PREFACE. XI
gyrique ni même une apologie. Nous n'avons poursuivi d'autre but que la recherche du témoignage sincère de l'histoire. Avec son aide nous sommes devenu, en quelque sorte, leur contemporain afin de les juger avec plus d'exactitude.
Les Borgia ne rencontreront-ils pas encore des antipathies ? Nous n'osons pas l'espérer. Il y a des gens qui ne peuvent connaître la vérité que pour la haïr davantage. Arracher une plante vénéneuse du vaste champ des erreurs historiques, c'est les appauvrir. Vous les verrez demain occupés à la semer de nouveau.
Quelques esprits superficiels penseront peut-être que, l'Eglise étant particulièrement intéressée à la réhabilitation d'Alexandre VI, nous avons entrepris cette Etude avec le parti pris de tout justifier. Penserait-on par hasard que ce fut la préoccupation de l'écrivain protestant anglais, Roscoë, qui le premier a si courageusement fauché le plus grand nombre des accusations dont on a chargé cette famille ? Nous n'avons dissimulé aucune tache afin d'avoir le droit de ne taire aucune gloire.
Nous n'avions pas encore le bonheur d'appartenir à l'Eglise et nous pensions que les Borgia ont été exécutés, non jugés.
Dans notre pensée, sous ces accusations que, sous prétexte de défendre la pudeur, des plumes effrontées font peser sur la mémoire d'un pape, se trouve enjeu l'honneur de l'humanité entière, non