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descend des véritables seigneurs de Kerjean, et qu'il a le droit de porter les armes de cette maison!
Le chevalier de Morvan fut moins surpris encore que content de ce que Montbars venait de lui apprendre.
Il était heureux de savoir que Jeanne appartenait à la noblesse. Pourquoi ? II n'eût pu répondre à cette question.
Le lendemain au point du jour, il se mettait en route en compagnie de Montbars et de Barbe- Grise, pour le mont du Pilon, où il arrivait en même temps que son adversaire, le beau Laurent.
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Dans les premiers temps de l'occiipalion de rîle de Saint-Domingue par les Français, les duels entre les boucaniers avaient lieu sans témoins.
Les adversaires étaient seulement tenus de déclarer à leurs camarades le jour fixé pour la rencontre. Cette formalité accomplie, ils partaient ensemble, armés de leur fusil, et se battaient comme bon leur semblait, à courte portée ou à une longue distance. Quand l'un des deux succombait, — et ce cas se présentait neuf fois sur dix, — un chirurgien était chargé par les
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boucaniers r«3unis de \ isilcr le cadavre et d'exaiiiiiiei' reiilrée de la balle. S'il Irouvail qu'elle avait pénétré soit par le dos, soit trop de côté, le coup était, selon l'expression en usage, <i imputé à perfidie ; )> alors on attachait le vainqueur à un arbre et on lui cassait la tête.
Plusieurs boucaniers ainsi condamnés et exécutés ayant, à leurs derniers moments, protesté avec une rare énergie de leur innocence, les premiers gouverneurs pour le roi qui arrivèrent dans l'ile ordonnèrent qu'aucun duel n'aurait lieu désormais sans témoins.
Toutefois, afin de ne pas étendre les querelles, les témoins n'étaient spécialement chargés des intérêts d'aucun des deux champions; leur mission se bornait à assister passivement au combat ; les adversaires réglaient eux-mêmes les conditions du duel. De Morvan, mis au courant de ces détails par Montbars, voulut, par un esprit de galanterie tout à fait dans son caractère, laisser l'initiative à Laurent.
— Monsieur, lui dit-il simplement, vous êtes plus habitué que moi à ces sortes d'affaires. Veuillez décider de quelle façon se passera le combat. J'accepte à l'avance et tiens pour bon le mode que vous adopterez.
Laurent n'était plus alors ce même homme