‹ Les bords du Rhin de la frontière suisse a la frontière de HollandeChapitre 135 sur 155 · Bonn · texte numérisé non relu

Bonn

Hôtels: *H. de V Etoile (Stem; pi. a, B C4), sur la place du Marche'^ *H. Royal (pi. b, A4), Coblenzer-Str., 6, avec jardin donnant sur le Rhin, tous deux de premier rang et dont les prix sont à peu près les mêmes-, — Bellevue (pi. e, A4), Coblenzer-Str. , 35 (ch., 2 à 3 cU. ; déj., 1 JQ ; Kley (pi. d, B 5), même rue, 1, à côté de l'Alte-ZoU, aussi restaur. et liotel garni, ayant également un jardin du côté du Èbin , comme le précédent (cb., s. et b., 3 oiC. 50; dîn., 2 c4t. 50); *Rheineck (pi. e, B5), au bord du Rhin (ch., 1 Ji 50 à 2 cU. 50; dîn., 2 JC. 50). — H. Central (pi. h, B 4), Miinsterplatz, 2 (eh., 2 c4ù.-^ déj., 80 pf.); H. Kronprinz, en face de la nouvelle gare; Rheinischer Hof (pi. f, C 4), Bchwan (pi. g, C4), tous deux dans la Sternstrasse, près du marché, simples et bons; Eintracht, Sandkaul, 15. — Hôtel garni: H. & Peiis. du Nord^ Quantiusstrasse, 1, au coin de la Poppelsdorfer- Allée, près de la gare. — Pensions: Lilhrmann^ Evangelische- Kirehstr.,3; Kaiser^ Poppelsdorfer-Allee, 40; Groyen^ Erste Ffehrgasse, 2; .^î7Zes, Coblenzerstr., 27, auHofgarten; Peiis. Anglaise, Endenicher-Allée, 2 ; Rees, Venusberger-Weg, etc.

Restaurants (débits de vin); *Perrin, Wenzelgasse, 50; Breuer, «im Zehrgarten», sur le marché, nO 13; Glouth, Sandkaul, 13.

Café; à Vhôt. Kley (v. ei-dessus). — Pâtisserie: ^ScJiarrenlroich, sur le marché, 5.

Brasseries (restaur.) : Voss, dans la Wenzelgasse, 54; Hamburger Restaur., Kaiserlialle, l'une et l'autre non loin de la gare; Nettekoven, Neugasse, 2; Adtorf, place de la Cathédrale; Beethovenhalle, Vierecksplatz; Huseinann, Remigiusstr. ; Hagemann, Mauspfad.

Bains. Bains froids du Rhin^ dans des cabines et en pleine eau, en amont de la ville. Bains chauds, dans le même établissement et à l'entrée de la Baumsehulen-Allée.

328 VIL R. 59. BONN. Cathédrale.

Voitures: la course, i ou 2 pers., 60 pf. ; chaque pers. de plus, 25 pf. (malle. 10 pf.) ; 1/4 d'h., à 1 chev., 50 pf.; à 2 ehev., 65 pf.; pour Poppelsdorf^ 75 pf. et 1 ok ; pour Godesherg^ 2 JC. 50 et 3 JC.^ aussi pour 1 ou 2 pers., au delà de ce nombre, 25 et 50 pf. par personne.

Poste et télégraphe (pi. 21) , place de la Cathédrale.

Si l'on a peu de temps , visiter la cathédrale et le monument de Beethoven (v. ci-dessous); aller jouir de la vue de l'Alte-ZoU (p. 330) et faire une promenade à Poppelsdorf et au Kreuzherg (p. 331).

Bonn, ville de 35 996 1iab., avec une université fondée en 1818, est située sur la rive g. du Rhin, là où cessent les montagnes. Elle a prospéré de nos jours d'une façon extraordinaire, et beaucoup d'étrangers y viennent séjourner. Les belles tours de la cathédrale et de la nouvelle église évangélique, les nombreuses villas, avec leurs beaux jardins le long du Rhin et de la rue de Coblentz en amont, les bouquets d'arbres du jardin public dit Hofgarten, l'allée' de Poppelsdorf et la vue de l'Alte-Zoll donnent à cette «ville des Muses» un aspect riant.

Bonn, Bonna, Castra Bonnensia, est souvent citée par Tacite. Ce fut une des premières forteresses romaines sur le Ehin, probablement bâtie par Drusus, et la garnison de plusieurs légions. L'emplacement de son vaste camp était, comme l'ont montré des fouilles faites en 1818 et plus récemment, au débouché de ce qu'on appelle aujourd'hui le Steinweg ou Heerweg, chemin qui part d'Endenich, près du Wichelshof, au N. de la ville. Bonn resta longtemps sans importance au moj'en âge, jusqu'au jour où le siège archiépiscopal de Cologne y fut transféré, en 1267 (v. p. 339). Les empereurs d'Allemagne Frédéric d'Autriche (1314) et Charles IV (1346) ont été couronnés dans sa cathédrale.

Nombre de calamités vinrent affliger la ville par suite du penchant que les archevêques Hermann de Wied et Guebhart de Waldbourg montrèrent au xvi^s. pour la Réforme, surtout après l'expulsion de Guebhart. La guerre des Pays-Bas contre l'Espagne, celle de Trente- Ans et celle de la succession d'Espagne firent subir à Bonn plusieurs sièges, les électeurs de la maison de Bavière (1583-1761) étant souvent ligués avec là France contre la maison de Habsbourg. Le siège de 1689 fut dirigé par l'électeur de Brandebourg, Frédéric III (roi de Prusse sous le nom de Frédéric l^^)^ à la tête des troupes impériales de Brandebourg, de Hollande et de Munster. Les fortifications de la ville furent rasées à la demande des Hollandais en 1717, en exécution du traité de paix de Eastatt.

Sous le règne des électeurs Clément-Auguste, due de Bavière, de 1723 à 1761; Maximilien-Frédérie, comte de Kœnigseek, jusqu'en 1784, et Maximilien, archiduc d'Autriche, jusqu'en 1793, Bonn s'éleva, grâce à leur goût pour le luxe, à un haut degré de prospérité. Maximilien-Frédérie y fonda en 1777 une académie , qui fut érigée en université par un décret impérial de 1784. Les Français entrèrent dans la ville le 7 octobre 1794, et l'université fut fermée en 1797. Bonn fut ensuite dans une situation assez misérable. Le nombre de ses habitants tomba de 9500 à 7500; mais elle est devenue plus florissante que jamais avec la paix et la réouverture de l'université, en 1818.

La gare (pi. C 3) a été construite de 1883 à 1885 , sur des plans de Viereck et d'Unger. Une rue neuve, la. Knahengartenstrasse, conduit de là sur la place de la cathédrale, où il y a un beau monument en l'honneur du grand compositeur Loiois van Beethoven (pi. 4, C 3), né à Bonn au n" 20 de la Bonngasse (pi. 5, C 4), le 17 déc. 1770, et mort à Vienne en 1827. La statue est en bronze d'après Hsehnel, de Dresde.

La *cathédrale (Munster; pi. 12, B 3), basilique en forme de

Université. BONN. VIL R. 59. 329

croix, avec deux chœurs, quatre petites tours et une haute tour octogone sur le transept, est un des plus beaux édifices du style roman tertiaire. Comme pour beaucoup d'églises sur le Rhin, on en fait remonter l'origine au temps de l'empereur Constantin. La partie 0. de la crypte et la partie de l'édifice correspondante sont encore du xi® s., l'abside est du milieu du xii® s., la nef, le transept et la principale tour, du xiii^ s. On restaure cet édifice.

L'intérieur se distingue par ses belles proportions; on y remarque une statue en bronze, d'un style maniéré, représentant Ste Hélène, mère de Constantin , à genoux devant la croix , fondue à Rome en 1756 ; puis deux bas-reliefs, la Nativité et le Baptême de J.-C, aux autels de la nef et du bras droit du transept, de jolies sculptures italiennes du xyii^ ou du xviii^ s. TSTon loin du grand portail se trouve le sarcophage de l'archevêque Engelbert de Falkenbourg (m. 1274). — La crypte^ nouvellement restaurée, mérite d'être vue.

La vieille maison du chapitre, qui touche à l'église, a été transformée en presbytère. Le cloître, avec ses jolis chapiteaux, est du xii^ s. — Nouvelle école municipale dite Mûnsterschule, construite de 1885 à 1886 dans le style roman.

Le centre de Bonn est la place du Marché ( Marktplatz , pi. B C4), place triangulaire où aboutissent les rues les plus animées de la vieille ville. Au milieu s'élève une fontaine en forme de colonne, érigée en 1777. Lliôtel de ville, précédé d'un haut perron, a été terminé en 1782.

Le côté S. de la vieille ville est occupé par l'ancien château, construit de 1717 à 1730, comme résidence électorale, par Joseph- Clément et Clément- Auguste, et rebâti partiellement après un incendie en 1777; c'est maintenant l'université (pi. B 4-5). La façade de cet édifice a près de 580m. de longueur. L'intérieur comprend: les salles des cours, sauf ceux d'agriculture et la plupart de ceux d'histoire naturelle et de médecine, une bibliothèque (pi. 6) de plus de 250 000 volumes, avec un grand nombre de bustes de professeurs célèbres; le musée d'antiquités nationales (v. ci-dessous), et le cabinet de physique.

Le musée d'antiquités nationales (Muséum vaterlœndischer Alterthiimer ; s'adresser au gardien dans la Franziskanerstr. ; eatal., 2 c^(.) se compose d'une intéressante collection d'antiquités romaines, trouvées dans la province Rhénane et en Westphalie. Les plus remarquables sont des ex-voto à Mercure Arvermis (n° 19 et 20), à Hercule Saxanus (21-24), aux divinités mères eeltico - germaniques (28-62) , aux divinités germaniques Alateïvia (63) et Hludana (64, 67) ; puis des bas-reliefs (60-70) représentant le sacrifice de Mithras, etc.

En passant par la porte de Coblentz (Coblenzer-Thor), qui traverse l'aile orientale de l'université (pi. B 4-5 ; à la façade, restaurée il y a quelques années, un St Michel doré), on arrive dans la belle RUE DE Coblentz (Coblenzer-Sfrasse), qui longe leHofgarten à l'E. (v. ci-dessous). Cette rue a de belles constructions, plusieurs hôtels et des villas entourées de jardins. — A côté de l'hôtel Royal, n°9, est l'anc. villa Obeknieb, maintenant un musée municipal, ouvert gratuitement le dim. et moyennant 50 pf. les autres jours de 11 h.

330 VIL B. 59. BONN. Hofgarfen.

à 1 h., 75 pf. en d'autres moments. C'est un legs de feu le prof. Fr. Ohernier et il comprend quelques tableaux d'ai'tistes de Diisseldorf et de Munich. On y a une vue magnifique sur le Rhin et les Sept-Montagnes.

Le Hofgarten (pi. AB4) est un grand jardin public planté de vieux arbres. Au milieu se trouve le nouveau musée académique (pi. A 7), public les lundi et dim. de 2 h. à 4 h. et visible aussi les autres jours moyennant pourboire. Le gardien demeure dans le bâtiment du milieu, du côté de la rue de Coblentz. Il y a 6 salles et 2 corridors, renfermant des plâtres des œuvres principales de la sculpture antique et quelques originaux, surtout des terres cuites et des vases grecs. — A l'O. du Hofgarten s'élève le temple protestant (pi. 18), édifice en briques du style gotb., avec une haute tour, bâti de 1866 à 1871 par Dieckhoff. — L'e'glise du Sacre-Cœur (Herz- Jesu-Kirche; pi. 17, A4), construite en 1862, dans le style goth., possède des vitraux d'après Steinle.

A la porte de Coblentz, du côté du Rhin, se trouve l'entrée del'Alte-Zoll (pi. 1,B5), ancien bastion qui s'élève immédiatement au bord du fleuve. On y a une vue célèbre sur le Rhin et sur toute la rive dr., jusqu'à Bensberg et Siegbourg, et notamment sur les Sept-Montagnes. Là se trouve aussi le monument d'Arndt (pi. 3), statue en bronze, d'après Afinger^ avec l'inscription: «Ernest- Maurice Arndt (1769-1860). Le Rhin fleuve de l'Allemagne et non frontière de l'Allemagne. Le Dieu qui a créé le fer n'a pas voulu qu'il y eût d'esclaves. Erigé par le peuple allemand. 1865.» On descend par une rampe au bord du Rhin, où il y a depuis peu une belle promenade.

Une magnifique et large route bordée d'une quadruple rangée de beaux marronniers d'Inde, d'élégantes villas et de jardins, r*allée de Poppelsdorf (pi. A 2), qui date du siècle dernier, commence à l'O. de la ville, à la place de TEmpereur (Kaiserplatz) , près de l'Université et du Hofgarten, et conduit en 10 min., au château de Poppelsdorf. C'est la principale promenade de Bonn, et elle est toujours couverte de voitures, de cavaliers et de piétons. Le chemin de fer la traverse au commencement. A dr., la gare (pi. B3). Plus loin, à g. et un peu à l'écart, V observatoire (Sternwarte; pi. 23, A2), construit de 1839 à 1846, d'après les données du professeur Argelander (m. 1875), avec sept tours pour les observations.

Dans le voisinage, Baumschulen- Allée, 34 (pi. B2), se trouve installé provisoirement le musée provincial, qui comprend surtout des antiquités de la province Rhénane et quelques objets du moyen âge et des temps modernes. Il n'est ouvert actuellement qu'aux savants spécialistes.

Monuments romains en pierre. Objets trouve's dans des tombeaux romains et francs, à Audernach et à Meekenheim; riche collection de coupes noires avec inscriptions; parure en or de Waldalgesheim, dans un bahut en fer du xve s.; beaux e'maux, coupes en verre avec gravures. Précieuse collection de verres romains, un vas diatretiim. Vases e'trusques

Poppelsdorf. BONN. VIL B. 59. 331

en bronze, fibules, clefs, etc. Retable de maître Guillaume de Cologne (p. 339).

Le château de Poppelsdorf (pi. A 1), l'ancien château de plaisance des électeurs, dit Clemensruhe, construit de 1715 à 1746 et cédé à l'université par le roi Frédéric-Guillaume III, en renferme les riches collections d'histoire naturelle. La collection de minéraux et de pétrifications est surtout précieuse pour l'étude de la géologie du Rhin, ainsi que des formations volcaniques des Sept-Montagnes et de l'Eifel. Le concierge demeure immédiatement à g. de l'entrée (75 pf. de pourb. ; une société, 1 cU. 50 à 2 c/fi). — I^q jardin botanique, près du château, est bien tenu; on peut le visiter les mardi et vendr. de 3 h. à 7 h., en tout temps moyennant un pourb., comme ci-dessus.

Au N. et en face du château de Poppelsdorf s'élève le laboea- TomE DE CHIMIE, uu dcs plus grands et des mieux organisés du monde, construit en 1868 par l'architecte Diecfc/io,^, de Bonn, avec la coopération du chimiste Hofmann, de Berlin. Le vestibule renferme des médaillons de chimistes célèbres. — Derrière, au N., l'ANATOMiE (pi. 2, ABl), magnifique bâtiment achevé en 1872, sur les plans de l'architecte Neiimann. — Tout près, le nouvel Institut physiologique et les bâtiments de Y Académie d'agriculture, instituée en 1847.

Il faut encore mentionner la manufacture de -porcelaine et de faïence de Wessel, qui occupe un millier d'ouvriers. Son origine remonte à la création d'une manufacture de porcelaine par l'électeur Clément-Auguste, en 1755.

Au-dessus du village de Poppelsdorf s'élève le Kreuzberg (125 m,), colline surmontée d'une église blanche visible de loin et où l'on arrive en 15 min. du château. L'ancien couvent, fondé par l'électeur Ferdinand, duc de Bavière, en 1627, n'existe plus. Il ne reste que l'église, remarquable par V escalier saint, bâti sous Clément-Auguste (m. 1761), en marbre d'Italie, dans la chapelle derrière l'autel. Cet escalier, qu'on ne doit monter qu'à genoux, est une imitation de la Scala Santa, près de l'église de Latran à Rome, escalier construit avec les 28 degrés de marbre qui conduisaient au portique du prétoire de Jérusalem et par lesquels Jésus monta pour paraître devant Ponce -Pilate. On a un vaste et beau panorama de la tour de l'église.

Le vieux cimetière (pi. D2-3), à 5 min. de la porte dite Sternthor, renferme de nombreux et beaux monuments d'anciennes célébrités de l'université de Bonn , et aussi un en l'honneur des victimes de la guerre de 1870-71. Sa jolie chapelle, du style roman tertiaire, date de 1200. Elle était autrefois à Ramersdorf (p. 316), d'où elle a été transférée au cimetière en 1847. On y voit quelques vitraux donnés par Boisserée.

Au N. de la ville, à la porte de Cologne, se trouvent les nouvelles CLINIQUES DE L'u>rivEE,siTÉ (pi. D 5) , avec V Institut Patho-

332 VIL R. 60. SCHWARZ-RHEINDORF.

logique, dans un enclos élevé qui s'étend jusqu'au Rhin. On y a dépensé 3 millions de marcs. Dans le voisinage, le grand hôpital St-Jean (pi. 10, Dl nouveau cimetière.

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