LE JUBILÉ DE L'AN 1500. — GUERRE CONTRE LES TURCS
Alexandre VI, tout en se préoccupant d'assurer l'indépendance du Saint-Siège, ne néglige pas les intérêts spirituels de la chrétienté -Annonce du Jubilé centenaire. - Le Pape retient les cardinaux à Rome pendant le temps du Jubilé. - Solennité ^inaccoutumée de 1 ouverture de la Porte-Sainte. - Alexandre VI forme le dessein d une croisade contre le Turc. - Ses divers appels aux princes cathohques pour se croiser. - Zèle que le lape déploie pour faire réussir la croisade.- L'indifférence des princes est sans excuse. - La manie de tout incriminer! - Le Pape échappe miraculeusement à la mort.
Alexandre VI, en se faisant homme dans l'intérêt temporel du Saint-Siège, ne négligeait pas la cause du peuple chrétien dont la conduite lui avait été confiée; en songeant à reconquérir les pouvoirs usurpés par ses vassaux, il avait fait son devoir de prince temporel; comme chef de l'Eglise, il en avait un autre à remplir! On touchait à l'année centenaire. Une tradition populaire, dont les titres ne se trouvent écrits nulle part, prétendait qu'au renouvellement de chaque siècle, des indulgences spéciales étaient accordées aux pèlerins qui visitaient, à Rome, le tombeau des Apôtres. A la fin du treizième siècle, Boniface VIII, afin de régulariser pour l'avenir cette pieuse dévotion, publia la bulle célèbre qui instituait le Jubilé séculaire. Ce dé-
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cret excita., dans toute l'Europe chrétienne, un enthousiasme universel. Depuis ce jour., deux fois on avait vu. au retour du siècle nouveau, l'univers catholique s'ébranler et se mettre en marche pour Rome, afin de gagner l'indulgence de l'Année sainte.
Le Pape songea à inaugurer par le jubilé la naissance du xvi9 siècle; ce siècle qui, hélas! enfanté dans les révolutions devait les enfanter avec une fécondité toujours croissante! Avant la fin de l'année 1499, le Pape annonça à toute la terre la prochaine rémission générale qui durerait, suivant les prescriptions de Boniface YIII, d'une solennité de Xoël à l'autre. Peu après il retendit libéralement pour Rome jusqu'à la fête des Rois 1501, et jusqu'à la Pentecôte pour toute l'Italie. Enfin, par une dernière attention de sa bienveillance pontificale, il étendit, par une bulle, la faveur de cette indulgence à ceux mêmes qui ne pourraient entreprendre la visite du seuil des saints apôtres, à la condition qu'ils rachèteraient ce pèlerinage par des aumônes dont le produit serait employé à préparer une croisade contre les Turcs (1).
Il fit en même temps un devoir aux cardinaux de ne pas quitter Rome pendant l'année jubilaire (2). Au milieu des événements politiques qui se déroulaient en
(1) Raynaldi, ami. 1499, n°s 25-28.
(2) Petr. Delphixi, lib. VI, epist. 11 : « Non improbo Pontificis consilium, quod fluctuante Italia, et surgente nunc gente contra gentem, et regno adversus regnum, apud se patres detinere sapientia prteditos, cum quibus frequentiore coeunte senatu cogitationes suascommunicet, et eorum sententiis nitatur in emergentibus rébus arduis, qui velint et sciant opportuno tempore prudentissime cousulere, salus enim est ubi multa consilia ;... » V. Pièces justificatives, n° 21.
Italie,, il sentait sans doute le besoin de s'entourer de leurs lumières, mais il voulait aussi que leur piété servit d'exemple au peuple chrétien et le portât plus vivement à la pratique de la vertu. Il prit encore d'autres mesures pour assurer le bon ordre et la sécurité des pèlerins qui accouraient à Rome. Cela n'a pas empêché Mariana d'écrire que la licence et le dérèglement régnèrent à Rome pendant le jubilé plus qu'en aucun autre lieu du monde; parce que, dit-il, le crime était sur le trône (1). Ce trait de satire a plus de piquant et d'éclat que de vérité. Sans doute, à cette époque de la Renaissance, le mal était grand, mais les historiens pleins de fiel n'ont vu que le mal, jamais le bien, même quand il se manifestait au grand jour.
Cette fois la solennité du jubilé fut célébrée avec une pompe extraordinaire. Malgré la guerre qui désolait l'Italie, le concours des pèlerins accourus à Rome de toutes les parties du monde chrétien fut immense (2). En présence de cette solennelle manifestation de la foi et de la piété catholiques dans ce siècle malade, Pierre Delfini laissait éclater toute sa joie (3) dans une de ces lettres « dictées par le cœur, dit Audin (4), où se
(1) Lib. XXVII, n° 39.
(2) Raynaldi, ann. 1500, n° 1.
(3) « Confluere ad urbem copiosam populorum multitudinem... et « iraudeo non déesse Christian&e religioni hoc devotarum et piarum « mentium testimonium, prcesertim in tanto defectu fidei ac bono- « rum niorum depravatione. . . Sit benedictus Deus qui in assertio- « nein Majestatis suae atque Catholicœ fidei tantai multitudinis y- adduxit testes, quique ad htec usque tempora bonorum sibf semen « ac reliquias haudquaquam exiguas reservavit, etc.. Florentine, die « xxiv Januarii md. »
(4) Hist. de Léon X, ch. xvi. — Les lettres de P. Delfini, impri-
« reflètent la piété, le savoir, la charité et toutes les « vertus » de cet illustre religieux. Son témoignage a une tout autre valeur que celui de Mariana.
Alexandre avait promis de procéder lui-même à l'ouverture de la Porte-Sainte; c'était la première fois qu'un Pape accomplissait cette cérémonie d'un symbolisme touchant. À l'heure des premières Vêpres de la Nativité du Sauveur (24 décembre 1499), le Pape accompagné des patriarches, des cardinaux et des prélats et suivi de plusieurs milliers de fidèles, se rendit en procession à la Porte -Sainte de la basilique Yaticane. Des trompettes et d'autres instruments annonçaient cette marche solennelle; tous ceux qui y prirent part depuis le Pape jusqu'aux derniers du peuple portaient des cierges. Le cortège étant arrivé au lieu où devait s'accomplir le mystère de l'ouverture de cette Porte, symbole de cette autre porte qui s'ouvre sur l'éternité, les chantres entonnèrent le psaume Jubilate omnis terra {!), hymne de jubilation et d'espérance; la foule des chrétiens priait recueillie et pieuse. Tout à coup entra le Pontife et le chœur commença ce colloque ineffable : « Ouvrez-moi les portes de la Justice; j'y entrerai et je louerai le Seigneur. — Voilà la porte du Seigneur; — C'est là que les Justes entreront. — Seigneur, j'entrerai dans votre demeure; — Je vous adorerai en tremblant dans votre temple. — Voici le jour que le Seigneur a fait; — Réjouissons-nous et tressail-
mée.s a» Venise, en 1524, ont été insérées dans la collection des Monuments histm-iques, des bénédictins Martène et Dlrand. « Elles • méritaient cette place glorieuse *, dit très bien M. Audin. (1) Ps. lxv (Héb. i.xvi).
Ions d'allégresse en ce jour. — Que le Seigneur entende nos supplications; — Que nos cris s'élèvent jusqu'à lui. — Le Seigneur soit avec vous; — Et avec votre esprit. » La simplicité majestueuse de ce dialogue, l'attendrissement des assistants, la voix émue du Pontife qui récite aussitôt la Collection ou l'Oraison (1), c'était une scène du Ciel. Puis il frappa trois fois d'un petit marteau d'or le marbre de la Porte-Sainte. Des ouvriers dégagent aussitôt le passage, et le Pape s'agenouille sur le seuil et prie à voix basse pendant quelques instants. Un cardinal-diacre dit : Levate et.le cortège pénètre dans le temple par cette porte qui devait rester ouverte jusqu'à la fin de l'année sainte. Arrivé au pied de l'autel, le Pontife adresse de nouvelles supplications au Ciel pour que le temps jubilaire soit fécond en grâces nombreuses pour tout le peuple chrétien. Les premières Vêpres de la Nativité furent aussitôt solennellement célébrées. L'année sainte avait commencé.
Elle ne devait pas cependant être l'année du repos. L'Islamisme profitant des dissensions qui divisaient les princes chrétiens était redevenu menaçant. A cette heure il insulte les colonies que la superbe Venise a
(1) Cette oraison, composée sans doute par le Pontife pour la circonstance, mérite d'être rapportée ici : Oratio. Deus qui per Moysen fainulum tuum populo israelitico quinquagesimum annum remissionis et jubilœi instituisti, concède propitius nobis famulis tuis jubiltei centesimum annum auctoritate tua institutum, quo hanc portam populo contrite, aperire voluisti, féliciter inchoare, ut in eo venia plense indulgentise, et remissionis omnium delictorum obtenta, cum dies advocationis advenerit, ineffabili gloria, et perenni félicitai e perfruamur. Per Dominum nostrum Jesum Christum, etc.
fondées dans le Péloponnèse. La papauté n'a pas cessé de tourner du côté de l'Orient son regard vigilant; en ce moment, le Turc s'ébranle, et alors, sentinelle attentive, elle pousse le cri d'alarme. Mais à quoi bon! Estce que depuis un siècle l'Europe n'est pas frappée de vertige et de cécité ! Elle dort confiante en son épée sans croire au péril des Turcs. Alexandre espère réussir à la réveiller. Le courage de Pie II avait bien surmonté tous les obstacles ; à son exemple, il prend la résolution de se mettre à la tête de la croisade. Les Polonais, les Hongrois et les Bohémiens attaqueront l'ennemi dans la Thrace tandis que les Français et les Espagnols unissant leurs forces feraient diversion dans la Grèce pour permettre aux galères vénitiennes et à la flotte anglaise, que dirigera la voix du Pontife, de porter l'attaque jusqu'à Constantinople. Ce plan était habilement conçu, et si les princes eussent répondu à l'appel du Pontife, la chute de la puissance ottomane était presque inévitable. Mais ils furent sourds encore une fois.
Les légats d'Alexandre s'en vont alors sur tous les chemins de l'Europe frapper à la porte de tous les palais ; ils demandent au nom de Jésus-Christ un homme ou une obole (1). Pour donner l'exemple, le Pape a assigné à cette guerre sainte la plus grande partie des revenus de l'Eglise de Rome et imposé aux cardinaux de fortes contributions; chacun d'eux doit donner le dixième de ses revenus. Ascagne Sforza paya trois mille ducats, Jean de Médicis six cents, etc.. etc. Seul
(1) Raynal., ann. 1500, n° 13-22.
le cardinal Corneto dont la pauvreté était bien connue ' — ?udlos habet reditus — fut exempté de cette taxe (1). On n'en accusera pas moins César d'avoir voulu empoisonner ce cardinal pour s'emparer de ses biens.
Le 11 mars 1500. le Pape tient un consistoire ou il a invité tous les ambassadeurs des rois chrétiens présents à Rome. Après un tableau touchant du danger qui menace la chrétienté il fait un chaleureux appel au patriotisme et à la piété des princes. L'un des ambassadeurs aurait répondu, dit-on, que tout le danger était dans la division des princes chrétiens et que le Pape songeait avant tout à défendre et à favoriser la république de Venise (2).
Mais Alexandre n'a pas de reproches à se faire ; il sentait mieux que personne que la paix seule pouvait l'aider à poursuivre la croisade dont il a conçu l'idée. Aussi il a fait tout son possible pour concilier les princes, il a cherché à ménager la paix entre Louis XII et Frédéric de Xaples (3). Ses conseils n'ont pas été entendus. Louis XII crut avoir assez fait quand il eut envoyé à Constantinople dire qu'on cessât d'inquiéter Venise avec un ton menaçant qui n'effraya personne et qu'on n'appuya d'aucune démonstration (4).
(1) Taxa redditorum rev. dd. card., ad cujus rationem est solvenda décima in expeditione contra Turcos. Raynal., ann. 1500, n» 9.
(2) Raynaldi, ann. 1500, nos 5-6. — Burchard, Diarium, etc. — Scrita, Annal., tom. V, lib. II, c. xlvi. — Fleury, Hist. ecclcsiast., liv. CXIX, n» 75.
(3) Raynaldi, ann. 1500, n° 20.
(4) Raynaldi, ann. 1500, n° 18.
Seul de tous les princes chrétiens Alexandre néglige ses propres intérêts pour ne songer qu'à l'intérêt' de la chrétienté : sa conduite est ici tout évangélique. Il oublie que Venise est la vieille rivale de Rome. La politique de cette république a toujours cherché à affaiblir la puissance temporelle du souverain de Rome; dernièrement encore elle a favorisé la défection des vassaux du Saint-Siège ; le Pape ne venge pas cette injure, c'est lui qui vient le premier faire appel aux nations en faveur de Venise ; c'est qu'il n'oublie pas qu'elle est le rempart de l'Europe (1).
La mauvaise volonté des princes ne décourage pas Alexandre VI. Il envoie au roi de Hongrie un subside de 40.000 ducats prélevés sur les revenus de l'Eglise Romaine (2) et ordonne de nouvelles prières pour que Dieu touche le cœur des souverains (3). Cette fois il s'adresse au roi d'Angleterre.
L'Espagnol Gaspard Pons, homme éloquent, fut envoyé à la cour de Londres pour solliciter le monarque de prendre part à la sainte expédition. Le prince se fût couvert de gloire en acceptant cette mission. Mais Henri VII calcula combien de millions de livres sterling lui rapporterait cette entreprise ; or, le Pontife de Rome ne promet que des récompenses spirituelles à qui se croisera contre le Turc. Il affecte alors les meil-
(1) Raynai.di, ann. 1500, n° G. — Surita, Annal., ib:d.
(2) Instructions du pape Alexandre VI à son légat de Hongrie. 1S novembre. 1500. Codex (59, cl. xxxvn, biblloth. Megliabechi. cité par Christophe, La Papauté, etc., t. II, p. 521.
(3) Rayn.u.di, ann. 1500, n°" 1:5-17.
leures dispositions, mais se promet bien de ne point quitter son fauteuil royal (1).
On a cherché à excuser la vieille indifférence des princes en disant qu'ils ont pu craindre que l'or des pardons ne fût employé à soutenir la guerre de César contre la Romagne. On n'a donc pas lu la bulle apostolique. Qu'on ouvre les annales oùRaynaldil'a reproduite et l'on verra combien cette insinuation est injuste ! Voici une page de ce grand livre où Alexandre exige que les légats prennent toutes les mesures possibles pour que le peuple chrétien puisse se rendre compte que le produit des aumônes et des décimes n'est employé qu'à combattre l'Ottoman (2). Il ne revint au Pape rien de ces aumônes. Il n'en a jamais été accusé par aucun écrivain digne de foi ! Mais quand plus tard Léon X, à son tour, prêcha la croisade contre le Turc, les princes s'émurent-ils davantage à son appel ? Honneur à la Papauté !
La haine s'est étudiée à attaquer tous les actes d'Alexandre, même les plus indiscutables; ainsi les harpies du poète souillaient tout ce qu'elles touchaient. En voici une nouvelle preuve.
A l'époque où nous sommes parvenus, le roi de Portugal, veuf d'Isabelle d'Aragon, désirait épouser
(1) Fleury, Hist. eccl., liv. CXIX, n» 77. — Raynald., etc.
(2) « Circa vero collcctionem et exactionera tam decimarum quam pecuniaruni quarumlibet, et aliorum honorum undecumque etquomodocumque ad hoc sanctum opus provenientium, et modum illa expendendi, per legatos sive nuntios et collectores prœdictos sub conditionibus, modis et formis ita curabitur, ut omnes et plane intelligere, et aperte videre possintpecunias hujusmodi intègre in hanc salutarem
expeditionem, et non in alios usus erogari, etc » Raynaldi,
ann. 1500, n° 8.
LES DoRGIA. 24
la princesse Marie, sœur de sa femme défunte. Or. il y avait là un empêchement d'affinité. Il s'adressa à Rome pour en obtenir dispense; Alexandre l'accorda. Quelques écrivains lui ont reproché de s'être mis par là au-dessus des lois. Or. qui ne sait qu'Honorius, dans les plus beaux siècles de l'Eglise, avait épousé successivement les deux sœurs sans qu'aucun Père ait blâmé ce second mariage ; et qu'Innocent III, le plus savant canoniste qui peut-être se soit assis dans la chaire de saint Pierre, autorisa cette sorte d'union lors de la conversion des peuples de la Livonie ? Il n'est pas un théologien ou un canoniste qui refuse au Pape le pouvoir d'accorder des dispenses pour le mariage d'un beau-frère avec sa belle-sœur d'après la prohibition du Lévitique. C'est une vieille objection bien démodée. N'oublions pas de remarquer que la Papauté a sacrifié des nations plutôt que de trahir la sainteté du lien conjugal !
Ne quittons pas de sitôt le Vatican. Un après-midi de l'été 1500 (29 juin), un épouvantable ouragan éclata sur la ville de Rome: ce fut un déluge de pluie et de grêle. Le cardinal de Capoue et le camérier, sur l'ordre du Pape avec lequel ils s'entretenaient, vont fermer des fenêtres et échappent ainsi à la mort; car, une énorme cheminée, renversée par une rafale de vent, s'étant affaissée sur les toits du palais, enfonce les étages supérieurs, brise en deux une forte poutre audessus du Pontife et fait tomber à ses pieds mortes ou mourantes trois personnes qui se trouvaient en ce moment dans un appartement, au-dessus de celui du Pape. Lui-même disparaît enseveli sous les décombres. On
l'appelle, il ne répond pas. On s'empresse, on accourt de tout le palais, on le croit mort comme de nos jours on a craint pour la vie de Pie IX dans l'écroulement d'une maison près de Sainte-Agnès. Cependant Alexandre avait été épargné. La poutre rompue en deux restait fixée par un bout dans la muraille au-dessus de la tète du Pape, et par l'autre s'abaissait devant lui jusque sur le parquet, formant une voûte qui le sauva. On trouva le Pontife assis sur son trône, non pas mort, mais seulement étourdi etlégèrement blessé à la tète et à la main droite. Lucrèce lui prodigua ses soins avec une tendresse filiale. Dès le 25 juillet, étant parfaitement rétabli, il se rendit en procession à Sainte-Marie del Popolo en actions de grâces. Dans le même temps il ordonna d'étendre la pieuse coutume introduite par Calixte III, de sonner les cloches trois fois le jour, le matin, à midi et le soir, pour inviter les fidèles à prier Dieu, par l'intercession de sa glorieuse Mère la Vierge Marie, de garder le peuple chrétien contre l'invasion ottomane (1). Mais croirait-on que des hommes accoutumés à rapporter tous les événements à la Fatalité, au Hasard, s'obstinent à voir dans l'accident que nous venons de raconter le doigt de la Providence pour châtier les crimes d'Alexandre ! Puisqu'on les surprend par moment à croire à la Providence, ils admettront bien qu'elle s'est prononcée dans la circonstance en faveur du Pontife !
(1) Raynaldi, ann. 1500, n°* 3 et 4.