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X PRÉFACE

Tout récemment encore, un protestant allemand vengeait le nom de Lucrèce Borgia, la plus infortunée victime de l'histoire moderne, parmi les femmes ; et, en vengeant Lucrèce, M. Grégorovius a vengé, sans le vouloir, Alexandre VI des accusations les plus graves formulées contre lui. Il n'est pas jusqu'à César Borgia que la critique historique ne tende à décharger. Hier un Italien, M. Alvisi, a démontré, d'après des pièces et des autorités décisives que le Valentinois ne mérite pas la réputation de cruauté que lui ont faite les romanciers.

Alexandre VI, César et Lucrèce Borgia ! Nous avons entrepris de faire revivre ces trois figures dans un même cadre. Ce n'est point ici un pané-

Mgr Cerri, Alessandro VI e i suoi contemporanei. Torino,

F. Grégorovius, Histoire de la ville de Rome au moyen âge, VIIe vol., 1872. Traduction italienne.

Archivio storico italiano, années 1870 et suivantes.

Pasquale Villari, Bispacci di Antonio Gius'inian. Firenze,

Grégorovius, Lucrèce Borgia, etc. Paris, 1876. Trad. franc.

Ed. Alvisi, Cesare Borgia Buca di Romagna.

Au moment où nous terminions cette Etude, paraissait en Italie, une œuvre magistrale due a la plume d'un religieux des Ecoles Pies : le P. Léonetti, Papa Alessandro VI. Bologna, 1880. Ce magnifique travail a reçu les éloges de S. S. Léon XIII et les suffrages d'un grand nombre de savants. (V. Revue des Quest. Historiques, 1er octobre 1881). Dans ce livre la paternité de Rodrigue Borgia est révoquée en doute. L'auteur a adopté une hypothèse qui consiste à faire de César, de Lucrèce et de leurs frères, ses neveux et non point ses fils. Nous avons signalé au chap. IIe de notre livre cette opinion ; nous nous souvenions qu'elle avait été proposée par la Revue de Bublin (n° XC, janvier 1859). On trouvera au n° 3 de Y Appendice, l'exposé de la thèse soutenue par le savant Religieux Italien.

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