‹ Les Bords du Rhin, de Mayence à CologneChapitre 55 sur 114 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

E lilllN DE MAYENCE A C0I3LENÏZ

Le Rheingau. — Le Johannisberg. — Le vin du Rhin. — Chansons à boire. — Tableaux du passé. — La tour des Souris. — L'échelle du Diable. — Baccharach. — Obcrwescl et son bourgmestre. — Lorely, la fée des eaux. — Ballade. — Histoire d'une Ondine. — Le Chat et la Souris. — Le Kœnigsstuhl. — Le Stolzenfels. — Arrivée à Coblentz.

La navigation du Rhin, ouverte dès avant Manheim aux bateaux du commerce, ne commence, pour le touriste, qu'au pont de Mayence et s'arrête à celui de Cologne. Le chemin de fer a dépossédé le fleuve dans toute la partie supérieure et inférieure de son cours. On ne visite plus, et Ton fait bien, que la région intermédiaire. Quinze à vingt bateaux spacieux et de bonne apparence, appartenant à deux compagnies opulentes, sillonnent le Rhin dans tous les sens, et transportent chaque année

plus d'un million de voyageurs 1 . Si Ton songe que presque tout ce mouvement s'opère pendant la durée du semestre d'été, c'est un chiffre de cent cinquante mille personnes au moins qu'il faut compter pour un mois. Cela fait, on l'imagine sans peine, une énorme et gênante cohue. C'est le côté fâcheux du voyage. Pour jouir de la nature et des arts, pour se souvenir et pour rêver, il faut un recueillement, une possession de soi-même qu'exclut inévitablement la présence d'une trop grande multitude. La vraie manière de visiter le Rhin est celle des étudiants allemands. Ils vont, le bâton à la main, le sac au dos, pratiquant à petites journées les sentiers de la rive. Paraît-il un chariot chargé d'herbes pour le marché, ou bien une barque que dirige au fil de l'eau un marinier complaisant, ils y montent, et de là goûtent en paix la douceur du ciel, la beauté des rives, l'infinie variété des couleurs et des formes. Que de fois ai -je envié leur libre allure, et soupiré de ne pouvoir les suivre!

Les bateaux du Rhin me faisaient songer à ceux du Danube; mais j'assignais aux premiers un rang bien inférieur. On ne s'y trouve pas

» Lech

liffre officiel pour 1861 était de 1,193,236.

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