‹ Les boucaniers (volume 3)Chapitre 51 sur 167 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

boni.^éfi de telle façon qu'elle ne jetait plus alors que (le faibles lueurs, insunisanles pour vaincre coni[)lélcment les ténèbres de la nuit.

De Morvaii allait interroger l'inconnue, quand un bruit de pas, venant de la cuisine et paraissant se diriger du côté de sa chambre, arriva jusqu'à lui.

— Fermez la porte, fermez la porte, monsieur! ou c'en est fait de nous ! dit vivement et à voix basse la visiteuse nocturne en montrant un effroi extrême.

— Je ne vois pas trop, madame, ce que vous pouvez craindre puisque je suis là, répondit le jeune homme. Quant à ce qui me concerne, ne prenez, je vous en prie, aucun souci; nous autres, gentilshommes bretons, nous passons pour avoir le crâne fort dur et le poignet assez solide. Malheur au premier qui entrera!

L'inconnue, sans tenir compte des paroles du chevalier de Morvan, se leva d'un bond, et s'élançant vers la porte, fit tourner la clef dans la serrure ; puis, pâle comme une morte, elle recula en chancelant sous le poids d'une émotion indicible, et alla tomber moitié couchée moitié assise sur le pied du lit. Le chevalier, debout et immobile devant elle, la contemplait avec une véritable stupéfaction, se demandant

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presque, tant cetteavenlure lui semblait étrange, s'il n'était pas le jouet d'un songe.

— Ah! monsieur, reprit bientôt l'inconnue en romjiant la première le silence, je vous dois la vie!...

— Vous me devez tout au plus une explication, lui répondit de Morvan, qui, donnant une violenle secousse au flambeau, débarrassa la chandelle qu'il supportait de ses carbonisations et lui rendit toute sa clarté.

— De grâce, monsieur, ménagez ma pudeur et ayez pitié de ma honte, reprit l'inconnue en ramenant sur sa poitrine, par un geste plein d'un gracieux effroi, ses longs cheveux noirs épars.

Ces mots, dits d'une voix touchante, appelèrent l'attention du chevalier sur le visage de la jeune fennne: il ne put retenir un cri de surprise et d'admiration en apercevant la plus jolie figure qu'il soit possible d'imaginer. Avant et depuis sa rencontre avec Nativa, jamais des traits aussi charmants n'avaient frappé sa vue.

— Veuillez, je vous en supplie, madame, lui dit-il après un assez long silence et dune voix mal assurée, m'apprendre quels sont les dangers que vous couriez et à quoi je puis vous être utile. Je suis persuadé de la justice de votre

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