‹ Les Bords du Rhin, de Mayence à CologneChapitre 89 sur 114 · BEETHOVEN · texte numérisé non relu

BEETHOVEN

GEB. ZU BONN MIH'.CLXX

L'habile artiste cpii modela cette statue a dû embellir considérablement son sujet. Une estampe du temps fait de Beethoven un portrait peu flatteur. J'y reconnais cette gaucherie dont parle une de ses biographies.

Beethoven était, dans tout son extérieur, très gauche et très maladroit: ses mouvements manquaient de grâce. Il était rare qu'il prît une chose sans la briser. Aucun meuble n'était en sûreté près de lui. Tout était renversé, sali, cassé.

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Le Beethoven de bronze est noble, imposant, majestueux. Son regard a une profondeur, ses traits une ampleur, son geste une beauté expressives. C'est justice. Les statues des grands hommes ne doivent pas les représenter en robe de chambre. Leur génie occupe plus que la forme de leur corps, et c'est leur âme qu'on veut voir paraître sur leur visage. Si vous faites une statue d : Ésope, cachez sa bosse, et faites qu'on l'oublie pour ne se souvenir que de l'ingénieux conteur.

A égale distance environ entre Bonn et Cologne, s'élève la petite ville de Bruhl, ancienne résidence d'été des archevêques de Cologne, ornée par conséquent d'un grand château. Ce château , reconstruit au dernier siècle sur un plan assez médiocre, se voit de la station du chemin de fer, et ne donne guère envie de s'arrêter. Le lieu réveille pourtant de curieux souvenirs, curieux surtout pour un Français avide de retrouver sur sa route les traces de notre histoire. C'est là que Mazarin se retira lorsqu'il fut chassé de France par les frondeurs. Il y passa plusieurs mois de son exil dans une retraite laborieuse et diversement occupée. Toute la correspondance du ministre datée de Bruhl a été retrouvée, déchiffrée, publiée. C'est une

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