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Champs de bataille. METZ. VI. R. 48. 283
Dans le Toisiiiage, la nouvelle e'glise de la Garnison, du style gothique.
La bibliothèque (pi. 2, D 4) , rue Chèvremont , non loin de la cathédrale , possède beaucoup d'ouvrages précieux pour l'histoire de la ville et de la Lorraine.
Le onusee, qui se trouve dans le même corps de bâtiment, est assez important. Il est public les dimanche et jeudi de 1 h. à 4 h. et visible les autres jours de 10 h. à 4 h., moyennant un pourboire.
Rez-de-chaussé. Galerie archéologique, pe salle, vases grecs et romains. — 11^ salle , monuments en pierre des environs de Metz : 9 , 10, 35 à 40, tombes romaines; 27, autel de la de'esse Epotie-, 79, autel de Mercure et de Rosmerta; 89, monument d'Arlon, sur le côté duquel on voit une jolie scène d'enfants; 99, bas-relief repre'sentant une boutique; 170, belle statue de femme trouvée à 3Ietz ; parties d'un monument trouvé à Mertens , une colonne richement décorée , sur laquelle se trouvait une statue équestre. — Objets du moyen âge: 415, cheminée goth. du couvent de Ste-Elisabeth, du xvi^ s.; 440, bas-relief représentant les apôtres et le martyre de Ste Agathe.
I^r étage: petites antiquités romaines, cabinet des médailles (1 salle), cabinet d'histoire naturelle et galerie de peinture (3 salles).
A côté de la bibliothèque, rue Chèvremont, le palais des Eois d'Austrasie, bâti en 1599, sur des fondations romaines, et que l'on reconstruit pour en faire un magasin de vivres. On a un bon panorama du sommet, où il est plus facile de monter qu'à la tour de la cathédrale.
La jolie église St-Euchaire (pi. 8, E 5), du côté de la porte des Allemands, date du xii^s.; elle est fort simple à l'intérieur.
Au S.-O. de la ville s'étend I'Esplanade, belle promenade sur laquelle donne une grande caserne (pi. B 6) dite de l'Empereur- Guillaume, l'ancienne caserne du Génie. Là aussi s'élève la statue de bronze érigée en 1861 au Maréchal Ney, né à Sarrelouis en 1769, créé par Napoléon duc d'Elchingen en 1805, prince de la Moskowa en 1812, et fusillé en 1815, parce qu'il avait passé du côté de Napoléon à son retour de l'île d'Elbe. Cette statue est par Ch. Pêtre. Plus loin, à dr., une fontaine aussi par Fètre, et un cheval de bronze par Fratin.
Au N. de la porte Chambière (pi. E 3) se trouve le cimetière de ce nom, qui contient un haut monument érigé à la mémoire des soldats français morts à Metz en 1870.
Metz est le point de jonction des lignes d^Pagny- Nancy (p. 285), de Thionville (p. 281), ào^ Sarrebruck (p.286); à.Q Sarrebourg-Strasbourg (p. 151) et à' Amanvillers -Verdun. Amanvillers est la dernière station allemande sur cette ligne, à 16 kil. de Metz (trajet en 45 min. à 1 h.). Stat. intermédiaire, Moulins, à l'entrée de la vallée de Monvaux, que le chemin de fer remonte. Il y a 2 kil. d' Amanvillers à St-Privat.
A rO. de Metz, sur la route de Verdun, sont situés les mémorables champs de bataille des 16 et 18 août 1870. La visite s'en fait fort bien en une journée (9 à 10 h.), soit avec une voiture pour tout le temps (à 2 chev., 30 à 40 fr. ; celles des grands hôtels les meilleures), soit à pied en profitant du chemin de fer jusqu'à Novéant et de l'omnibus jusqu'à
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Gorze. Voici l'itinéraire à suivre: dans la vallée de la Moselle jusqu'à Novéant (p. 285) ; de là à Gorze, 6 kil. ; Vionville^ 6 ; Rezonville, 3; Gravelotte, 3; St-Hubert, 2; retour, 2; de Gravelotte à Vernéville, 3; Ste-Marie-avx- CAénes, 41/2; St-Privat-la-Montagne et Amanvillers, station de chemin de fer (v. ei-dessus), 41/21 soit en tout, à partir de Gorze, env. 30 kil., qu'on peut faire aisément en 6 h. 1/2 à 7 li. a pied. On pourra toujours obtenir dans le pays des renseignements sur la situation des tombes et des monuments.
Pour visiter seulement le champ de bataille dc 18 août, on peut profiter du chemin de fer ou du tramwaj' jusqu'à Moulins et aller de là à St-Privat-Amanvillers par Gravelotte, comme il est dit ci-dessous. Mais on peut aussi aller directemeut en chemin de fer ou en voiture Cpar Woippy et Saulny) à Amanvillers et commencer la visite de ce côté, ce qui fait qu'on arrive pour midi au bon hôtel de Gravelotte. — De Moulins, la route monte à dr. dans la vallée de Monvaux-, les piétons font mieux de monter au Point-du-Jour par Ste-Ruffine. Avant que la route franchisse le ruisseau qui arrose la vallée, à Maison- Neuve, il s'en détache à dr. une autre route qui reste, comme le chemin de fer, dans la vallée de Monvaux, et qui passe à Châtel, Amanvillers et St-Privat. En suivant toujours la grande route, on laisse à dr. Rozérieulles , village près duquel prit position l'aile gauche française, d'abord le 2^ corps, sous les ordres de Frossard, et plus loin le 3^, sous Lebœuf, s'appuyant sur la hauteur où se trouve la ferme du Point-du-Jour. En face était postée l'aile droite des Allemands, composée des 7^ et 8^ corps, renforcés, le soir, par le 2®. Les Français maintinrent leurs positions jusque dans la nuit, et ne les quittèrent" que vers le matin du 19 août. — La route descend dans une gorge et s'élève sur le plateau de Gravelotte (hôt. du Gheval-d^ Or, bon), à 8 kil. de Moulins -les -Metz. Au milieu de ce village, elle se bifurque pour se diriger des deux côtés sur Verdun. Tournant au N. ou à dr., on rencontre à Ikil. 1/2 environ la ferme de la, Malmaison, dans le voisinage de laquelle on a une bonne vue d'ensemble des hauteurs où étaient les Français: le Point-du-Jour, les fermes de Moscou, Leipzig, Montigny-la- Grange, etc. La Malmaison était occupée par le 9® corps d'armée prussien, dont les lignes s'étendaient, sur le chemin vicinal qui se détache à dr. de la route, jusqu'au delà de Vernéville (2 kil.). A l'O. de ce village (suivre le chemin à g., dans l'intérieur) , une hauteur où il y a un beau monument prussien et qui offre une assez jolie vue. Au N. de Vernéville, on traverse un coin du territoire français, à Habonville (2 kil.) et St-Ail (1 kil.), d'où s'avança l'aile dr. de la garde prussienne, ayant derrière elle, en réserve, le^lO^ corps d'armée. A Ste - Marie - aux - ChêneSy
I kil. plus loin, où s'appuyait l'aile g. de la même garde, on se retrouve sur le nouveau territoire allemand. Il y a près de Ste-Marie un monument érigé aux Français. Viennent ensuite Montois-la-Montagne et Malancourt, où le corps d'armée saxon fermait la ligne de bataille des Allemands sur la g. Vis-à-vis se trouve Roncourt, où était l'aile droite française, le 4^ corps, commandé par Ladmirault, et le 5®, par Canrobert. Plus à dr., au bord de la route, St-Privat-la-Moutagne, qui fut enlevé vers 7 h. du soir, à la suite d'une attaque concentrée de la garde prussienne et des Saxons, après laquelle les Français se retirèrent précipitamment sur Metz.
II y a au S. de St-Privat une tour érigée à la mémoire des officiers et soldats de la garde prussienne morts à l'attaque. On peut se la faire ouvrir par le gardien et monter à la plate-forme. — Le chiffre des troupes engagées le 18 août est évalué à 180U00 hommes du côté des Français et à 230000 du côté des Allemands. Les pertes des premiers se sont élevées à 12314 hommes, dont 609 officiers; celles des seconds à 20159 hommes, dont 899 officiers.
Le CHAMP DE BATAILLE DU 16 AOUT touche au précédent à l'O. — Les Français avaient pour principal point d'appui, à g., Eézonville, situé à 2 kil. 1/2 de Gravelotte, sur l'embranchement S. de la route de Verdun, et leurs lignes se développaient en demi-cercle au N.-O. jusqu'à St-Marcel et Bruville, tandis que les Allemands sortirent des bois au S., en face de la route. Les corps engagés furent surtout, du côté des Français , le 2^, le 6e, le 3e et le 4^; du côté des Allemands, le 3^ et le iOe, ainsi que
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plusieurs brigades de cavalerie. Vionville, à 2 kil. 1/2 à l'O. de Rézonville, fut occupé par les Allemands à peu près dès le commencement du combat et gardé par eux malgré des attaques vigoureuses, de sorte qu'ils coupèrent de ce côté à leurs ennemis la retraite sur Verdun. Il y a plusieurs monuments. Mars-la-Tour^ encore plus à l'O., et qui se trouve au delà des frontières actuelles, fut le théâtre de combats de cavalerie acharnés. Il y a près de la gare un beau *monument français par Bogino. — La bataille du 16 août fut une des plus sanglantes de toute la guerre. Il y eut d'engagés peu à peu, dans le cours de la journée, du côté des Français, 138000 hommes, avec 476 bouches à feu; du côté des Allemands, 67000 hommes, avec 222 bouches à feu. Les pertes des Français ont été de 17007 hommes, dont 879 officiers; celles des Allemands de 15 780 hommes, dont 711 officiers.
Les champs de bataille du 14 août et des 31 août et I^** septembre se trouvent à l'E. de Metz. Le principal objet de la bataille du 14 août fut la ligne de Golombey à Nouilly^ localités d'après lesquelles les Allemands la désignent aussi. Des parties du l^r et du 7^ corps d'armée des Prussiens commencèrent le combat à 3 h. I/2 du soir, et à 9 h. les Français étaient repoussés sous les canons de la place. La journée fut surtout "fatale pour ces derniers en ce sens que ^leur retraite sur Verdun fut «retardée au point qu'il fut possible d'arrêter tout à fait ce mouvement, par la bataille de Vionville-Mars-la-Tour , et d'en venir ensuite, dans la bataille de Gravelotte-St- Privât, à une attaque générale et décisive à PO.»
La bataille des 31 août et l^r sept, fut le premier et le plus décisif des essais faits par Bazaine pour rompre les lignes de l'armée allemande, qui le cernait dans Metz depuis le 19 août. La lutte se concentra surtout autour du petit village de Noisseville ^ à 8 kil. de Metz, sur la route de Sarrelouis; les Français (4^ et 6^ corps et la garde imp.) le prirent bientôt après le commencement de la bataille, vers 6 h. du soir, le perdirent vers 9 h. et le reprirent à 10, pour le perdre encore trois fois le 1^^ sept., oii il resta au pouvoir des Prussiens à partir de midi. Les Français perdirent 2805 hommes, dont 141 officiers-, les Allemands 2976 hommes, dont 126 officiers.
Au N. de Metz, non loin de la route de Thionville est situé Woippy^ où Bazaine fit, le 7 oet., sa dernière tentative pour s'ouvrir un passage; le combat dura neuf heures et se termina encore par la retraite des Français.
La capitulation, signée le 27 oct. au petit château de Frescati^ à 4 kil. 1/2 au S. de Metz, livra aux Allemands, outre la place, 3 maréchaux, 50 généraux, 6000 officiers, 173000 hommes Cy compris 20000 blessés et malades), 53 aigles, 66 mitrailleuses, 541 pièces de campagne et 800 pièces de rempart, plus une quantité extraordinaire d'autres objets composant le matériel de guerre de l'armée et de la place.
De Metz à Nancy, 56 kil. , chemin de fer, trajet en 2 h. V4 à 2 h. 3/4 pour 5 o/i( 40, 4 o/^ et 2 o/^. 90. — Cette ligne remonte la jolie vallée de la Moselle. A g., la ligne de Sarrebruck, puis à dr. celles de Thionville et Verdun. A g., le fort St-Privat ou du Prince- Auguste -de -Wurtemberg; ensuite, dans un bois, le petit château de Frescati (v. ci-dessus). On franchit plus loin la rivière.
8 kil. Ars-sur- Moselle. Un peu au delà du village, ainsi que près de Jouy - aux - Arches , à env. 10 kil. de Metz, se trouvent les restes considérables d'un aqueduc romain, haut de 18 m. et long de plus de 1100 m., que Drusus fit construire pour mener l'eau des hauteurs de la rive dr. à Divodurum, le Metz actuel: il en reste encore 7 arches à Ars et 11 à Jouy.
14 kil. Nove'ant, qui communique par un pont suspendu avec
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Corny , où se trouvait le quartier général allemand pendant le blocus de Metz. — 19 kil. Fagny , sur la nouvelle frontière.
28 kil. Font- à -Mousson (bot. de France), sur le territoire français, jolie ville d'env. 11 500 bab., dominée par les deux flècbes de son église St-Martin et par les restes du cbâteau fort de Mousson. Plus loin, Dieulouard et Marbach. — 48 kil. Frouard, où l'on rejoint la ligne de Strasbourg à Nancy et Paris.
56 kil. Nancy. — hôtels: de Paris, rue de St-Dizier; de France, rue de la Poissonnerie-, d'Angleterre , près de la gare 5 du Commerce, de VEurope, rue des Carmes. — Eestaur. et cafés sur la place Stanislas.
Pour les détails, voir le Nord de la France, par Bsedeker.