CHAPITRE III
Frauenlob mourut en 1317, et sa mort fut reçue dans Mayence comme un deuil public.
Toutes les cloches de la ville sonnèrent ses funérailles. Les femmes de toute condition se réunirent pour escorter son cercueil. Huit des plus belles et des plus nobles le soutinrent sur leurs épaules. Des groupes de jeunes filles et d'enfants le précédaient, semant sur sa route des fleurs de lis et de roses. Le clergé tout entier le reçut sur le seuil du Dôme, honneur qu'on rendait aux seuls princes. L'archevêque bénit lui-même le sépulcre, et quand la dépouille y fut déposée, les dames l'inondèrent de parfums et d'essences. Puis elles chantèrent un des hymnes du poète à la Vierge Marie, celuici peut-être, qui est suave comme son objet :
Marie, la verdure de la plus fraîche prairie paraîtrait pâle, foulée par tes pieds éblouissants. Je m'incline devant ton ombre, je la suis et. je l'adore. Tu es la fleur d'élection. Le Seigneur t'a honorée d'un regard, et soudain tu as tressailli comme le lis sous la rosée...
Dame Marie, vous qui sauvez, daignez vous attendri]- en contemplant notre pauvre âme. Quand pourronsnous vous voir, tenant votre beau fils sur vus genoux, serrant dans vos bras le Soleil des soleils '?...
1 Oct. d'Assailly, les Chevaliers poêles.