Strasbourg
Arrivée. Il y a une gare centrale (pi. A 5) à l'O. de la ville, ouverte en 1883 et dont le vestibule est décoré de fresques: l'Ancien et le Nouvel Empire. Bon buffet. On y trouve les omnibus des grands hôtels (50 pf., plus 20 pf. par colis) et des'fiacres (tarif, v. p. 143). La ligne de raccordement allant sur Kehl (p. 68) a en outre une gare au Metzgerthor^ l'ancienne porte d'Austerlitz.
Hôtels. A LA gare: *H. National, maison neuve de ler ordre, avec ascenseur (ch. , serv. et boug., 2 à 4 ôf(J-, H. Pfeiffer ^ de 2^ ordre, assez bon (ch., s. et b., 2 c4Q. — Dans la ville: *H. de la Ville de Paris (pi. a, CD 3), près du Broglie, de l^i' ordre, avec ascenseur (ch., s. et b., 4 JL; 1er déj., 1 J(. 20; table d'hôte, à 1 h., 3 c^fC.-^ à 6 h., 3 et 4 cM.'); *n. d'Angleterre (pi. b,B4-, ch. , s. et b. dep. 2 JC. 50; déj., 1 Jl. 20; dîn. à 1 h., 2 c4i. 50; à 6 h., 4 ail.); *//. de la Maison Rouge (pl.e, D4), place Kléber, vieille maison (ch., s. et b., 2 c4C. 40; déj., 1 &fC.; dîn., 3 cM.)\ *II. de r Europe, rue de la Nuée-Bleue (Blau-Wolkengasse; pi. CD 3), 19, avec restaur. et jardin (ch., s. etb., 3 c4l.; déj., i c4L)\ H. de France (pl.e, C3), place St-Pierre (ch., 2 JC. ; serv., 50 pf. ; déj., 1 c4i.); H. de la Ville de Vienne (pl.f, BC3), quai de Paris (ch., 1 JûQO; serv., 40 pf.; déj., 80 pf. ; dîn., 2 JQ; H. de la Vignette (pl.d, C5), Grande-Rue (Langestrasse), 67; H. Geist, rue Kiiss, 5; H. de la Ville de Lyon, rue du Jeu-des-Enfants (Kinderspielgasse); H. Tiirk, près du Metzgerthor (dîn. 2 cM. av. le vin), etc.
Cafés (avec restaur.): C. du Broglie, C. du Globe, tous deux sur le Broglie; C. de la Mésange, rue du même nom (Meisenstrasse) ; C. de la Lanterne, près des Grandes-Arcades (Gewerbslauben) ; C. Ilauswald, rue Xoyer (Nussbaumgasse); C. du Commerce , rue des Serruriers (Schlosserg.).
Restaurants (vin): Valentin, Vieux-Marché-aux-Vins (Alter Weinmarkt; dîn-, 2c^(.); *Dollmcetsch (Léopold) , rue du Temple-Neuf; *à la Pommede-Pin, place Kléber (dîn., 2 o^(. 50) ; Schrempp , rue du Faisan; P/ei^er, à la gare; Kempff, rue du Jeu-des-Enfants ; Schmntz, rue de Zurich; Jean, dit Carolîs, même rue. — ''^Buffet à la gare.
Brasseries (restaur.). Bière de Strasbourg, célèbre depuis 1446: Taverne Alsacienne, près des Grandes-Arcades (Gewerbslauben); Espérance, rue des Veaux (Kalbsgasse) ; Ville de Paris, rue des Frères. — Bière de Munich : *Piton, près des Grandes-Arcades; Birnbacher, rue de la Lanterne (Laterneng.) ; '''Luxhof, près du Broglie, à l'O.; ^-Miinchener Kindl, rue Brûlée (Brandgasse) ; Wolfsschlucht, rue des Orfèvres (Goldschmiedgasse) ;
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Trmnways. STRASBOURG. ÏV. E. 25. 143
,Siadt Milnclien, rue des Tonneliers (Kiiferg.) ; Franziskanei\ rue des Pierres (Steinstr.) , etc. — Tivoli^ jardin- brasserie avec théâtre d'été et où se donnent des concerts, au N.-E. de la nouvelle porte de Schiltigheim, en passant par le parc municipal de Contades.
Fiacres {^Citadines).
Courses: dans la ville, à Tivoli et à la gare du Metzgerthor . . c
Au pont du Rhin
A Kehl, dans la ville ....
A V heure: 1/2 heure
1 heure
1/4 d'h. suivant
Bagages, 20 pf. par colis.
Tramways. Daks la ville, toutes les 10 à 20 min. (10 pf.): 1, du Sieinthor (porte des Pierres) au Metzgerthor; — 2, de la place Kléber au Weissenthurmihor (anc. porte ISTationale) ; — 3, de la i^lace Kléber à la Kœnigstrasse. — Hors de la ville , à vapeur : 4, du Sieinthor à Schiltigheim^ Bischheini et Hoenheiin^ toutes les 20 et 40 min. ; 15 pf. ; — 5, du Metzgerthor au pont du Rhin, toutes les 20 min.; 20 pf. ; — 6, du Weissenthurmthor à Kœnigsliofen^ toutes les 30 min.; 15 pf. ; — 7, de la Kœnigstrasse à Ruprechtsau, toutes les 20 min. ; 15 pf.
Bains. Baiks ciiavds : Speierbad^ Vieux-Marehé-aux-Vins ; B. des Roses (Rosenbad), au Sandplatz (pl.E3); B. Kléber, quai Lezay-Marnésia Cpl. E2) ; B. Napoléon, Miihlenplan; Person, Finkweiler, les deux premiers donnant aussi des bains de vapeur, les deux derniers des bains de rivière. — Baiî;s du Riii>', au pont de Kehl, sur les deux rives (tramways, v. cidessus).
Théâtre (pi. 34-, p. 149), représentation 6 fois par semaine du 15 sept. à la fin d'avril. Opérette française au Casino, rue du Jeu-des-Enfants ou, en été, à VEden, Thiergartenstrasse.
Musique militaire au Broglie, les mardi et vendr. après-midi, de 4 h. à 5 h., de 5 à 6 ou de 6 à 7, selon la saison.
Poste (pi. 28), place du Château, en face de la cathédrale.
Télégraphe, quai de Paris, 4, et à la poste.
Commissionnaires: à l'intérieur de la ville, jusqu'à 25 kilos, 30 pf. le jour, 45 la nuit, de 8 h. à 7 h. du matin; 50 kilos, 40 et 60 pf. ; 100 kilos, 50 et 75 pf.
Pâtés de foie gras; chez L. Henry et chez Doyen, rue du Dôme (Miinstergasse) ; A. Henry , grande rue de l'Eglise (Grosse Kirchgasse) ; Hummel, Grande -Rue (Langestrasse) ; Martin, rue de la Nuée -Bleue; Minier, rue des Juifs ( Judengasse) ; Schneegans-Reeb, rue du Dôme, 27. Les prix varient, selon le poids, entre 4 et 30 Jû
Si l'on a peu de temps: voir la cathédrale (p. 144), monter à la tour (p. 147), voir l'église Saint-Thomas (p. 149), les statues de Kléber (p. 149) et de Gutenberg (p. 148) , et le Broglie (p. 149). — Les guides qui vous assaillent sont naturellement tout à fait inutiles.
Strasbourg, ville de 112500 hab. (84167 en 1866, 85 654 en 1871), dont la moitié catholiques, est située sur VIll, à 1 h. environ du Rliin, avec lequel elle communique par deux canaux. C'est aujourd'hui le chef-lieu de l'Alsace-Lorraine et la résidence du gouverneur et du général commandant le xv^ corps d'armée allemand. Par suite de sa situation entre la France, l'Allemagne et la Suisse, elle a toujours eu des relations commerciales fort étendues, et son importance a encore beaucoup augmenté de nos jours , grâce à son industrie. Elle a des brasseries , des fabriques de machines, des tanneries, etc.
Strasbourg fut fondée par les Romains sous le nom à'Argentoratum. Elle devint vite au moyen âge une des villes libres les plus florissantes
144 ly. B. 25. STRASBOURG. Cathédrale.
et les plus puissantes de l'empire germanique: sa bannière marchait immédiatement derrière l'aigle impériale. Ses citoyens, aussi braves que jaloux de leurs libertés, furent souvent en lutte avec les évêques et la noblesse du pays, et se défendirent victorieusement contre les 50000 Armagnacs qui envahirent TAlsace en 1445, sous la conduite du Dauphin, plus tard Louis XI. Le 30 sept. 1681 , Louis XIV s'empara de la ville après avoir déjà pris possession du reste du pays pendant la guerre de Trente-Ans, et elle resta à la France en vertu du traité de Ryswick (1697) jusqu'à la paix de Francfort, le 10 mai 1871, où elle fut cédée à l'Allemagne. Son aspect général , la langue et les mœurs d'une grande partie de sa population sont naturellement restés allemands dans le fond, grâce à son origine et à sa situation.
Strasbourg est le siège d'une université fondée le 14 août 1621, supprimée en 1793 et rétablie le l^^" mai 1872. Cette université a compté un grand nombre d'hommes célèbres. Gœthe, le célèbre poète allemand, y termina ses études de droit en compagnie d'autres jeunes gens de talent tels que Herder, Lenz et Stilling, et y fut reçu docteur en 1771. L'université avait été transformée en académie française après la grande révolution.
De tout temps, Strasbourg a été considérée comme un point stratégique des plus importants. L'empereur Maximilien I^r l'appelle le boulevard du Saint-Empire. La France en a continuellement augmenté les fortifications et en avait fait sa troisième place forte. Elle a opposé une résistance désespérée aux troupes allemandes pendant la guerre de 1870. Le siège commença le 11 août, le bombardement, le 18 et dura jusqu'à la reddition, le 27 sept, suivant. La citadelle pentagone, bâtie par Vauban de 1682 à 1684, à l'extrémité E. de la ville, du côté du Rhin, fut réduite en un monceau de ruines , et la porte de Pierre (Steinthor) au N., ainsi que celle de la Tour Blanche (Weissenthurmthor; anc. porte Nationale) à l'O. , furent aussi à peu près complètement détruites. Les parties avoisinantes de la ville ont considérablement souffert-, mais les ruines ont à peu près complètement disparu. Les nouvelles fortifications construites par les Allemands se composent d'une ceinture beaucoup plus considérable d'ouvrages extérieurs, au nombre de 12, dont une partie sont reportés jusqu'à une distance d'environ 8 kil. de la ville (v. p. 142 et 156). L'enceinte de la ville est aussi considérablement agrandie à l'O. et au N. ; les anciennes portes ont été démolies.
La *cathédrale (pi. E3) s'élève à peu près au milieu de la ville. On y a travaillé pendant plusieurs siècles, du xii® au xv®. Elle en a remplacé une autre qui avait été fondée par Clovis , au ti® s. Les travaux commencèrent en 1179, sous Conrad 1^^, de Lichtenherg, mais ils marchèrent lentement et il y eut de longues interruptions. De la première période de la construction, où dominait encore le style roman , datent le chœur et le transept. Mais pendant ce temps le style ogival s'était développé dans le nord de la France et se répandait dans les pays de l'Est. La façade N. du transept, aujourd'hui masquée, est encore à peu près tout à fait romane, tandis que celle du S. est du style de transition. La partie E. terminée, on se mit, vers le milieu du xiii^ s., à construire la triple nef, où règne déjà exclusivement le style gothique, tout au plus avec quelque incertitude dans la configuration des piliers. D'après les dernières recherches, l'architecte de cette partie aurait été un certain maître Wehelin, mais on ne saurait encore l'affirmer. Ce qu'il y a de certain, c'est que la nef était achevée en 1275 et que l'on commença alors la façade. Ici nous rencontrons pour la première fois, dans l'histoire de ce monument, le nom d'Erwin de
Cathédrale.