MAYENCE
quel demeure le sacristain, qui montre la Memorie, les cloîtres, la crypte, etc., et l'église elle-même quand elle est fermée. Elle est ouverte le matin jusqu'à 11 h. Va et le soir de 3 h. à 6 li.
Les vantaux en bronze de la porte principale (v. ci-dessus) proviennent de l'église Notre-Dame, démolie en 1804. Ils ont été faits en 988 sur les ordres de l'archevêque Willigis , comme l'indique une inscription dans le bas. L'archevêque Adalbert I*^^ y fit inscrire en 1135, dans le haut, les privilèges accordés par lui à la ville de Mayence, pour la récompenser de l'avoir délivré de la captivité dans laquelle le retenait l'empereur Henri V.
'L'Hnte'rieur mesure 134 m. de longueur, 53 de largeur et 34 de hauteur dans la grande nef. Les voûtes sont supportées par 56 piliers. Celles du chœur occidental et de la nef ont été décorées, de 1863 à 1868, de riches ornements sur fond bleu sombre, la coupole du choeur occidental et la grande nef, de peintures à fresque d'après FMI. Veit, exécutées par Hermann, Lasinslcy et Settegast , et dont les sujets sont relatifs à l'avènement et à la vie de J.-O.
Les plus intéressants parmi les ornements de l'intérieur, ce sont les
Tiombreux *monuments érigés contre les piliers et les murs depuis le xiii^ s. jusqu'à nos jours. Nous nommerons les plus remarquables, avec d'autres curiosités, à partir de l'entrée principale.
Bras N. du transept, où sont des fonts baptismaux de 1328, en étain, avec bas -reliefs par maître Jean , surtout le tombeau de la famille de Gahlentz , de 1592. Là aussi une belle porte du style de transition, l'entrée de la chap. St-Godard (p. 195), provenant d'une autre église, et un autel de 1601.
Bas côté du N. Au l^'' pilier, le monument d'Albert de Bran-
Bgedeker, le Rhin, 13e édit. 13
194 V. R. 30. MAYENCE. Cathédrale.
debourg , électeur de Mayence et archevêque de Magdetourg , la tête surtout d'un travail remarquable, de 1545. En face, dans une chapelle, le monument de la famille Brendel de Homherg ^ une tonne Adoration de Jésus en croix, sculpture en pierre de 1563. En face du 5^ pilier, la chapelle de la Vierge, restaurée aussi depuis peu, décorée de vitraux et contenant le tombeau de Mgr Ketteler (m. 1877), par Hertel et Feige. Dans une chap. en face du 7® pilier, une Mise au tombeau, de bonnes sculptures de 1610, à l'autel, et une Résurrection de Lazare, en bois, chef-d'œuvre de la fin du moyen âge. Au 8® pilier, un monument en l'honneur de St Boniface, de 1357. Dans l'avant-dernière chap., un vieux retable goth. et des peintures murales de Settegast ; dans la dernière, un autel de la renaissance.
Le chœur oriental ou chœur paroissial (Pfarr-Chor) est élevé de 19 degrés, au-dessus d'une crypte, exhaussée de 2 m. 50 dans la restauration, et qui n'est pas encore rendue au culte.
Grande nef. 10® pilier, le monument de V électeur Pierre d'Aspelt ou Aichspalt (1320): le prélat s'appuie de la main droite sur l'empereur Henri YII et de la gauche sur Louis de Bavière, les deux empereurs qu'il a couronnés; à côté, le roi Jean de Bohême. 8® pilier de l'autre côté ou du S., le monument de V électeur Jean II de Nassau, riche monument goth., de 1419. 6® pilier du N., celui de V électeur Diether d'Isenhourg, de 1482. En face, la chaire, en pierre, de la fin du xv® s. 4® pilier du N., Albert de Saxe, statue d'un caractère très noble et simple de ce jeune prince, administrateur de l'archevêché, de 1484. Vis-à-vis (S.) , le monument de Vélecteur Berthold de Henneherg ^ de 1504, un des plus beaux de la cathédrale. 2® pilier du S,, celui de Vélecteur Jacques de Liebenstein, du style ogival tertiaire, de 1508. — Nous retournons jusqu'au chœur de l'E.
Bas côté du S. Chap. du fond, de 1317 et nouvellement restaurée, un autel de la renaissance, de 1604. 7^ pilier, Vélecteur Damien Hartard von der Leyen (m. 1678) et Vévêque Colmar (m. 1818). Dans la chap. en face, un autel de la renaissance et un retable de 1517, représentant les apôtres et le couronnement de la Vierge. Chap. St-Michel: beaux vitraux anciens restaurés, autel de 1662 et monument de 1573. A g. de la belle porte du xii® s. par où l'on entre à la «Memorie» et au cloître (v. ci-dessous), au mur, une inscription à la mémoire de Fastrade ou Fastradana, troisième femme de Charlemagne, et de l'autre côté, un monument avec une Mise au tombeau , de 1588.
Bras S. du transept, divers monuments du xviii^ s. Remarquer la belle tête de Saturne qui supporte le monument du baron de Breldenbach-Bûrresheim (1745), doyen du chapitre, et, à côté du chœur occidental, le monument de V archevêque Conrad II de Weinsberg (1396).
Le chœur occidental (West-Chor et Bischofs-Chor) est séparé
Mon. de Gutenherg. MAYENCE. V. H. 30. J9o
du transept par des stalles construites en 1767. Dans la coupole, les peintures dont il a été question p. 193.
La Memorie, dont l'entrée se trouve dans le bas côté S., par la porte mentionnée ci-dessus (fermée, 40 à 50 pf. au sacristain), est l'anc. salle du chapitre ou du conseil épiscopal, bâtie en 1243, avec une vaste voûte d'arête, A dr. , l'anc. entrée , magnifique porte romane du xi® s. Au mur de TO. (dr.), le trône épiscopal, en pierre. A côté, plusieurs monuments de 1536, 1550 et 1558. — La chapelle St-Nlcolas, construction goth. au S. de la Memorie, a de jolis ornements du xiv^ s. , des stalles dans le style de la renaissance et des vitraux peints modernes.
Le *CL0ÎrRE (Kreuz.gang) , construit de 1397 à 1412, dans le style goth., renferme aussi quelques monuments. Au mur du S., le monument de Frauenloh , par Schwanthaler. Les dames de Mayence l'ont érigé en 1842 à la mémoire du ménestrel Henri de Meissen, dit «Frauenlob» (chantre des femmes) , mort en 1318. — Beau coup d'oeil sur les tours.
Entre le bras N. du transept de la cathédrale et le marché se trouve l'anc, chapelle St-Godaru, où l'on entre par le bras N. du transept (p. 193). C'est une construction du style roman, à deux étages, achevée en 1136; elle servait de chap, à l'archevêché.
Près de la cathédrale est la place Gutenberg (pi. CD 3), ornée depuis 1837 d'une statue de Gutenberg, modelée par Thorvaldsen et fondue à Paris. Il y a deux bas -reliefs sur les côtés du piédestal. L'inscription qu'on lit derrière est d'Ottfried Mûller: Arlem quœ Grœcos latuit latuitque Laiinos,
Germani sollers extudit ingenium.
Nunc^ quidquid veteres sapiunt sapiuntque récentes, Non sibi, sed populis omnibus id sapiunt.
(Un art inconnu aux Grecs et aux Romains a e'té de'eouvert par la sagacité d'un Allemand. Aujourd'hui, ce qu'ont su les anciens et ce que savent les modernes n'est plus pour eux seuls, mais pour tout l'univers.)
Johann zum Gensfleisch, dit Gutenherg, né vers la fin du xiv'' s. à Mayence, est désigné comme l'inventeur de l'imprimerie par tous les écrivains du xv*^ s. qui en font mention. Sa première œuvre est la fameuse bible, imprimée à Mayence de 1450 à 1455, avec Jean Fnsf. Mais il n'y a presque rien de certain sur sa personne, si ce n'est le document du procès gagné contre lui par Fust, qui devint maître des presses (5 nov. 1455). Fust continua son œuvre avec Pierre Schotffer. Les inscriptions qui se trouvent à plusieurs maisons de la ville (Emmeransgasse , 23; Schusterstrasse, au casino; Franziskanergasse, 3) sont plus ou moins apocryphes.
En face du monument, le théâtre^ construit en 1833. — Non loin de là, près de la Schusterstrasse, une des principales artères de Mayence, l'église St-Quentin (pi. D4), qui a au plafond des peintures romanes intéressantes.
En suivant la large rue à l'O. du théâtre, la Ludwigsstrasse,
196 V. Ji. 30. MAYENCE. ' Eigelstein.
on arrive â la place Schiller (pi. D2-3), décorée d'une statue de Schiller, en bronze, d'après Scholl, et à'nne fontaine provenant du palais de Charlemagne à Ingelheim (p. 207). Les maisons qui environnent cette place sont des hôtels de la noblesse au xviii^ s. ; on en a fait des casernes, l'hôtel du gouverneur militaire, etc. La rue Schiller mène plus loin à la gare centrale (p. 189).
L'Emmerich-Joseph-Strasse, qui se termine par un escalier de 76 degrés, conduit à l'O. à la terrasse Mathilde (pi. D2), d'où l'on a une belle vue. Siir une éminence non loin de là, l'église St-Etienne {Stephanskirche ; pi. C2), construite de 1257 à 1318, dans le style goth. primitif, et bien restaurée depuis 1857. Elle se compose de trois nefs, presque d'égale hauteur. Il y a des tableaux deVeit, aux autels latéraux de g. Derrière le maître autel, un tabernacle du style goth. tertiaire, de 1500, et quatre candélabres en bronze, de 1509. La tour, haute de 66m., offre une vue très remarquable: l'entrée est au N. (sonner). Le cloître, du style ogival flamboyant: se distingue par l'élégance des voûtes et des fenêtres; on y entre de r église, du côté dr.
En suivant la Stephansstrasse et l'Eisgrubweg, on arrive à une hauteur plantée de tilleuls, le ^'- Windmiihleiiherg (pi. B3), d'où on a la meilleure vue d'ensemble de la cathédrale.
Plus loin est la citadelle (pi. A3), qui occupe l'emplacement de l'ancien camp romain. Elle date de 1646-1673. Dans l'angle S.-E. se trouve l'Eigelstein ou Eichelstein^ qui, d'après une tradition très ancienne, serait le monument érigé àDrusus, après sa mort à la suite d'une chute de cheval, l'an 9 av. J.-C. Son nom, déjà usité au moyen âge, dérive très probablement en partie d'açitiZo , aigle, et signifierait la «pierre de l'Aigle». C'est une construction en blocage, dont le revêtement en pierre de taille a disparu depuis longtemps. Ée monument a changé de forme et perdu de sa hauteur primitive. Il avait encore 25 m. de haut au commencement du xvi^ s., tandis qu'il ne s'élève plus maintenant qu'à 13 m. au-dessus du sol et ne présente plus qu'une masse circulaire d'une couleur gris-noir, ressemblant à une tour. On a pratiqué dans l'intérieur, en 1689, un escalier en limaçon qui conduit au sommet, d'où l'on jouit d'une jolie vue. S'adresser au corps de garde, en exhibant la permission (v. p. 189; pourb., 30 à50pf.).
A l'extrémité S. de la ville, à la porte appelée Neuthor (pi. A 4 ; tramway), se trouve une éminence où s'élevait, avant les guerres de la Révolution, le château de la Favorite. L'emplacement est maintenant occupé par la *Neue Anlage, beau petit parc très fréquenté et jouissant de belles vues. Les lignes de Darmstadt et de Ludwigshafen traversent l'Anlage. La première franchit le Rhin sur le pont du chemin de fer, dans le système Pauli ou à supports ondulés, îl a 1290 m. de longueur et il se compose de quatre arches mesurant plus de 125 m. d'ouverture. On peut s'y promener, pour jouir de la belle vue du Rhin. '
WIESBADE. y. R. 31. 197
On fera encore une promenade très intéressante par la route dite *Wallstrasse (pi. EFGl), à g. au delà de la gare centrale et du viaduc de la rue de Bingen. Elle monte dans l'intérieur de la nouvelle enceinte, et elle offre continuellement de belles vues, dans les directions de Biebrich , de Wiesbade , du Taunus et du Rheingau. Elle passe à la porte de Gronsenbeim et à une fabrique de conserves pour la troupe. On peut revenir de la porte en 10 min. à la gare, par la «Gonsenbeimer Hoble».
Outre TEigelstein, il y a encore près de Mayeuee un monument considérable de Te'poque romaine, à 20 min. de la porte dite Gauthor (pi. C 2) et de celle de Bingen (pi. El). C'est un *aqueduc, dont il reste, sur la hauteur au N. du^village de Zahlbach ^ 60 piliers en blocage, mesurant jusqu'à 7 m. de hauteur. Il conduisait à près de 2 h. de distance Teau ne'cessaire au camp romain, dans un réservoir remplacé aujourd'hui par une mare. La source qui l'alimentait, le Kcenigs-Boi'n^ existe encore audessus du village de Finthen (Fontanœ) ^ situé sur la route de Bingen.
Sur la route de Bingen se trouve le cimetière de la ville, qui est bien tenu et renferme quelques monuments remarquables. Il y avait déjà là un cimetière romain, dont il reste des monuments, déposés maintenant au num. 12 de la LiJhrstrasse.