‹ Les bords du Rhin de la frontière suisse à la frontière hollandeChapitre 88 sur 207 · II. R · texte numérisé non relu

II. R

STRASBOURG

Place Kleber,

détruites. Les nouvelles fortifications construites par les Allemands se composent d'une ceinture et d'ouvrages extérieurs beaucoup plus considérables, au nombre de 15, dont une partie sont reportés jusqu'à une distance d'environ 8 kil. de la ville.

Les changements dans sa situation politique se reflètent aussi dans ses constructions. Sa période de prospérité comme ville libre nous est rappelée par sa superbe cathédrale, d'autres vieilles églises et quelques édifices civils, ainsi que des maisons dans le style de la renaissance, surtout dans les rues qui avoisinent la cathédrale. Sous le régime français, le xviii^ s. y a laissé une grande quantité de constructions dans le style Louis XV, car les cardinaux-évêques y tenaient une sorte de cour qui attirait non seulement la noblesse alsacienne, mais encore celle de la rive dr. du Rhin, et la bourgeoisie bâtit aussi beaucoup. Les plans furent alors fournis par les architectes parisiens Rob. de Coite ^ Blondel et Fj'. Pinot et exécutés par des entrepreneui^s du pays. Une troisième période, caractérisée par des travaux grandioses, a commencé sous la domination allemande par l'agrandissement de l'enceinte. Ensuite se sont élevées des constructions monumentales destinées à l'université et aux autorités, le palais de l'Empereur, de nouvelles églises et un nombre de plus en plus considérable de maisons, pour la plupart dans le style de la renaissance.

De la place de la Gare (Bahnhofsplatz; pl. A 2-3), nous suivons le tramway jusqu'à l'IU, qui est canalisée. A g., quai Kléber, la synagogue, du style roman, achevée en 1898, par Lévy. L'anc. gare est transformée en marché; là se trouve aussi une exposition de produits de l'industrie locale.

Le pont de Kronenbourg conduit de là au Vieux- Marche-aux- Vins (Alter Weinmarkt ; pl. B 3), où il y a une jolie fontaine (1895). — A peu de distance au S.-O., St-Plerre-le-Vienx (pl. B 3), église goth. des xiv^-xv^s., qui possède quatre grands bas-reliefs en bois, par Veit Wagener (1501).

La rue du Yieux-Marcbé-aux-Vins, l'anc. rue de la Boucherie (Hoher Steg) et celle de la Mésange (Meisengasse), qui aboutissent au Broglie (p. 125), forment une des principales artères de la ville.

A dr. de là est la place Kléber (pl. C 3), que décore une statue de Kléber, général français né à Strasbourg et assassiné au Caire (1753-1807), bronze par Grass (1840). Au N. de la place, V Aubette, construction datant de 1765-1771, qui fut à peu près détruite en 1870 et qu'on a rétablie en conservant la façade. C'est maintenant la Grand' Garde et le premier étage est occupé par le conservatoire de musique. — A peu de distance à l'E., le Gymnase protestant, école supérieure qui date du xvi^s., et le Temple Neuf (pl. C3), rebâti depuis 1870 dans le style roman, par E. Salomon.

La PLACE GuTENBERG (pl. C 3-4), au S., par la rue dite les Grandes-Arcades (Gevrerbslauben), est bornée au S.-O. par 1' hôtel du Commerce (pl. 3, C 4), de la renaissance , pour un temps 1' hôtel de ville et agrandi en 1867. Au milieu de la place, la statue de Gutenherg, par David d' Angers. — Rue du Vieux-Marché au S., v. p. 125.

La rue Mercière (Kraemergasse), à l'E., mène de cette place à la cathédrale, dont la façade, en grès rouge des Vosges, présente un coup d'œil magnifique l'après-midi par un temps clair.

Cathédrale.

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La **cathédrale (pl. D 3) remonte à Tau 1015, où l'évêque Werner de Habsbourg (1001-1027) entreprit les premiers grands travaux importants, que continua Guillaume 1^^^ (1028-1047). On ne sait quand il furent terminés. Divers incendies nécessitèrent une nouvelle reconstruction après 1176, sous Conrad I^^. Pendant qu'on travaillait lentement au chœur et au transept, le style goth. se développait en France et influait ici sur l'ordonnance du bras S. du transept, se révélait dans la forme et la décoration de ses arcades

SV-Jean.

'Mètres

et de ses fenêtres, et dans son riche portail. La nef, commencée vers 1250 et achevée dès 1275, est déjà toute du style gothique.* On ne sait qui en fut l'architecte. 11 n'est pas douteux qu'il connut l'ég-

* Les parties marquées en noir sur le plan ei-.joint sont romanes et les autres gothiques.

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Cathédrale.

lise abbatiale de St-Denis, transformée depuis 1231, mais il ne l'imita pas servilement. La façade fut commencée en 1277, et alors apparaît le nom du plus célèbre architecte allemand, Erwin, dit plus tard sans preuve Erwin de Steinbacb ; en tout cas, son style prouve qu'il était étranger. Un incendie, en 1298, fit interrompre la façade pour longtemps. Erwin mourut en 1318, mais des membres de sa famille lui succédèrent, et maître Gerlach^ le dernier d'entre eux, qui travailla à la cathédrale de 1341 à 1371, acheva en 1365 le troisième étage des tours. Alors fut décidée une innovation malheureuse, l'addition de l'étage entre les tours. Sans tenir compte du plan d'Erwin, mais avec une grande habileté professionnelle, Ulrich d' Ensingen, architecte souabe appelé à Strasbourg en 1399, procéda à la construction de l'étage suivant des tours, aux fenêtres élancées et aux tourelles des plus hardies, et l'acheva en 1419. Jean Hiiltz (1420-1439), qui était de Cologne, ne se montra pas moins habile dans la construction de la merveilleuse flèche ajourée de la tour de dr. (142 m. de haut), avec ses tourelles contenant des escaliers, restées inachevées comme celles situées plus bas.

Aux siècles suivants, on ne fit que des réparations et des additions. Un violent incendie endommagea beaucoup la cathédrale en 1759 et elle eut encore fort à souffrir du vandalisme révolutionnaire et du siège des Allemands en 1870. Les travaux de restauration ont été dirigés de 1848 à 1880 par l'habile architecte Klotz^ et ils le sont depuis 1890 par Fr. Schmitz^ qui a achevé la cathédrale de Cologne.

La *FAÇADE d'Erwin est ce qu'on a toujours le plus admiré. Elle réunit à la fois la structure propre au nord de la France, avec sa grande rose de 13 m. 50 de diamètre, et la structure allemande avec ses divisions horizontales et perpendiculaires. Les murs sont couverts de réseaux et de moulures et richement décorés de sculptures.

Au portail de g., dans le fronton, des scènes de la vie de J.-C. ; aux murs les Vertus cardinales et les Sept œuvres de la Miséricorde. — Au grand portail, des scènes de la Passion de J.-C, des statues de prophètes (au milieu à g., un homme sans barbe, en costume du moyen âge, que la tradition donne comme représentant Erwin); dans le haut, la Vierge, mère de Dieu, et au-dessus Salomon, type de la sagesse humaine. — Au portail de dr., le Jugement dernier, les Vierges folles à g., avec le séducteur, et les Vierges sages à dr, avec un prophète.

On remarquera ensuite particulièrement le 'portail latéral du sud, qui a conservé comme sculptures de belles statues de l'Eglise et de la Synagogue et, au-dessus des deux portes, la Mort et le Couronnement de la Yierge. Les statues d'Erwin et de Sabine, femme à qui on attribue des sculptures et dont on a fait au xvi^s. une fille de ce maître, datent de 1840.

A l'extrémité du bras N. du transept a été construite de 1495 à 1505 une chapelle St- Laurent dans le style goth. tertiaire. Audessus de la porte, le Martyre du saint (refait); aux piliers de g., l'Adoration des mages; à dr. St Laurent, Sixte IV, etc.

J/*iNTÉRiEUR est visible de 8 h. à 9 h., de 10 h. à midi et de 2 à 6, el il est le mieux éclairé vers midi. Il a 4087 m. carrés de superficie fcath. de Cologne 6166, cath. de Milan 8046 et St-Pierre de Rome 15160), 110m. de long et 41 de large, et il comprend trois nefs, un porche, un

Cathédrale.

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transept et un chœur peu développé. L'ensemble est harmonieux et les réseaux des fenêtres, ainsi que le triforium rappellent l'abbatiale de St-Denis. Les excellents vitraux des xiv^ et xv® s. représentent des apôtres, des saints, des évêques, des souverains allemands (bas côté N.) des scènes de la vie de J.-C. et de la vie de la Vierge (bas côté S.). La verrière du milieu dans le chœur est moderne. La fresque au-dessus de l'entrée du chœur, le Jugement dernier, est de Steinheil, de Metz (1875). Dans la grande nef, une belle chaire du style goth. tertiaire, de 1485-1487. Au bras dr. du transept se rattache une chapelle Ste-Caiherine ^ ajoutée en 1349, et au bras g. comme pendant, une chapelle Si-Martin^ de 1515- 1520. — L'abside a des fresques par Steinle, de Francfort (1877-1880). — Les fonts, dans le bras g. du transept, sont de 1453. — La chapelle St-Jean, à g. du chœur, commencée avant 1200, mais dont la construction dura assez longtemps, renferme le monument de l'évêque Conrad de Lichtenberg (m. 1299), de l'atelier d'Erwin, qui est peut-être représenté par le petit homme en grand manteau et capuchon, dans le bas au pilier du côté de la fenêtre. Derrière cette chapelle, dans une cour fermée, se trouve la pierre tumulaire cfErwin, de sa femme et de l'un de ses petitslils. La chapelle St- André, à dr. de l'abside, est de la fin du xii^s., avec des additions du xiii^^s. — Le pilier (TErwin, dans le bras dr. du transept, est orné de sculptures de la fin de la période romane (vers 1250), huit anges et les évangélistes.

L'horloge astronomique, du même côté, a été construite de 1838 à 1842 par J.-B. Schwilgué , horloger mécanicien de cette ville, à la place d'une autre jadis très célèbre, due au mathématicien strasbourgeois Dasypodius^ laquelle avait existé de 1574 à 1789, et en avait aussi remplacé une faite de 1352 à 1354. Il y a de nombreuses figures mobiles : un enfant, un adolescent, un homme et un vieillard, pour indiquer les quarts d'heure-, des divinités symboliques des jours de la semaine, Apollon pour le dimanche, Diane pour le lundi, etc.; puis J.-C. et les apôtres, un coq qui chante, etc., mais le mécanisme comprend encore un planétaire complet, avec un calendrier perpétuel. Il y a toujours beaucoup ie curieux à midi, heure locale (midi 29 m. de l'Europe centrale), où la plupart des figures se mettent en mouvement, et quand le grand portail est fermé, on peut encore alors entrer par le portail latéral, sauf les jours de fête.

A l'extrémité de la grande nef est l'entrée de la crypte (pourb.) dont la partie E. date du commencement du xi^s.

La *TOUB du S. ou le clocher^ avec sa fameuse flèche, a 142m. de haut, et l'on n'omet guère d'en faire l'ascension. L'entrée est par l'autre tour, à l'extérieur. On paie 15 pf. pour monter jusqu'à la plate-forme, 40 jusqu'aux tourelles, et 2 c^i jusqu'à la couronne, qui n'est pas pour les personnes sujettes au vertige. Il y a 335 marches jusqu'à la plate-forme^ à 66 m. au-dessus du pavé, d'où, la *vue est magnifique. L'œil y embrasse d'abord la ville et la vallée du Rhin; puis, à l'E. , la Forêt-Noire, depuis les montagnes près de Bade jusqu'au Blauen; à l'O. et au N., la chaîne des Vosges; au S., en saillie au-dessus de la plaine , le Kaiserstuhl, dominé au loin par le Jura.

Les balustrades et les parois de la plate-forme sont couvertes d'une infinité de noms gravés dans la pierre : Voltaire, Gœthe, Herder, Lavater, Schinkel et Hittorf, architectes, etc.

Il y a 76 m. de la plate- forme à l'extrémité de la flèche. Quatre tourelles avec des escaliers en limaçon, dont l'un est double, sont gracieusement adaptées aux quatre coins de la tour principale^ elles ne sont pas tout à fait achevées. C'est de ces tourelles qu'on arrive à la lanterne du sommet, où Ton ne peut monter qu'avec une autorisation qui se délivre à l'hôtel de ville.

STRASBOURG. Musée municipal.

La place de la Cathédrale, devant la façade, a encore plusieurs vieilles maisons en bois , surtout la maison Kammerzell, des xv® et XVI® s., restaurée dans le style primitif et où il y a un débit de vin (Stiftskeller).

Au S., la PLACE DU Château (pl. D 3-4) où se trouvent, avec le château, le lyce'e et le grand- séminaire, attenant à la cathédrale.

Le Château est l'anc. palais episcopal, bâti par le cardinal A. -G. de Rohan de 1728 à 1741, acheté par la ville à la première révolution française , et qui a dès lors changé plusieurs fois de destination. Il est depuis 1898 transformé en *musée municipal, ouvert t. les j. exepté le lundi, de 10 h. à 1 h., dans la sem. aussi de 2 à 4, moyennant 50 pf. les mardi , vendr. et sam. et gratuitement les autres jours.

Cour: antiquités lapidaires. — On gagne de là l'escalier dans Tangle S.-E. I^^' étage, — Galerie de peinture fondée en 1889 et qui compte env. 300 numéros. — Ii"*^ salle, tableaux modernes: à dr. , 423, E.-F. Féron^ Funérailles deKléber; *499, J.-H. Zuber^ Troupeau de moutons^ 418, Decatfips ^ paysage^ 462, M. Liehermann^ En Hollande; *417, Corot, l'Etang de Ville-d'Avray. — salle, écoles anciennes: à dr., 85, A. van Dyck, Une grande dame; 124, Rembrandt, Vieillard, tête d'étude; 325, S. Rasa, paysage héroïque ; 284, P. Bordone, Ste Famille, gâtée; 123, Th. de Keyser, les Syndics des argentiers d'Amsterdam; 87, Jordaens , Bacchanale; 354, 353, Zurbaran, deux saints; 351, Ribera, St Pierre et St Paul. — Puis un CORRIDOR avec des sculptures , en particulier des bas-reliefs florentins (Vierges) et, 376, un buste en terre cuite par Al. Vittoria. Belle vue de ce corridor sur la cathédrale. — A g. , une petite salle consacrée aux écoles allemandes. — IV^ salle. Italiens des xv^ et xvi^s.: à g., *219, Cima da Conegliano , St Sébastien ; 281 , Léandre Bassan , l'Annonce aux bergers; 224, B. Montagna, Adoration de l'enfant Jésus. — Ensuite, à g. de l'escalier et au delà d'une petite salle, le corridor du milieu, où sont de vieilles vues de la ville et de la cathédrale. — I^^" cabinet à dr., à l'extrémité de ce corridor. Italiens des xiv^-xvi^s. : 1^^ travée, à dr,, 217, G. Crivelliy Adoration de l'enfant Jésus; 264, le Sodoma, Sie Famille; 214, Filippino Lippi, tête d*ange; 215, Lor. di Credi, Vierge; à g., 216, Piero di Gosimo, Prométhée; 2^ tr., bas-reliefs florentins (Vierges), têtes d'apôtres, vieilles copies de la Cène de Léonard de Vinci; 3® tr., 365, G. Dughet (Poussin), paysage boisé. — II® cabinet. Hollandais du xvii^s. : 1^^ tr., 139, /. van Ruisdael, Biez de moulin; 138, S. van Ruisdael, Embouchure de rivière; 368, Watteau, le Récurage; 2^ tr. , 156, J.-D. de Heem., nature morte; 121, 122, J. van Ravesteyn, portr, d'homme et de femme; 126, Metsit, le Festin du riche; 91, G. Goques, l'Astronome. — III® cabinet. Allemands, Flamands, Hollandais, etc., des xv® et xvi® s. : 1^® tr., 90, Teniers le Partie de cartes ; 361, /. Foucquet CO, portr. d'homme ; *51, Memling, six petits volets d'un autel de voyage; 2® tr. , 25, Altdorfer, portr. d'un architecte; 15, Baldung Grien, portr. d'homme; 22, 21, Granach le V., le Péché, le Crucifiment; 14, 16, B. Grien^ Jeune homme, la Vierge sous une treille; 11, 10, Bern. Strigel, Mort de la Vierge, l'Empereur Maximilien lei*. — Petites salles de l'autre côté de l'escalier, peintures modernes; dans la 1^®, à g., 518, Daniche, la Famille d'Et. Livio, maire de Strasbourg en 1796.

La maison de V Œuvre- Notre- Dame (Stift zu Unser lieben Frauen ou par abréviation: Frauenhaus; pl. 2, D4), place du Château, 3, est de 1347 dans la partie E. et de 1579-1585 dans la partie 0. Elle renferme de nombreuses sculptures gothiques provenant de la cathédrale, des restes de l'ancienne horloge, le vieux plan de l'édifice, des dessins de la tour principale et le modèle de la flèche. On y remarque aussi un escalier tournant fort léger.

Bt'Thomas.

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ÎI. R. 25. 125

La rue du Maroquin (Korduangasse) et le Marché aux Cochons de lait (Ferkelmarkt), dans le voisinage, ont quelques jolies maisons anciennes. On va par là à la rue du Vieux-Marché aux Poissons (Alter Fischraarkt; pl. G 4), qui relie la place Gutenberg (p. 120) au pont du Corbeau (Rabenbriicke).

Les Grandes-Boucheries {Orosse Metzig-^ pl. 6, D4), près de ce pont^ sont une halle datant de 1587-88, avec un musée industriel remarquable au 1^^ étage.

Le temple St-Thomas (pl. C 4), plus à l'O. , sur la même rive de riU, est une anc. église romane et goth. , la première partie de 1200-1240, la seconde, un vaisseau irrégulier à cinq nefs du xiv^s.

Ce temple est ouvert au public le mercr. de 10 h. à midi et visible en d'autres moments moyennant 40 pf., avec une carte qu'on se procure au n** 5 de la place St-Thomas. Le chœur contient, à la place du maître autel, le ^monument du maréchal de Saxe (m. 1750), fils d'Auguste I®^* de Pologne, électeur de Saxe, et d'Aurore de Kœnigsmark, érigé par ordre de Louis XV; un groupe en marbre, par Pigalle ^ achevé en 1776. C'est une allégorie dans le goût de l'époque, qui ne manque pas d'expression ni de finesse. Le maréchal est sur le point de descendre dans la tombe, ouverte par la Mort, sous la forme d'un squelette. Une femme, la France, veut le retenir; à côté. Hercule attristé s'appuie sur sa massue; à g., les emblèmes des puissances vaincues par le maréchal dans les guerres de Flandre : l'aigle d'Autriche, le lion de Hollande et le léopard d'Angleterre.

Sur l'autre rive de l'IU se trouve Vhôpital civil^ avec les établissements dépendant de la faculté de médecine.

Le Broglie (pl. C D 3), au N. de la cathédrale, une des places les plus animées de Strasbourg, surtout le soir, est un ancien marché transformé par le maréchal de Broglie, en 1742, et qui porte depuis son nom. Cafés, v. p. 118; musique militaire, v. p. 119.

Au N.-E., le théâtre, construit de 1805 à 1821, sur les plans de Yillot, en très grande partie détruit pendant le siège de 1870 et rebâti ensuite dans sa forme primitive, avec un haut péristyle.

Au S.-E., Vhôtel de ville^ Vhôtel du gênerai commandant et la résidence du gouverneur. Plus loin, au coin, la statue de Lezay- Marnésia, ancien préfet du Bas -Rhin (1810-1814), bronze par Phil. Grass (1857).

En traversant le bras de l'IU qui coule derrière le théâtre et l'hôtel du gouverneur, on va au beau quartier neuf qui occupe une partie de l'anc. enceinte fortifiée. On y arrive d'abord à la place DE l'Empereur (pl. D 2), où se trouvent, à g., le palais de l'Empereur; à dr., de chaque côté de la rue qui mène à l'Université, le palais de la Délégation et la bibliothèque, reconstituée depuis 1871 et qui compte env. 800 000 volumes.

Le palais de l'Empereur, construit de 1883 à 1889, sur les plans à'Eggert, est un édifice dans le style de la renaissance florentine, formant un carré de 73 m. de long sur 56 de large, avec deux colonnades, celle de derrière formant hémicycle, et deux cours. Il est richement décoré de sculptures et il a au-dessus de la salle d'audience un dôme s'élevant à 35 m. de hauteur et surmonté de

m IL n. 25.

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deux hérauts. On le visite tous les jours, de 10 h. à 1 h. et de 3 à 5, Dioyennant 25 pf. L'entrée est au N.

La grande rue de l'Empereur- Guillaume , qui traverse riU, mène au S.-E. à PUniversité (pl. EF3), formée d'un ensemble de constructions neuves imposantes. L'université de Strasbourg, qui avait été fondée en 1621 et supprimée en 1794, puis remplacée par une académie, a été rétablie en 1872. Le bâtiment principal, dit Colle gîenhaus j est dans le style de la renaissance italienne, sur les plans de Wartb. On en remarque la magnifique cour vitrée, les vestibules et les escaliers. Au premier étage se trouvent la salle académique (aula) , richement décorée de peintures, et une collection archéologique^ des plâtres d'après l'antique.

Au N. de la place de l'Empereur doivent s'élever deux bâtiments destinés aux ministères et s'étend la rue de l'Empereur-Frédéric, qui mène au parc de Contades (pl. El-2), créé en 1764 par le maréchal et marquis de Contades. — Au S.-E., rue Royale, le grand hôtel des Postes (pl. E3), achevé en 1899, dans le style goth. primitif.

Le vieux quartier au S. de l'Université, jusqu'à la citadelle, comprend beaucoup d'établissements militaires. — Dans la rue qui porte son nom, V église St-Ouillaume (pl. 8, E4), qui contient le beau monument goth. des comtes Philippe et Ulrich de Werd (m. 1332 et 1342), par Wœlfelin de Roufach, et qui a de beaux vitraux des xv® et xvi® s.

A l'extrémité de l'allée de la Ruprechtsau, qui est bordée de villas (tramw.), r*Orangerie (pl. G H 1-2), magnifique parc jusqu'où s'étend le quartier neuf. Il y a un grand restaur., où se donnent des concerts, et un petit débit («Buerehues»).

De Strasbourg à Kbhl, 3 kil. par la route (chemin de fer, p. 55), promenade intéressante en tramway du Metzgerplatz), Nouveau port. Au delà du pont sur le Petit-Rhin , à dr. de la route, le monument que Napoléon fit ériger au général Desaix^ mort à Marengo, le 14 juin 1800. Au bord du Rhin, près du pont en fer , le *Rheinlust^ restaur. avec un grand jardin (vue). — Kehl^ v. p. 55.

De Strasbourg à. Colmar en tramway, trajet d'env. 5 h. 1/4, pour 4 c4(. 90 et 3 eS. 30. Cette ligne longe généralement le canal du Rhin au Rhône. — 8 kil. Grafenstaden (p. 132). — 23 kil. Ersiein (p. 132; correspond, pour la ligne de Lahr, p. 56). — 76 kil. Colmar (p. 133).

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