rare grandeur, représentant la Familia Augusta. On remarque aussi le *Godex Egherti^ de 970 à 980, incontestablement le chef-d'œuvre de la miniature à cette époque. Le manuscrit , rédigé à Reichenau , dans le lac de Constance, fut donné à l'archevêque de Trêves dans un voyage à cet endroit. Les miniatures allient les meilleures traditions de l'art carlovingien aux nouvelles tendances de l'école classique italienne. Le Liber aureus contient des chartes du couvent de Prûm, écrites du ix^ au xi^ s. et très propres à faire comprendre aux visiteurs ordinaires les progrès de l'écriture au moyen âge. 11 y a en outre des lettres de Luther , de Blucher, etc. — Le vestibule renferme d'anciens portraits d'électeurs et d'autres personnages célèbres, du duc d'Albe, de Jean Huss, du chevalier François de Sickingen, du cardinal Nie. de Cusa (p. 270), etc.

Le *MusiE PEOviNciAL b'antiquités , dans le même bâtiment, est ouvert de 11 h. à 1 h., tous les jours de juin à sept, et les dim., mercr., et vendr. du mois d'oct. au mois de mai, gratuitement les dim. et mercr., moyennant 50 pf. les autres jours. On peut encore le voir en d'autres moments pour 75 pf.

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