‹ Les bords du Rhin de la frontière suisse a la frontière de HollandeChapitre 127 sur 155 · MAYEN. VIL R · texte numérisé non relu

MAYEN. VIL R

souterraines de basalte, qui paraissent avoir été exploitées dès le temps des Romains et qui fournissent d'excellentes meules, des pavés, des marches, etc. La coulée de lave qu'on exploite , de 1 lieue de long et ^/g h. lieue de large, est probablement partie du Hocbstein (540 m.), situé à l'O. Les carrières se ramifient en spacieuses galeries soutenues par d'énormes piliers, pour la plupart reliées entre elles et atteignant jusqu'à 20 m. de profondeur. On y descend par des escaliers étroits. La visite demande à peine 1 h.; on est conduit par un guide muni d'une torche (1 cy/l.). En bas, l'air est glacial , et l'on y trouve même de la glace en été. Les galeries abandonnées, qui sont très fraîches, servent de caves à bière , et la bière de Niedermendig est célèbre dans la contrée: elle est légère et d'un goût agréable. — On trouve des voitures à la gare (v. p. 306). Une bonne route conduit en 1 h. V4 au lac de Laach (p. 308). On aperçoit ce lac et sa magnifique église quand on est à mi-chemin, après avoir franchi la hauteur qui les entoure.

Le chemin de fer passe ensuite entre des collines. — 20 kil. Cottenheim.

23 kil. Mayen (238 m.; '^hôt. Kohlhaas, sur le Marché), ville de 8435 hab., avec une église du style goth. tertiaire et les restes d'un château bâti en 1280. Au N. delà gare sont des carrières comme celles de Niedermendig, seulement moins profondes et en partie à ciel ouvert.

De Bbohl au lac de Laach, 3 h., route de voitures (v. p. 306).

Brohl (p. 302; 56 m. d'altit.) est situé à l'entrée de la vallée de Brohl, encaissée entre de hautes montagnes boisées, et dont le fond est recouvert d'une couche de tuf de 15 â 30 m. d'épaisseur, reposant elle-même sur une couche de schiste dévonien. Le tuf broyé ou trass , mélangé avec de la chaux, forme un ciment hydraulique qui s'exporte en Hollande.

Une route de voitures remonte la vallée le long du Brohlbach. Au bout de 40 min., on voit s'élever au milieu de la vallée, sur un mamelon, le petit château de Schiueppenbourg (95 m.), aux nombreuses fenêtres, probablement du xvi® s. A 25 min. de là, la route se bifurque; le chemin continuant à dr., dans la vallée, mène aux ruines du château d'Olbnick (2 h. Va)) l'autre tourne à g. (S.) dans une vallée latérale et conduit au lac de Laach. Non loin du carrefour sont situés les bains de Tœnnisstein {Bad Tœnnissteln ; 125 m.), assez fréquentés dans ces derniers temps. L'eau, riche en acide carbonique, est dans le genre de celle de Seltz. L'établissement existe depuis 1700. Bonne cuisine au Curhaus, où sont admises aussi les personnes de passage; table d'hôte à 1 h. pendant la saison.

Le chemin du lac de Laach monte à dr. en deçà de la source de Tœnnisstein, près d'une grande maison. A 7 min. de là, aux ruines de l'ancien couvent de carmélites di' Antoniusstein (d'où par corruption le nom de «Tœnnisstein»), on monte de nouveau à dr.,

308 yJL R. 53. LAC DE LAACH.

en 35 min., vers Wassenach (279 m. à la dernière maison du haut; aub. Zum Laacher See, passable). En continuant à monter par le même chemin , on atteint en 20 min. la forêt (350 m.), d'où l'on descend vers le lac de Laach. A dr. s'élève le Veitskopf (421 m,), mamelon volcanique couvert de bois , avec un beau cratère double ouvert à l'O. et une large coulée de lave à pente rapide. La vue du lac, entouré de hauteurs boisées, est d'un effet surprenant. La route de voitures passe à l'O.

Le lac de Laach {Laacher See; 275 m.) est un bassin presque circulaire, de 330 hectares de superficie, 2732 m. de diamètre, env. 8600 m. de circonférence et 53 m. de profondeur au milieu. C'est le plus grand des lacs cratériformes de l'Eifel (v. p. 296). «Il n'y a pas de raison pour voir dans le lac de Laach une autre formation que dans ceux de l'Eifel; on peut le considérer comme une cavité creusée par le volcan dans la montagne, pendant qu'il s'élevait une paroi tout alentour» (Dechen).

Les formations volcaniques qui distinguent l'Eifel antérieure (p. 293) se retrouvent au lac de Laach sous des aspects encore plus variés. Le lae lui-même peut être considéré comme le centre des volcans. Il est entouré de six cratères: Veitskopf (v. ci -dessus), Laacherkopf (460 m.), Laacher -Rotheber g (510 m.), Tellberg (Wù m.) et Krufter-Ofen (469 m.). On compte dans les environs plus de quarante coulées de lave, dont les dates d'éruption peuvent se déterminer relativement avec plus ou moins de vraisemblance. Il y a aussi des masses considérables de différentes sortes de tuf, surtout dans les vallées qui s'étendent vers le Rhin, à Plaidt, à Kruft, et dans la vallée de Brohl. La supposition la plus ancienne, que le géologue Œynhausen a essayé de justifier, attribuait la formation des couches de tuf à de grands torrents de boue volcaniques; d'après les dernières recherches (Humboldt, Nœggerath, Dechen), ce seraient des dépôts de matières rejetées par des volcans, comme les champs de pierre ponce.— Pour des études géologiques, on fera bien de se procurer la Carte géognostique - orographique des environs du lac de Laaeh, par C. von Œynhausen, en 8 feuilles, avec explications (Berlin, 1847), et le Guide géognostique au lac de Laach du Dr von Dechen (Bonn, 1864; 4 Ji 50), l'un et l'autre en allemand. — Le niveau de ce lac avait déjà été abaissé par des canaux de dérivation au xii6 s., et on l'a encore abaissé de 6 m. en 1845.

Sur la rive S.-O. s'élèvent les bâtiments de r*abbaye de Laach, abbaye de bénédictins fondée en 1093 par le comte palatin Henri II et supprimée en 1802. autrefois l'une des plus célèbres et des plus riches de l'Allemagne. Son église, avec une coupole, cinq tours et une crypte, est un bel édifice achevé en 1156, dans le style roman le plus pur et d'une grande richesse d'ornementation. Elle est la propriété de l'Etat et elle ne sert plus au culte. Le joli cloître devant la façade, restauré en 1859, est de la fin du xii^ s. Le tombeau du fondateur, sarcophage avec statue couchée, sous une coupole à 6 colonnes , est du xiii® s. : les deux colonnes sur le devant sont des monolithes provenant de l'aqueduc romain de l'Eifel. Les bâtiments de l'abbaye ont appartenu de 1863 à 1873 aux jésuites, qui les ont fait considérablement agrandir. Sur la route , le bon hôtel Maria Laach (ch., 1 cÂ] dîn., 2 c/<( 50; pens., 4 o/^); c'est là qu'il faut s'adresser pour avoir la clef de l'église.

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