CHAPITRE I
souffert; mais ce qui reste est charmant, et le dessin général se devine. L'œil accompagne avec amour ces colonnettes qui montent si légèrement recevoir le balcon qu'elles soutiennent. Il suit avec délices ces arabesques sans fin qui courent sous mille formes d'une corniche à l'autre, et réalisent dans la pierre tous les caprices d'une vivante végétation. Il regarde, sans pouvoir se lasser, quatre étages de statues dont les contours ne sont pas irréprochables, mais dont l'ensemble est d'une richesse infinie.
Trois pensées différentes ont dirigé l'artiste dans la décoration de la façade et l'invention des statues. Une pensée de plaisir et de galanterie : elle est rendue par une double rangée de dieux et de déesses, de nymphes et de bergers reconnaissables à leurs emblèmes. Des Amours portent de l'un à l'autre des devises en guise de commentaires. L'un d'eux, le plus charmant, a les bras rompus et les ailes brisées : Lugete, Vénères Cupidinesque !
Une pensée de gloire est éveillée par l'image de plusieurs empereurs romains, un peu raides dans leurs armures, mais non sans dignité.
Enfin, au portique principal, à celui où le maître a voulu qu'on gravât son nom :