IV. B
Sur les rochers escarpés de la rive dr. s'élevait jadis le puissant château fort de Starkenbourg. Il ne reste plus que quelques ruines du château et un village du même nom.
Sur la rive g., le Trabener-Berg , qui fait faire un grand détour à la rivière. Louis XIV, conformément à une décision de ses chambres de réunion, y fit construire en 1686 la forteresse de Montroyal y pour s'emparer du comté de Sponheim. Elle a été rasée en vertu du traité de Ryswick (1697).
Rive g., à r extrémité de la presqu'île formée par la montagne, Traben (ch. de fer, p. 224; hôt. ; Clauss - Feist , ch. et dé. dep.
2 a/^. 25, dî. 2, p. 4; Kaiserhofj à la gare), localité de 1900 hab.
Rive dr., Trarbach (B.; hôt. : Bellevue, ch. et dé. 2 cS. 25, dî. 2; Adler)^ petite ville de 1900 hab., qui a, comme Traben, fait partie du comté de Sponheim et qui est encore pour cela en grande partie protestante. Sur la hauteur qui la domine, les ruines du château de Grœfinbourg, du xiv^ s. Il faut 20 min. pour y monter.
C'est à Trarbach que commence la Haute- Moselle et la partie de la vaUée qui produit les vins les plus célèbres du pays.
Rive g., Rissbach. — Rive dr., Wolf, — Rive g., Crœff ; puis Kinheim. — Rive dr., Kindel, Lœsenich et Erden.
Sur la rive g. , en deçà d'Uerzig , une tour construite dans le roc; des ermites qui l'ont habitée l'ont fait nommer Michaelslei et Nicolauslei (rocher de Michel et de Nicolas).
Rive g., TJerzig (B.; hôt, Zur Post, bon), localité considérable, à 3 kil. de la station mentionnée p. 224.
Rive dr., Zeltingen (B.; aub. Post chez Nicolay ; meilleur vin, le Schlossberger). — Rive dr. Oraach. A côté de l'église est un couvent; plus bas, le Martinshof on Josephshof ; dans le voisinage, le Himmelreich et la Kirchlei, endroits célèbres par leurs vins.
Rive dr. Berncastel (B. ; ch. de fer, p. 224; hôt.: Drei Kœnige, bon; Tost), ville de 2400 hab., avec les ruines du château électoral de Landshut (rest.). Belle vue de la tour (20 pf.) dans la vallée de la Moselle et dans le Tiefenbachthal, une autre jolie vallée. Le vin nommé Berncasteler-Doctor et celui de la Lei sont très estimés.
Bateau à vapeur spécial entre Berncastel et Trêves, tous les jours excepté le jeudi, le matin de Berncastel et l'après-midi de Trêves; prix,
3 cS. et i cM. 50.
Rive g., Cues (ch. de fer, p. 224), relié par un pont de pierre à Berncastel. C'est la patrie du savant cardinal Nicolas de Cusa (m. 1464), qui y fonda un hôpital, auquel il légua entre autres sa bibliothèque, et d'excellentes vignes. Ligne de Wengerohr, v. p. 224.
Rive dr., Andel. — Rive g., Lieser (B.; hôt. Baum), beau village en aval de l'embouchure de la rivière du même nom, avec un joli petit château et aussi sur la ligne de Wengerohr.
Rive dr., Mûhlheim, localité considérable à l'entrée de la belle vallée de Veldenz.
Rive dr., Dusemond, Neu-FUzen et Filzen. En face, sur la rive g., le Brauneberg, coteau de la rive g. qui produit un excellent vin.
Bsedeker, le Ehin, 16^ édit. 15
'226 JV. R, 44. NEUMAGEN.
Eu amont de ce coteau, sur une hauteur, Moiizel; dans le bas, sur une langue de terre, Kesten (B.). En face, les hauteurs d'Ohligsberg et de Neuberg, qui produisent aussi un très bon vin.
Rive dr., Winterich. Plus loin, au bord de la rivière, les rochers de la Geierslei,
Rive g., Minheim, au sommet d'une forte courbe de la Moselle.
Rive dr., Reinsport. Plus loin, à l'écart, Niederemmel.
Rive g., Pisport, renommé pour ses vins, qui ont beaucoup de bouquet. Puis Ferres.
Plus loin, à g., l'embouchure de la Thron, dont l'étroite vallée est aussi célèbre par ses vins, en particulier le Hofberger.
Rive dr., Neumagen (B. ; hôt, Neumagener Hof, chez Kessner), le Noviomagus des Romains , où était le palais de Constantin dont parle Ausone. On y a découvert beaucoup d'antiquités romaines.
La Moselle décrit ensuite une grande courbe. — Rive g. Trittenheim, qui a une belle église.
Rive g., Clûsserath (B.), à l'embouchure de la Salm.
Rive dr., Thœrnich et Detzem, dont le nom vient de «ad decimum », à la dixième borne milliaire romaine.
Rive dr., à l'écart, sur le versant de la montagne, Riol, le Rigodulum de Tacite, où le général romain Cérialis battit les ïrévires, l'an 70 de notre ère, et s'empara de leur chef Valentin. — Au bord de la rivière, Longwich, dans un joli site, et Kirsch.
R. g, Schweich (B.; p. 224).
Rive g., entre Issel et Ehrang (p. 224), la Quint, ainsi nommée parce qu'elle était à cinq milles romains de Trêves. — Rive dr., Rîcwer.
Embrauch. de 48 kil. sur Hermeskeil, par la jolie vallée de la Ruwer. Rive g., Pfalzel, en latin Palatiolum. Adèle, fille du roi Dagobert I®"^, y fonda un couvent en 655. — Trêves, v. ci-dessous.
4Ô. Trêves (Trier).
Arrivée. Lignes desservant Trêves: de Coblentz^ v. R. 44; de Cologne, R. 49; de Metz, R. 48; de Luxembourg^ R. 46. — La gare (pl. D 3), pour toutes les directions, est sur la rive dr. de la Moselle à TE. de la ville; celle de la rive g. ne sert qu'au service local avec Conz et Ehrang.
Hôtels: *H. de la Porte Noire (pl. n, C 3), dans un endroit dégage', en face de la P. N. (ch. dep. 2 50, dé. 1., dî. 3); H. de Trêves (Trierscher Hof; pl. a, 0 4); H. de la Maison- Rouge (Rotes Haus; pl. b, C3; v. p. 228; eh. 2 à 5 c/fC., dé. 1, dî. 2.50); — *H. de Venise (Stadt Venedig ; pl. d, B4; ch. 2 c4i., dî. 2.50); * H. de la Poste (pl. e, 0 4), au Kornmarkt (ch. 1.50 à 2 Ji^ dé. 80 pf., dî. 2) ; H. de Luxembourg (pl. c, 04), Reichshof, Bahnhofshôt., à la gare, etc.
Cafés et restaur. : *Domschenke, près de la Porte Noire, avec un jardin ombragé (dî., de midi à 3 h., 1.50 à 3 ^.) ; Zum Stem (Fischer), sur le Marché; Schmitz, Fleischstr.; Altdeutsche Weinstube^ en face de l'église St- Antoine; Kufs, Neuestr., 222; Kaiserhof (dî. 1 50); Oermania (jardin); Baur ; ces trois derniers dans la Fleischerstr. ; — *Weisshaus, Bellevue et Schneider s- Ho/, avec une vue superbe (v. p. 231). — Brasseries : Milnchener Kindl, Simeonstr. ; Franziskaner, Fahrstr., avec jardin.
Pm'te Noire.
TREVES
Fiacres. I''*^ zone, la ville et les parties voisines des faubourgs, y compris l'amphithéâtre, St-Maximin, St- Paulin et Zurlauben : course, 1 pers., 50 pf. ^ 2 pers., 60 pf. ^ pers. en sus, 25 pf. — 11^ zone, Bellevue, jusqu'à la porte au pied de la montagne-, St-Mathias et Pallien : 1 pers., 75 pf. 5 pers. en sus, 25 pf. — 111^ zone, pont Napoléon, avant le Sehneidershof , et Weisshaus, 1 pers.. 1 50; pers. en sus, 50 pf. Pour des endroits plus éloignés, 2 J(. et 50 pf. — A l'heure; 1/4 d'h., 1 ou 2 pers., 50 pf. ; 3 ou 4 pers., 75 pf.
Tramways : de la grande gare (pl. D 3), au Marché (pl. C 3), et de là au pont de la Moselle (pl. A4) et au Neuthor (pl. B 5), puis à Lœwenbriicken.
Bains: chauds, Brodstr. ; St-Martin, à Zurlauben (pl. B 2) ; bains de rivière, en été, au même endroit et sur la rive g. de la Moselle. Poste (pl. BC4), Fleischstr., 75.
Trêves est une ville de 40000 hab., sur la rive dr. de la Moselle. Elle passe pour la plus anciennne de l'Allemagne. C'était la ville principale des Trévires, tribu de Gaulois belges soumise à la domination romaine par César l'an 56 av. J.-C. C'est probablement Auguste qui y fonda la Colonia Augusta Treverorum, capitale de la Belgique 'première à partir du règne de Dioclétien. Les monuments qui existent encore de cette époque rivalisent avec ceux qu'on admire dans le midi de la France. Après l'introduction du christianisme, Agricius d'Antioche en fut le premier évêque, en 328. Pendant près de 15 siècles, Trêves resta la résidence d'évêques, d'archevêques et d'électeurs, dont le dernier, Clément -Venceslas, transféra son siège à Coblentz en 1786. Les Français y entrèrent le 10 août 1794 et en firent le chef- lieu du département de la Sarre. Elle passa à la Prusse en 1815.
Les collines plantées de vignes ou de bois, la vallée fertile, qui produit surtout beaucoup de fruits, la Moselle, les rochers de grès rouge , l'imposant aspect de la ville et de ses nombreux clochers, tout cela compose un magnifique et pittoresque tableau.
«Trevir metropolis, urbs amœnissima , Quse Bacchum recolis , Baccho gratissima , Da tuis incolis vina fortissima Per dulcor!»
De la grande gare (pl. D 3) , on va tout droit à la Porte Noire, en passant à la fontaine Baudouin (Balduinsbrunnen).
La *Porte Noire [Porta Nigra; pl. C 3) est une porte bien conservée de l'enceinte romaine, du iv^s. de notre ère, qu'on transforma au xi^s. en église St-Siméon, en l'honneur d'un ermite grec venu dans le pays (m. 1035), et à laquelle on ajouta une abside à l'E. La construction romaine a 36 m. de longueur, 16 m. de largeur dans les parties moyennes et 21 aux parties saillantes du N. et du S., 29 et 23 m. de hauteur, trois étages et deux baies de 7 m. de hauteur. Elle est bâtie sans mortier, en gros blocs de grès bigarré noircis par le temps, que relient des crampons de fer. On en a fait disparaître en 1817 les additions du moyen âge et dégagé le bas en 1876 jusqu'au niveau de la voie romaine.
C'était une porte fortifiée, qu'on pouvait fermer par une herse et défendre de l'intérieur des tours. Pour l'attaquer, l'ennemi devait pé-