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Steinbach (p. 66). On ne sait rien ni sur son origine ni sur sa vie antérieure; il n'est même pas bien sûr que l'arcliitecte en question se soit appelé Steinbach. Les analogies de style entre son œuvre et la basilique de St-Denis, ainsi que St-Urbain de Troyes, font supposer qu'il avait étudié les monuments français. Toutefois il ne s'en fit pas l'imitateur serviie ; il fut au contraire un maître in-
dépendant, surpassant même ses contemporains par le sentiment des proportions harmonieuses. Maître Erwin travailla à la cathédrale de Strasbourg jusqu'en 1318, Il n'est pas seulement l'auteur de la façade jusqu'au-dessus de la rosace, mais il a encore restauré et exhaussé la nef après un incendie arrivé en 1298; c'est donc surtout à lui que sont dues les fenêtres du haut, la galerie et les voûtes. Les parties supérieures de la façade et des tours ne sont plus d'Erwin; elles ont été construites après sa mort et sur Beedekcr, le Klun, 13^ cîdit. 10
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d'autres plans. Cependant la direction des travaux resta encore quelque temps dans sa famille. Au commencement du xv® s., elle était entre les mains d'Ulrich d'Ensingen, d'Ulm , par qui fut construit le couronnement entre les tours. Jean et Venceslas de Prague élevèrent les parties octogones de ces tours, avec leurs hautes fenêtres et leurs tourelles à jour. Enfin le petit étage ajouté à l'octogone et la merveilleuse flèche de la tour du S., également à jour, sont de Jean Hûltz, de Cologne, qui les termina en 1439. Les dégâts causés par les assiégeants en 1870 sont maintenant réparés; l'édifice a été recouvert en cuivre et de nouvelles tours s'élèvent sur la croisée et sur l'abside.
La partie qui a toujours été le plus admirée est la *façaub de maître Erwin , réunissant, de la manière la plus heureuse, les systèmes d'architecture du nord de la France et de l'Allemagne, et sa grande ^rosace de 13 m. 50 de diamètre. Les massifs des murs sont couverts de toute sorte d'ornements et de nombreuses statues plus ou moins restaurées. Les sculptures des trois *portails, représentant des scènes de la création et de la rédemption , appartiennent aux meilleures productions de l'art gothique dans ce genre. Les niches de la première galerie renferment 4 statues équestres ; Clovis , Dagobert, Rodolphe de Habsbourg, toutes de 1291, et Louis XIV, de 1823. Pendant la révolution, en 1793, des centaines de statuettes furent renversées et mises en pièces. La flèche de la tour ne fut garantie du même sort que par un bonnet de jacobin en fer blanc qu'on y plaça.
On remarque aussi le *portail du sud, du style roman, orné de sculptures attribuées à Sabi7ie^ personne dont l'existence est problématique, mais dont on a fait au xvi^ s. une fille d'Erwin. Parmi les bas-reliefs des tympans , le Couronnement de la Vierge a été presque complètement refait et la Mort de la Vierge l'a été aussi en grande partie. Le roi Salomon entre les deux portes est également moderne. Les figures de femmes à dr. et à g. représentent la Synagogue et l'Eglise. Les statues d'Erwin et de Sabine sont dues à Kirstein (1840).
Au N. est une chapelle St -Laurent ^ avec un beau '*portail du xv^ s., orné de sculptures bien restaurées, représentant des scènes du martyre du saint. Elle a été bâtie de 1495 à 1505, devant la façade romane du transept.
L'*iNTÉiiiEUR est visible de 9 h. à midi et de 2 à 6; on paie 35 pf. pour visiter le chœur et la crypte. Tout l'e'difice a 4087 m. carrés de superficie (cathéd. de Spire, 4470; de Cologne, 6166; de Reims, 6650; d'Amiens, 8000 environ; de Milan, 8406; St- Pierre de Rome, 15160). La longueur du vaisseau est de 110 m. et sa largeur de 41, Il est divisé en trois nefs , celle du milieu de 30 m, de hauteur et 13 m, de largeur. Le jour y tombe à travers des vitraux peints du xv^ s,, dont quelques-uns sont admirablement exécutés; les Rois mages et la Vierge dans le bas côté du N. sont
Cathédrale. STRASBOURG. IV. li. 25. 147
modernes. Les piliers se distingiient à la fois par leur force et leur légèreté. Lsi*chaire, richement décorée de sculptures en pierre, par Hammerer, est de 1485; les beaux /on^s baptismaux , dans le transept N., sont de 1453. La chapelle St-Jean, où l'on descend par quelques marches à g. du chœur, renferme le monument de Vévèque Conrad de Lichtenherg (m. 1299), sorti de l'atelier d'Erwin. Derrière cette chapelle, dans une cour fermée, se trouve la. pierre tumulaire d'Erwin, de sa femme et de l'un de ses petits-fils. La chapelle St -André' , a. dr. du chœur, est de la fin du xii® s., avec des additions du XIII® s. Le pilier d'Erwin, dans la nef du S,, est orné de sculptures gothiques.
La grande *horloge astronomique, dans la partie S. du transept, a été construite de 183b à 1842 par M. Schwilgué, horloger mécanicien de cette ville, à la place d'une autre jadis très célèbre, due au mathématicien strasbourgeois Dasipodius , laquelle avait existé de 1571 à 1789, et en avait aussi remplacé une mentionnée dès le xiii^ s. On n'a pu utiliser que peu de chose de l'ancienne horloge dans la construction de celle d'aujourd'hui. Outre de nombreuses figures: enfant, adolescent, homme et vieillard, pour indiquer les quarts d'heure-, divinités symboliques des jours de la semaine, Apollon pour le dimanche, Diane pour le lundi, etc., puis J.-C. et les apôtres, un coq qui chante, etc., figures qui attirent lieaucoup de curieux, surtout à midi ^ où le plus grand nombre se mettent en mouvement , le mécanisme comprend encore un planétaire complet, avec un calendrier perpétuel. Cette horloge est faite pour marcher un temps indéterminé et se règle elle-même.
En face de l'horloge, l3i statue deVe'vêque Werner, avec un modèle de la cathédrale (commenc. duxi^s.), sculptée en 1840 par Friederich. Deux vieilles inscriptions sur un pilier au N.-O. rappellent le souvenir de Jean Geiler de Kaisersberg (m. 1510) , l'un des hommes les plus savants et des prédicateurs les plus hardis de son époque. — La chapelle Ste- Catherine., à l'extrémité E. du bas côté du S., a été construite en 1349, mais voûtée à nouveau en 1547, — A l'extrémité E. du bas côté du N., la chapelle St-Martin, bâtie de 1515 à 1520.
Le chœur est décoré depuis 1877-1880 de fresques par Steinheil de Paris, un Alsacien, et Steinle de Francfort. Les premières, représentant le jugement dernier, sont d'une valeur artistique fort contestée.
La *TouR du S., avec sa fameuse flèche, s'élève sur la façade de l'édifice à une hauteur presque vertigineuse, 142 m. On y monte par une porte située à côté du portail, à dr. , en tournant le coin. Après avoir gravi quelques marches, on est à la demeure du gardien; il délivre les cartes d'entrée, qu'on remet dans le haut: pour monter jusqu'à la plate-forme , 15 pf. ; jusqu'aux tourelles, 40 pf. ; jusqu'à la couronne, 1 c/l. 20. On ne peut monter jusqu'au sommet de la flèche qu'avec une permission de l'hôtel de ville. Il y a 330 marches jusqu'à la plate- forme, située à 66 m. au-dessus du pavé, et oiïrant une *vue magnifique. L'œil y embrasse d'abord la ville et la vallée du Rhin; puis, à l'E. , la Forêt-Noire, depuis les montagnes près de Bade jusqu'au Blauen; à l'O. et au N., la chaîne des Vosges; au S., en saillie au-dessus de la plaine, le Kaiser-
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stulil , dominé au loin par le Jura. Les Alpes restent cachées et le Rhin n'est visible qu'en quelques endroits.
Les balustrades et les parois de la plate-forme sont couvertes d'une infinité de noms gravés dans la pierre : Voltaire, Goethe, Herder, Lavater, Ziegler , le peintre; Montalernbert, Schinkel, le célèbre architecte de Berlin; Hittorf, celui de Paris, etc.
De la plate-forme à l'extrémité de la flèche, il y a 76 m. îfous avons dit que toute la tour est haute de 142 m. ; c'est une des plus élevées en Europe; celles de la cathédrale de Cologne ont 156 m.; celle du transept de la cathédrale de Rouen en a 148; celle de St-Nicolas à Hamboiu-g, 144; celle de St-Martin de Landshut, 141; celle de St-Etienne de Vienne, 136; le dôme de St-Pierre de Rome, 133; la flèche de la cathédrale d'Anvers, 123; celle de Milan, 109; le dôme de St-Paul de Londres, 129, et les tours de "Notre-Dame de Paris, 66. Depuis que le feu du ciel a détruit le sommet de la flèche, en 1833, la tour est pourvue de tout un réseau de paratonnerres. — Quatre tourelles avec des escaliers en limaçon, dont l'un est double, sont gracieusement adaptées aux quatre coins de la tour principale; elles ne sont pas tout à fait achevées. C'est du sommet de ces tourelles qu'on arrive à la cime de la flèche ou plutôt à la lanterne qui est en dessous. La croix qui avait été courbée par un boulet pendant le siège de 1870, est maintenant redressée.
La place de la Cathédrale, devant la façade, a encore plusieurs vieilles maisons en bois, surtout la maison Kammerzell , que l'on restaure dans le style primitif. Au S. s'étend la place du Château (pi. D 3-4) où se trouvent le lycée et 1% grand- séminaire, attenant au chœur de la cathédrale.
Sur la même place, l'ancien palais épiscopal, bâti de 1731 à 1741 par le cardinal de Rohan , acheté par la ville à la première révolution française et transformé plus tard en château impérial; c'est actuellement la Bibliothèque (pi. D 4), remplaçant celle qui a été détruite pendant le bombardement de 1870. Elle compte déjà 550 000 volumes et comprend en outre une importante collection de m^édailles de la province.
La maison de l'Œuvre- Notre- Dame (Stift zu Unser lieben Frauen; pi. D 3), place du Château, 3, a été construite en 1581. Elle renferme de nombreuses sculptures gothiques provenant de la cathédrale, des restes de l'ancienne horloge, le vieux plan de l'édifice, des dessins de la tour principale, de 1377 et 1439, et le modèle de la flèche. On y remarque aussi un *escalier tournant fort léger du style ogival.
De la cathédrale, on va ordinairement au temple St- Thomas, par la place Gutenberg (pi. C3-4). Là s'élève une statue de Gutenberg, l'inventeur de l'imprimerie, par Z)ari(Z d'Angers. Les quatre basreliefs , avec leur multitude de portraits d'hommes célèbres, représentent l'action bienfaisante et la puissance de la presse dans les quatre parties du globe. Le premier imprimeur de Strasbourg fut Jean Mentel ou/. Mentelin, qui y travaillait de 1458 à 1478 ; c'était peut-être un aide de Gutenberg (v. p. 195). — Au S. de la place, l'hôtel du Commerce, l'ancien hôtel de ville, construit en 1585 par Daniel Specklin, dans le style de la renaissance, mais considérablement modifié à la fin du siècle dernier. Au premier étage est le casino alsacien.
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Le temple *St-Thomas (pi. C 4), visible avec une carte qu'on se procure, moyennant 40 pf., chez lesacristain, place St-Thomas, n^ô, est un édifice d'un style gothique simple, construit de 1273 à 1290, à la place d'une église plus ancienne; les cinq nefs ne datent peutêtre même que de 1313 à 1380.
Dans le chœur, là où était jadis le maître autel, s'élève le *monument du maréchal de Saxe ^ fils d'Auguste 1^^, roi de Pologne et électeur de Saxe , et d'Aurore de Kœnigsmark. Ce monument , érigé par ordre de Louis XV, est un groupe en marbre auquel le sculpteur Pigalle consacra 20 années de travail, et qui fut achevé en 17Î6. Le maréchal est sur le point de descendre dans la tombe, ouverte par la Mort, sous^ la forme d'un squelette. Une femme, la France, veut le retenir; à côté, Hercule attristé s'appuie sur sa massue; à g., les emblèmes des puissances vaincues par le maréchal dans les guerres de Flandre: l'aigle d'Autriche, le lion de Hollande et le léopard d'Angleterre. Cette allégorie, dans le goût de l'époque, ne manque pas d'une certaine finesse d'exécution. On voit dans une niche du chœur le curieux sarcophage de Vévêque Adeloch (m. 821). Le temple renferme en outre des monuments et des bustes de professeurs célèbres de l'université, et enfin le sarcophage d'un comte d'Ahîefeldt, mort à Strasbourg en 1679, pendant ses études.
La rue des Grandes-Arcades (Gewerbslauhen), rue animée et bordée d'arcades à l'E., conduit de la place Gutenberg à la place Klé- BBR (pi. C3), où se trouve la statue de Kle'ber, en bronze, par Phil. Grass. J.-B. Kléber, naquit à Strasbourg en 1753, fut général de division à l'armée de Sambre- et -Meuse, général en chef en Egypte, et mourut assassiné au Caire en 1880. — Au N. de la place est VAubeite^ qui contenait la galerie de peinture de la ville, entièrement détruite dans le bombardement de 1870, sauf la façade, avec laquelle on Ta reconstruite. Dans le bas est maintenant la grand' garde et dans le haut le conservatoire de musique, qui a une belle salle de concert.
Le Temple Neuf (pi. C 3) , ancienne église des dominicains , a été brûlé pendant le bombardement, le 24 août 1870 , en même temps que la bibliothèque de la Yille, qui en occupait le chœur, et le séminaire protestant. Il est aujourd'hui remplacé par une magnifique construction romane, dont la tour seule reste provisoirement inacbevée, faute de ressources. Il a un bon orgue avec lequel on donne souvent des concerts, A côté , le gymnase protestant, l'orgueil de Strasbourg depuis le xvi^ s.
Une des places les plus animées est le Broglie (pi. C D 3), auN,-0., près de la cathédrale, l'ancien marché aux Chevaux, transformé par le maréchal de Broglie en 1740, et portant depuis son nom. Il y a sur cette place deux cafés très-fréquentés (v. p. 142). Musique militaire, v. p. 143.
Au N.-E. , le théâtre, construit de 1805 à 1821 par Villot, en très grande partie détruit pendant le siège de 1870 et depuis rebâti dans sa forme primitive, avec un haut péristyle.
A l'E. , Vhôtel de ville, avec les riches archives municipales et les salles provisoires de la délégation de la province. — A côté, Vhôtel du gênerai commandant et la résidence du gouverneur.
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Plus loin, au coin, la statue de Lezay -Marnesia , ancien préfet du Bas-RMn (1810-1814), en bronze, par PMI. Grass.
En traversant le bras de TIU, on arrive au quartier neuf. D'abord la PLACE BE l'Empereub (pi. D 2) , où se construit, à g., le palais de l'Empereur, sur les plans d'Eggert. — Une grande rue mène de là au S.-E. à l'Université (pi. E F3), ensemble de constructions neuves imposantes. Sur le devant l'université propre ment dite (Collegienhaus)^ dans le style de la renaissance italienne, sur les plans de Warth, de Carlsrube. On en remarque la magnifique cour vitrée, les vestibules, les escaliers, la salle académique, richement décorée de peintures. Au premier étage se trouve une importante collection de plâtres d'après l'antique. Les autres bâtiments sont les laboratoires de chimie, de physique Qt de botanique, ce dernier avec un grand jardin et des serres, et enfin V observatoire, qui est ricbement doté. Il y a encore des emplacements réservés pour la géologie, la zoologie et la pharmacie. La faculté'' de médecine a son siège au S. de la ville, près du grand hôpital civil (pi. C 4-5, B 5).
Sur la rive dr. de l'Ill et le chemin de la citadelle s'élève V Académie (pl.E4), beau bâtiment construit en 1825. On y voit les collections de la socie'te' pour la conservation des monuments historiques d'Alsace, en particulier des pierres tumulaires de soldats romains de la 2*^ légion, quantité d'objets trouvés dans un tombeau romain à l'anc. porte Nationale; des objets du moyen âge et de la renaissance, entre autres deux retables de Neuwiller et de Soultzbach ; dans le jardin, des sarcophages et des sculptures romanes de diverses églises. Le premier étage renferme encore un riche muse'e d'histoire naturelle. — Dans le voisinage , les vastes bâtiments de la manufacture impériale des tabacs.
Deux promenades ont été comprises dans la nouvelle enceinte; le beau parc de Contades (pl.E 1-2), près de la porte de Schiltigheim, et ï Orangerie (pi. G H 1-2), jardin public également bien tenu.
Une EXCURSION a Kehl (p. 68) est également intéressante; on suit la route , longue de 3 kil. (tramway, v. p. 143), et traverse le Rhin sur le pont de bateaux (375 pas). Au delà du pont sur le petit Rhin, à dr. de la route, le monument que Napoléon fit ériger au général Desaix, mort à Marengo, le 14 juin 1800. Sur la rive orient, de Tîle formée par le petit Rhin et le bras principal, le beau jardin public *Rheinlust ., jusqu'où va le tramway. — Chemin de fer, v. p. 68.