‹ Les boucaniers (volume 2)Chapitre 2 sur 240 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

restreints : ils vivaient de la pêche et de la contrebande : encore leur mauvaise foi connue et leur indomptable violence annulaient à peu près pour eux cette dernière ressource; on craignait de se mettre en relations d'affaires avec de tels bandits.

Leur principale ou pour mieux dire leur unique ressource, revenu de sang bien di^ne de leurs mœurs, était le droit d'épave ou de 6m qui existait sur toute la côte de Saint-Pol-de- Léon.

Les débris que la tempête poussait sur cette terre inhospitalière leur appartenaient de droit. Or comme par extension de ce privilège les riverains considéraient comme débris les navires entiers qui se jetaient à la côte; que ces parages hérissés d'écueils et où soufflent perpétuellement des vents violents et contraires, sont extrêmement dangereux et fertiles en naufrages, les habitants de Penmarck ne laissaient pas de recueillir d'assez gros bénéfices de leur infâme industrie.

Je ne m'appesantirai pas, détails qui se trouvent partout, sur les ruses infernales qu'ils employaient pour venir en aide à la fureur des tempêtes. Chacun sait qu'ils ne manquaient jamais, à l'approche de l'orage, de faire prome-

iht. la nuit, le loag de la côte, plusieurs vaches avec un falol allumé fi\é après leurs cornes et li uis pattes de devant attachées pour les faire boiter, combinaison qui simule de loin, à s'y méprendre, la marche d'un navire. Les infortunés marins, trompés par cette vue, croyaient avoii la mer devant eux et venaient s'échouera

la ente.

Je ne parlerai pas davantage, car il est des détails hideux et devant lesquels mie plume

doit s'arrêter, de la cruauté inqualifiable qu'ils déployaient \is à-\is des naufragés. Jamais ils ne faisaient grâce an malheur, et ils rejetaient toujours cadavres s la mer les corps que le flot leur avait apportés vivants.

L'aspect que présente la côte de Penmarci est parfaitement d'accord avec le caraetère de ses habitants. L'imagination ne pourrait guère, -m- Bortir «lu possible, rêver un paysage plus sauvage et plus sombre.

Partout de-> rochers, une plage aride, des lames écumantes : du côté de la terre, deslandes

morne- et déolées.

A présent, pénétrons dans la petite maison

rustique dont j'ai parlé en commençant ee cha pitre.

Le re/.-de-ehausséc se composait de deux

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