‹ Les boucaniers (volume 3)Chapitre 135 sur 167 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

l'affaire de la succession est donc en bon train.

— Sire, dit la marquise en voyant le roi s'arrêter pour lui laisser le temps de placer, si elle jugeait à propos, une observation ou une objection, il y a encore un côté à envisager dans cette question des boucaniers, c'est de savoir si la maison d'Autriche n'essaye pas de tendre un piège à Votre Majesté.

Louis XIV réfléchit un instant, et ne voyant sans doute pas le piège auquel la marquise faisait allusion, il secoua lentement la tête d'une façon qui pouvait se traduire par «c cela est possible, » puis, d'une voix grave :

— Continuez, madame, je vous prie, dit-il à la favorite.

— Vous savez, sire, reprit la marquise, que la maison d'Autriche a déjà tenté plusieurs fois de rendre Sa Sainteté le pape favorable à ses intérêts. Ne serait-il pas possible qu'on essayât de tirer parti auprès de la cour de Rome de votre refus d'aider à détruire les boucaniers ou flibustiers des Indes, qui portent, à ce qu'il paraît, un si grand préjudice à la religion et bravent chaque jour la colère du ciel, en se livrant aux plus abominables sacrilèges? Cette tactique, qui ne manquerait ni de perfidie ni d'adresse,

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