De Strasbourg à Bâle
Voir les cartes p. 138 et 150.
141 kil. Chemin de fer, trajet d'env. 3 h. par l'express, pour 12 cU. 90, 9 <JC. 10 et 6 40; 4 h. 1/2 par les trains ordinaires., pour 11 e^i 30, 1 eH.W et 4 80. — Dans le trajet en sens inverse, la visite de la douane allemande a lieu à Bâle même.
Strasbourg, v. p. 118. Cette ligne décrit une grande courbe autour de la ville et prend le direction du S. A dr. , Kœnigshoffen, où la capitulation de Strasbourg fut signée le 27 sept. 1870, dans un wagon à marchandises. A g., l'embranch. de Kebl (p. 55) ; un peu plus loin, à dr. , la ligne de Saales (p. 138). On aperçoit encore longtemps à g. la flèche de la cathédrale. — 7 kil. Grafenstaden^ qui a une importante fabrique de machines. A g., près de la voie, le fort von der ïann. — 20 kil. Erstein (hôt. du Lion), ville de 5300 hab. , reliée par des tramways à sa station et à Strasbourg «t à Colmar (p. 126). Omnibus pour Ottenheim, v. p. 56.
Le chemin de fer se rapproche des montagnes ; le mont Ste-Odile (p. 144), avec son couvent, reste longtemps en vue. Le pays est fertile et bien cultivé. Il y a beaucoup de plantations de tabac. Les coteaux sont couverts de vignes jusqu'à une grande distance. — 36 kil. Ebersheim. A dr. , à l'entrée de la vallée de la Lièpvrette (Leberthal), les ruines d'Ortenberg et de Ramstein (p. 142).
43 kil. Schlestadt, en ail. Schletfstadt{hot.: du Bouc-Aigle^ bon ; du Mouton-d' Or ; Hanser, près de la gare; voit, pour le château de Hohkœnigsbourg, 20 c/^), ville de 9300 hab. et anc. place forte, prise par les Allemands le 24 oct. 1870. Ce fut jadis une ville libre de l'Empire. Du temps de sa prospérité date Sainte-Foi (S. Fi des), église romane, avec un porche du style de transition, fondée par les Hohenstaufen en 1094, achevée plus tard et restaurée depuis peu. On remarque ensuite St-Georges, avec une tour octogone, une des principales églises goth. d'Alsace, fondée au commencement du xiii^ s. et dont le chœur fut commencé vers 1415. Il y a une caserne neuve près de la gare. — Lignes de Ste-Marieaux-Mines (Markirch) et de Villé, v. p. 146 ; ligne de Saverne, p. 141.
De Strasbourg à Bâle.
COLlVrAR.
Plus loin, à mi -hauteur, les ruines de Kintzheim (p. 147). — 48 kil. St-Hippolyte ou St-Filt, station presque à 1 h. du village du même nom (omn.; hôt. de la Couronne). Au-dessus, le château de Hohkœnigsbourg (p. 148).
53 kil. Ribeauvillé, en ail. Eappoltsweiler^ également à 1 h. du chemin de fer, au pied de la montagne, dominé par ses trois châteaux (v. p. 149). Un tramway relie la gare à la ville (20 pf.).
59 kil. Bennivihr (Bennweier), à dr., à l'entrée de la vallée de la Weiss (Kaysersberg, v. p. 151). A dr., le Galtz (p. 154) ; à côté, les Trois-Epis (p. 154); derrière, le Petit et le Grand-Honack (p. 154).
65 kil. Colmar. — hôtels : des Deux-Clefs (pl. x, D 2), au coin de la rue de ce nom et de la grand'rue (eh. dep. 1 cM. 60, dé. 1, dî. 2.80, v. c, 2 aurest.); van Brisen (pl. y, B2), rue de Roufaeh, 8, et au Champ-de-Mars, recommandé (ch. 1.60 à 3c^., dé. 80 pf., dî. 2 cS. 50, v. c. , 1.50 au rest.); H. de V Agneau-Noir (pl. v, B 2), aussi au Champ-de-Mars ^ H. de la Gare (pl. z, A3^ ch. dep. 1 Jû 60, dé. 70 pf., dî. 2 ^.). — Cafés : C. du Champde-Mars.^ dans le jardin, près du monum. de Bruat; Luxho/^ près de St-Martin. — Pâtés de foie gras, chez iScherer^ Pfaffengasse (pl. C D2; rue des Prêtres). — Tramways: pour Wintzenheim (5 kil.-, p. 154), pour la Pouiroye (p. 152) et pour Strasbourg (p. 118).
Colmar est une ville de 33 100 hab., anc. chef-lieu du départ, du Haut -Rhin et auj. celui du district de la Haute -Alsace et le siège du tribunal suprême de l'Alsace-Lorraine. Elle est située à ^/^ d'h. des montagnes et à 3 h. du Rhin, sur la Lauch, petit affluent de riU, et sur le Logelbach (p. 154).
Elevée au rang de ville libre par l'empereur Frédéric II, en 1226, Colmar était Tune des plus puissantes de TAlsace, au point qu'elle osa, en 1474, fermer ses portes à Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, qui fut seigneur de l'Alsace, du Sundgau et du Brisgau de 1470 à 1476, en vertu d'un contrat de vente passé entre lui et l'archiduc Sigismond d'Autriche. Elle fut occupée par les Suédois pendant la guerre de Trente-Ans et par les Français en 1673 , et cédée à Louis XIV en 1697, à la paix de Ryswick. — Colmar occupe aussi une place importante dans l'histoire de l'art en Alsace. C'est ici que naquit, vers 1450, le célèbre peintre et graveur Martin Schongauer ou Schœn (m. 1491 à Breisach), et ici qu'il vécut et exécuta la plupart de ses œuvres. Il est encore plus important comme graveur, mais il passe pour un des plus grands artistes allemands du xv^s.
De la gare, on arrive d'abord au Champ-de-Mars, grande place transformée en square, au S. de laquelle est Vhôtel de la présidence du district (pl. 2, B4), l'ancienne préfecture. Au milieu s'élève le monument de V amiral Bruat (pl. 5) , qui était natif de Colmar (1796-1855), par F.-A. Bartholdi, de Colmar. Plus loin le monument du maréchal Bapp (pl. 7), aussi de Colmar (1772- 1821) et par le même artiste.
Il y a un contraste frappant entre cette partie toute moderne de la ville et l'intérieur , avec ses rues tortueuses et pittoresques, dans lesquelles l'attention est attirée par de jolies maisons du xvi® et du xvii^ s. : les plus curieuses sont indiquées sur notre plan, par les lettres a-g. Au milieu se trouve
V église St-Martin (pl. 11, C2-3), bel édifice d'un style goth.,
EGUISHEIM.
De Strasbourg à Baie.
dans lequel se fait remarquer l'influence française. Elle a été commencée après 1237, et son chœur date de 1350. C'est une église en forme de croix, avec deux tours au grand portail, celle du N. restée inachevée. On verra le portail latéral du S., qui a des sculptures du xiii^s. Dans la sacristi-e, à dr. à côté du chœur, la «Yierge dans un buisson de roses», l'œuvre principale de M. Schongauer (1473), d'une exécution un peu dure, mais noble : elle a été retouchée.
L'anc. couvent d' Unterlinden (pl. 12, B 2), couvent de dominicaines fondé en 1232 et célèbre dans l'histoire du mysticisme en Allemagne au xiii® et au xiv^ s., a été restauré de 1849 à 1858 et transformé en musée, avec l'église du style goth. primitif qui en faisait partie. Ce musée est ouvert gratuit, le dim. et le jeudi de 2 h. à 4 ou 6 h., et tous les jours moyennant un pourboire, de 8 h. à midi et de 2 h. à 6 h. L'entrée est à l'O. , en face du théâtre.
La salle à g. contient des antiquités locales et alsaciennes, des objets des époques romane, celtique, allemane et franque, des modèles en liège d'édifices alsaciens, de vieux meubles, etc.
On entre d'abord dans un beau cloître, du style goth. primitif, où sont réunis des monuments d'origine gallo-romaine et du moyen âge: pierre tumulaire romaine en forme de toit, de Kempel (n^ 18)-, bas-reliefs funéraires romains deHorbourg; etc. Au milieu, un monument de Schongauer par Bartholdi.
I/ÉGLiSE, attenant au cloître du côté S., renferme la partie principale du musée , une collection de vieux tableaux allemands, qui proviennent en partie du couvent d'Isenheim, et qui sont exposés dans le chœur. Les plus remarquables sont ceux de Martin Schongauer, Gasp. Jsenmann (1462) et Math. Griinewald (m. après 1525). Il y a encore des sculptures en bois peintes, une mosaïque romaine de Bergheim, et des tableaux modernes.
Au PREMIER ÉTAGE du cloîtrc se trouvent des collections ethnographique et dliistoire naturelle., le cabinet des estampes et la bibliothèque.
Chemin de fer de Colmar à Vieux- Brisach, v.p. 61 ; à Munster, p. 154.
En continuant le trajet, on aperçoit à dr., les ruines de Hohlandsperg (p. 154).
70kil. Eguisheim, en all.Egisheim. Au-dessus du village, à Ikil. Va de la stat., les ruines de H ohen- Eguisheim ou Dr eien- Eguisheim, avec leurs trois tours visibles de loin, les tours de Dagshourg , du xii^s. ; de Wahlenhourg et de Wekmund, du xi^s., appelées communément Dreien-Exen. C'est peut-être le lieu où naquit le pape Léon IX, qui était comte d'Eguisheim et de Dagshourg (v. p. 131). Pour y arriver, on se dirige sur le village de Hœusern et on prend ensuite un sentier à travers la forêt. Au retour, on peut passer au S. par l'abbaye de Marbach, fondée en 1094 par des augustins et occupée maintenant par une ferme; il en reste des parties du chœur et quelques colonnes romanes du cloître.
72 kil. Herlisheim, A Hohlandsperg, v. p. 154.
79 kil. Roufach (hôt, de VOurs, bonj, le Rubeacum des Romains. Son église St-Arbogast est une basilique à voûte, moitié du style de transition et moitié goth., de la fin du xii® s., avec un chœur du commencement du xiv^ s. Il y a une tour octogone sur la croisée.
De Strasbourg à Bâle.