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CHAPITRE PREMIER

pièces : une cuisine et une buanderie ; le premier étage, d'une chambre à coucher et d'un salon.

Peut-être le mot salon est-il impropre pour désigner une des deux pièces qui formaient le premier et unique étage de la masure solitaire de la plage de Penmarck : aussi ne l'employonsnous que faute d'une autre expression.

Dans cette pièce assez misérablement meublée, un jeune homme, la tête renversée en arrière et dans une pose qui annonçait la préoccupation, se tenait assis dans un grand fauteuil placé devant une table en chêne, couverte de cartes géographiques jetées pêle-mêle les unes sur les autres.

Ce jeune homme, âgé de vingt-deux à vingtcinq ans, n'était pas doué d'une de ces figures efféminées, pâles et délicates, si fort appréciées dans les salons ; tout au contraire, son visage, hàlé par le grand air, un peu osseux et de coupe plutôt carrée qu'ovale, respirait une rare énergie; une épaisse chevelure noire retombait sur son front plus large qu'élevé; ses yeux noirs aussi et expressifs au possible, devaient savoir, et cela se devinait de suite, soutenir le regard d'un ennemi et contempler un danger. Toutefois, en les considérant avec attention, un

observateur y eût surpris une nuance fort prononcer, sinon de fausseté, au moins de ruse, ou, pour être plus exact encore, de finesse.

A coup sûr, il y avait dans les reines de ce jeune homme du sang breton et normand. Sa lèvre supérieure était recouverte par une fine moustache retroussée, plutôt épaisse que mince, revêtue d'un vif vermillon, qui faisait ressortir encore davantage l'admirable blancheur d'une double rangée de dents merveilleusement pelilcs et sériées. Quant à sa taille (il pouvait avoir cinq pieds trois pouces), si elle ne possédait pas la svelte élégance si appréciée à la cour, elle dénotai! en revanche une force et une organisation physique peu ordinaires : toutefois, malgré des épaules carrées, légèrement voûtées, malgré la maigreur nerveuse de ses membres, el ss tête qui s'inclinait parfois pensive, au lieu de se redresser, suivant la mode, le nez nu vent, l'ensemble de ce jeune homme ne manquait certes ni de distinction ni de grâce : il devait plaire singulièrement aux femmes mariées. Ce jeune homme, le lecU ur voit que nous lui présentons lunt simplement et sans la moindre mise en scène le héros de notre histoire, se

nommait le chevalier Louis de Morvan.

1 était au commencement du mois de juin,

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