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IV. B

TRÊVES

Cathédrale.

iiétrer dans une cour carrée, le propugnaculum proprement dit, qui était la partie la plus dangereuse. En effet, l'issue du côté de la ville étant fermée, les projectiles tombaient sur les assaillants de tous les étages de la porte. — L'intérieur, où il y a une petite collection d'antiquités lapidaires, est visible en été de 9 h. à 11 h. et en d'autres moments aussi en s'adressant au gardien du palais des empereurs romains. L'entrée est à rO., où se voit la porte c^ni donnait sur les remparts. On voit encore sur les côtés les endroits ou se raccordaient les murs de l'enceinte.

A rO. de l'allée du Nord subsiste un reste de l'enceinte du moyen âge. De ce côté à Zurlauben et au bac de Pallien, v. p. 23l.

De la Porte Noire, la Simeonstrasse conduit au Marché (pl. C3). On y remarque l'hôtel de la Maison-Rouge (Rotes Haus; pl. b, C 3), l'ancien hôtel de ville , construction gotb. de 1450 , avec l'inscription suivante: «Ante Romam, Treviris stetit annis MCCC.» Cette assertion est basée sur une Mstoire inventée au moyen âge, d'après laquelle Trêves aurait été fondée par Trebeta, fils deNinus, roi d'Assyrie. Sur cette place aussi une colonne très ancienne (958?), restaurée en 1723, avec une croix et l'agneau symbolique, ainsi qu'une IûqIIq fontaine St -Pierre, du style de la renaissance, érigée en 1595 par l'électeur Jean de Schœnberg.

A l'E. du Marché est la cathédrale, devant laquelle on a érigé en 1893 un monument de l'empereur Guillaume P^, bronze par F. de Miller.

La cathédrale (pl. C4) est une des plus vieilles églises d'Allemagne. La plus ancienne partie est une construction due peut-être à Valen- ^imen (364-375), qu'on suppose avoir été une basilique destinée â servir de tribunal ou un baptistère. Elle était de forme carrée et elle occupait toute la largeur de l'édifice actuel. Elle commençait au second pilier à partir du grand portail et elle s'étendait jusqu'à l'abside. Au milieu se trouvaient quatre puissantes colonnes de granit, reliées par des arcades; on en voit des restes devant le jardin du cloître. L'édifice fut en partie détruit lors de l'invasion des Francs, mais restauré dans sa forme primitive par l'évêque Nicetius (528-566). Ravagé de nouveau par les Normands, il fut rebâti par l'archevêque Poppo (1016-1047) et ses successeurs. On l'agrandit en même temps d'un tiers à l'O. et on y ajouta une abside dans le même style. Ensuite Hillin (1152-1169) éleva une autre abside à l'E., on construisit au xiii® s. des voûtes en arête dans les nefs, et l'on a ajouté au xvii®s. le trésor, de forme ronde, avec une coupole. — Les différentes constructions se reconnaissent très bien; celle des Romains est en grès rouge et en briques , celle de Poppo en pierre calcaire et en briques. On a aussi découvert à l'intérieur, sous l'ancien stuc, quelques arcades romanes et des chapiteaux francs.

La cathédrale est ouverte toute la journée, sauf de midi à 2 h. Le sacristain demeure sur le derrière, au n** 5. Sous l'orgue, qui est de 1832, un monument d'archevêque du xiv^ s. et des fonts en marbre blanc. La chaire^ à bas -reliefs représentant les huit béatitudes, le jugement dernier, etc., est de 1572. 26 archevêques et électeurs sont inhumés dans les caveaux et plusieurs d'entre eux ont des monuments^ les plus beaux celui de Jean III {de Afetzenhausen^ m. 1540), adossé au mur du bas côté

Basilique.

TRÊVES

N., et celui de Richard III (de Oreiffenclau^ m. 1531), au premier pilier du même côté. La clôture du chœur, les statues de Constantin et de Ste Hélène et le maître autel sont de 1700. Cet autel renferme la robe sans couture de J. -C. , qu'on a montrée la dernière fois en 1891. — Le trésor de la cathédrale est fort riche en objets de Tépoque romane ^ il est visible les lundi, mercr., vendr., à 11 h. 1/2 moyennant 1 o^. par personne, à d'autres heures moyennant 3 cS. pour 1 à 3 pers. : s'adresser au sacristain.

A côté de la cathédrale, et reliée à elle par un beau cloître de 1220-1230 , accessible seulement de la cathédrale, se trouve l'église

*Notre-Daine (Liehfrauenkirche ; pl. C4), une des plus intéressantes du style ogival primitif en Allemagne, probablement sur le modèle de l'église abbatiale de Braisne, près de Soissons. C'est une rotonde qui mesure 48 m. 65 sur 37 m. 67 et 35 m. 16 de haut, avec 12 piliers élancés et un haut transept voûté. Elle est aussi fermée de midi à 2 h. (sacristain en face). Le portail est couvert de sculptures, des figures symboliques de l'Ancien et du Nouveau Testament, etc. Les piliers de l'intérieur sont décorés des images des 12 apôtres, peintes probablement au xv® s.: d'un tronc des pauvres, à 8 pas de l'entrée, on les embrasse toutes d'un coup d'oeil. Il y a de nombreux monuments de chanoines. On y remarque aussi des vitraux modernes, par Steinle; un autel à bas-reliefs en albâtre, de 1610, etc. Dans la sacristie, à g., une vieille porte, décorée de magnifiques plantes, presque en plein relief.

La bibliothèque, au Gymnase (pl. C 4), possède un bon nombre de livres rares et de beaux manuscrits anciens: «Codex aureus», du commencement du ix® s.; «Codex Egberti», de 970 à 980, chefd'œuvre de miniature; «Liber aureus», etc. Elle est visible tous les jours de 9 h. V2 à midi.

Le QUARTIER S.-E. DE LA VILLE comprend quelques restes de constructions remarquables du temps des Romains et le musée.

La basilique (pl. C4), construction en briques qui date probablement du règne de Constantin , a servi d'abord , comme celles de Rome, de tribunal et de lieu de réunion pour les commerçants. Au début du moyen âge, c'était la résidence des gouverneurs royaux. En 1197, elle fut remise à l'évêque et ses successeurs l'incorporèrent à leur palais. Le gouvernement prussien l'a fait restaurer de 1846 à 1856 et transformer en temple protestant. Elle forme une enceinte de 69 m. de long sur 30 m. 70 de large et 30 de haut, terminée au N. par un hémicycle (abside) et éclairée par une double rangée de fenêtres, ayant chacune 7 m. 50 de haut et 3 m. 90 de large. Elle n'a qu'une nef.

Les parties antiques de Tédifice actuel sont le noyau du mur au N.- O., jusqu'au-dessus des fenêtres supérieures^ celui de l'abside et l'arcade colossale qui la sépare de la nef. La façade méridionale et le côté E. sont au contraire presque entièrement modernes On a retrouvé dans le sol des appareils de chauffage. L'entrée du public était au S. , deux autres entrées plus petites, qui étaient sans doute destinées aux juges, sont à côté de l'abside. L'intérieur était décoré de peintures^ on en voit des restes au musée.

TRÊVES

Musée.

Le musée provincial (pl. C5) a été élevé de 1885 à 1889. Il

renferme surtout une riche collection d'antiquités, Intéressante pour rétude des établissements romains dans ces contrées. Il est public, de juin à oct., les dim. et mercr. de 11 h. à 1 h. et visible en d'autres moments, sauf le lundi, moyennant 50 à 75 pf.

Eez-de-chaussée. — ire.ive salles (à g.) : tombeaux romains de Neumagen (p. 226), des i^r-me s. de notre ère, où sont reproduits les costumes et les travaux des habitants de la contrée^ on y voit que la culture de la vigne prospérait déjà alors sur les bords de la Moselle. — et VI^ SALLES: monuments provenant de Trêves, surtout des inscriptions ; sarcophage avec squelette, reproduction du cercueil de St Paulin (m. vers 350) , mosaïque avec représentation d'une course de chars , inscriptions chrétiennes, etc. — VU® et VIII^ salles : antiquités diverses.

Sous-sol. — XI® salle: bornes milliaires ; monuments votifs^ Mercure avec Bacchus enfant, rappelant le Mercure de Praxitèle. — XII® salle: monuments romains des environs. — XIII® salle: sculptures romanes, gothiques et modernes.

Premier étage. — XIV® salle : *mosaïque romaine trouvée lors de la construction du musée et qui représente des muses, des poètes et des écrivains célèbres, les mois, le zodiaque et les saisons. ~ XV®-XVIII® salles, objets romains trouvés à Trêves : colonnes, *torses d'Amour et d'Amazone, la dernière rappelant l'Amazone de la villa Mattei du Vatican , peintures murales, statue de Jupiter; mosaïques, 60 *hermès, à têtes romaines et grecques ^ médailles, bronzes, vases et lampes en terre. — XIX® salle : tombeaux romains, tels qu'on les a trouvés. — XX® salle: vases à boire, terres cuites, *verres, anneaux et gemmes. — XXI® salle : objets antérieurs à l'époque romaine. — XXII® salle: antiquités franques, grecques et égyptiennes. — XXIII® salle: médailles. — XXIV® salle: petite collection de tableaux des vieilles écoles allemande, flamande et hollandaise, sans valeur; ivoires, émaux, plat en bronze du xii® s. où est représentée la parabole du Bon Samaritain. — XXV® salle: grès rhénans, faïences, porcelaines et des verres des xvi®-xviii® s.

Le palais des empereurs romains (pl. C5) forme l'angle S. -E. de la ville. On y entre par le champ de manœuvres et par la promenade. Ce sont dévastes ruines qui atteignent encore jusqu'à 20 m. de hauteur et qui sont excessivement pittoresques. L'édifice a servi alternativement au moyen âge d'église et de château fort. Les décombres se sont élevés au point qu'une rue passait par une fenêtre.

La partie la mieux conservée est l'extrémité S.-E. Il y a là une grande pièce carrée avec trois absides , qui était éclairée par deux rangées de fenêtres superposées et était chaufifée, comme le prouvent les nombreux tuyaux qu'on y voit encore. — A dr. et à g. de cette pièce étaient deux tours, dont il ne subsiste plus toutefois que celle du S.-O., dans laquelle il y a un petit escalier tournant, par où l'on peut monter au sommet, pour jouir de la vue d'ensemble de l'édifice et de la ville. Au N.-O. , à côté de la grande salle, se trouve une autre pièce carrée avec deux absides. Puis viennent une salle ronde, des chambres carrées de chaque côté et des galeries souterraines en dessous. — Plus loin , au N.-O., les fouilles ne sont pas encore terminées. — Le gardien (50 pf.) a aussi la clef de la Porte Noire (p. 227).

En montant 500 pas au delà du palais, à l'E. , on arrive à l'amphithéâtre (pl. D5), situé dans des vignes. La moitié E. a été pratiquée dans le roc et celle de l'O. élevée de main d'homme. Cet amphithéâtre a 70 m. de diamètre du N. au S. et 49 de l'O. à l'E. Il y a trois portes à l'extrémité S. et à l'extrémité N., celle du milieu donnant entrée dans l'arène et les deux autres aux gradins. On

Bains romains.

TREVES

arrivait aussi aux gradins par deux entrées à l'O. A côté de l'arène étaient des espaces destinés aux bêtes. La construction remonte probablement au règne de Trajan (98-117) ou à celui d'Adrien (117-138). On a calculé que cet amphitéâtre pouvait contenir 7 à 8000 spectateurs (l'arène de Vérone, 20000; le Colisée de Rome, 40 à 50000). C'est là que Constantin le Grand fit déchirer par des bêtes féroces, en 306, plusieurs milliers de Francs faits prisonniers avec leurs chefs, Ascaric et Ragaïs. En 313, il livra au même supplice des milliers de Bructères. — Le mur de l'enceinte romaine de la ville passait dans les derniers temps sur la hauteur de l'hémicycle àl'E. et s'étendait au N. jusqu'à la Porte Noire, au S. jusqu'à la limite actuelle de la ville entre Lœwenbrûcken et St-Mathias. On en voit encore des restes à l'E. de l'entrée S. de l'amphithéâtre, qui était en dehors de cette enceinte. Du côté de la porte N. est la brasserie dite Lœwenhrauerei, avec un jardin d'où l'on a une très belle vue de Trêves , surtout dans la matinée.

Dans la Kaiserstrasse se voient les bains romains (pL A 5), mis à jour de 1877 à 1885 : entrée, 25 pf. ; plan, 10 pf. C'était une vaste construction du iv® s. , de 172 m. de long et 107 de large , dont la façade était tournée au N. Les murs, qui s'élevaient encore de deux étages au commencement du xvii® s. , ne dépassent plus guère le niveau du sol ; mais on y reconnaît toujours les foyers , les salles de bains , les cours , les canaux et beaucoup d'autres substructions intéressantes. On est d'abord dans le frigidarium ou bain froid, après lequel viennent le tepidarium ou bain tiède , en forme de croix, le caldarium ou bain chaud, aussi en forme de croix, et le bassin de natation , qui était chauffé.

Le pont de la Moselle (pl. A4) repose sur 8 arches qui datent en partie de l'époque romaine. La 2® et la 7® pile à partir de la ville ont été détruites par les Français en 1689 et reconstruites en 1729. Sur la rive g., la gare locale (p. 226), et, sur la hauteur, une Mariensœule ou tour de la Vierge, qu'on aperçoit de loin.

On a dans la matinée une belle vue de Trêves de l'amphithéâtre (p. 230) et l'après-midi des deux grands jardins-restaurants Cafe Bellevue Schneider s- Ho f (pl. A 2-1), sur la hauteur audessus du village de Pallien, rive g. de la Moselle, en face du faubourg de Zurlauben (bacs ; v. pl. B 1-2). — Un peu plus loin que le Schneiders-Hof, le *Weisshaus (pl. B 1); autre local public, avec un parc (voit., v. p. 227). Enfin 1/2 pl^s haut le Kockelsberg , avec une bonne auberge, d'où l'on a un beau panorama.

A 1/4 d'h. au S. de Trêves est située l'église St-Mathias (v. pl. B6), de fondation très ancienne, mais qui date dans sa forme actuelle du xii® s. et qui a été en partie transformée au xvi® et au xviii® s. Elle renferme le .«arcophage de l'apôtre St Mathias, et c'est un pèlerinage très fréquenté.

A 1/4 d'h. au N., St-Paulin, qui a une église remarquable, primitivement du style goth. , mais qui a été modifié au commencement du xviiie s. , et qui a de riches peintures à fresque. Près de là aussi l'ane. abhaye de St-Maximin (pl. D 3), transformée en caserne.

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