Worms
Hôtels. A la gare: Europœischer Hof Cpl.a,Bl; eli. , 1 M. à 2 M. 50-, déj., \cM.\, dîn., 2c^i^. 50; restaur.) ; Pfœlzer Hof (pl.b,Bl), simple, mais propre. — Dans la ville: *Altei' Kaiser (pl.c, A3), Andreasstrasse, près de la cathédrale; *Hartmann (pi. d, C2), Keemmererstrasse, l'un et l'autre de premier ordre. — Au pont du Rhin: Rheinischer Hof (pl.e, E4). -- Restaurants : buffet de la gare et Worret, près de la gare.
Worms, une des plus anciennes villes de l'Allemagne et une des plus importantes au moyen âge, est située à environ 15 min. de la rive g. du -Rhin, dans une contrée excessivement fertile, nommée jadis le Wonnegau ou pays des délices. Elle compte 21 927 hab., dont plus de la moitié prot., 1/3 de cath. et 1300 Israélites. On y cultive beaucoup la vigne (p. 122) et l'industrie y a pris aussi un développement notable dans ces derniers temps ; il y a en particulier des fabriques de cuir vernis.
Worms est le Borhelomagus des Romains, qui fut la capitale des Vangions et, après l'invasion des barbares, celle des Burgundes ^ venus des bords de la mer Baltique (431). Les rois francs^ puis Charlemagne et ses successeurs, en firent souvent aussi leur résidence; c'est ici que fut décidée, en 772, la guerre contre les Saxons; il s'y tint bon nombre de ehamps-de-mai et de diètes de l'Empire, et c'est encore à "Worms que la grande querelle des Investitures, au sujet de la collation des titres ecclésiastiques, fut terminée par un concordat entre l'empereur Henri V et le pape Calixte II, en 1122. Comme ville libre de l'Empire, Worms fut toujours pour les empereurs dans leurs diflërends avec les princes, et elle resta même, en particulier, fidèle au malheureux Henri IV. Elle reçut en récompense diverses franchises , surtout pour le commerce. L'alliance entre Worms et Mayenee, en 1254, fut la base de la confédération des villes du Rhin. C'est à Worms qu'eut lieu, en avril 1521, la diète où Luiher défendit ses propositions devant l'empereur Charles-Quint, six électeurs et une assemblée brillante.
La ville comptait 70000 hab. sous Frédéric Barberousse et en avait encore 40000 au commencement du xvii^ s. Elle soufl'rit beaucoup de la guerre de Trente-Ans , et elle fut à plusieurs reprises occupée et mise à contribution par Mansfeld, par Tilly, par les Espagnols, par les Suédois et de nouveau par les Espagnols. ÎVIais le ;|Coup le plus terrible lui fut porté dans la guerre du Palatinat, en 1689, où les troupes de Mélac et du jeune duc de Créqui la pillèrent et la réduisirent en cendres; il n'en resta debout que la cathédrale et la synagogue. Après être restée indépendante depuis lors jusqu'au traité de Lunéville, en 1801, et avoir été sous la domination française jusqu'en 1815 , où elle avait environ 5000 hab., elle a été incorporée à la Hesse-Darmstadt.
En prenant la Carmeliterstrasse, rue bordée de constructions neuves entourées de jardins, vis-à-vis de la gare, on arrive à la place Luther, qui s'étend à l'entrée de la ville proprement dite et occupe remplacement des anciens remparts. Sur cette place, qui a de jolis parterres, a été inauguré en 1868 le ^monument de Luther (pi. B2), dont le plan et les principales figures sont de Rietschel et qui a été terminé, après la mort de ce dernier, par Kietz, Dondoff et Schilling.
Sur un soubassement de 15 m. carrés et de 3 m. de hauteur, auquel on arrive par plusieurs degrés, sont groupées huit statues sur des socles en syénite foncée, entourant le monument de Luther proprement dit. Le socle de ce dernier, haut de 6 m., est encore surmonté d'un piédestal en bronze de 3 m. de hauteur, avec des bas-reliefs dont les sujets sont tirés de la vie du réformateur, des inscriptions appropriées à ces sujets et des
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médaillons de contemporains qui favorisèrent la Réforme. C'est sur cette base que s'élève la statue de *Luther, en bronze, de 3 m. 20 de hauteur, figure imposante, pleine de confiance en Dieu, le regard dirigé vers le ciel et tenant de la main gauche la Bible, sur laquelle est posée la main droite. Les huit autres statues sont celles de ces hommes hardis qui, avant, pendant et après la grande lutte pour la réformation, contribuèrent aussi de différentes façons à son triomphe. Aux angles du socle principal sont représentés assis les quatre prédécesseurs de Luther: sur le devant, à dr., *Jean Huss (m. 1415); à g., *Savonarole (m. 1498); derrière, à dr., Wiclef (m. 1387); à g., Pierre de Vaux (m. 1197). Sur les socles latéraux: en avant, à dr., Philippe le Magnanime, de Hesse; à g., Frédéric le Sage, de Saxe; derrière, à dr., Mélanchthon ; à g., Reuchlin. Ces huit statues ont chacune 2m. 80 de hauteur. Dans les intervalles, sur des socles moins élevés, sont les statues assises des trois villes: à dr., *3fagdebourg en deuil; à g., Augshourg, la ville de la Confession; derrière, Spire^ celle de la Protestation. Entre ces statues enfin , les armoiries en bronze des 24 villes qui embrassèrent les premières la Réforme.
Au S. de la place Luther se trouve la maison Heyl, bâtie sur l'emplacement du palais episcopalj où Luther comparut devaut Charles-Quint et qui fut détruit par les Français en 1794.
La *cathédrale {Dom ; pi. B2), église catholique sous le vocable de St-Pierre-et-St-Paul , est de fondation très ancienne, mais il ne reste presque rien de l'édifice primitif. Les plus anciennes parties sont les tours à l'O.; du commencement duxii^s. (terminées en 1110). Le reste est de la seconde moitié du même siècle (1181), sauf le portail du S., qui est du xiv® s. Ce portail est richement décoré de sculptures, dont les sujets sont tirés de l'Ancien et du Nouveau Testament, ainsi que de figures allégoriques, l'Eglise et la Synagogue. Avec ses quatre tours élancées (celle du N.-O. réédifiée en 1472), ses deux dômes et ses deux chœurs, cette cathédrale, rivale de celles de Spire et Mayence, est un des plus beaux édifices romans de l'Allemagne, surtout pour l'extérieur, qui produit le plus heureux effet.
L'*iîîTÉKiEUE, long de 134 m., large de 27, ou 37 au transept, et haut de 32 dans la nef majeure, a été restauré dans ces derniers temps. L'entrée est au S.; on donne 50 pf. au sacristain, que des enfants s'empressent d'appeler. Les marbres et les dorures du style roeoco qui ornent le chœur de TE. sont du xviii^ s. — La 1^'^ chapelle, au S., renferme une œuvre de sculpture très ancienne, scellée dans le mur, représentant Daniel dans la fosse aux lions. On en voit une autre au mur du bas côté N. , la pierre tumulaire des trois filles des rois francs, Ste Einbède, SteWarbède et Ste Willebède, du xiv^ s.
Dans la chapelle des fonts, à g. du portail méridional, sont de grands *hauts-reliefs eu pierre, exécutés en 1487 et 1488, d'un fini remarquable et parfaitement conservés; ils ont été apportés ici d'un cloître bâti en 1481 et démoli en 1813. Ces sculptures, dues à la générosité de familles nobles, représentent d'abord l'Annonciation, puis la Mise au tombeau, la Résurrection et la îy'ativité de J. -C, avec des figures de grandeur naturelle. On voit ensuite dans cette chapelle le monument du chevalier Everard de Heppenheim, dit de Saal (m. 1559), très belle statue revêtue d'une armure et agenouillée devant un crucifix; enfin des armoiries et des clefs de voûte provenant du cloître. Les fonts baptismaux sont ceux de l'ancienne chapelle St-Jean, démolie en 1807. Les tableaux à volets représentant les deux patrons de la cathédrale, St Pierre et St Paul (autres saints sur les revers), du xiii^s., sont les seuls qui n'aient pas péri dans l'incendie de 1689.
Notre-Dame. WORMS. III. E. 19. 121
La place devant le portail méridional est le théâtre d'une scène des Nibelungs. — Plus loin au S.-O., sur la place du même nom, St-André{^l. 4, A3), église du style roman tertiaire. Non loin de là , le Luginsland , Yieille tour des fortifications du xiii^ s. On récolte un bon vin dans le voisinage, de même qu'au S. de la ville, au Katterloch, à la porte de Spire.
Les ruelles à l'O. de la cathédrale conduisent au Marché, où se trouve Veglise de la Trinité (Dreifaltigkeitskirche; pi. 5, B 3), construite en 1726. Les rues qui partent de là, la Kaemmererstrasse, au N., et la Speyerstrasse, au S., traversent toute la ville.
L'hôtel de ville (pi. 11, B 3), à l'E. du Marché, est une construction neuve, sur les plans de Seidl. La grande salle a des fresques par Prell, dont la principale représente l'empereur Henri IV accordant d'importants privilèges à la ville de Worms.
St-Paul {FnuUklrche : pi. 9, C3) est rédiflce le plus intéressant de la ville après la cathédrale, aussi du style roman. Il a été construit vers 1102-1116, sauf le chœur, avec son abside à cinq pans, qui est du commencement du xiii^ s. L'intérieur^ restauré dans le style rococo au commencement du xviii*' s., a été transformé en *musée (Pauls-Museum). Ce musée comprend une riche collection d'antiquités de toutes les époques. Il est public le dim. de 10 h. V2 à midi Va et visible s'adressant au gardien (50 pf.).
Le beau portail roman à TO. a des portes qui sont la reproduction de celles de la cathédrale de Hildesheiin. — Dans la kef, d'abord des antiquités préhistoriques et un bouclier étrusque, en bronze, trouvé dans le Hhin à Mayence. Plus loin, des antiquités romaines^ provenant surtout de Worms et des environs; une riche collection de verres romains, deux casques , une enseigne, un grand diplôme militaire , env. 70 instruments de chirurgie. Puis des antiquités franques: coupe en bronze avec des représentations des premiers temps du christianisme, beaucoup de fibules richement décorées, une fibule en argent avec inscription runique, objets de grande valeur trouvés dans des tombeaux à Flonheim. Deux retables avec St Pierre, St Paul et d'autres saints, provenant d'une chapelle de la cathédrale. Chartes des xi^ et xii^ s., des archives municipales; missel de 1522, etc. — Dans la s\crasTiE, une collection de médailles. — Au l^i" ÉTAGE, des objets provenant de diverses corporations. — 2^ étage de la tour du N., au grand portail, une pièce garnie de meubles goth. et contenant une bibliothèque luthérienne, e.-à.-d. composée d'éditions princeps et rares des ouvrages de Luther et de ses contemporains.
Il y a au S. de l'ancienne église un cloître et des bâtiments de divers siècles, restes de la collégiale.
En deçà de la porte de Mayence (Mainzer Thor), dans la Grosse Judengasse , est située à dr. la synagogue (pi. 12, C D 2) , édifice du xi^s., reconstruit au xiii^s., mais aujourd'hui presque complètement modernisé. La communauté juive de Worms est une des plus anciennes de l'Allemagne.
Du faubourg de Mayence, détruit par les Suédois et les Français, il n'est resté debout que l'église *Notre-Dame {Liebfrauen- Kirche ; pi. El), à 7 ou 8 min. de la porte de Mayence. Cette église, édifice goth. consacré en 1467, en forme de croix, avec déambulatoire et