VIII. R
Ipers.
2pers.
3pers.
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Ji. pf.
4pers.
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annuelles. — La Société chorale (Mânnergesangverein) jouit également d'une réputation bien méritée; elle donne des concerts, dans son local dit «Wolkenburg», au Csecilienkloster.
Bains: Hohenstaufenbad, Holienstaufenring (pi. C2), bel établissement construit sur les plans de Stubben et parfaitement organisé, avec de grands bassins de natation pour hommes et poui- dames, etc.; Siegen, Schildergasse, 72. — Baiks du Ehin, froids et chauds, près du pont de bateaux; puis chez Sckiefe)\ à Deutz, non loin du pont de bateaux; JVolden , à la Eheinau , d'un côté comme de l'autre avec bassin de natation et parties réservées aux dames ; Pionier-Schwimmanstalt^ à Deutz en aval du pont fixe; Actien-Schwimmanstalt, à la Eheinau (pi. B 6).
Tarif des voitures de place.
Cow^se.
Dans l'intérieur de la ville*
D'un point quelconque de la ville pour en .
sortir, jusqu'au Bisehofsw^eg
Au jardin zoologique, à la Flora, au Stadt-
garten
A la gare de Deutz, péage compris
Aux villas de Marienbourg
A Vheure.
1/2 heure
1 heure
Chaque 1/4 d'h. en sus ..... •
De 10 h. du soir à 7 h. du matin , les prix sont doublés. — TJn gros colis, 25 pf. ; chaque colis en plus, 10 pf. Il n'y a rien à payer pour le menu bagage.
Tramways. — I. Delà cathédrale (pi. E 4-5): 1, ligne circulaire du pont fixe, par la Comœdienstr., le Eœmerthurm, l'Apostelnstr., le Mauritius-Steinweg, le Waidmarkt (pi. C4) et le Heumarkt (pl.D5), toutes les 10 min. (doit passer par les nouveaux boulevards); — 2, le long du Rhin, pour le Kaiser g arten, la Flora et le Jardin zoologique, tous les 20 min.
— II. De l'Eigelsteix (pi. H 4), à Nippes, au jardin zoologique et à la Flora.
— III. Du Waidmarkt (pl.C4), k Bayenthal, Marienbourg et Rodenkirchen, toutes les 10 min. —IV. Du Neumarkt (pi. D3): 1, au StEedtischer-Garten et à Ehrenfeld (p. 357), toutes les 20 min. ; — 2, & Lindenthal et à Melaten, toutes les 20 min. — V. De Deutz, à Kalk (p. 322) et à Miilheim - sur - le- Rhin (p. 376).
Bateaux à vapeur : pour Coblentz et Mayence, v. l'introduction, III ; les débarcadères se trouvent à peu de distance du pont de bateaux (pi. D E 5-6).
— Des bateaux spéciaux circulent constamment entre Cologne et Miilheim (p. 376; 25 pf.). Ils partent du pont de bateaux et font escale près de St-Cunibert (p. 356) et dans le voisinage du jardin zoologique (p. 357) et de la Flora (p. 357; 20 pf.). Uii autre, qui part toutes'les 1/2 ^- du Filzgrabenthor (pi. D 0), dans l'après-midi, conduit en amont aux villas de Marienbourg (p. 336; 23 pf., 40 aller et retour).
Poste, Bureau central (Ober-Postamt; pi. 19, E3), Glockengasse, 25-27. Bureaux auxiliaires pour les lettres et les paquets, dans la Marzellenstr., au N. de la gare centrale, Hohestr. , 1; Klingelpiitz , 35; à l'hôtel du Nord, etc.; pour les lettres, les paquets, les mandats et la poste aux chevaux, seulement dans la Glockengasse.
Télégraphe: Csecilienstr. , 4; à la gare centrale, dans le local de la «gazette de Cologne», Breitestr., 76, 78, et à l'hôt. du Nord (p. 335).
L'eau de Cologne, ce parfum célèbre, inventé selon les uns en 1709, par Jean-Marie Farina, de Domodossola, en Italie, d'après les autres par Paul de Feminis, est maintenant fabriquée par une trentaine de maisons. Une petite caisse de 6 flacons coûte 7 c4C. 50 (9 fr. 40).
Exposition permanente: Ed. Schulte , Richartzstr., 16, près du musée (entrée, 50 pf, ; autre, v.p.377).
Bœdeker, le Rhin, 13^ édit. 2.2
338 Vin. B. 62. COLOGNE. Histoire.
Si l'on a peu de temps, voir la cathédrale (p. 340) à l'intérieur, et monter au chevet (p. 344); visiter le musée (p. 345), suivre la Hochstrasse, voir Vhôtel de ville (p. 349), le Giirzenich (p. 350), \q monument de Frédéric- Guillaume III^ au Heumarkt (p. 351) et Ste-Maiie- au- Capitale (p. 351), aller de là au Neumarkt et à Véglise des Apôtres (p. 354), puis à St-Géréon (p. 355), à Ste-Ursule (p. 356), et visiter encore pour terminer le pont fixe du Rhin (p. 344). Pour la Flora et le jardin zoologique ^ v. p. 357. — Une visite rapide de toutes les principales curiosités de Cologne demande environ 2 jours. Le mieux sera de suivre l'itinéraire adopté dans la description suivante. On visitera les églises de préférence dans la matinée à partir de 9 h.-, avant 9 h. et de 11 h. à 11 h. i/o, il y a messe et office.
Remarque pour aider à s'' orienter : les noms des rues, sur les écriteaux, sont en rouge lorsqu'elles conduisent vers le Rhin (de l'O. à l'E.) et en noir quand elles lui sont parallèles (du S. au N.).
Cologne (40 m. d'altit.), en ail. Cœln ou Kaln, est une ville de I61266hab,, y compris 7000 hommes de garnison, la plus importante de la Prusse rhénane, l'une des places de commerce les plus considérables de l'empire d'Allemagne, une forteresse de première classe et le siège d'un archevêché. Elle est située sur la rive g. du Rhin, où elle forme un vaste hémicycle, ayant en face, sur la rive dr., la ville de Deutz, dont la population est de 17 700 hab., et avec laquelle elle communique par un pont de bateaux et un pont fixe.
Vue de loin, surtout en arrivant par le bateau à vapeur, Cologne, avec ses nombreuses tours, présente un aspect très imposant. Les rues en sont généralement étroites et sombres, mais on y voit encore nombre de maisons intéressantes, qui datent du XVI®, du XY® et même quelques-unes du xiii® s. C'est de nos jours seulement que les travaux de construction y ont été repris avec une grande activité. La ville s'est développée d'une manière étonnante depuis l'agrandissement de l'enceinte, qui en a doublé la superficie, en la portant de 405 hect. à 812. Les anc. fortifications, qui dataient du moyen âge, ont été rasées, à l'exception de trois portes (p. 353, 354, 357), et les fossés comblés. La ville, qui avait acheté les terrains en 1881, pour la somme de 11794000 cS.^ y a tracé de magnifiques boulevards et a revendu le reste. Il y a déjà beaucoup de belles constructions sur ces boulevards, qui forment une longueur de 6 kil., surtout dans la partie moyenne, nommée Hohenstaufenring, Hohenzollemring et Kaiser Wilhelms-Ring.
Cologne a été fondée par les TJbiens , lorsque Agrippa les transféra de la rive dr. sur la rive g. du Rhin. En l'an 51 de notre ère, Agrippine, fille de Germanicus et mère de Néron, y amena une colonie de vétérans romains, la Colonia Âgrippinensls ^ plus tard Colonia Claudia Agrippina. C'était la résidence des légats de la Germanie inférieure. Constantin le Grand commença l'an 308 la construction d'un pont fixe sur le Rhin, de la rue Marspforten à Deutz, en traversant l'île de St-Martin, qui a été depuis réunie à la terre ferme. Ce pont fut plus tard détruit par les Normands et complètement démoli par l'archevêque Rruno (v. p. 354). Dès la fin du v6 s., Cologne fit partie du pays franc et les rois des Francs ripuaires y résidèrent pour un temps. Charlemagne éleva au rang d'archevêché son évêché fondé au iv^ s., et le premier archevêque en fut l'archichapelain
Histoire. COLOGNE. VIIL B. 62. 339
impérial HUdebold, qui bâtit la première cathédrale et lui donna la précieuse bibliotlièque encore existante qui ^orte son nom.
Bientôt les archevêques ne se contentèrent pas de leur autorité religieuse; mais, s'appuyant sur les privilèges qu'ils avaient obtenus de l'empereur, ils essayèrent de s'attribuer une domination absolue sur la ville. 11 en résulta continuellement entre eux et la bourgeoisie des démêlés qui dégénérèrent en querelles sanglantes, notamment sous ^w?io // (1056-1075), Philippe de Heinsherg (1167-1191), Conrad de Hochstaden (1238-1261), EngeU bert de Falkenbourg (1261-1274) et Siegfried de Westerbourg (1275-1297). La bataille de Worringen (p. 373), en 1288, décida cette longue lutte en faveur de l'indépendance municipale. Les archevêques transportèrent leur résidence d'abord à Briihl (p. 318), puis à Bonn. Ils conservèrent néanmoins le droit de haute justice et quelques autres droits sur Cologne, qui continua de leur prêter serment de lidélité.
La lutte fut encore presque plus violente entre les divers partis qui régnaient dans la ville, entre les patriciens et les corporations, et elle ne ' cessa que lorsque celles-ci eurent remporté une victoire décisive en 1396. La ville passa encore par plusieurs révolutions , en 1482, en 1513, etc. ISTéanmoins elle était douée d'une vitalité extraordinaire, puisque, malgré tous ces désordres, elle joviit jusqu'à la fin du xv^ s. d'une prospérité qui la mit au rang des premières villes de l'empire. Son commerce, surtout avec Londres, où elle avait son entrepôt au Guildhall, était d'une très grande importance. Cologne fit de bonne heure partie de la Hanse, dans laquelle elle disputa d'abord le premier rang à Lûbeck. Les poids et les mesures de Cologne furent employés dans presque toutes les villes des bords du Rhin, de la Westphalie et des Pays-Bas. La foire qui se tenait dans la ville à Pâques était même fréquentée par des marchands d'outre-mer et d'autres pays éloignés.
Cologne peut se vanter d'avoir été deux fois au moyen âge le centre artistique de l'Allemagne. La première fois ce fut vers la fin du xii^ s., lorsque l'enthousiasme religieux, excité par l'acquisition des reliques des rois mages et secondé par la prospérité des habitants, se révéla par des constructions d'une architecture très riche et d'un effet pittoresque. Les grandes églises de Cologne subirent rapidement l'une après l'autre une transformation dans laquelle on développa le chœur. Le meilleur échantillon de ce style est Véglise des Apôtres^ vue du Neumarkt. Le goût des constructions persévère au xiii^ s. et amène la réédification de la cathédrale^ mais non plus dans les anciennes formes, le style roman étant remplacé par le gothique, emprunté à la France et qui s'est rapidement répandu dans toute l'Europe. — La seconde période de prospérité artistique, restreinte à la peinture, dura deux générations, à la fin du xiv*^ s. et au commencement du xv^. Beaucoup de noms de peintres de ce temps sont conservés dans les registres de la ville, mais on connaît peu de leurs œuvres. Les principaux d'entre eux sont: maître Guillaume ou Wilhelm (m. 1378) , qui exécuta dans la salle de la Hanse des peintures murales dont il subsiste des restes, maintenant au musée (p. 346), et maître Etienne ou Stephan (Lochner) de Constance, qui mourut en 1451. Les plus célèbres tableaux de ces écoles de Cologne sont le Dombild (p. 343), la Vierge du séminaire (p. 344) et la Vierge dans un berceau de roses (p. 346).
Les siècles qui ont suivi n'ont pas été néanmoins tout à fait improductifs dans le domaine de l'architecture; le vestibule de V hôtel de ville est un spécimen intéressant de la renaissance allemande. Outre que l'on restaura alors d'anciennes églises, on en bâtit aussi de nouvelles (église des Jésuites). Cologne comptait avant sa sécularisation, en 1801, plus de 100 églises, qui demandaient naturellement de l'entretien.
La ville s'illustra moins dans les sciences. Son université^ fondée en 1388, d'abord siège important de l'enseignement de la seolastique, déclina plus tard et fut supprimée à la fin du xviii*^ s.
Cologne déchut à partir du xvi^ s., au commencement peu à peu, puis rapidement. Son commerce perdit aussi de son importance à l'extinction de la Hanse. Des dissensions intestines continuelles, l'expulsion des protestants (1608), qui allèrent s'établir à Crefeld , Elberfeld, Diisseldorf
340 riIL B. 62. COLOGNE. Cathédrale.
et Mûllieim, lui furent très funestes. Cependant elle resta ville libre de l'empire germanique jusqu'à l'entrée des Français, le 6 oet. 1794. La paix de Campo-Formio (17 oet. 1797) l'incorpora à la France et elle fit partie du de'partement de la Rœr , dont Aix-la-Chapelle fut le chef-lieu. Cologne vit revenir son ancienne prospe'rité après 1815, sous le gouvernement prussien. Le développement de la navigation à vapeur, les chemins de fer et surtout l'activité de ses habitants, joints aux ressources pécuniaires considérables restées d'autrefois dans de nombreuses familles, en ont fait une des places de commerce les plus importantes de l'Allemagne. L'industrie de Cologne est aussi très prospère.
La **cathédrale {Dom; pi. E F 4-5) , l'œuvre la plus grandiose de r architecture gothique, vers laquelle tout visiteur dirige ses premiers pas, se dresse sur le bord oriental d'un monticule en grande partie composé de décombres romains, qui s'élève à 19 m. au-dessus du Rhin, non loin de la gare centrale, à l'O. et presque en face du pont fixe. Dès le ix^ s., il y avait à cet endroit une cathédrale, qui finit par ne plus paraître digne de la grandeur et de la richesse de la ville, ni de la piété de ses habitants et de leur amour pour les arts. L'archevêque Engelbert I®^, le Saint, eut le premier l'idée de la reconstruire, mais sa mort subite et violente, arrivée en 1285, l'empêcha de la réaliser. Son deuxième successeur, Conrad de Hochstaden , reprit son plan après un incendie qui avait considérablement endommagé l'édifice, et posa solennellement la première pierre du monument actuel, le 14 août 1248. L'architecte fut sans doute maître Gérard de Rile (Riehl, un village près de Cologne), auquel le chapitre de la cathédrale offrit un présent en 1257, pour lui témoigner sa satisfaction.
On commença par le chœur. La construction marcha lentement, parce qu'elle fut sensiblement entravée par les luttes entre les archevêques et les habitants de la ville. Les matériaux furent fournis par le Drachenfels (p. 324). Le 27 sept. 1322, le chœur, fermé par un mur provisoire à l'O., fut consacré par l'archevêque Henri, comte de Virnehourg. On posa alors les fondements du bras N. du transept, en 1325 ceux du bras S., et l'on démolit peu k peu l'ancienne église, qui avait continué de servir. En 1388, la nef était livrée au culte, et en 1447 les cloches montées dans la tour du S. Mais alors le zèle se ralentit, et dès la fin du xv^ s. on désespérait de terminer cette cathédrale sur le plan primitif. Elle fut recouverte d'un toit provisoire et l'on ne s'occupa plus que de la décoration intérieure, au xyii^ et au xviii^s., où l'on adopta eu partie le style rococo; par ex. pour le maître autel. Puis elle tomba peu à peu en ruine; la révolution française la ferma au culte comme les autres églises, en fit un magasin à fourrage en 1796, et hâta encore la ruine en prenant pour ses troupes les plombs de la toiture.
Frédéric-Guillaume III et Frédéric-Guillaume IV, rois de Prusse, ont sauvé ce chef-d'œuvre d'architecture d'une destruction complète. Le premier, à la prière de Sulp. Boisserée, fit examiner le monument par l'architecte Schinkel , en 1816, et ordonna de
Cathédrale. COLOGNE. VIII. R. 62. 341
« conserver ce qui existait». Les travaux de restauration commencèrent enfin en 1823, sous la direction à'Ahlert (m. 1833), puis sous celle de Zwirner (m. 1861) et enfin sous celle de Voigtel. Zwirner, architecte actif et doué d'une profonde intelligence du style ogival, conçut le premier l'idée d'achever l'édifice , et cette idée fut accueillie partout avec enthousiasme. Le 4 sept. 1842, on posa la première pierre pour la continuation des travaux, à laquelle ont été consacrés depuis lors plus de 300 000 marcs par an , dont plus de la moitié donnée par l'Etat, le reste provenant de contributions de diverses sociétés et de particuliers, et, depuis 1863, du produit d'une loterie dite «Dombau-Lotterie ». Il a été dépensé de cette façon pour l'édifice, de 1842 à 1880, la somme de 18 427 552 marcs. L'échafaudage gigantesque des deux tours s'éleva le 19 juin 1880 à une altitude de 165 m. (v. ci-dessous), et le 15 oct. suivant eut lieu, en présence de l'empereur Guillaume et de presque tous les princes allemands, la fête de l'achèvement de la cathédrale.
Le PLAN de la cathédrale (v. p. 337) est celui d'une basilique en forme de croix, dont le vaisseau à cinq nefs est coupé par un transept à trois nefs. Sa longueur totale est de 135 m. 60, sa largeur de 61 m. ou de 86 m. 25 au transept, et sa hauteur de 46 m. jusqu'au bord inférieur du toit, de 61 m. 50 jusqu'au faîte. La tour centrale, sur la croisée, s'élève à 109 m. 80 du sol, celles de la façade, les plus hautes de l'Europe, à 156 m. (v. p. 148). Et tout autour est un nombre incalculable de piliers, d'arcs-boutants , de tourelles, de clochetons, de pinacles, de gargouilles, de galeries, de moulures, de feuillages, etc.
La grande * façade , construite entièrement d'après les plans originaux du xiv^ s. (v. p. 343), avec ses deux énormes tours, la porte principale qui s'ouvre entre les deux et la grande fenêtre du milieu, passe pour le plus beau, le plus parfait modèle du système d'architecture à membres perpendiculaires, dont les masses s'élèvent en devenant de plus en plus légères et aériennes. Les tours se composent de quatre étages, les trois du bas carrés, le quatrième octogone et couronné par une magnifique flèche très élancée. Parmi les trois cloches de la tour du S., la plus grosse pèse 25 000 kilogr. ; elle a été faite en 1874 avec des canons français. Les deux autres, fondues en 1447 et 1448, pèsent 11200 et 6000 kilogr.
La porte principale a 29 m. 30 de haut et 9 m. 50 de large; les portes latérales, 11 m. 60 sur 5 m. 60, et la fenêtre du milieu, 14 m. 75 sur 6 m. 25. Celle du S. est ornée depuis le xv® s. de sculptures d'un style noble, probablement de maître Conrad Cuyn.
Les bras du transept se terminent par les portails latéraux du N. et du S., achevés en 1859, sur les plans de Zwirner, les anciens plans n'existant plus. Le portail du Nord est simple, mais le *p ortail du Sud est très riche ; ses sculptures, d'après Schwanthaler, ont été exécutées aux frais du roi Guillaume I^'^.
312 VÎII. E. 6f. COLOGNE. Cathédrale.
Le*chœur, acheté en 1322, avec les sept chapelles qui rayonnent alentour, montre dans sa partie inférieure les formes nobles et sévères du style goth. primitif le plus pur, et dans sa partie supérieure tout réclat et les formes élancées de l'art à son apogée.
h'^Hnférieur^ compte 56 piliers et mesure 119 m. de longueur, La grande nef a 15 m. de large du centre d'un pilier à l'autre et 45 m. de haut; chacun des deux bas côtés qui en sont le plus rapprochés, 8 m, 18, et les deux autres, de l'axe du pilier au mur, 6 m. 95 de large sur 19 m. de haut. La superficie est de 6166 m. carrés (v, p. 146). L'effet que produit l'ensemble du monument est vraiment imposant.
Nef et TRA^'SEPT. Les vitraux de la fenêtre du milieu au-dessus du grand portail, par Mil de , de Lûbeek, ont été donnés par le prince et la princesse de la couronne. Les cinq fenêtres du bas côté du N. (g.), faites en 1508 et en 1509 et représentant des archevêques, des saints et des armoiries, sont mises au rang des plus belles verrières anciennes. Les granit ; des fenêtres du bas côté du S., exécutées en 1848 à Munich et données à la ••f cathédrale par le roi Louis I^'" de Eavière, témoignent du progrès immense qu'on a fait réaliser de nos jours à cette sorte de peinture, presque oubliée depuis le moven âge. Les sujets principaux sont: lo St Jean-Baptiste; 2» la Is^ativité de J.-C. ; S» en haut, la Cène; en bas, la Mort de J.-C. ; 40 la Descente du St-Esprit; 50 la Lapidation de St Etienne, premier martyr. Au-dessous: des Prophètes, des Evangélistes, de Pères de l'Eglise, toutes figures en pied. Les trois premières fenêtres ont été dessinées par Jos. Fischer^ les deux autres par Hellweger. Une 6^ fenêtre, placée en 1855 dans le bras S. du transept, côté O., est consacrée à la mémoire du philosophé Joseph de Gœrres «eatholicse veritatis in Germania defensori glorioso , nato Confluent. 1776, denato Monachi 1848» .(glorieux défenseur de la vérité catholique en Allemagne, né à Coblentz en 1776, mort à Munich en 1848). Elle a été peinte d'après des cartons de Hess, etc. Les nouveaux vitraux du portail du S., donnés par l'empereur Guillaume, ont été peints à Berlin; ceux du portail du N., consacrés à la mémoire de feu l'archevêque de Cologne, Jean de Geissel, à Cologne même. Enfin les vieux vitraux dans le bras N. du transept, à l'O., pro^ viennent d'anciennes églises de la ville et de la chapelle de la Vierge, dans la cathédrale.
Une grille de fer, qui doit être remplacée par un haut jubé, sépare la nef du chœur. On entre par la porte du N. (à g.). Immédiatement à g., la jolie épitaphe d:Ant. Keyfeld (m. 1539). — Des 14 colonnes de la partie centrale, qui forme le chœur proprement dit, se détachent des consoles avec des statues du commencement du xiv^ s., sous de riches baldaquins: Jésus, la Vierge et les Apôtres, probablement de Michaël, architecte de la cathédrale , à qui sont dus les bas-reliefs en marbre sur le devant du maître autel : elles ont été restaurées en 1842. Les nouvelles statues du transept y ont été placées en 1866. Dans les angles des voûtes, le peintre Steinle a représenté en 1844 les neuf chœurs des anges ^ conformément à la symbolique religieuse et en donnant aux figures des couleurs diverses , selon les degrés de la hiérarchie céleste.. C'est du haut de la galerie du chœur (p. 344) qu'on les voit le mieux.
1 La nef, le transept et les vitraux sont visibles pour tout le monde et toute la journée, cependant il n'est pas permis de circuler dans l'église durant les offices (dans la semaine, de 9 h. à 10 h. du matin et de 3 h. à 3 h. 1/2 du soir). Pour visiter le chœur, etc., il faut s'adresser au suisse (Schweizer), qui délivre une carte spéciale coûtant 1 cM. 50 par personne. On paie 1 c4(. pour monter au chevet, aux tours, etc. ; l'ascension est très intéressante. Les guides sont tout à fait inutiles. Il n'y a pas de pourboire à payer.
Cathédrale. COLOGNE. VIII. R. 62. 343
Les murs derrière les stalles sont ornés d'images modernes brodées sur soie, d'après des dessins de Rambovx (p. 345), par des dames de Cologne. Elles représentent le symbole de Nicée et les sept sacrements. Les belles stalles sculptées sont du xv^ s. Sous des plaques de cuivre, sur lesquelles sont gravés les portraits des défunts, reposent l'archevêque comte Spiegel de Desenberg (m. 1835) et le cardinal de Geissel (m. 1864). Au-dessus du triforium du chœur (intérieur) règne une série d'excellents vitraux anciens (les rois de Juda, etc.), dont les figures ont 2 m. 50 de hauteur-, ils sont de la fin du xiii^ ou du commencement du xiv^ s.
Chapelles du chœur. 1. Chap. St-Engelbert^ la première à g. ou au IST. Elle a renfermé jusqu'en 1633 les reliques de l'archevêque Engelbert de Berg, actuellement déposées au trésor (p. 344), dans une superbe châsse d'argent. On remarquera les tombeaux des archevêques Adolphe et Antoine de Schauenbourg, du xvi*^ s. — Devant la sacristie, le sarcophage de l'archevêque Engelbert de la Marche (1364-1368), avec une belle figure eji pierre, faite du vivant même du défunt.
2. Chap. St-Materne. Tombeau de l'archevêque Philippe de Heinsberg (m. 1191), ayant la forme d'une enceinte de ville avec tours, portes et créneaux, et une belle statue. Tableau d'autel de Barthel de Brmjn (1548). Sous verre, le plan et le profil originaux de la tour du S. de la cathédrale, sur parchemin, retrouvés à Paris en 1816 (v. ci-dessous).
3. Chap. St-Jean. "Tombeau du fondateur de l'église (p. 340), l'archevêque Conrad de Hochstaden (m. 1261): la figure du pi-élat, en bronze, a été restaurée en 1847. Remarquer Vautel Ste-Claire , orné d'une belle sculpture en bois représentant la Passion , sur les volets de laquelle sont des peintures de l'école de maître Guillaume , présent des frères Boisserée. — Sous une glace de 4m. 70 de haut, dans un grand cadre en chêne, le plan original du grand portail de la cathédrale, avec les deux tours achevées, sur parchemin -, il a été retrouvé partie à Darmstadt, en 1814, partie à Paris, en 1816.
4. Chap. des Trois-Rois. Les ossements des rois mages avaient été portés à Constantinople par l'impératrice Hélène; transportés de là plus tard à Milan, ils furent donnés à Cologne, après la destruction de Milan en 1164, par l'archevêque Renaud de Dassel , qui les avait reçus lui-même en cadeau de Frédéric Barberousse. La châsse qui les renferme est maintenant au trésor (p. 344). Le mausolée en marbre qui se trouve dans la chapelle, date de la seconde moitié du xvii^ s. — Sous la fenêtre du milieu est un précieux bas-relief en bronze doré, de 1516, représentant l'adoration des mages. Du côté S., Tépitaphe de l'archevêque Ernest de Bavière (m. 1642). Les autres électeurs de la maison de Bavière reposent en dehors de cette chapelle. Le cœur de Marie de Médicis (p. 350) est également inhumé devant la chapelle, sous une pierre sans inscription. En face, sur le revers du maître autel, le tombeau de l'archevêque Thierry de Mœrs (m. 1463), probablement modifié.
5. Chap. Ste-Agn'es. L'autel est orné du célèbre *Bombild (tableau de la Cathédrale). C'est un grand tableau à volets, dont le panneau du milieu représente l'adoration des rois mages, les autres St Géréon et Ste Ursule, et l'extérieur l'Annonciation. Il était autrefois à la chapelle du Conseil (p. 350). C'est évidemment le tableau dont Durer fait mention dans le journal de son voyage aux Pays-Bas, disant qu'il a payé deux deniers «pour ouvrir le tableau que maître Steffen a peint à Cologne». C'est d'après cette indication qu'on l'a attribué à Etienne (Stephan) Lochner. Il ne porte pas d'inscription; les caractères qu'on veut y voir ne sont que des ornements. Ce tableau, qui impose déjà par ses dimensions, a excité dès les premiers temps une admiration pleine d'enthousiasme. Comme style, il tient le milieu entre l'idéalisme du moyen âge et le réalisme des Flamands. — Au milieu de la chapelle, le sarcophage de Ste Irmgarde (vivait au xi^ s.), orné de colonnades et d'images de saints.
6. Chap. St- Michel. Monument de l'archevêque Walram de Juliers (m. 1349). Le retable sculpté est du xv^ s.
7. Chap. St-Etienne. Sarcophage de pierre de l'archevêque Oéron (m. 976), du x^s., provenant de l'ancienne cathédrale, mais sur lequel
344 YIIL R. 62. COLOGNE. Cathédrale.
on a placé en 1802 la statue du général de l'empire de Hochkirchen (mort à Landau pendant la guerre de la succession d'Espagne, en 1703), par Fortini, de Florence.
8. Chap. de la Vierge^ proprement la dernière travée du bas côté extérieur de droite. Tombeau de l'archevêque Renaud de Dassel (m. 1167; p. 343J. Dessus, depuis 1842, la statue de marbre de l'archevêque Guillaume de Genney (m. 1362). En face, le sarcophage du comte Godefroy d'Arnsberg (m. 1368). Près de l'autel, le *mausolée de Frédéric de Saarwerden (m. 1414), richement orné de sculptures en pierre, avec la statue du prélat en bronze et entouré d'une grille; il a été restauré en 1847. — L'autel de cette chapelle, fait en 1856 sur les dessins de Zwirner, est orné d'une *Assomption par Overheck^ achetée en 1855 pour la cathédrale, par le Kunstverein de Dûsseldorf, qui l'a payée 6000 thalers. Au pilier voisin , une Vierge dite la Madone de Milan, probablement une oeuvre allemande du xiv^s. — Les vitraux de cette chapelle, peints à Cologne et posés en 1857, représentent des scènes de l'histoire de la Vierge, d'après de vieilles peintures murales découvertes en 1842, lors de la restauration du chœur.
A l'entrée de la partie S. du transept, contre un pilier, se voit une statue de St Christophe de plus de 3 m. de hauteur, du xvi^ s. L'autel du style ogival tertiaire au mur de l'E. , du même côté , provient de l'ancienne église Sta-Maria-ad-Gradus.
Trésor. L'entrée est dans le pourtour, au N. du chœur. La *châsse des rois mages, en or, est une œuvre précieuse du style roman, faite probablement de 1190 à 1200, considérablement endommagée en 1794 dans la fuite à l'approche des troupes françaises et restaurée en 1807. La *châsse de St Engelbert, en argent, est de la renaissance (1633). Parmi les ostensoirs^ il y en a un du xiv^ s., un autre du xviiS, tout garni de pierres précieuses , et un donné par Pie IX, en 1848. On remarquera encore une croix processionnelle du xii^ s., une paix du xvi^ s., richement ornée d'émaux, de perles et de pierres précieuses; le glaive de la justice porté par l'électeur de Cologne, lors du couronnement des empereurs d'Allemagne à Francfort; des habits sacerdotaux, 10 tablettes d'ivoire, sculptées de 1703 à 1733 par Melehior Paulus et représentant des scènes de la Passion, etc. — La sacristie renferme un beau tabernacle et de vieilles peintures sur verre. — La bibliothèque de la cathédrale possède les manuscrits de Hildebold, le premier archevêque (p. 338), rendus en 1868 parle grand-duc de Darmstadt.
Nous recommandons particulièrement de faire le *toue du chevet (Chorumgang) dans les galeries du haut, à l'intérieur et à l'extérieur, et de monter aux tours: carte, v. p. 342. L'escalier est à côté du portail S., où l'on trouve une personne chargée de vous conduire. Après avoir jeté un coup d'œil sur l'intérieur de l'église, on pa.rcourt au dehors la forêt d'arcs-boutants qui terminent les contreforts, et qui s'épanouissent pour ainsi dire en un feuillage de pierres; c'est là surtout que se manifeste le caractère grandiose de la construction. De cet endroit, la *vue s'étend sur la plaine et sur le fleuve, depuis les hauteurs de l'ancien duché de Bers jusqu'aux Sept-Montagnes et au Vorgebirge.
Le musée archiépiscopal {erzhischœfliches Muséum; pL 16, E5), au S. de la cathédrale, dans une chapelle bâtie en 1665, qui faisait autrefois partie de l'archevêché, contient une riche collection de vases et autres objets sacrés, de vêtements sacerdotaux, de garnitures d'autels, de peintures sur bois en détrempe, de manuscrits ornés de miniatures, de sculptures en bois et en pierre, etc. L'objet le plus précieux est une Vierge appartenant au séminaire, peinte par un maître de l'ancienne école de Cologne. Ce musée est ouvert tous les jours en été de 9 h. à 1 h, et de 3 à 6, en hiver seulement les dim. et fêtes et les mercr., de 10 h. à 1 h. ; entrée, 50 pf.
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Le pont fixe du Ehin, à l'E. de la cathédrale (pi. F 5-6), a été achevé en 1859. Il est en fer, à treillis, et se compose en réalite' de deux ponts accolés l'un à l'autre, reposant sur trois piles communes. Sa longueur entre les deux rives est de 412 m., sa largeur totale, de 19 m.; sa hauteur, de 16 m. 60 au-dessus de l'étiage ou de 14 m. 70 au-dessus du niveau moyen du fleuve. La partie consacrée au chemin de fer est à double voie et à double treillis; le côté livré à la circulation ordinaire n'a qu'un simple treillis. Au-dessus de l'entrée sur la rive g. (Cologne) se trouve une statue équestre de Frédéric-Guillaume IV, en bronze, par Blseser, et au-dessus de celle de la rive dr., une statue équestre de Guillaume I^'\ par Drake, toutes deux érigées en 1867. De la rampe sur la rive g., on a une belle *vue du chevet de la cathédrale. Pour Deutz, sur la rive dr., v. p. 357.
Non loin de la cathédrale s'élève le *musée (pi. 17, E4), construit de 1855 à 1861 par /. Felten. C'est un édifice imposant du style goth. anglais, mesurant 55 m. de long et 22 m. de large, tourné vers le N. Derrière se trouvent deux ailes de plus de 30 m. de long et 10 m. de profondeur, avec le beau cloître de l'église des Minorités fp. 348) , du style ogival flamboyant. Un habitant de Cologne, M. Richartz (m. 1861), a donné la somme nécessaire pour la construction de l'édifice, environ 200 000 thalers (750000 fr.) et le noyau des collections de tableaux et d'antiquités se compose de la galerie léguée à la ville par le professeur Ferd. Wallraf (m. 1824) : de là le nom officiel de musée Wallraf - Richartz. L'édifice est orné à l'extérieur de statues d'hommes marquants dans l'histoire de la ville, par Blœser , Fuchs, Mohr et Werres. — Le musée est ouvert, dans la sem. de 9 h. à 6 h. en été et de 9 h. à 4 h. en hiver, les dim. et fêtes de 9 h. à 1 h., sauf les jours de Pâques, de la Pentecôte et de Noël. Il est public les dim. et fêtes et le mercr. et visible les autres jours moyennant 75 pf.
Rez-de-chaussée et cloître. — Dans le vestibule, de chaque côté de l'escalier, les bustes deWallraf et Richartz, en marbre, par Blœser. A dr., on se trouve d'abord dans une grande galerie contenant ordinairement des sculptures modernes. Au milieu, *1003-1028, Gasp. Scheuren, aquarelles relatives à la province rhénane. On aperçoit à g., dans le bas, la mosaïque romaine mentionnée ci-dessous. — Puis vient une salle avec des antiquités romaines : statuettes, bustes, masques (pas tous authentiques). N'^ 1, *tête de Méduse colossale en marbre, achetée à Rome; 4, Epicure; 9, Scipion l'Africain; 21, Jules César, bustes. Plâtres d'antiques célèbres. — Dans la salle voisine, une collection de gravures, de dessins^ de vieux manuscrits , de médailles, de, sculptures , etc., et n^ 1030a, les 42 cartons dessinés par Ramboux pour les tapisseries de la cathédrale (p. 343).
Dans la galerie du haut une précieuse collection de poteries allemandes, de Siegbourg, Frechen et Raeren ; de beaux verres vénitiens; des verres et de la poterie de fabrique romaine; des ar-
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moires allemandes ; une collection de 30 vitraux modernes de Munich , copies de tableaux d'anciens maîtres de Cologne et de peintres flamands et hollandais, légués par les frères Boisserée. En outre, de nombreuses photographies d'oeuvres célèbres. — Dans la galerie du bas, les monuments lapidaires romains et du moyen âge, des mosaïques romaines, surtout le n"30, la mosaïque des Sages, qui représente sept sages et poètes grecs , avec leurs noms : Diogène, Socrate, Aristote, Chilon, Platon, Cléobule et Sophocle. Cette mosaïque, qui a 7 m. 06 de long sur è m. 80 de large, a été trouvée lors de la construction de l'hôpital près de Ste- Cécile (p. 354). Elle est faite en partie de petits cubes de verre, et elle date probablement du iv*^s. 188, restes d'un mur peint à fresque. 193, sarcophage trouvé à Cologne, avec des bas-reliefs qui représentent Hercule délivrant Hésione, Hercule enlevant le trépied de Delphes, Thésée combattant le Minotaure, et deux danseuses. 198, inscription tumulaire en vers, en l'honneur d'un garçon de neuf ans. Ex-voto à Mercure Cissonius (n*' lOJ, à Sémélé «et à ses sœurs» (25). 1, autel consacré à Jupiter Saxanus par des soldats travaillant dans les carrières de Brohl.
A g., au rez-de-chaussée, se trouve une galerie de tableaux de l'ANCiENNE ÉCOLE DE CoLOGKE , qui plairont peu au simple visiteur. Ils sont exposés dans six salles, dont la première commence près de l'entrée du cloître supérieur. Les pièces les plus remarquables sont: dans la 11^ salle, n^ 40, la Vierge avec la fleur de haricot, par maître Guillaume (Wllhelm) ; n^ 118, la Vierge dans un berceau de roses, par maître Etienne (Stephan); dans la III^ salle, n"® 151 à 158, la Passion de Lyversherg, tableau d'autel ainsi appelé parce qu'il a appartenu à un M. Lyversherg, dont plusieurs œuvres d'art portent le nom; puis, n*' 207, la Mort de la Vierge, par le maître de Calcar , également une œuvre d'après laquelle on en désigne plusieurs autres de la même main. — La salle qui donne sur le vestibule (p. 345) renferme quelques œuvres d'art modernes.
L'escalier est décoré de fresques par Steinle, qui ont pour sujet l'histoire artistique et intellectuelle de Cologne. Elles commencent à g. pour le visiteur qui les regarde du haut de l'escalier en se retournant. 1° Période romaine et romane : Constantin le Grand (324-337) sur un trône, entouré de guerriers, d'artistes, etc., dont quelques-uns tiennent les plans de ses constructions de Trêves et de son pont de Cologne; de l'autre côté, Charlemagne (768-814). Entre les deux empereurs, Ste Hélène. Dans l'angle, à côté de Charlemagne, les grands archevêques de Cologne: St Hildebold (m. 819), avec le plan de l'ancienne cathédrale; St Bruno (m. 965), avec réglise St-Pantaléon ; Héribert (m. 1021), avec celle des Apôtres; Anno II (m. 1075), avec celle de St-Géréon. Puis Plectrude, reine des Francs (commencement du viii^ s.), avec le plan de Ste-Marie-au-Capitole. Au-dessous, des compositions plus
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petites, la Légende de Cologne: St Materne, premier évêque de la ville, baptisant dans le Rhin; St Géréon et ses compagnons , Ste Ursule avec les vierges martyres, et St Hermann- Joseph, à Ste- Marie-au- Capitole. — Au mur de droite, 2° Période du moyen âge: au milieu, Albert le Grand, le savant théologien de Cologne, avec ses élèves; au-dessous, St Thomas d'Aquin etDuns Scot; plus loin, des mystiques, des humanistes et des artistes. De l'autre côté, Conrad de Hochstaden (p. 340), auquel l'architecte de la cathédrale présente son plan ; à côté, maître Guillaume et maître Etienne ; puis deux bourgmestres saluant un bateau de la Hanse à son arrivée. Peintures du bas: la St-Jean (v. p, 351), l'Arrivée des reliques des rois mages, un Tournoi et le Commerce de Cologne. — Au mur du milieu, à g. de la porte: 3^ Renaissance et temps modernes: à g., Rubens recevant la commande du tableau d'autel de l'église St- Pierre (p. 353); Winkelmann étudiant le Laocoon; au milieu, les frères Boisserée et Fréd. de Schlegel; à dr., les fondateurs du musée, Wallraf et Richartz, ce dernier tenant le plan du musée. Dans le bas , le Carnaval de Cologne. — Au même mur , à dr. de la porte : 4° la Continuation des travaux de la cathédrale.
Premier étage. — La plupart des visiteurs entrent immédiatement tout droit dans les salles des peintures modernes. Salle d'entrée: à dr., *982A, Camphausen le Roi Guillaume salué par les troupes après la bataille de Sedan et accompagné de Bismarck, Moltke etRoon, grand portrait à cheval; à g., 995, Simon Meister, portrait à cheval de Frédéric-Guillaume IV. Dans la même salle, quelques bustes.
CÔTÉ DROIT. 1^^ salle : Gust. Richter, la Reine Louise de Prusse, portrait peint en 1879; vis-à-vis, le portrait du feldmaréchal de Moltke, par A. de Werner. — 11^ salle ou salle du coin: 963, Kœhler, Cantique de Marie, sœurd'Aaron, lors de la sortie d'Egypte; 965b, Schwerdgehurth , Promeneurs aux portes de la ville; 987, Salentln, Pèlerins à une source miraculeuse; Rahe et Kolhe, portraits de Goethe; Ad. Schrœdtev, Don Quichotte; 959, J.-Guil. Schirmer, Paysage d'Italie; 984, C.-L.-F. Becker, Hutten couronné pour ses poésies ; 970a, Théud. Mintrop, Vin de mai. — Un cabinet contenant des gravures modernes et à côté duquel sont les salles d'exposition permanente de la société des Beaux-Arts de Cologne, unit la salle précédente à la III*^ salle , la principale des peintres modernes, à l'E. de l'escalier: 9Q3^Lessing, paysage; 971a, André' Achenbachj Départ d'un remorqueur; du même, le Marché au poisson d'Amsterdam, nouvelle acquisition; 980, Bœttcher, Nuit d'été sur le bord du Rhin; 974, Jul. Schrader, Cromwell près de sa fille malade; 990, Piloty, Galilée prisonnier ; 952a, C. Roitmann, Cefalù, paysage en Sicile; 559a, Wider, Joueurs de tombola au Trastévéré (Rome) ; 966, Bendemann, Deuil des Juifs en exil; 981, Camphausen , le Prince Eugène à la bataille de Belgrade; 994A, Stiickelherg , Roméo et Juliette de village; 991, Osw. Achenbach,
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Castel-Gandolfo ; 970, Geselschap , Soirée musicale; 992, Vautier, Eepas après un enterrement; Ed. Hildebrandt, paysage.
CÔTÉ GAUCHE. 1^^ salle , œuvres des anciennes écoles franco- KiENNE, SAXONNE ET souABE , parmi lesquelles il y en a peu de remarquables: 522, A. Durer, Un flfre et un tambour; 534, 535, Cranach le Vieux, Ste Madeleine, l'P^nfant Jésus. — 11^ salle, Flamands, Hollandais, Italiens, etc., à dr. de l'entrée: 652A, Adr. Brouioer, Un vieux paysan; *800A, le Francla , la Vierge avec l'enfant Jésus; Fr. de Herrera, Renîment de St Pierre; Nie. Mans, portrait; 817, le Tint or et , Ovide et Corinne; 654A, K. Fabricius (élève de Rembrandt), portrait d'homme; 652c, Jac.-Gerrifz Cuyp, portrait d'homme; 901, Phil. de Champaigne , portrait de Jabach, patricien de Cologne et ami des arts; 618, P. -P. Rnhens , Ste Famille, qui n'est sans doute qu'une œuvre d'atelier; 624, A. van Dyck, autre portrait de Jabach; 941, J.-L. David (m. 1824), Périclès près du corps de son fils Paralus; 632, G. Honthorst, Ste Famille; 617, Ruhens, St François recevant les stigmates; 801, Inn. da Imola, la Vierge; 802, Jac. Francia, l'Apôtre St André; 812, 813, P. Ve'ronhe, têtes d'étude; 633, 634A, Jac. Jordaens, Prométhée ; le Marchand Wirtz ; G. van den Eeckhout, Esther et Aman ; J. van der Meer , paysage; Janson van Keulen, deux portraits; Ph. de Koninck , paysage. — Les nombreuses œuvres de peintres italiens et français qui remplissent les salles suivantes n'ont rien de particulièrement remarquable.
Derrière le musée se trouve l'église des Minorités (pi. 56, E 4), édifice du style ogival primitif aux belles proportions. Elle a été probablement commencée en 1220 et achevée en 1260. Sa longueur est de 58 m. 37, sa largeur de 21 m. 97 et sa hauteur de 20 m. 40. C'est aussi à la munificence de M. Richartz (p. 345) qu'en est due la restauration, faite de nos jours. Les plus belles parties sont le portail, avec sa grande fenêtre ; et la tourelle, réédifiée au siècle dernier sur le modèle de l'ancienne. La sacristie, qui est remarquable, a un pilier rond au centre. C'est dans cette église que repose Jean Duns, surnommée Scot (m. 1309), célèbre philosophe et théologien. On lit sur sa tombe: «Scotia me genuit, Anglia me suscepit, Gallia me docuit, Colonia me tenet.»
Dans la Comœdienstrasse, sur une place (Appellhofsplatz) , la rour d'appel (pi. 1, E3), bâtie en 1824 et qui a une nouvelle façade fort remarquable au N. — Plus loin, à g., Varsenal (Zeughaus; pi. 33, E3), avec la Grand' Garde, bâtis en 1601; à dr. , Vhôtel de la Régence (Regierungsgebseude; pl.22, EF3), bâti en 1830 par Biercher. — En continuant dans la même direction , à l'O., on remarque au coin de l'Apernstrasse la tour romaine (Rœmerthurm; pi. 24, E3), construction circulaire revêtue de pierres de diverses couleurs. Elle formait jadis l'angle de la muraille romaine, dont il subsiste encore dans le voisinage des restes très considérables. Le noyau est incontestablement romain; mais la partie supérieure
Hôtel de ville. COLOGNE. VIII. R. 62. 349
est d'origine récente. — En prenant de là à dr. par la Steinfeldergasse, on arrive à l'église St-Gere'on (p. 355).
La synagogue (pl.63, E4), édifice du style mauresque, dans la Glockengasse, a été construite de 1859 à 1861 sur les plans de Zwirner et aux frais du banquier Oppenheim. Elle est surmontée d'une belle coupole dorée. — Plus haut, dans la même rue, le the'âtre (pi. 29, E3), achevé en 1872, sur les plans de Raschdorff.
Entre la cathédrale et le musée, près de la petite place Wallraf, commence la Hochstrasse ou rue Haute (pi. ED4), qui est étroite, mais qu'on élargit. Elle est très animée; c'est la principale artère de la ville, qu'elle traverse dans toute son étendue, du N. au S., en y comprenant les rues qui la prolongent: au N., la Marzellenstrasse et l'Eigelstein ; au S., la Hochpforte et la Severinstrasse. Au milieu de cette rue, à dr. , le passage Kœnigin-Augusta (p. E4), avec des magasins, un café, etc.
Entre la rue Haute et le Rhin, se trouvent plusieurs des monuments remarquables de la ville, assez rapprochés les uns des autres.
L'*liôtel de ville (pi. 21, E5), édifice intéressant datant de divers siècles et nouvellement restauré, s'élève sur les soubassements d'une énorme construction romaine, probablement le prétoire (restes d'arcades visibles dans la cave). La partie la plus ancienne du bâtiment actuel est la partie centrale donnant sur la place de l'Hôtel-de- Ville, avec la salle de la Hanse; elle est du xiv® s. De 1569 à 1571, on y a ajouté un joli vestibule de la renaissance, sur le plan de Guill. Vernickel , à la suite d'un concours dont plusieurs plans sont encore dans les archives de la ville. Il y a de longues inscriptions latines et des bas-reliefs faisant allusion à la tradition du combat du bourgmestre Gryn contre des lions (v. ci-dessous). La belle tour à cinq étages, autrefois richement décorée de statuettes, a été bâtie de 1407 à 1414, avec les amendes payées par les familles patriciennes en 1306. — La partie E., donnant sur l'Altmarkt, remonte à 1549-1550. La façade a été transformée en 1591, mais elle a été restaurée en 1870 dans le style primitif, par Raschdorff, et richement ornée de bas-reliefs et de statues.
La cour des Lions (Lœwenhof)^ construite en 1540 par le maître maçon Lorenz, dans le style de la renaissance, qui venait d'être introduit en Allemagne, rappelle aussi par son nom la tradition d'après laquelle l'archevêque Engelbert aurait attenté aux jours du bourgmestre Gryn et l'aurait fait jeter par ruse dans une fosse aux lions, d'où Gryn serait toutefois sorti sain et sauf.
Au premier étage est la salle ds la. HA^'SE (28 m. de long, 7 m. 50 de large et 9 m. 75 de haut) , complètement restaurée depuis peu. C'est là que fut tenue, dit-on, le 19 nov. 1367, la première diète générale de la ligue hanséatique. Le mur du S. est occupé tout entier par neuf belles niches qui renferment de grandes statues en pierre grossièrement travaillées, représentant des héros païens juifs et chrétiens: Hector, Alexandre le Grand, César; Josué, David, Judas Blachabée; Charlemagne , le roi Arthur et Godefroi de Bouillon. Au-dessus, mais plus petite, la statue de Charles IV, qui octroya à la ville le droit d'avoir des fortifications et le droit d'étape, comme l'indiquent les figures à dr. et à g. Aux fenêtres, les armes des familles impériales d'Allemagne; sur le mur principal,
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celles de 45 familles patriciennes de la ville; au plafond, des deux côte's, celles des bourgmestres depuis 1346 jusqu'au jour où Cologne cessa d'être ville libre de l'Empire, et dans le haut, sur deux range'es, celles des 22 corporations. — La principale pièce de la partie construite en 1550, sur l'Altmarkt, est la salle nomme'e «Muscliel» (coquillage), achevée en 1761. Les tapisseries dont elle est orne'e ont été' faites d'après des dessins de Wouwerman , par D. Vos, et achetées par la ville à la vente de la succession de l'électeur Clément-Auguste. — L'ancienne salle du Conseil est dans la tour. La belle^porte en bois sculpté a été faite en 1603 par Melchior Reidt. C'est du même temps que datent le plafond en stuc orné de médaillons d'empereurs et la porte de la salle de la Commission, provenant de l'arsenal.
Sur la place de l'Hôtel-de- Ville, vis-à-vis de la façade, la chapelle du Conseil (Rathskapelle) , édifice du style ogival tertiaire achevé en 1426, avec une jolie tourelle et une sacristie de 1474. Elle sert maintenant aux vieux catholiques. Dans la rue du Portail (Portalgasse), le beau bâtiment neuf de la Bibliothèque de la Ville (pi. 2, E 5), du style de la renaissance, par l'architect Weyer. — Sur une place voisine, le Laurenzplatz, s'élève depuis 1881 une statue de M. de Moltke, bronze d'après Schaper.
L'Altemarkt (pi. E. 5) a été décoré en 1885 à\me fo rit aine monumentale d'après Albermann, dans le style de la renaissance allemande, avec la statue de Jean de Werth (m. 1651), général de cavalerie dans la guerre de Trente-Ans, des figures de paysan et de jeune fille de Cologne à cette époque et deux basreliefs rappelant la tradition qui veut que J. de Werth se fût fait soldat par dépit moureux.
Le *Grand-St-Martin (pi. 54, E 5), la vieille église des Ecossais, jadis sur une île du Rhin (v. p. 338) , a été fondé à l'époque mérovingienne. Toutefois l'édifice a été reconstruit par l'abbé Adelhard et consacré par l'archevêque Philippe en 1172. L'énorme construction de la partie E., avec sa tour majestueuse, haute de 84 m. 70 et flanquée de quatre tourelles, semble avoir été érigée au commencement du XIII® s. Elle a été restaurée en 1437 et de 1454 à 1499. La tourelle du S.-O. s'écroula ensuite en 1526 et ne fut reconstruite qu'en 1870. 11 y avait devant le beau portail gothique un porche à voûte d'arête, du milieu du xiv® s.; il a été à moitié démoli dans la dernière restauration.
Iî^tÉrieue. lies fonts baptismaux, ornés de têtes de lions et de feuillage, à g. dans l'angle près de l'entrée , passent pour avoir été donnés par le pape Léon III, en 803. Les autels latéraux du fond sont décorés de statues înodernes par Hoffmann, de Rome: à g. , St Martin, St Eliphe et Ste Brigitte-, à dr. , la Vierge et des anges. La nef du N. renferme deux tableaux remarquables : une Descente de croix par du Bois, et J.-C. devant Anne par Honthorst.
Au S. de l'hôtel de ville se trouve le *G1irzenich (pi. 10, D 5), bâti de 1441 à 1452 et pour lequel on a dépensé alors 80000 florins, afin d'avoir un local propre à recevoir dignement les hôtes que la ville voudrait fêter. On acheta pour cela une propriété de ce nom et plusieurs autres. La construction fut confiée au maître maçon de la ville Jean de Biiren. La première grande fête qui s'y donna, en 1475, fut en l'honneur de l'empereur Frédéric III. D'autres
Gin-zenich. COLOGNE. VIII. E. 62. 351
eurent lieu en 1486, en 1505, en 1521 et maintes fois encore au xvi*^ s. Au XVII® et au xtiii^s., la grande salle tomba en ruine, on en fit un magasin , et ce n'est qu'en 1857, après avoir été soumise à une grande restauration pendant deux ans, par l'architecte Raschdorff, qu'elle a été rendue à sa première destination. Avec ses créneaux et ses tourelles, le Giirzenich est, après les églises, le plus important des anciens édifices de Cologne.
Au-dessus des portes de l'E., les statues d" Agrippa et de Marsile ^ eonside'rés, l'un comme le fondateur, l'autre comme le défenseur de la ville du temps des Romains. Les anciennes statues e'tant déte'riorées , elles ont été remplacées par d'autres , dues au sculpteur Mohr et peintes par Kleinertz, dans le style ancien.
L'INTÉRIEUR est toujour visible moyennant 50 pf. Au rez-de-chaussée, l'ancien magasin transformé en 1875, par l'architecte Weyer, en une magnifique salle de Bourse. — Au premier étage, la *salle des fêtes, de 53 m. de long et 22 m. de large, divisée en trois par 22 colonnes de bois richement sculptées et avec une galerie. Les nouvelles peintures sur verre réprésentent les armes des anciens alliés de Cologne, les duchés de Juliers, de Clèves, et de Berg et la Marche ; puis St Pierre, patron de la ville, deux aigles impériales, les armes de Cologne, celles des six bourgmestres en fonction lors de la construction de l'édifice et enfin celles des 22 corps de métier. On remarquera aussi les deux grandes cheminées^ du xv^s., ornées de riches sculptures relatives à l'histoire ancienne de la ville. Aux murs, des fresques représentant la procession historique lors de l'achèvement du dôme en 1880, par Camphausen et autres artistes de Diisseldorf. — Le restibule (petit Giirzenich ou salle Isabelle) est décoré de peintures d'A. Schmitz de Diisseldorf: l'Entrée de l'impératrice Isabelle, épouse de Frédéric II, la Légende de la délivrance de la ville par les femmes , sorties armées sous prétexte d'aller abattre du bois, et la Fête de St-Jean (purification symbolique dans le Rhin), dont pai-le Pétrarque, qui visita Cologne en 1333. Concerts du Giirzenich, v. p. 336.
A l'E. du Giirzenicli, sur le Heumarkt (pi. D 5), s'élève depuis 1878 un *monuinent de Frédéric - Guillaume III, érigé par souscription. Il se compose d'une statue équestre colossale de 6 m. 90 de haut, sur un piédestal de 6 m., entouré des statues des généraux et des hommes d'Etat qui ont surtout contribué à affranchir les pays du Rhin de la domination française: sur le devant, Hardenberg, entre Blucher et York ; du côté dr., Scharnhornst, avec le comte Solms, premier président supérieur de la province rhénane; Beuth, Schœn et Guill. de Humboldt; du côté g., Gneisenau, avec Arndt, Niebuhr, Alex, de Humboldt et Motz, ministre des finances; derrière, Stein, Kleist et Billow. Dans le bas, sur le devant, l'inscription; sur les côtés, des bas-reliefs relatifs aux progrès des sciences, des arts, du commerce et de l'industrie dans la contrée. La statue du roi et celles du côté dr. sont de Blœser, de Cologne (m. 1874); le modèle du piédestal, de Herm. Schievelbein (m. 1867); les statues qui sont sur le devant et derrière, de Drafce, et le reste de Schweinitz , Tondeur et Bûchting. Les statues, basreliefs, etc., ont été coulés en bronze à Lauchhammer.
Nous allons maintenant au S., par le Heumarkt, à
*Ste-Marie-au-Capitole {St - Maria -im- Capitol; pi. 50, D 5). Cette église, consacrée en 1049 par le pape Léon IX^ est une basilique romane en forme de croix, au plan grandiose et original. Le
COLOGNE
Sle-Marie-au-Cap.
cliœm- et le transept, qui semblent dater du xu^ s., se terminent en hémicycle, avec pourtour; c'est le plus ancien édifice présentant la forme d'une feuille de trèfle. L'église doit son nom à la tradition qui place à cet endroit le capitole romain (?) et le palais des rois francs. Elle passe pour avoir été fondée par Plectrude, femme de Pépin d'Héristal et mère de Charles Martel; mais il ne reste plus rien de l'édifice primitif.
L'*iîiTÉRiEUR a été décoré de peintures polyeliromes, commencées par Steinle (peintures murales de l'abside) et E. Gatzke , et achevées par l'abbé Gœbbels, sous la direction d'Essenwein, de Nuremberg, qui a pris uniquement pour modèles, non sans blesser quelquefois le goût moderne, des peintures encore existantes de la période romane. Les figures sont
d'après des cartons de Klein, de Vienne. — Dans le vestibule et sous la tribune de l'orgue, quelques pierres tumulaires des époques mérovingienne et carlovingienne. La porte à hauts-reliefs à l'entrée de l'abside du N., date de la construction de l'église. La chapelle du S., de 1465, a quelques tableaux de Vécole de maître Etienne^ ainsi que de beaux vitraux. On remarquera aussi la tribune de l'orgue, qui est richement sculptée; c'est un ancien jubé, de 1523. 11 y a encore des fonts de 159i, un petit autel portatif roman, etc. — La magnifique crypte de cette église, à trois nefs, avec trois chapelles carrées, etc., est sur le même plan que le chœur. Elle renferme le tombeau de Plectrude, du xii^g., et elle a de vieilles peintures murales.
On a réédifié près de cette église, au S. d'une écolp neuve, le Pfaffenthor, reste d'un arc de triomphe romain qui était primitivement près du grand portail de la cathédrale et qu'on avait déjà transporté une première fois près du musée. Inscription: «C. C. A. A.»; c,-à-d. «Colonia Claudia Agrippinensisfl. Au-dessus, le nom de Gallien, qui fit construire cet arc, de 259 à 268.
Dans le voisinage de Ste- Marie -au- Capitole, Rheingasse, 8, à dr. , se trouve le Tempelhaus {maisons des Temj)liers; pi. 28, D5), belle construction romane du xii® s. ou du commencement
St -Pierre. COLOGNE. VIII. E. 62. 353
du XIII®, avec des fenêtres et des iiiclies à plein cintre et un pignon à redans. C'est une ancienne habitation particulière, achetée par la ville en 1836. Elle sert maintenant au culte des baptistes.
St-Georges (pi. 45, C4), église consacrée dès 1067, était alors une basilique simple à colonnes avec une crypte du même genre. Cette dernière a été restaurée. Le vestibule de l'église est de 1536. On y remarque un crucifix en bois du style roman, des restes de fresques romanes et gothiques, des vitraux et une épitaphe de 1545.
St-Séverin (pi. 60, A 5), à l'extrémité S. de la ville, occupe l'emplacement d'une église bâtie dès le iv® s., détruite et réédifiée plusieurs fois. L'édifice actuel , nouvellement restauré , a été terminé en 1237. Son imposante tour carrée fut érigée de 1393 à 1411, la nef voûtée à nouveau en 1479 et la chapelle des fonts, qui a des vitraux, ajoutée en 1505.
On y remarquera le sarcophage de St Séverin , avec un couvercle en forme de toit, une magnifique garniture de porte du xii^s., un pupitre de cuivre doré en forme d'aigle, des stalles gothiques, quelques vieilles fresques et d'autres peintures, etc.
Près de l'église, un hôpital fondé par Mme d'Oppenheim. — Dans le voisinage, la porte St-Séverin, reste de l'enceinte du moyen âge, rasée depuis peu. — Plus loin, à l'E., au bord du Rhin , le Bayenthurm (pi. A 6), tour crénelée des xiii® et xiv® s., marquant l'extrémité inférieure de la ville. Vue de loin , elle offre un aspect très pittoresque. Il y a près de là un port de sûreté.
Nous revenons à Ste-Marie-ati-Capitole et nous continuons notre itinéraire par la ville, en passant à l'Augustinerplatz^ où il y a une statue de Bismarck (pi. D4), en bronze, d'aprèsSchaper, érigée en 1879. Plus loin, la Sternengasse (pi. D 4-3), qui aboutit à la rue Haute. On y remarque à dr., n° 10, une belle maison, qu'une plaque commémorative placée en 1822 et un basrelief en bois, au-dessus de la porte, donnent à tort pour celle où naquit Bubens. Une plaque de l'autre côté de la maison rappelle que Marie de Médicis, veuve de Henri IV, roi de France, y mourut en 1642 dans l'exil et la misère. — La maison num. 23 et 25 de la même rue est celle diEverard de Jabach, protecteur des arts, mort en 1636. — En suivant la même direction, on arrive à
St-Pierre [St-Peter; pi. 58, D 3-4), église du xvi® s.
On y va surtout voir un tableau d'autel de *Rubens^ le Crucifîment de St Pierre. Ce tableau est d'une vérité telle qu'il fait mal à voir, mais c'est encore un des meilleurs du grand maître flamand. Il a été peint sur les ordres de la famille Jabach, en mémoire d'Everard de Jabach. Le sacristain le montre pour la somme considérable de 1 céi. 50. Derrière l'autel est inhumé le père du peintre , Jean Eubens. — Il faut encore payer 75 pf. pour voir un retable du style ogival tertiaire, le Portement de croix, le Crucifîment et la Descente de croix, avec de bonnes peintures sur les volets. — Il y a aussi des fonts en cuivre surmontés d'une statuette équestre de 1569.
A côté, Ste-Cécile (pL 38, D 3-4), église de fondation très ancienne, déjà restaurée de 930 à 941 et de nouveau considérablement au XII® s., où l'on semble cependant avoir conservé des parties de
Bœdeker, le Rhin , 13^ édit. 23
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la basilique à piliers du x*^ s. Elle a une curieuse crypte, donnée toutefois à tort comme un reste de la plus ancienne cathédrale de Cologne, qui fut bâtie par St Materne. On remarquera les basreliefs au-dessus du tympan de la porte.
Derrière ces deux églises, le grand hôpital civil (pi. 3, D 3), achevé en 1846; il occupe presque tout un îlot de la ville.
A l'angle N.-O. du Neumakkt ou Marché -Neuf, place plantée d'arbres, la plus grande de Cologne (parade à midi), s'élève r*église des Apôtres (pi. 37, D 2), basiliqiie à piliers des plus imposantes, à trois nefs, avec deux transepts, une coupole flanquée de deux tours élancées au-dessus de la croisée à l'E. et une tour carrée sur celle de rO. Le chœur, d'un effet pittoresque, et les bras du transept de l'E. se terminent par de grandes absides rondes, avec deux rangées d'arcatures en plein cintre, surmontées d'une petite galerie. Cette église a été commencée vers 1200, sur l'emplacement d'une autre du xi® s., détruite par un incendie, et achevée vers le milieu du xiii^ s. Elle est nouvellement restaurée.
En 1357, lorsque la peste dévastait Cologne, Richmodis de Lyskirelien, femme du elievalier Mengis d'Adoelit, fut, selon la tradition, inhumée vivante dans cette église; mais le fossoj^eur ayant voulu s'emparer des bijoux qu'elle portait, elle s'éveilla et retourna chez son mari. Informé de ce qui venait d'avoir lieu, celui-ci aurait déclaré que la chose était impossible, qu'il admettrait plutôt que ses chevaux pussent monter au balcon et regarder par la fenêtre, et bientôt Ton aurait entendu les pas des chevaux sur l'escalier et on aurait vu leurs têtes s'avancer par la fenêtre. La femme guérit complètement et vécut encore longtemps. — C'est en souvenir de cet événement, qu'on aurait placé, dit-on, deux têtes de cheval à l'étage supérieur de la maison nO 8, au N. du Neumarkt , celle qui a une tour. D'autres les expliquent plus simplement, comme les armes de celui qui construisit la maison, îsicaise de Haquenay.
A peu de distance, le Hahnenthor (pi. D2), reste de l'enceinte du moyen âge. On peut se faire là une idée des belles constructions des nouveaux boulevards: bains Hohenstaufen, par Stubben; école industrielle, par Weyer, etc.
St-Maurice {Mauritiicskirche ; pi. 55, 0 2), dans la rue dite Mauritius-Steinweg, est une église goth. construite de 1861 à 1865 par Vincent Statz, avec une tour de 72 m. de haut.
St-Pantaléon (pi. 57, B 3), église de la garnison et des vieuxcatholiques, a été reconstruit dès 964-980, par l'archevêque Bruno (m. 965), frère de l'empereur Othon le Grand, et on dit qu'il y employa le reste des matériaux du pont de Constantin (p. 334). L'édifice actuel, nouvellement restauré, est du xii® et du xiii*^ s. et en partie aussi du xvi®; néanmoins les soubassements de la tour du milieu, avec ses dépendances à deux étages, semblent être encore tout à fait dux^s. Dans cette église sont inhumés l'archevêque Bruno et l'impératrice Théophano (m. 999), femme d'Othon II. Il y a des restes de fresques romanes dans une chapelle latérale.
En allant de l'église des Apôtres à St-Géréon, on passe à la tour romaine mentionnée p. 348.
St-Géreon.
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