‹ Les bords du Rhin de la frontière suisse a la frontière de HollandeChapitre 15 sur 155 · V. Les vins du Ehin et de ia Moselle · texte numérisé non relu

V. Les vins du Ehin et de ia Moselle

Deux qualités surtout ont fondé la renommée des vins du Rhin et de la Moselle : leur bouquet excellent et plein de finesse, et la très petite quantité d'alcool qu'ils contiennent. La première de ces qualités, qui donne à ces vins un charme tout particulier, est tellement prononcée dans les meilleures espèces , qu'on la croirait artificielle, si l'on n'est connaisseur , et c'est la seconde qui contribue particulièrement à les rendre si bons pour la santé. Les indispositions et les maladies qui proviennent souvent de l'usage constant des vins du Midi, sont presque inconnues à celui qui ne boit que des vins du Rhin ou de la Moselle. Il faut reconnaître, il est vrai, que les palais excités par des vins chauds trouvent en commençant une certaine acidité aux vins du Rhin : mais cette première impression est bientôt effacée par le plaisir que procurent leurs autres qualités excellentes. Des chimistes de renom, entre autres le professeur Liebig, pensent que c'est justement cette légère acidité qui les rend si bons pour la santé.

Il est difficile de dire comment il se fait que certains vins du Rhin surpassent beaucoup de ceux du Midi, qui croissent pourtant dans des conditions bien plus favorables. Cela dépend peutêtre en partie du sol schisteux des bords du Rhin, particulièrement propre à la culture du vin; mais cela vient sans doute aussi principalement des soins minutieux et incessants dont la vigne et le vin y sont l'objet : choix des ceps, culture, vendanges et cuvage rationnels, nombreux soutirages pour clarifier le vin jusqu'à ce qu'on le mette en bouteilles pour le laisser vieillir tranquillement. C'est grâce à ce traitement que le vin du Rhin , malgré le peu d'alcool qu'il contient (8 à 9%), peut conserver et même voir augmenter ses excellentes qualités pendant plus d'un demi -siècle. Si l'on accorde la palme à la France pour les vins rouges, il faut reconnaître aussi qu'aucu.n pays ne peut rivaliser avec les bords du Rhin pour la quantité et la variété des vins blancs supérieurs.

Le Rheingau, district d'environ 25 kilomètres de long, produit les meilleurs vins du Rhin. C'est là qu'est situé le château de Johannisherg, lieu fortuné dont le vin est presque sans rival. Son fameux vignoble n'ayant pas plus de 15 hect. de superficie, le public ordinaire ne peut se procurer qu'une bien petite quantité de ce rare produit. De plus, la première qualité ne s'obtient que dans les années les plus favorables ; on choisit avec le plus grand soin les grains du raisin parmi les grappes les plus mûres, et l'on ne perd pas une goutte de ce jus précieux : la récolte est par conséquent très limitée, même dans les circonstances les plus favorables. Les différentes sortes de ce vin se vendent aux enchères, en fûts, au château de Johannisherg. Il est remarquable par sa richesse et sa délicatesse dégoût et de bouquet, plutôt que par sa force. Les vins du voisinage, connus sous le nom de Johannisherg -Klaus, et

Bocdeker, le Eliin , IS^ édit. b

XYIII INTRODUCTION.

ceux des vignes du comte Sc]iœnt)orn sont également très estimés. Il y a aussi un Jûhannisherg produit par les vignes du village de ce nom, mais il est inférieur à plusieurs autres crus du Rheingau. C'est non loin de Johannisberg que sont situés Biïdesheim et Geisenheim, où se récoltent aussi des vins de première qualité. Bingen est un endroit favorable aux vins forts; le coteau qui s'élève derrière cette ville produit le Scharlachterger. En aval de Bingen, sur la rive opposée, est situé Assmannshausen , dont le vin rouge occupe un rang élevé et peut dans les bonnes années rivaliser avec le bourgogne de première qualité ; il provient, en effet, de la même espèce de ceps que ce dernier, mais il s'altère malheureusement, comme lui, par le transport. Les vignes de Marcohrunn , entre Hattenheim et Erljach, produisent un vin blanc d'un goût et d'un bouquet exquis. Celui qui rivalise le mieux avec le Johannisberg et l'usurpe secrètement en célébrité est le Steinberger , produit par les vignes soigneusement cultivées du duc de Nassau, sur le coteau qui est derrière Hattenheim. Bauenthal, près d'Eltville^ et Hochheim, situé sur le Mein, produisent également des vins de première qualité. Au N. du Rheingau, il y a encore VEngehodler, des environs d'Oberwesel, qui jouit d'une certaine célébrité; c'est un bon vin ordinaire.

Les vins du Palatinat (Pfœlzer Weine) sont ceux dont il se récolte une plus grande quantité dans la contrée. Ils sont toujours bons à boire, et dans les bonnes années, les produits varient depuis les sortes ordinaires jusqu'aux plus fines. Il faut citer en premier lieu: le Euppertsherger, le Deidesheimer et le Forster.

Parmi les vins de la Hesse rhénane, nous citerons, outre le Scharlachberger mentionné plus haut, le Niersteiner, VOppenheimer, le Laubenheimer , le Bodenheimer et le Liebfrauenmilch (lait de Notre-Dame) de "Worms. Ce dernier est un vin ordinaire, mais agréable au goût, qui doit plutôt sa réputation à son nom et aux autres vins de meilleure sorte qui se vendent sous son nom, qu'à ses propres qualités.

Les vins de la Moselle, cultivés sur des rochers schisteux, sont légers, ont un goût vif et un bouquet des plus agréables. Les meilleures sortes, moins acides que les autres , sont beaucoup consommées comme vins de table et réputées très saines , surtout pour les personnes qui mènent une vie sédentaire. Premiers crus: le Scharzhof, VOber-Emmel, qui sont à proprement parler des vins de la Sarre, puis le Griinhaus, qui est un vin vif et corsé des environs de Trêves, et le Brauneberg, qui a un délicieux bouquet. Les produits de Zeltingen et de Graach sont également fort appréciés comme sortes moyennes.

La valle'e de l'Ahr peut être regardée comme le point le plus septentrional où la vigne soit cultivée avec succès. Ses vins légers et sains se consomment principalement dans les environs du lieu qui les produit. Ils sont de couleur rubiconde, fortifiants

INTRODUCTION

et astringents , et ils ressemblent au bourgogne de qualité inférieure. Le meilleur d'entre eux est le Walporzheimer.

Les vins appelés Markgrce.fler, qui se récoltent dans le midi du grand-duché de Bade [Affenthaler , rouge; Klingenherger, blanc); ceux du Neckar et de la Bergstrasse, près de Weinheim, et ceux de V Alsace ne sont guère consommés que dans les pays de production.

Parmi les vins Ans, les plus vieux que l'on rencontre d'ordinaire ne remontent pas au delà de la célèbre récolte de 1857 ; des années suivantes, les meilleures ont été celles de 1865, 1868 et 1874.

Les vins mousseux du Ehin et de la Moselle se fabriquent à Mayence, à Eltville, à HochJieim, à Rildesheim, à Cohlentz, etc. Ces vins se distinguent de ceux de France par un goût de raisin très prononcé, qualité provenant de ce qu'on emploie pour les préparer, sinon point du tout, du moins excessivement peu de cognac. Le procédé est du reste le même que celui qu'on suit en Champagne. Lorsque ce vin provient d'une maison de confiance, c'est une boisson légère, très agréable et très saine.

Il ne sera sans doute pas hors de propos de conseiller ici au voyageur qui voudrait acheter une certaine quantité de vin du Rhin dans le pays, de ne traiter qu'avec les meilleures maisons. Inutile de dire qu'il est impossible de trouver une excellente qualité à bas prix. Le bon vin est cher même à l'endroit où il se récolte. Dans les hôtels, il est difficile de trouver un vin agréable au-dessous de 2 marcs la bouteille; mais à 3 marcs, il satisfait ordinairement les gourmets.

Les bords du Rhin sont, après le sud du Tyrol et les bords du lac de Genève, une des principales contrées où se fait la cure de raisins, et les endroits préférés sont: Gleisweiler (p. 130), Dïirkheim (p. 124), Annweiler (p. 131), Edeyikohen (p. 130) et Neustadt (p. 126).

Sont enfin particulièrement renommés pour leurs raisins de table : Honnef, Boppard, St-Goarshausen, Assmannshausen, Rûdesheim , Johannisberg, Wieshade et Badenweiler.

Altitude, largeur, profondeur et longueur du Rhin. Altitude, au-dessus du niveau de la mer.

mètres Source du Rhin antérieur, à la

sortie du lac Toma .... 2344 Source du Rhin poste'rieur, au

glacier de Rheinwald .... 2216 A Reichenau, à la jonetion des

deux bras 586

Au lac de Constance 398

A Bâle 245

A Strasbourg 144

A Spire 99

A Mannheim 92

A Mayence 83

A Bingen 75

mètres

A Baeharach 69

A la Lurlei 67

A St-Goar 65

A Boppard 63

A Coblentz 58

A Neuwied 54

A Andernaeh 58

A Brolil 51

A Bonn 44

Cologne .

Diïsseldorf Wesel . .

Emmerieh

INTRODUCTION

Largeur à l'altitude moyenne.

mètres

A Bâle 172

A Strasbourg 243

A Mannlieim 390

A Mavence 448

A Bingen 523

Entre Bingen et Coblentz , en

moyenne 390

A Coblentz 363

mètres

A Keuwied 408

A Uukel 273

A Bonn 484

A Cologne 394

A Worringen 647

A Diisseldorf .372

A la Schenkensehanz , frontière

de Hollande 827

Profondeur,

Entre Bâle et Strasbourg " Strasbourg et Mayence y Mayence et Bonn . . .

A la Lurlei

Entre Bonn et Cologne .

mètres 1 à 4 1.50 à 8 3 à 23 3 à 10

A Cologne 6

A Mûlbeim ........ ^ 8

Entre Mtilheim et Diisseldorf 4 à 10

Dans le haut de Diisseldorf 20

Dans le bas de Diisseldorf. 7.50

De Bâle à Strasbourg . . .

'' Strasbourg à Mannbeim ■K Mannlieim à Mayence .

» Mayence à Bingen

Longueur.

kil.

Bingen à Coblentz 65

De Coblentz à Cologne . . . .

» Cologne à Diisseldorf . . .

V Diisseldorf à Emmerich . .

» Emmerich à Briel (mer du

Xord)

kil.

Le mesurage de la longueur du RMn , achevé' en 1839 depuis Bâle jusqu'à Krimpen, près de Rotterdam, a donné 900062 mètres, soit 225 lieues françaises de 4 kilomètres.

FEANCFOET. TAUNUS. BEEGSTEASSE. ODENWii

HEIDELBEEG. MANNHEIM. CAELSEUHE.

Francfort

XD.

De Francfort à Mayence par la Ludwigsbalin . . . De Francfort à Mannheim par la Riedbahn . . . Le Tatinus

A. Ligne duTaunus, de Francfort à Castel (Mayence) et à Wiesbade

B. De Francfort à Hombourg et à Cronberg . . . Excursions de Hombourg. Saalbourg. 18.

C. De Francfort à Soden. Kœnigstein, Falkenstein, Grand Feldberg

De Kœnisstein, de Falkenstein et de Hombourg au Grand Feldberg. 20.

D. De Francfort à Eppstein et à Limbourg-sur-la- Lahn

De îfiedernliausen à Wiesbade. 21.

De Francfort ou de Mayence à Heidelberg et â Mannlieim

De Darmstadt à Worms et à Mannheim. 25. — Melibocus et environs d'Auerbacb. 26. — De Bensbeim à Lindenfels; à Rosengarten (Worms). Lorsch. 27. L'Odenwald

A. Partie occidentale. — Felsberg. Reichenbach. Lindenfels

De Lindenfels à Heppenheim, à Weinbeim. 30. B. Partie orientale. — Chemin de fer de Francfort à Erbacb

De Michelstadt à Amorbaeb et à Miltenberg. 31.

Heidelberg et vallée du Neckar

L Heidelberg et ses environs

IL Vallée du Neckar, de Heidelberg â Neckarelz .

De Heidelberg à Spire. Scbwetzingen

Mannheim et Ludwigshafen

De Mannheim à Carlsruhe

Do Heidelberg à Carlsruhe . .

De Brucbsal à Germersbeim. 45. — De Durlaeb à Pforzheim et à Wildbad, 45.

Carlsruhe

De Carlsruhe à Landau. 54.

Beedeker, le Rhin. IS^ édit.

Page 1